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Tome premier. A - C.
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ARR

perfide, — Arrêtez, ou ce bras en punit l’homicide,roth. Bélis. i, 2 . Arrêtez, J’ignore quel projet,Burrhus, vous méditez, rac. Brit. ni, 9. Cher Thé-ramène, arrête, et respecte Thésée , id. Phèd. i, 4.Arrêtez [attendez] un peu là, mol. l’Étour. n, 4 2 .|| 5' En termes de manège, arrêter et rendre, fairedes demi-temps d’arrêt. || 6° En termes d’escrime,prendre un coup d’arrêt.

s’arrêter, v. réfl. || 1° Suspendre sa marche. L’unet l’autre rival, s’arrêtant au passage, Se mesurentdes yeux, boil. Lutrin, y. || Cesser d’aller. Ma montres’estarrêtée. || Demeurer, se fixer. Chez ces gens pourtoujours il se fût arrêté, la font. Fab. vu, 6. || Fig.Ses regards ne s’arrêtaient en aucun endroit. Les suf-fragesne s’arrêtèrent pas sur le plus digne. Macruautése lasse et ne peut s’arrêter, corn. Cinna, iv, 3. Quel’effet de vos yeux s’arrêterait à votre imagination,sans passer jusqu’à votre jugement, voit. Lettr. 187.|| Familièrement. S’arrêter en beau chemin, renon-cer à une entreprise dont le succès paraît assuré.|| Perdre le temps, s’amuser. 11 s’arrête à tous lescoins de rue. || Interrompre un voyage. Nous noussommes arrêtés quinze jours à Genève . || 2“ Cesserd’agir. Arrêtez-vous, seigneur, et d’une Ame apaiséeSouffrez que je vous livre une vengeance aisée,corn. Poly. v, 6. || Cesser de parler. 11 s’est brusque-ment arrêté au milieu de son récit. || 3° Se fixer,se déterminer. Après avoir écouté diverses proposi-tions, il s’arrêta à la première. Je veux l’ouïr; monchoix s’arrête à ce témoin, rac. ilithr. ni, 4.|| 4° Avoir égard, faire attention. Il s’arrêta à desapparences. Quoi! vous vous arrêtez aux songesd’une femme, corn. Poly. i, K . Je ne m’arrêtaipoint à ce bruit téméraire, rac. Mithr. il, 3. Nevous arrêtez point à ses froideurs passées, id. Baj.v, 6. Je ne m’arrêtai point à cette ardeur nouvelle,id. Andr. iv, 6. Il ne se faut point arrêter Aux deuxfaits ambigus que je viens de conter, la font. Fab.viii, m. Pourquoi venez-vous vous arrêter à nos fai-bles talents?MAss . Parole. || 5° S’appesantir, insister.Il s’arrêta longtemps sur les services qu’il vous arendus. Circonstances que je ne m’arrête pas à rap-porter, pasc. Prov. 17.

— SYN. arrêter, retenir. Arrêter est plus défi-nitif que retenir; ce qui est arrêté n’avance plus ;ce qui est retenu peut avancer encore, bien quemoins ou plus difficilement. Quand on retient, ilreste toujours incertain si la main sera assez fortepour arrêter. Des idées arrêtées sont des opinionsfixes desquelles on est décidé à ne pas s’écarter. Uneimagination retenue est celle que l’on contient etque l’on empêche de s’égarer.

— hist. xi* s. Au cheval est l’espée aresteüe,Ch . de Roi. cil. Car chevauchez ; pourqu’ [pour-quoi] alez arestant? ib. cxxxn. Que [Dieu ] pour luiface le soleil arester, ib. clxxv. || xu* s. Tresqu’àTurpin [il] ne se voust [voulut] arester, Ronc. p. 61 .Fer ne acier ne le put arester, ib. p. 76. Faites magent en ce val arester, ib. 178. Partir m’esteut devous, sans demeurer [retard]; Tant en ai fait, nepuis plus arester, Coud, xxiv. Dreit devant l’arce-vesque sunt andui [tous deux] aresté, Th. le mart.44. Pruveires e diacnes plusurs en i ot pris, Lar-runs, murdreiseürs en la rei prisun mis;C’arestêmult suvent erent par le païs, ib. 20 . || xiii's. EtTybers et la vieille n’ont cure d’arester [de s’ar-rêter], Berte, xvn. [Elle] Regardoit moût souvent,et puis si s’arrestoit, ib. xxvm. Quant elle pot par-ler, si dist [qu’elle] n’arestera, Ne mais en uneville qu’une nuit ne gisra, ib. cxxii. L’espée [il]trait, sor lui s’areste Que il li volt couper la teste,Grégoire le grand , p. 63. Et Chantecler [le coq]saut en travers, Renart choisi [apperçut], bien leconut ; Desor un fumier s’arestut, Ren. 16448. Et sele aresté por dette fait servise à celui en cui poeir ilest.... Ass. de Jér. i, 189. Li tens, qui s’en va nuitetjor, Sans repos prendre et sans sejor, Et qui denous se part et emble Si celéement qu’il nous sem-ble Qu’il s’arreste adès en ung point, Et il ne s’iarreste point, la Rose, 363. || xiv" s. Et est asavoirque aucuns sont demourans et trop arrestés en leuropinion, oresme, Elh. 214. Tu qui vues avoir moncheval, Je te di qu’amont et aval, Sans faillir, autiers pas s’arreste, machault, p. 80. ||xv* s. Ladame s’arresta sur cet avis.... froiss. i, i, 12.Quand messire Guillaume deMontagu vit du chastelqu’ils estoient tous passés et qu’ils n’arrestoientpoint au chastel.... id. i, i, 162 . Et en celle pensées’arresta totalement, Jehan de Saintré, ch. ni. Je nem’arreste point àtout ce quej’oys, G. chastel. Chr.des D. de Bourg, n, ch. 13. Vint de parle roy lecardinal Balue, qui peu y aresta, et fit aucunes ou-vertures, comm. n, 6. || xvi's. Œil attrayant, œil

DICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.

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arresté, De qui la celeste clarté Peut les plus clairsyeux esblouir, st-gel. 29. Arrestant obstinéementsa veue contre un milan, mont, i, 102. Je donneces fantasies, non comme arrestées et réglées parl’ordonnance divine, id. i, 401. P.Bunel, ayant ar-resté quelques jours à Montaigne , id. ii, 136. Lerémora areste toute sorte de vaisseaux ausquels ils’attache, id. ii, 180. Je m’arreste aux comparaisonsqui me sont plus favorables, id. ii, 213. Nos loixnon plus que nos vestements ne peuvent prendreaulcune forme arrestée, id. m, 64. On dit, quandil estquestion de marier un jeune homme : il le fautarrester; car, de fait, je crois que nous volerionsau ciel si cet arrest ne nous retenoit, yver, p. 672.Platon veut qu’elle ait esté appelée histoire, pour cequ’elle arreste le flux de nostre mémoire, amyot,Préf. ii, 27. Il le feist arester prisonnier avec The-seus, id. Thésée , 39. Les Pelasgiens, après avoircouru la plus grande partie de la terre habitable,s’arresterent au lieu où Rome est à présent fondée,id. Rom. l. Cela arresté [décidé], les conjurez.... id.Publ. 7. Les femmes arresterent entre elles qu’ellesporteroient un an entier le deuil de sa mort, id. ib.40. Lors Timoleon n’arresta gueres [ne tarda pas] àchoquer, voyant le peu d’exploit que faisoient sesgens de cheval, id. Timol. 37. Il estait froit, reposé,constant et arresté, id. Arist. 4. Lier une veine ouartere pour arrester un flux de sang, paré, Introd. 2.Puis tu arresteras le nœud seurement, id. x, 24.Ne vous arrestés pas à ce que vous voirés de luy,mais à son sçavoir et esperience que j’ai esprouvébonnes, marquer. Lctt. t22. Les méridionaux sontmelancholiques, et, par ainsi, arrestés, constans,contemplatifs, ingénieux, charron, Sagesse, i, 49.

— ÉTYM . Bourguig. érétai; Berry, airter, air-reter; picard, arter; provenç. arrestar, arestar; ital.arrestare; de ad, à, et restare, rester, c’est-à-direfaire rester, etnon, comme le veulent quelques éty-mologistes, de l’allemand Rest ou Rast, repos. Unepetite particularité vient en confirmation de ce quiest établi d’ailleurs : on trouve dans l’ancien fran-çais ce verbe conjugué parfois irrégulièrement, ar-resteü au participe, arestut, au parfait défini; c’estqu’en effet restare se conjuguait en latin commestare, et que, dans le vieux français , stare avaitdonné esteû, estut, etc.

ARRKTISTE (a-rê-ti-st’), s.m. Auteur qui a réuniet commenté les arrêts des cours souveraines.

— ÉTYM . Arrêt. On a dit dans le siècle dernierarrestographe, mauvais mot, remplacé pararrctiste.

f ARRÊTOIR (a-rê-toir), s. m. Dent qui sur-monte la bague d’une baïonnette.

ARRHÉ, ÉE (a-rré, rrée), part, passé. Une lo-cation arrhée.

ARRIIEMENT (a-rre-man), s.m. Action d’arrher.

— ÉTYM . Arrher.

ARRIIER (a-rré), v. a. Donner des arrhes pours’assurer d’un achat, d’une location, etc.

— HIST. xvi' s. Pour lequel il erra un petit logis,d’aüb. Fœn. m, <9.

— ÉTYM . Arrhes; Berry, airrher. Frrher a étéautrefois de bon usage. Il les errhe et s’en assurepour une autre fois, balz. Disc, à la Régente.

ARRHES (a-r’), s. f. plur. || 1° Argent donnépour la garantie d’un marché. || 2° Fig. Gage. Quidonna pour arrhes un baiser, lafont. Coupe. Untissu de cheveux Que reçut Don Fernand pour ar-rhes de mes vœux, corn. D. San. v,6. Mes premiersservices n’étaient à leurs yeux que des arrhes deceux qui les devaient suivre, J. J. rouss. Prom. 6 .J. C. a donné à votre cœur les arrhes du St-Esprit,chateaubr. Génie, I, I, 6.

— HIST. xiii' s. Et sachiés bien, cui l’en otroie Lebaisier, qu’il a de la proie Le miex et le plus ave-nant, Si a erres du remenant, la Rose, 3418. Sitost que denier Dieu en est donés, ou si tost commeeresensont donêes, beaum.xxxiv, 60. || xvi's. Com-ment ne la recevrons-nous d’une persuasion cer-taine et invincible, puis qu’elle nous a esté donnéeavec un telle arre et confirmation ?calv. Inslit. 46.Hz donnent gage et arre de faire encore mieux àl’advenir, amyot, Cor. 6. Il pensa qu’il n’estoit plusbesoing de luy bailler argent pour le rendre en-nemy des Romains, attendu que luy mesme le pre-mier luy avoit baillé telles arres de leur estre en-nemy, id. P.-Æm. 4 9. Comme il appartenoit à unpersonnage qui avoit donné de si grandes arres del’affection qu’il portait à son païs, id. Pélop. 37. Lesacre et couronnement sont les arres de nos rois,d’aub. Hist. m, 486. Si j’estais seulement en vostrebonne grâce Par Terre d’un baiser doucement amou-reux, Mon cœur au départir ne seroit langoureux,R0NS. 238.

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— ÉTYM. Berry, airrhes; picard, errhe; genev.airrhes, arrhes ; wallon , aireX; rouchi, erres; pro-venç. et espagn. arras; ital. arre; du latin arrhaou arra, et aussi arrhabo, du grec à(5paëiov. Arrhesn’a présentement plus de singulier; il en avait unautrefois. La prononciation arrhes a duré jusquedans le xvii' siècle, etBouhours remarque qu’on ditarrhes au figuré, et errhes au propre : donner deserrhes au coche. Comme on voit, errhe était unarchaïsme.

f ARRHIZE (a-rri-z”), adj. Terme de botanique.Qui est dépourvu de racine ou de radicule, selonqu’il s’agit d’une plante ou d’un embryon.

— ÉTYM . ’A privatif, et piÇa, racine (comp.racine).

ARRIÈRE (a-riê-r’), adv. || 1° Exprimant qu’onrejette loin, bien loin. Arrière de moi, Satan. Ar-rière ceux dont la bouche Souffle le chaud et lefroid, lafont. Fab. v, 7. Arrière tout respect, for-çons toute contrainte, Sa menace accroît plus mafureur que ma crainte, rotr. Bélis. ii, 4. || 2° Entermes de marine, vent arrière, vent qui souffledroit dans la poupe. Toujours le vent arrière, quellebénédiction! ciioisy, Voyage de Siam, p. 6. || 3° S.m. En termes de chasse, prendre les arrières, re-chercher dans un défaut, avec les chiens, la voie del’animal, en reprenant en arrière le chemin qu’il asuivi. Prendre les grands arrières, continuer ses re-cherches plus loin. || 4' La partie postérieure d’unechose. L’avant et l’arrière d’une charrette. On a tropchargé l’arrière. || Terme de marine. La moitié dela longueur d’un bâtiment, depuis le grand mâtjusqu’à la poupe. || 5° En arrière, loc. adv. Marquantun mouvement vers le côté qui est derrière. Il fit unpas en arrière. Se renverser en arrière. Vousles auriezvus tous, retournant en arrière,Laisser entre eux etnous une large carrière, rac. Mithr. v, 4. Vous, dèsque cette reineivre d’un fol orgueil.... Ne pourra plusretourner en arrière, id. Ath.v, 3. Pégase s’effarou-che et recule en arrière, boil. Épitr. iv. Devant quile Jourdain retourna en arrière, boss. Hist. ii, 3.|| Derrière et à une certaine distance. Il est resté bienloin en arrière. Parle et mets ces mines en arrière[défais-toi de ces mines], mol. Mélic. i, 3. Il le loue ensa présenceetledéchire en arrière,c’est-à dire quandil est absent. || En retard. Il ne s’est pas mis au cou-rant de son travail, il est en arrière. Ce fermierest en arrière pour ses payements. || 6° En arrièrede, loc. prép. Sur un plan plus reculé. La cavale-rie fut placée en arrière d’un bouquet de bois. || Horsde la présence de quelqu’un. Souvent on parleen arrière des gens autrement qu’en leur présence.

|| Fig. En retard. Ce jeune homme est en arrièrede ses camarades. Ces gens-là sont en arrière deleur siècle.

— REM. Errière est une prononciation provincialeque le bon usage a rejetée et dont il faut se garder.

— HIST. xi* s. Li naïfs [le serf natif] qui depar-tet de la terre, nuis nel retenge [retienne], anz lefaut venir arere à faire soun servise, L. de Guili.33.Regarde arere, veit le glouton gésir, Ch . de Roi.xciii. || xii° s. Arrier [il] se trait demie arbares-trée, Roncisv. p. 66. Arriéré [ils] tornent tost etisnelement, ib. p. 77. Je ne m’en puis partir netraire ariere, Coud, xviii. Atant se regarda li duxMiles arrier, Sax. xi. Mais erriere s’en aillent, ainsicom sont venu, ib. xxvm. Li messagier le rei....Muntent en lur chevals, ariere se sunt mis, Th. lemart. 56. || xm' s. Seur ce, s’en parti li messageset s’en ala arriérés à l’empereour en Constantino-ble, villeh. lxvii. Einsi reviendrent arriérés enTost, et ala chascuns à sa heberge, id. lxviii. Tantleur a dit Bertain et arriéré et avant, Que tout quan-que il lui plaist leur a fait entendant, Berte, 407.Et pour chou [ce] que il ne peüst estre mis ariere deson droit par defaute de segnor, h. de valenc.xiii. Li pies de l’eritage seroit mis arriéré en le [la]cort Jehan, beaum. vi, 34. L’autre bataille des ami-raus desconfist l’arriéré bataille du soudanc de Da-mas, joinv. 271. Et quant e roy vint à Poytiers, ilvousist [eût voulu] bien estre arieres à Paris , id.206. || xv* s. Isabelle se voyoit toute arriéré du con-fort et aide qu’elle cuidoit avoir du roi Charles sonfrere, froiss. i, i, 42. Et lui enjoignoit très espe-cialement que, toutes paroles et essoines mises ar-riéré, il separtist et defist son siégé, id. i, i, 298.Des rentes du comté il [Jacques d’Artevelle]' n’al-louoit milles, mais les mettait et avoit mises taudisarriéré endepost.... id. i, i, 248. || xvi* s. Il seroithonteux aux Anglois de faire un arriéré pied devantune armée qui fuit.... Mém. s. du G. ch. 9. Us lesamusèrent sur mer, tantost avant, tantost arriéré,jusques à ce que.... mont, i, 298. En nous acculant

I. — 9fi