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— ÉTYM. Provenç. artificios; espagn. arlifcioso;àlartificiosus, à’artificium (voy. artifice).

ARTILLÉ, ÉE (ar-ti-llé, liée, Il mouillées, etnon ar-ti-yé), adj. Terme de marine. Garni de sonartillerie, de ses canons. Un vaisseau artillé. Vieux ;on dit maintenant armé.

— HIST. xiii* s. Avoit fait son chastel fermer,Qui moult estoit bien batilliés, Si fort est et si bienartilliés Qu’il ne cremoit ne roi ne comte, du cange ,artülaria. || xv' s. Le roi d’Angleterre , accompai-gné de vingt mil Anglois bien artillez, jean detroyes , Citron. 1475. Si les habilla, remonta, armaet artilla le roy au mieus qu’il peut le faire, a. chart.IHst. de Ch. VII. Artillié soit d’avis avantureux ,Coulevrines et canons,à largesse, c.h. d’orl. Bond. 64.|| xvi* s. Il est certain que l’armée de Monsieur,artillée à plaisir, eust emporté tous ces gens de pieden huict jours, d’aub. Hist. i, 220 . Quatre naviresbien artillez pour estre marchands , id. ib. H, 300.

— étym. Espagn. arlillado; provenç. artilha,fortification. Artillé est le participe de l’ancien verbeartiller, pour lequel on a proposé deux étymo-logies. L’une est celle de Muratori, qui le tire del’italien arliglio, griffe, serre; mais arliglio estarticulas, et notre mot arteil (aujourd’hui orteil)-,or, il y a trop loin même du sens italien à artil-ler, pourvoir de toute sorte d’engins, et à artille-ria , qui veut dire toute sorte d’engins, pour qu’onaccepte cette étymologie. Reste l’autre qui n’offre au-cune difficulté : ors, artis, art, d’où arlillum, en-gin, artillare, pourvoir d’engins. L’ancien français a artilleur, artificieux, dont l’étymologie, qui estars, artis, confirme celle d’artiller.

ARTILLERIE (ar-ti-lle-rie, Il mouillées, et nonar-ti-ye-rie), s. f. || 1* Partie du matériel de guerreconsistant en canons, bombes, boulets, etc. || Pièced’artillerie , canon , mortier. || 2* Troupes em-ployées au service de l’artillerie. L’armée est diviséeen infanterie, cavalerie , artillerie, génie et ma-rine. || 3° Fig. Bains et parfums.... Vin ducoucher,toute artillerie De Cupidon.... lafont. Orais.

— HIST. xiii' s. Et si tost comme il enforçoient,il getoient leur ars en l’artillerie [arsenal] au sou-danc, et le mestre artillier leur bailloit ars si forscomme il lepooit teser [tendre], joinv. 234. || xiv’s.Artillerie est le charroi Qui par duc, par comte oupar roi, Ou par aucun seigneur de terre, Est char-gié de quarriaus en guerre, D’arbalestes, de dars,de lances Et de targes d’unes semblances, a. guiart,dans du cange , artülaria. Les diz complaignanzgetterent pierres, garroz et arteilleries contre iceusnos ennemis, id. ib. Le suppliant s’arma de hauber-geon, chapeline, garde-bras, arc, artillerie et au-tres armures invasibles, du cange, ib. Lors fistBertran venir la bonne artillerie : Archiers, arbales-triers commencent l’envaïe, Guescl. 20009. |] xv* s.Ainçois qu’il y parvint, il trouva un chastel que onappelle la Roche-Millon, qui estoit bien pourvu debons soudoyers et d’artillerie, froiss. i , i, 232.|| xvi* s. Des machines d’artilleries pour ruiner etdemollir les villes, amyot, Démétr. 69. Si luy mons-tra incontinent le besoing la grande faute qu’il avoitfaitte de laisser derrière son artillerie, id. Anton. 47.Mustapha, par ce moyen ayant foudroyé tout ceque l’artillerie pouvoit voir, mit la place hors detoute deffense, d’aub. Hist. n, 246. On marcha ausiégé de Menerbe avec 16 pièces de toute artillerie,id. ib. a, 373. Us capitulèrent à la veuë du pétard,aprehendans ceste artillerie peu congneuë vers euxen ce temps là, id. ib. ni, 403.

— ÊTYM . Voy. artillé. Provenç. artülaria, ar-tilheria; espagn. artilleria; ital. artiglieria . Artil-lerie, avant la poudre à canon, a signifié l’ensem-ble des engins de guerre, soit pour l’attaque soitpour la défense.

ARTILLEUR (ar-ti-Ueur, U mouillées, et nonar-ti-yeur), s. m. Soldat attaché au corps d’artil-lerie.

— hist. xiv* s. Jehan de Lyons, artilleur [chefde l’artillerie] du chastel du Louvre, du cange, ar-tillator. Quiconque doresenavant vouldra estre ar-tilleur et user du mestier d’artillerie en la villeet banlieue de Paris , c’est à savoir faiseur d’arcs,de fléchés, d’arbalestes, id. ib.

— ÊTYM . Voy. artillé.

ARTIMON (ar-ti-mon), s. m. Nom de celui desmâts d’un vaisseau qui est placé le plus près de l'ar-rière ou de la poupe. La différence avec les autres,est qu’il ne porte point de perroquets, et que la ver-gue le traverse de biais.

— ÊTYM . Artemo, dugrecàprépwv, d’apTâto, êtresuspendu, ou àprsto, disposer, lesquels tous deuxse rattachent à âpw, arranger.

f ARTIOZOAIRE (ar-ti-o-zo-ê-r’) , s. m. Terme dezoologie. Animal dont la forme est paire ou symé-trique.

— ÉTYM . ’Apno;, pair, et Çwàpiov, animal.

ARTISAN (ar-ti-zan), s. m. || 1° Celui qui exerce

un art mécanique, un métier. Artisan habile, adroit.|| 2° Anciennement, artiste. Vous.... voyez dans lesarts les secrets qui ne sont connus que des artisans,balz. Liv. vi, Lett. 6. L’artisan exprima si bien Lecaractère de l’idole, Qu’on trouva qu’il ne manquaitrien A Jupiter que la parole, la font. Fab. ix, 6.Ce monarque guerrier, Qui ne pouvait souffrirqu’un artisan grossier Entreprît de tracer.... Unportrait réservé pour le pinceau d’Apelle , boil.Disc, au roi. || 3° Fig. Auteur, cause. C’est un ar-tisan de désordres. L’artisan des maux que le sortvous destine, Tombera le premier dessous notreruine, rotr. Vencesl. ni, 3. Nous sommes du bon-heur de nous-même artisans, Régnier, Sat. xiv.Chacun est artisan de sa bonne fortune, id. Sat.xiii. Quoi ! ce même Lépide , De nos derniers mal-heurs sacrilège artisan, volt. Triumv. i, 4. Tropcrédule artisan de mes tristes destins, id. Œdipe,v, 2 . Villars avait été l’artisan de sa fortune, id.Louis XIV , 18 . 11 y a quelque chose de plus doux àêtre soi-même l’artisan de sa propre grandeur et àne devoir rien qu’à soi-même, Mlle de scudéri , Con-versation des souhaits. || Proverbe. À l’oeuvre onconnaît l’artisan, c’est-à-dire le mérite d’un hommese connaît à ce qu’il fait.

— SYN. artisan, ouvrier. L’étymologie est aufond de la distinction qui existe entre ces deux mots.L’ouvrier, de opéra, œuvre, fait un ouvrage; arti-san, de ars, exerce un art mécanique. L’artisan estun ouvrier ; mais l’ouvrier n’est pas un artisan. Ondit les ouvriers d’une fabrique, et non les artisans.On dit encore les ouvriers de la campagne pour dési-gner ceux qui labourent, moissonnent, fauchent,etc. mais on ne dit pas les artisans de la campagne,ou ce serait un autre sens. Bref, artisan, retenanttoujours son étymologie, indique l’homme exerçantun métier considéré comme art mécanique.

— REM. L’Académie ne donne pas le féminin arti-sane. Cependant des lexicographes réclament l’en-registrement de ce mot, qui en effet se dit : uneartisane, la femme d’un artisan ; la classe artisane,la classe des artisans. Dans les anciens dictionnaires,on trouve noté que artisane ne se dit qu’au figuré :La sagesse est Partisane de toutes choses.

— HIST. xvi* s. Peintre, poète ou aultre artisan,mont, iii , 25. Si bien que la facture De l’artizan sur-montoit la nature, hons. 638. De Dieu certain çabas viennent les songes, Et Dieu n’est pas artisande mensonges, id. 644. De leur petit bec artisan,belleau dans h. est. Précell. p. 70.

— ÉTYM . Bourguig. atizan; espagn. artesano;portug . artezâo; ital. artigiano; bas-lat. artesanus;de ars, artis (voy. art), par l’intermédiaire du la-tin artitus, bien instruit; d’où un adjectif bas-latin,artitianus.

ARTISON (ar-ti-zon), s. m. Nom commun des insec-tes qui rongent le bois, les pelleteries et les étoffes.

— HIST. xiv* s. Artuison, c’est ver de drap, Gloss,du p. labbe. || xvi* s. Ne plus ne moins que les arti-sons s’engendrent et se mettent principalement esbois tendres et doulx, amyot, Comm. dise, le fiait. 3.Les artusons, mittes, vermisseaux et autres bes-tioles ne mordront aux fourmages, si on les frotteavec de la lie«molle de bon vin, o. de serres, 289.

— ÊTYM . Origine inconnue. On a dit aussi autre-fois arte et artre.

ARTISONNÉ, ÉE (ar-ti-zo-né, née), adj. Rongépar les artisons.

— ÊTYM Artison.

ARTISTE (ar-ti-sf), s. m. et [| i° Celui quiexerce un des beaux-arts. Ce peintre, ce sculpteurest un grand artiste. Une jeune artiste, une pauvreartiste. Remarquez, pour la consolation des grandsartistes, que les persécuteurs sont assurés du mépriset de l’horreur du genre humain, volt. Lettr. Alber-gali, 23 déc. 1760. || 2“ Adj. Qui a le génie, le senti-ment, le goût des arts. Cet homme est né artiste.|| 3° Artiste dramatique ou simplement artiste, co-médien. || 4° Artiste vétérinaire, celui qui soigne lesanimaux malades.

— rem. Artiste n’a pris le sens qu’il a aujourd’huique dans l’édition de l’Académie de 1762 ; il se di-sait : relativement, artiste en tapisserie, en orfèvre-rie ; absolument, artiste, celui qui était chimiste, quitravaillait au grand art.

— hist. xvi* s. Nature faict naistre, ez nationsmoins cultivées par art, des productions d’espritsouvent qui luictent les plus artistes productions,

mont, i, 143. [Après avoir cité un tour de la for-tune] Semble il pas que ce soit un sort artiste? id.i, 253. La nature, dict-il, est un feu artiste, propreà engendrer, id. ii, 278. Choses lesquelles se pro-posent tous bons ouvriers et artistes en cest art [dedistillation], paré, xxvi, 4.

— ÉTYM . Espagn. et ital. arlista; bas-lat. artistadans r.lulle, fin duxm* siècle; de ars, artis (voy.art).

ARTISTEMENT (ar-ti-ste-man), adv. Avec art,avec habileté. Un autre verre plus artistement taillé,pasc. Géom. Six vers artistement rangés, boil. Artp. ii. Regardons le latin comme un superbe édificedétruit par le temps, mais dont les pierres artiste-ment retaillées ont servi à construire un nouvelédifice, d’olivet, Préf. Il vous mène à l’arbre,cueille artistement cette prune exquise, il l’ouvre....

LA BRUY. 13.

— HIST. xvi* s. Une tragi-comedie, la plus belle,et aussi bien et artistement représentée que Tonpourrait imaginer, castelnau, 169. Et à ce que labesongne s’aclieve bien, il la faut bien commencer,c’est-à-dire artistement etparordre, o. deserres, 69.

— étym. Artiste, et le suffixe ment.

f ARTISTIQUE (ar-ti-sti-k’J, ad]. Néologisme. Quiconcerne les arts; qui appartient aux arts.

— REM. Ce néologisme est mal fait; artistique si-gnifie qui concerne les artistes, comme sophistiquesignifie qui concerne les sophistes. Le vrai mot se-rait artiel.

— ÉTYM . Artiste.

f ARTOCARPE (ar-to-kar-p’), s. m. Terme de bo-tanique. L’arbre à pain de l’île des Amis.

— ÉTYM . ’Apro;, pain, et xap ko;, fruit.

f ARTOLÂTRE (ar-to-lâ-tr’), s. m. Terme d’his-toire religieuse. Adorateur du pain, terme de déni-grement par lequel les calvinistes et autres sectes ontdésigné les catholiques, qui croient à la présenceréelle dans l’hostie.

— ÉTYM . 'Aptoi;, pain , et Xaipeüw, adorer (voy.latrie).

f ARTOLITHE (ar-to-li-t’), s. m. Terme de miné-ralogie. Concrétion pierreuse de forme arrondie,comme un pain, qui se trouve dans les terrains ter-tiaires.

— ÉTYM . ’Apxoç, pain, et XîGoç, pierre.

f ARTOPHAGE (ar-to-fa-j’), adj. Qui mange sur-tout du pain.

— ÉTYM . ’Aoto;, pain, et<payeïv, manger.

f ARTOTYRITE (ar-to-ti-ri-f), s. m. Terme d’his-toire religieuse. Membre d’une secte chrétienne quise servait de pain et de fromage pour l’eucharistie,et qui admettait des prêtresses.

— ÉTYM . 'Apro;, pain, et Tupô«, fromage.

ARUM (a-rom’), s. m. Genre de plantes dont plu-sieurs espèces, notamment le chou caraïbe (arumesculentum, L.) , fournissent des fécules nutri-tives. Le gouet ou pied-de-veau ( arum macula-tum, L.) croît abondamment dans les environs deParis .

—ÉTYM . 'Apov.

| ARUNDEL (a-ron-dèl), s. m. Marbres d’Arundelou marbres de Paros , marbres antiques trouvés auxvii* siècle et où sont inscrites les époques de l’his-toire grecque.

—Étym. Arundel, nom d’un Anglais .

f ARUNDINACÉES (a-ron-di-na-sée ), s. f. pl.Terme de botanique. Tribu de graminées renfer-mant le roseau.

— ÉTYM . Arundo, roseau.

ARUSPICE (a-ru-spi-s’), s. m. Prêtre romain quiconsultait les entrailles des victimes.

— ÉTYM . Aruspex ou haruspex; la dernière partiespex paraît se rapporter à spicere, regarder; la pre-mière aru ou haru a donné lieu à des conjecturesqui sont toutes très-douteuses.

f ARUSPICINE (a-ru-spi-si-n’), s. f. Terme d’an-tiquité romaine. L’art des aruspices.

— ÉTYM . Aruspicina (voy. aruspice).

f ARVALES (ar-va-T), adj. m. plur. Terme d’an-tiquité romaine. Frères arvales, prêtres de Cérès.

— REM. Quelques-uns disent les frères arvaux.Quant à frères arvales, c’est le mot latin arvales oùle dernier e est devenu muet.

— ÉTYM . Arvalis, de arvum, champ.

f ARVICOLE (ar-vi-ko-T), adj. Terme d’histoirenaturelle. Qui vit dans les champs couverts de blé.|| Nom moderne du genre campagnol (rongeurs).

— ÉTYM . Aroicola, de arvum, champ, et colere,habiter.

f ARYEN, ENNE (a-riin, iè-n’), adj. Nom donné àl’ensemble des peuples qui parlent sanscrit, persan,grec, latin, allemand , slave et celtique. Les lan-