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de stature, et de joye, et d’esbas, Bas de sçavoir,en bas degré nourri , Et bas de biens, dont il estbien marry, marot, ii, 90. Je l’ay veu en telle ex-trémité de maladie et si bas que tout le monde es-toit desesperé de sa vie, marg. Lett. 47. Et trouvasapauvre femme si bas qu’elle avoit plus besoin deconfession que de médecin, in. Nom. lxxi. Ça bas[ici bas], mont, i, 106 . Cette aultre volupté plusbasse, id. i, 69. Gens de basse condition, m. i, 90.Quelqu’un du bas peuple, id. i, tu. Iis sont moitiépoisson par embas, id. ii, 203. Ceulx qui demeu-rent orphelins en bas aage, amyot, Lyc. 2 . Avec unechere basse et morne, sans mot dire, id. Numa , 18.Ces jerbes furent emmenées jusques en un endroitoù elles trouvèrent l’eau basse, et s’y arresterent,in. Public. 13. Ne pouvant croire que les Romainsfussent si bas que d’avoir abandonné leur ville, id.Cam. 39. Hz le jetteront du haut en bas du chas-teau, m. ib. 48. Les adhérons de Camillus repoul-soient le sergent arriéré de la chaire, et le communpeuple luv crioit d’à has qu’il le tirast, id. ib. 72.Cela consomma et meit au bas la puissance d’A-thenes. id. A/c. 42. Gouverneurs des basses provin-ces de l’Asie, id. Cimon , 3o. Ceux de Cologne mi-rent bas [déposèrent les armes] sans estre forcez,d’aub. Ilist. i, 265. Le duc y envoie Sanctio Avillaavec 4000 hommes, qui, à un has de marée, entramaugréle siégé dans la ville, id. ib. n, 67. Lèventaiant mis bas [étant tombé], id. ib. n, 83. Or il futquestion de faire retraicte ; car il estoit basse heure,carl. v, 15. Après avoir fait une bassissime reve-rence devant les dames, Sat. Hén. p. 65. Les bois,les monts, les baisses vois [je vais] tranchant [fran-chissant les vallées], la boétie, 442. Son oeil estdoux et fier, son sourcil un peu bas, rons. Bocageroyal, 2 « partie, à la Bouvcre.
—ÉTYM. Provenç. bas; espagn. fca/o;portug . baixo;ital. basso. On a indiqué le celtique : bas-breton,bas; kymri , bas; irland. bass, mots qui signifientpeu profond. Diez combat cette étymologie, d’a-bord en remarquant que le j espagnol répondraitmal au bas-breton et exigerait deux s; objection in-suffisante puisque les deux s sont dans l’irlandais.Puis il objecte le sens : bassus signifiant, dans Isidore, crassus, pinguis; dans Papias , curlus; etdans le vieux français , qui n’est pas élevé, et nonpas peu profond ; sens confirmé encore par l’italienbassolto, épais. Par ces raisons il rattache bas aulatin bassus, qui a été un surnom et qui, d’aprèsles gloses, exprime une certaine conformation ducorps. Cette argumentation paratt probante.
2 . BAS (bà; l’s se lie : un bas à jour, dites : unbâ-z à jour), s. m. Vêtement qui sert à couvrir lepied et la jambe. Bas de laine, de coton, de soie.|| Bas drapés, bas fabriqués avec de la laine un peulâchement filée. || Familièrement et fig. Cela luiva comme un bas de soie, lui convient, l’arrangeparfaitement. || Bas bleu, nom que l’on donne pardénigrement aux femmes qui, s’occupant de litté-rature, y portent quelque pédantisme. Cette femmeest un bas bleu, ces femmes sont des bas bleus.|| Terme de mer. Bas de soie, ou, simplement, bas.barre de fer où il y a des liens pour mettre auxmains et aux pieds de ceux qui se conduisentmal.
— HIST. xvi' s. Les hommes estoyent habillez àleur mode : chausses pour les bas, d'estemet, ousaige drapée, rab. Gar. i, 56 . Panurge sort de lasoutte en chemise, ayant sepllement ung demy basde chausses en jambe, id. Pant. iv, 67.
— ÉTYM . Bas; car le bas est, comme on voit parles exemples, la partie inférieure de la chausse, pi-card, bô. L’expression bas bleu vient d’Angleterre(blue stocking); en voici l’explication : « Il y avait,vers 1781 , un club littéraire qui se réunissait chezMme llontague, et que Ton appelait le club des bas-bleus (bleue-stocking club). Un des membres lesplus éminents de cette société était M. Stillingfleet,dont l’habillement se distinguait par un caractèrede gravité; on remarqua surtout qu’il portait tou-jours des bas bletis. Telle était l’excellence de saconversation que, quand il lui arrivait d’ètre ab-sent, on avait coutume de dire : Nous ne pouvonsrien faire ce soir sans les bas bleus. Peu à peu desclubs s’établirent sous ce titre, et le terme de basbleu s’étendit aux femmes de lettres ridicules et pé-dantes, esquiros , Revue des Deux Mondes , avril4863, p. 778. j>
f BASAL, ALE (ba-zal, za-T), adj. Terme dezoologie. Qui appartient à la base.
BASALTE (ba-zal-t’), s. m. Terme de géologie.Roche d’unegrande dureté, de composition variable,
d’origine ignée, disposée en nappes, en buttes, enfilons, d’une étendue quelquefois considérable.
— ÉTYM . Basaltes , mot que les Latins disaientêtre africain.
f BASALTIFORME (ba-zal-ti-for-m’), adj. Qui ala forme du basalte.
BASALTIQUE (ba-zal-ti-k’), adj. Formé de ba-salte. Les roches basaltiques. J’ai la grotte enchan-tée aux piliers basaltiques, v. hugo, Bail. t6.
BASANE (La-za-n’), s. f. Peau de mouton qui,étant bien préparée, sert, au lieu de peau de veau,à relier des livres.
— BIST, xni* s. X eus'deus me sui descouvers,Monstré leur ai à iex ouvers, Que mes cuiriens [mapeau] devient basane, a. dinaux, Trouvères arté-siens. p. 4 21 . Jà soit ce que les selles que il face ouque il vende soient garnies toutes de vache outoutes de basannes, Liv. des met. 208. || xv' s. Dusurplus ne servoit à rien.... La raison, car son cor-douen [cuir] Estoit jà devenu basane, coquill. En-quête de la simple et de la rusée. || xvi' s. Je luyfays acroire que la lune estfayete de bezane, palsg.p. 627.
— ÉTYM . Espagn. et portug. badana; de l’arabebithrmet, peau de mouton tannée.
BASANÉ, ËE(ba-za-né, née), part, passé. Noirci,hâlé, en parlant de la peau. Un teint basané par legrand air. Imaginer l’bomme, c’est s’en représen-ter un de grande ou de petite taille, blanc ou ba-sané, boss. Connaiss. i, 9. Ses mains basanées,Aux palmes de Mars destinées, j. b. rouss. Odes, ii, 15.
| BASANER (ba-za-né), n. a. Donner à la peauune teinte noirâtre. Il faut toujours avoir le masquesur les yeux, De peur que peu à peu le clair flam-beau des deux De ses rais élancés ne basane laface, Disc, sur la Mode, en 1643. || Se basaner, t).réfl. devenir basané.
— HIST. xvi* s. Dont se fait leucophlegmatie quifait le corps tout bouffi et la couleur du visage ba-sanée et blafarde, paiié, xviii, 74 .Dès la terre
gelée Des scythes englacés, jusques à la halléa[Des Mores bazanez, rons. 863. Il n’est pas bontanneur; car il ne sçayt besanner son cuyr, palsgr.
p. 674.
BAS-BOItD (bâ-bor), s. m. Orthographe fautiveau lieu de bâbord.
f BASCONETTE (ba-skû-nè-t’) ou BASCOU1ÎTTE(ba-skou-è-t’), s. f. Un des noms locaux de la mé-sange à longue queue et de la lavandière.
f BASCUL (ba-skul), s. m. Courroie fixée à la sel-lette d’un cheval limonier, et qui embrasse l’ava-loire.
BASCULE (ba-sku-l’j, s. f. || 1“ Machine dont l’undes bouts se lève quand on pèse sur l’autre. La bas-cule d’un pont-levis. On les suspendait [les corps] àde longues bascules, qu’on élevait et qu’on baissaittour à tour, volt. Phil. n, 24. || Faire la bascule,faire un mouvement semblable à celui d’une bascule.|| Jeu où deux personnes, placées à chaque boutd’une pièce de bois, s’amusent à se balancer. || Fig.Système de bascule, système qui consiste à donnerdes satisfactions alternatives à chacun des partis po-litiques qui se partagent l’influence. || 2° Machine quiservait à peser les voitures aux bureaux d’octroi.|| 3° Terme de serrurerie. Pièce de fer qui fait ou-vrir à la fois deux verrous. || Tringle servant à tirerune sonnette. || 4° Terme de charpentier. Pièce enbascule, pièce assemblée, par une de ses extrémi-tés, dans une autre pièce. || 5" Terme de pêche. Ba-teau servant à transporter vivant le poisson d’eaudouce. || 6“ Terme de couvreur. Égout dont la saillieest double de la saillie ordinaire.
— HIST. xvi' s. Les rues voisines des portes fu-rent bien tost couvertes de morts, et l’entre deuxdes portes plain jusques à la hauteur de la bacule,d’aub. Ilist. n, 476. Herses, trappes et bacules,carl. v, 40. Aucuns se servent de siringues, soupa-pes, bassecules.... pour ramonler l’eau des puits,O. DE SERRES, 774.
— ÉTYM. Bien qu’on trouve bassecule dans Oli-vier de Serres , bacule de d’Aubigné paratt la vraieécriture. L’étymologie sera donc battre et cul, ma-chine à faire toucher le cul à la terre.
\ BASCULER (ba-sku-lé), v. n. Éprouver le mou-vement de bascule, faire la bascule. || Il se conjugueavec l’auxiliaire avoir.
— HIST. xvi' s. Il passa sa galère par dessus lachaine; retirant au commencement toute la foule enpoupe, pour faire avancer la proue jusqu’à moitié
de la quille, et puis rechargeant le devant de toutTequipage, fit baculer, et ainsi se sauva, d’aub.Ilist. I, 4 58.
— êtym. Bascule.
BAS-DESSUS (bâ-de-sû), s. m. Voix plus basseque le dessus, dont elle diffère en ce qu’elle a deuxtons de plus au grave et ne s’élève pas autant ; l’é-tendue en est comprise entre le la au-dessous de laportée (à la clef de sol sur la deuxième ligne) jus-qu’au fa cinquième ligne; on dit aussi second des-sus, LEGOARANT.
— étym. Bas et dessus.
BASE (bâ-z’), s. f. || 1° Ce qui, posé solidement,supporte le poids d’un corps. Bloc qui diminue dela base au sommet. Base d’un piédestal, d’une co-lonne. || La partie inférieure. La base d’une monta-gne. X la base des cornes. || Poétiquement. Laterre chancelle sur ses bases; la lune se couvre d’unvoile sanglant [à la consommation des temps], cha-teaub. Génie, i, vi, 7. || 2° Fig. Fondement, prin-cipe. Cette règle qui est la basede tout jugement. Je-ter les bases d’un traité. L’empire qui s’écroule parsa base. Asseoir l’autorité sur la base des lois. Lavraie félicité qui n’a d’autre base que la vertu. La foi,cette base de l’esprit chrétien, mass. Carême, Prod.La doctrine qui est la base de ce dérèglement, pasc.Prou . 5. Nous brûlons du désir de trouver une as-siette ferme et une dernière base constante, id.dans cousin. Tout drame pèche essentiellement parla base s’il offre des joies sans mélange de chagrins,chateaub. Génie, n, il, 3. De leur trône abattu l’é-quité fut la base, lemerc. Maliom. Il,v,3. Un minis-tre est toujours un homme en spectacle à l’Europe ;son honneur est la hase de son crédit, volt. Russie ,il, 4. || 3°Terme de mathématiques. Base d’une py-ramide, le polygone opposé au sommet. || Base d’unprisme, un des deux polygones égaux et parallèles,dont les côtés servent de base aux parallélogram-mes latéraux. || Base d’un cône,d’un cylindre, lescercles où viennent se terminer les surfaces courbes deces corps. || Base d’un parallélogramme,un des côtésadjacents, et presque toujours celui qui est le plushorizontal et le plus près de la terre. La surfaced’un parallélogramme est le produit de sa base par sahauteur. || Le nombre invariable qui sert à définirun système de numération, de logarithmes, etc. Labase de notre système de numération est dix.|| Terme de géodésie. Ligne mesurée avec toutel’exactitude possible et servant à évaluer toutes lesautres. || Terme d’optique. Base distincte, locutionemployée quelquefois pour distance focale. || Enanatomie, la hase du coeur, la partie opposée à sapointe. || En botanique, base d’un organe, point parlequel il tient à son support. || 4°Terme de musique.Tonique, note fondamentale. || S° Ce qui entrecomme principal ingrédient dans un mélange. Lecacao est la base du chocolat. || 6' En chimie, base,corps composé qui jouit de l’un ou des deux carac-tères suivants : 1“ de se combiner avec un acide,de manière à former un composé différant des deuxcomposants; 2 ° de jouer le rôle d’élément électro-positif dans une combinaison quelconque. || 7° Termede menuiserie. Moulure saillante couronnant le par-quet au bas d’une porte cochère. || Terme de serru-rerie. Moulure en cuivre au bas d’un barreau derampe.
— HIST. xii' s. Puis fistdis bases, e chascuneontquatre aines de longur e quatre de lailr [largeur] etreisde lialtur, Rois, 254. Lores prist les riches co-lumpnes de araim, ki al temple furent, od tûtesles basses, e la vaissele que l’um apelout mer dearaim, ib. 436.
— ÉTYM . Basis, de flitn;, marche, allure, piedou plante du pied, de (faivw ou pàw, aller, et aussiavoir une assiette ferme; latin, vadere, aller (voy.je vais).
BASELLE (ba-zè-1 ’),s.f. Genre de plantes exo-tiques dont deux espèces sont acclimatées chez nous :la baselle rouge et la baselle blanche. La feuille semange.
f BASER (bà-zé), v. a. Fonder. II n’est d’usagequ’au figuré. Baser un système sur des faits. || Sebaser, v. réfl. Se fonder. C’est là-dessus qu’il sebase.
— REM. Ce mot est un néologisme fort employéprésentement, et qui n’a rien de condamnable ensoi, puisque baser est formé par rapport à basecomme fonder par rapport à fond, mais qui est peuutile, puisque baser ne diffère pas sensiblement defonder. Il vaudra donc totjjours mieux, en écrivant,se servir de fonder que de baser.
t BAS-FEUILLET (bâ-feu-llè, Il mouillées), s.m.