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Tome premier. A - C.
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titiller contre Satan, calv. Instit.TM. Batailler in-cessamment après les grandeurs du monde, amyot,Mar. et Pyrrh. 4. Chante-moy les bataillans, rons.oea.

— ÉTYM . Bataille; provenç. batalhar; espagn.balallar; ital. ballagliarc.

BATAILLEUR, EUSE (ba-tâ-lleur, lleûz’, U mouil-lées, et non ba-tâ-yeur), s. m. et/'. || 1° Qui se plaît àbatailler, àse battre. ||2"Quiaime àdisputer. Il ergoteetdispute sans cesse, c’est un grand batailleur. || Adj.Batailleur, batailleuse. Un esprit batailleur. Humeurbatailleuse, J. J. rouss. dans bescherelle.

— hist. xm e s. Comment sont peries les âmes ba-telleresses? Comment sont cheii li fort d’Israhel?Chron. de Bains, p. 8t. || xv” s. Aux bons batail-leurs sont necessaires huit conditions : la premièrequ’ils soyent adurcis à souffrir le fais des armes....ciir. de pisan. Hist. de Ch . V, 11 , 24. Inclination etcondition amoureuses, plus que batailleresses, Bou-ciq. 1 , ch. 2 . || xvr s. Il n’est point en nostre puis-sance de venir en combat contre le diable, si fort etsi grand batailleur, calv. Inst. 728.

—ÉTYM . Batailler; provenç. balalhador ,et au fé-minin balalhairilz ; espagn. batallador; ital. batta-gliatore.

] BATAILLIÈRE (ba-ta-Uê-r’, Il mouillées), s. f.Petite corde qui fait jouer le traquet d’un moulin.— ÉTYM . Batail.

BATAILLON (ba-ta-llon, Il mouillées, et non ba-ta-yon), s. m. || I e Troupe d’infanterie composée deplusieurs compagnies, et faisant partie d’un régi-ment. Former, rompre un bataillon. Le front d’unbataillon. || Bataillon carré, bataillon rangé de ma-nière à former un carré. Bataillon de cadre, batail-lon qui sert de cadre. Bataillon de guerre, batail-lon surnuméraire et qui n’est adjoint à un régimentque pour le cas de guerre. Ecole de bataillon, ma-nœuvre d’un bataillon ou par bataillons. || 2°En gé-néral, une troupe armée quelconque. Un autre ba-taillon s’est avancé vers nous, rac. Mithr. v, 4. D’unbataillon nombreux le fastueux rempart, volt. OE-dipe, iv, 1 .1| 3“ S. m. plur. Les bataillons français franchissaient déjà les Alpes . Vajusqu’en Orient pous-ser tes bataillons, corn. Hor. 1 , <. || 4° Familière-ment, un grand nombre. Elle a un bataillon d’en-fants. || 5° Terme d’antiquité. Le bataillon sacré,bataillon thébain, dans lequel les guerriers, liés d’a-mitié les uns aux autres et ne s’abandonnant ja-mais, mouraient ensemble s’il le fallait.

— hist. xvi' s. Taschant à rompre le bataillon desgens de pied de Pyrrhus , avant que les elephansarrivassent, amyot, Pyrrh. 46. Les autres n’ozoientaffronter ce bataillon de Macédoniens, lequel estoitsi bien serré de tous costez, id. P. Æm. 33.

— ÉTYM . Bataille; espagn. batallon; ital. batta-glione.

BATARD, ARDE (bâ-tar, tar-d’; le d ne se liejamais : un bâtard et son père, dites : un bâ-taret.... Au pluriel : ces bâtards et leur père; dites :ces bâtar et leur père. D’autres prononcent l’s : cesba-tar-z et....), adj. || 1° Qui est né hors mariage.Il Substantivement, un bâtard, une bâtarde. Recon-naître, légitimer un bâtard. Un bâtard échappé despirates du Nord A soumis l’Angleterre, volt. D. Pè-dre, 1 , 4. Il y a des gens qui substituent leursvers aux miens ; je ne fais pas grand cas de mesvers; mais enfin j’aime mieux mes enfants tortuset bossus que les beaux bâtards que l’on medonne, volt. Lett. Richelieu , 22 juill. 4767. Ondit mieux enfant naturel. || Simple bâtard, celuiqui est né de personnes libres, par opposition àbâtard adultérin. || Bâtard de Caux, cadet qui n’a-vait pas de biens. || Autrefois les bâtards des roisétaient princes; ceux des princes, gentilshommes;ceux des gentilshommes, roturiers. || 2° Dégénéré del’espèce à laquelle il appartient. Olivier bâtard. Rei-nette bâtarde. || Fig. Les critiques regardent le dramecomme un genre bâtard. Non comme toi touchésd’une bâtarde gloire, Régnier, Épit. 1 . [| 3° Bâtard sejoint à plusieurs substantifs et indique que la chosedont il s’agit a subi quelque modification qui lachange et l’amoindrit. || Porte bâtarde, porte de mai-son qui n’est ni petite porte ni porte cochère. || En ter-mes de fauconnerie, oiseaux bâtards, oiseaux qui tien-nent de deux espèces. || Vaches bâtardes, vaches dontle rendement en lait diminue quand elles ont conçude nouveau. || Dans la boulangerie, pâte bâtarde, pâteni dure ni molle. || Laine bâtarde, seconde laine levéesur l’animal. || Ëpée bâtarde, celle qui pouvait ser-vir à une main et à deux. || 4° Ecriture bâtarde, ousimplement, bâtarde, écriture ordinairement pen-chée, à jambages pleins, à liaisons arrondies parlehaut et à têtes sans boucles. La bâtarde qui n’est pas

penchée s'appelle bâtarde ronde. Eh ! oui, d’uneécriture que vous connaissez.... là.... d’une certaineécriture qui n’est pas légitime. — Il veut dire de labâtarde, lesage, Turcaret , 11 , 6. |{ 5° Terme de ma-rine. Marées bâtardes, celles qui ont lieu pendantles quadratures. || Voile bâtarde, grande voile d’unegalère qui ne s’emploie que lorsqu’il fait peu de vent.

|| 6° S. m. Sucre produit par des sirops qui sont le ré-sidu d’un raffinage précédent. || 7 e S. m. Terme demarine. Corde qui assemble les racagesetles amar-res sur le mât près de la vergue. ||8°S. {. Dans l’an-cienne artillerie, bâtarde, sorte de canon, long d’en-viron neuf pieds et demi, avec trois pouces dix lignesde calibre. || 9° S. f. Forme grossière pour obtenir lesucre appelé bâtard. || 10° S. f. Lime d’horloger dontla taille n’est ni douce ni rude.

— hist. xiii* s. Et ses bastars andui [tous deux], etRainfrois et Hendris, Berte xeix. Et uns siens fiusbastars saisi la terre et la tint, Chron.de Rains, 429.Kt se la charete est bastarde, c’est à savoir sansferrure, Liv. des mèt. 319. Chil’[ceux] qui sont de mamesnieou mi serf ou mi bastartpoent estre mi avo-cat, beaum. v, 43.S’ele le porte mains [moins] desept mois, le mariage durant, et li enfes vit, il apertqu’il fu conceus devant le mariage, etpor ce pot ilestre tenus por bastars, ib. xvm, 2 . Je me assis àune fenestre, et un enfant delez moy, et avoit en-tour dix ans d’aage, qui avoit à non Berthelemi etestoit filz bestart à Mons . Ami de Montbeliart.ioiNV.253 . || xv e s. Car ce n’est mercure vulgaire, Ne riensqui du bastard approche, la font. 695. Le roi dePortingal avoit respondu au message [qui l’invitaitau couronnement de Jean de Castille fils aîné deHenry le Bâtard] que jà ne seroit au couronnementdu fils d’un bastard qui avoit murdri son frere, froiss.il, 11 , 44. || xvi* s. Dix coullevrines bastardes, d’aüb.Hist.i, 304. Quatre canons, deux coulevrines,deuxbastardes et quatre pièces de campagne, id. ib.tit.Cinq petites pièces à boites, qui, bien qu’elles nesoient que de calibre de demie bastarde, id. Hist.111 , 62 . On luy pourroit donner à sentir bon vin bas-tard, malvoisie, hippocras, eau rose, vinaigre ro-sat, paré, xvi, 43. Toutes les flatteries, attraits etallechement ne sont que faux appast et amorses bas-tardes, amyot, Préc. d’admin. 85.

— ÉTYM . Provenç. bastard; espagn. et ital. bas-tardo; allem. et angl. bastard. On a indiqué le cel-tique : gall. basdarz, bas-bret. bastard, gaél. basart,de bâs, bas, et tarz, extraction. Malgré les apparen-ces, il faut rejeter cette étymologie; car elle ne peuts’accorder avec des passages comme celui-ci : Ne saitoù aille à parent ne cousin, Fors à sa suer, quil’aime de cuer fin, Fille de bast le riche duc Basin,Geste de auberi le bourgoinq, Hist. litt. t. xxn,p. 320 .Fille de bast signifie bâtarde. Bâtard vient donc debât (voy. ce mot), indiquant ici le mépris, avec lafinale ard fréquente en français et dérivée de l’alle-mand Art,espèce, sorte, manière d’être. On trouveaussi, par une corruption née de l’ignorance dusens et par une fausse étymologie, fille de bas, bâ-tarde, fils de bas, bâtard, venir de bas, être bâtard(voy. du cange, bastardus.)

BATARDEAU (ba-tar-dô), s. m. || Terre-plein,revêtu de briques ou de pierres, pour contenir leseaux d’une rivière ou d’un étang. || Cloison d’ais etde terre glaise qu’on fait dans l’eau pour y bâtir,quand l’eau est épuisée. || Terme de fortification.Massif de maçonnerie pour retenir l’eau d’un fossé.|| Terme de marine. Espèce de rempart en planchesafin de préserver de l’eau un bâtiment couché pourle radoub.

— hist. xiv* s. Pour la réparation du bastard,qui est rompu es fossez de la ville de Beaune , ducange, bastardus. || xvi* s. Aiant fait bien asseoirun bastardeaudansie cours de la riviere,tout le tra-vail des assiegeans fut tout noié, d’aub. Hist. 1 , 299 .

— ÉTYM . Ménage tire ce mot de bâton. Mais, vul’exemple de bastard pour batardeau, et l’emploitrès-fréquent de bâtard en des sens divers (voy. ducange, au mot bastardus, où Ton trouve : charrettebastarde; coustel bastard; un petit couslel bastar-deau; il tira le bastardeau de sa dague; mou'inbastart ), on peut croire qu’un batardeau a été ditpour digue bâtarde. Cependant Grandgagnage citedans le patois wallon , baie avec le sens de fas-cinage au bord d’un cours d’eau pour eu empêcherles empiétements ; il est à remarquer que l’Académieécrit batardeau, sans accent circonflexe remplaçantTs, ce qui s’accommoderait avec bâte, mais ce quiest contraire à l’orthographe des anciens textes. Onpourrait aussi penser, si on abandonnait le sens dé-rivé de bâtard, au radical bast, qui signifie soute-nir, affermir, et qui se trouve dans bâtir.

f BATARDEAU (bà-tar-dô), s. m. Petit bâtard.Terme familier. Nous assistâmes à cette cérémonie[réception du duc de Berwick], avec la singularitéd’y avoir eu en notre tète bâtards et bâtardeaux,et à notre queue à tous un bâtard d’Angleterre,ST-SIM. 277, 243.

— HIST. xii e s. Kar vil chose est e honte elaiz, Se deneient nos sosmeton A un neentel bastardon, be-noit, Chron. de Norm. t. m, p. 8, 31785.

— Étym. Diminutif de bâtard; ital. bastardello.f BAtaRDEMENT (bâ-tar-de-man), adv. Par

voie de bâtardise. Pour le duc d’Orléans, le roi eutmoins de répugnance, non comme neveu, maiscomme gendre bâtardement, st-sim. 44 6 , 2 18.

— ÉTYM . Bâtarde, et le suffixe ment.BATARD1ÈHE (bâ-tar-diê-r’), s. f. Terme d’hor-ticulture, peu usité maintenant et qui, taudis quela pépinière signifiait un plant d’arbres non greffés,signifiait un plant d’arbres greffés destinés à êtretransplantés dans les jardins.

— REM. On ne voit pas pourquoi l’Académie omet l’accent circonflexe sur la syllabe ba.

— HIST. xvi* s. Cest affranchissement se pra-tique à souhait es meuriers de tous aages.... sur lesplus petits arbres de la bastardiere, o. de serres,464. Quinze ou seze mois les arbrisseaux séjourne-ront en la pepiniere, non davantage; au bout duquel temps seront transplantés en la bastardiere,pour s’y achever de fortifier, id. 635. A ces arbres[de la pépinière] seuls ne servira la bastardiere,ains à y enraciner des branches à ce propos pour eufaire des arbres, comme de celles de figuier, gre-nadier, coignier, coudrier, id. 637.

— ÉTYM . Bâtard; ainsi dite parce que les plantesne sont là que des bâtards qui attendent leur fa-mille définitive.

BATARDISE (bâ-tar-di-z’), s.f. || 1°Anciennement,droit des seigneurs sur la succession des bâtards.

|| 2 e Etat de celui qui est bâtard. Madame [duchessed’Orléans] était d’une nation qui abhorrait la bâtar-dise et les mésalliances, st-sim. 2 , 40. Vala, abbéde Corbie , parent de Louis le Faible par bâtardise,volt. Mœurs, 23.

— hist. xm e s. Autres cas y a encore qui apar-tiennent à sainte Eglise, si comme quant contens[dispute] vient de bastardie, por débouter que libastart ne portent riens comme oir, beaum. xi, 24.Jehans dist qu’il n’estoit mie tenus à respondre,pour che k’il n’estoit mie du linage, ains estoit sesanchestres issus de bastardie, du cange, bastardus.|| xv* s. Maistre de Vis, nous vous voulons faire roide ce pays, jà soyez-vous bastard, mais nous disonsque madame Bietrix votre cousine.... est plus néeen bastardie que vous ne estes, froiss. ii, iii, 29.

|| xvi e s. De deux grandes citez il despouilla l’eglise,Pour fonder un estât venu de bastardise, du bell.iii, 74, verso.

— ÉTYM . Bâtard.

f BATATE (ba-ta-t’), s. f. Voy. patate.BATAVIQUE (ba-ta-vi-k’), adj. Larme batavique(voy. larme).

f BATE (bà-t’),s. f. || Cercle d'une boite de montre.

|| Ce qui forme les côtés et le contour d’une taba-tière, du pied d’un flambeau.

— hist. xiv e s. Que toutes pièces qui aurontbastes soudées, soit pour mettre sur soye ou ail-leurs, ne puissent estre clouées mais couzues à l’ai-guille, du cange, basta.

— étym. Bas-latin, basta ,chaton, encadrement,du radical bast signifiant porter, soutenir, et quise trouve dans bastant, bât, bâton.

BÂTÉ, ÉE (bâ-té), part, passé. Chargé d’un bât.Un âne, un mulet bâté. || Fig. C’est un âne bâté,c’est-à-dire c’est un homme d’un esprit lourd, unignorant. Diantre soit de l’âne bâté, mol. Bourg,gent. 11 ,4. Ceux-ci [J. J. Rousseau, Diderot , D’Alem-bertj sont tous ânes bâtés, sous le rapport de la lan-gue, pour me servir d’une de leurs phrases, p. l.cour. Lett. Il, 67.

BATEAU (ba-tô), s. m. || 1° Sorte de barque donton se sert ordinairement sur les rivières, mais aussisur la mer. Bateau plat, bateau de pêcheur. M. leprince était dans un bateau, sév. 4 52. Il ne passeplus aucun bateau sous les ponts, id. 4 3. || Bateaude sauvetage, bateau pour secourir les naufragés.|| Bateau-poste, bateau qui fait le service de laposte. || Bateau à vapeur, bateau mû par la vapeur.|| Pont de bateaux, pont fait de bateaux attachés lesuns aux autres et recouverts de planches. |[ Familiè-rement. Etre encore tout étourdi du bateau, n’ètrepas encore remis de ses fatigues, de son trouble, deson chagrin. Eslrées parla le premier ; Tallard,étourdi du bateau, s’embarrassa: je sentis qu'il se