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BAT
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bastion qui est tout rempli de terre. || bastion vide,bastion qui n’a qu’un rempart avec son parapet.H Bastion double, deux bastions l’un dans l’autre.|| Bastion coupé, bastion séparé de la place par unfossé. || Bastion plat, bastion mis au-devant d’unecourtine. || Bastion de France, l’établissement fran-çais sur la côte de Barbarie, près de fonds où sefait la pêche du corail.
— hist. xvi” s. Montent le roch si vertueusementQu’ont estonné tous ceulx du bastillon, J. marot,v, 28. En moins d’un jour ont prins et asservy Lebastillon qu’on disoit imprenable, id. v, 28.
— ÊTYM . Provenç. bastio, dans un titre de<238;ital. bastione; du bas-lat. bastire (voy. bâtir). Bas-tion est la forme provençale ou italienne; bastillon,l’ancienne forme française .
BASTIONNÉ, ÉE (ba-sti-o-né, née), part, passé.Une tour bastionnée.
BASTIONNER (ba-sti-o-né), v. a. Garnir de bas-tions.
BASTONNADE (ba-sto-na-d’), s. f. Coups de béton.Donner, recevoir la baslonnade.
— ÊTYM . Provenç. bastonada; espagn. baslo-nada; ital. bastonata; de bastonar, bétonner (voy.ce mot). Dans l’ancien français , on disait bastonnée:Et dit-on que vous lui donnez , Chascun jour, unebastonnée, ch. d’orl. Rond. Bastonnade est em-prunté de l’espagnol ; c’est pour cela que l’a s’y pro-nonce ; Bèze indique la prononciation de l’s.
BASTRINGUE (ba-strin-gh’) , s. m. Bal de guin-guette. Populaire. || Appareil pour préparer le sulfatede soude.
— étym Origine inconnue.
BASTUDE (ba-stu-d’), s. f. Terme de pêche. Es-pèce de filet dont on se sert pour pêcher dans lesétangs salés.
— étym. Ce mot, qu’on trouve aussi écrit battude,serait, si cette orthographe était la véritable, pourbattue, et signifierait un filet pendant l’emploi du-quel on bat l’eau.
BAS-VENTRE (bâ-van-tr’) , s. m. Nom vulgaire del’hypogastre,ou région située au-dessous du nombril.
— étym. Bas et ventre.
t. BAT(bat’ ; le t se prononce, d’après Legoarant,t. i, p. 411), s. m. Terme de pêche, qui n’est d’u-sage que pour mesurer la grandeur d’un poisson. Ondit qu’il a tant de décimètres entre œil et bat, c’est-à-dire entre la tête et la queue.
— BIST, xvi” s. Par equale distance de queue etbac, rab. Pont, iv, 34. Qui souslevoient sur le batde leurs ailes, bemy belleau , Bergeries, t. i,p. toi.
— ÉTYM . Battre; le bat, ce qui bat. Cette étymo-logie, certaine pour le bat de l’aile, devient très-probable pour le bat de la queue, malgré l’orthogra-phe bac qui est dans Rabelais ; elle est, en tout cas,bien préférable à l’étymologie celtique, bod, queue,en gaélique.
j- 2. BAT ou BATE (bat’ ou ba-t’), s.m. Terme demarine. Petit bordage de bois debout.
BÂT (bà ; le t ne se lie pas dans la conversation ; aupluriel l’s se lie : les bâts et les ânes, dites: les bâ-zet....), s.m. || l”Selle grossière de forme et d’étenduevariables, à l’usage des bêtes de somme. Mettez lebât sur l’àne. J’ai un cheval de bét qui porte monlit, sêv. 52. Nous aperçûmes de loin deux chevauxde bât couverts de jaune, st-sim. 4 2, 140. || Fig. Uncheval de bât, un homme chargé, dans une maison,dans une communauté, des besognes que les autresrefusent. || 2° Fig. Et toi, peuple animal, Porte encorle bét féodal, bérang. Carabas. || Proverbe. Chacunsait où le bât le blesse, chacun connaît ce qui danssa positionest cause d’embarras ou de souffrance. Voussavez bien où le bât me fait mal, mol. Sgan. 21.
— HIST. xiii” s. Et se Ton porte monnoy sur bast;la monnoy ne doit riens; mais le bast doit quatredeniers, l.iv. desmél. 447. || xv” s. Je sçai mieux oùle bas m’en blesse Que vous ne un autre ne sçavez,Patelin. || xvi” s. Six jours après je la trouvay horsla porte de Montmartre, sur un cheval de bast, jambedeçà, jambe de là.... paré, xix, 25. Ce qui vous suitde noblesse Est de ceux que le bast blesse [qui sonttarés], Sat. Mén. p. 101.
— ÊTYM . Provenç. bast; espagn. et ital. basto; bas-lat. bastum; du radical qui est dans poKjvdi^e'.v,porter, {Sacral, bête de somme, qui est aussi dansbdlir, bâton, et qui a le sens de soutenir, porter,affermir.
t BAT-A-BOURRE (ba-ta-bou-r’), s.m. Instrumentde bourrelier pour battre la bourre. || Au plur. Desbat-à-bourre.
BATACLAN (ba-la-klan), s. m. Attirail embarras-sant. Il a renvoyé tout son bataclan. Populaire.
— ÊTYM . Sans doute une composition arbitrairefaite avec battre.
f BATAIL (ba-tall, Il mouillées), s.m. Ancien-nement, battant d’une cloche. || Terme de blason.Battant d’une cloche, d’un autre émail que la clochemême.
— HIST. xvi” s. Le batail estoit d’une queue de re-nard, rab. v, 27.
— ÉTYM . Battre; provenç. batalh; catal. batail;espagn. badajo; portug . badalo; ital. battaglio.
BATAILLE ( ba-tâ-11’, Il mouillées, et non ba-ta-ye), s. f. || 1° Combat de deux armées. Il va pré-senter la bataille au roi son frère, boss. Hist. i, 8.Clovis gagna la bataille de Tolbiac, id. i, ii. Ilcroyait donner la bataille, sév. 211 . Us ont perducontre eux des batailles, fën. Tel. xi. Mais Rome ignore encor comme on perd des batailles, corn.H or. I, 1. Il lui donna bataille, où mille beaux ex-ploits.... id. Ilodog. i, 1. Je vais à ce moment don-ner la bataille à l’armée impériale, voit. Lettr. 7.Il [Archimède ] n’a pas donné des batailles, mais ila laissé à tout l’univers des inventions admirables,pasc. Pens. H, art. 10 . Les loups rôdaient autour deses batailles; De ses exploits ils vivaient plus d’unjour, millev. Rançon d'Egill. || Corps de bataille,le centre de l’armée, les corps placés entre les deuxailes. || Cheval de bataille, cheval propre à êtremonté un jour de combat. || Fig. Un cheval de ba-taille, la chose où Ton s’appuie de préférence.|| Champ de bataille , lieu où se livre le combat.|| Fig. Le champ de bataille lui est resté, c’est-à-dire il a eu l’avantage. Choisir son champ de ba-taille, porter le débat, la question sur le pointqu’on regarde comme le plus avantageux. || 2° Or-dre d’une armée disposée pour combattre. Rangerune armée en bataille, c’est-à-dire disposer son ordrede bataille. Troupes en bataille. Leur flotte se présentaen bataille devant la nôtre. Marcher en bataille.Charles XII fait débarquer son canon et forme sabataille, volt. Charles XII , 2 . U défit en bataille ran-gée Arphaxad, boss. Hist. i, 7. || En termes de théo-rie militaire, Tordre dans lequel une troupe est dé-ployée, par opposition à Tordre en carré ou encolonne ou par le flanc. || En termes de marine,la vergue de misaine est dite en bataille, lorsqu’elleest disposée dans le sens longitudinal du navire.Il Fig. L’armée que J.-C. a mise en bataille contreles erreurs, boss. Instr. 2 . ||3° En termes de pein-ture, représentation d’une bataille. Ùn peintre debatailles. Les batailles d’Alexandre par le Brun.|| 4° Querelle, lutte. Trêve, trêve, Nature, aux san-glantes batailles, Qui si cruellement déchirent mesentrailles, rotr. Vencesl.v, 3. || 11 a bien fallu donnerdes batailles, on a bien donné des batailles pour....c’est-à-dire il a fallu bien contester, bien lutterpour.... || 6° Nom d’un jeu de cartes. || 6° Galerie quicouronne la cheminée d’une grosse forge.
— REM. Bataille, batailler, bataillon, devraients’écrire par deux t; ou battre s’écrire par un seul t;car ces mots ont même radical.
— SYN. bataille, combat. On verra à l’étymolo-gie que bataille a signifié anciennement et propre-ment troupe, bande; tandis que combat n’exprimeque l’idée de se battre avec. De là, quand ces deuxmots sont devenus synonymes, une inclination del’usage à consacrer bataille au conflit d’une armée,et combat à tout conflit quelconque. Dans un lan-gage précis, bataille signifie un combat dans lequeldeux armées ont engagé toutes leurs forces. Les ar-mées ont ordinairement des combats avant d’en ve-nir à une bataille. On dit gagner, perdre une ba-taille ; ce qui ne se dit pas avec combat.
— hist. xi” s. [Qu’] une bataille leur i rendent[livrent] cil primes [d’abord], Ch. de Roi. xliii. Partel glouton n’ert [sera] bataille vaincue [gagnée], ib.cii. Je nen ai ost qui bataille lui donne, ib. n. Unebataille [il] leur livrât, lejur, pesme [funeste] ,ib. lxii.Ce dist li reis : bataille font nostre home, ib. cxxxi.|| xii” s. E feirent à eaus [eux] bataille le jor de sa-madi, Machab. i, 2 . Autre bataille [corps d’armée]lor envoyez hastie, Rvnc. p. 28. Bataille auront,Dex les puit délivrer, ib. p. 37. Tanle bataille en[de mon épée] ai faite et vaincue, ib. 105. Dont[pour cela] [ilsj firent la bataille sur deux homesjugier [remettre la bataille à deux champions], Sax.iv. Quant il ont en bataille fiché leur estendart, ib.xix. Nous entrerons en France en bataille rangie,ib. xxxii. Abner le fiz Ner asemblad ost del esliturede Israël , pur damagier e bataille tenir encuntre cesde Juda, Rois, 125 . || xm” s. Emprès fudevisés queHenris ses freres feroit l’autre bataille [ troupe ],
viLLEH. lxix. Et li Grieu firent moit grant semblantd’els recevoir à bataille, ib.Lxx. Aucinquiesme [jour]après s’arma tous li os, et chevauchierent les ba-tailles ensi corne eles estoient devisées, ib. lxxiy.Puis [il] fu mors en bataille outremer devant Sur,Berle, xli. Lor batailles en quatre partent [ils par-tagent], la Rose, 12230. Que il est assise ou usage,ou [au]reiaume de Jérusalem , que qui se combatpor aucune carelle, et il ou son champion venquelabataille, que il a celle carelle gaaigniée, Ass. de J.I, 105. Tant que la bataille seit fornie, ou que paisen seit faite, ib. 1 , 171. Et ainsi n’est il pas de cixqui apelent du jugement que li home font, car liapiax est demenés par gage de bataille, beaum. 30.Maintenant que nostre gent les virent, il s’areste-rent, et cil et les ennemis firent trois batailles aussi,joinv. 270. Une grosse bataille de Turs, là où ilavoit bien six mille homes à cheval, id. 215. || xiv” s.Choses appartenantes en batailles ou guerres, oresme,Eth. 316. Et de ce fust causée la bataille de Troie,id. ib. 65. Car bataille de mer, c’est grant confusion;Quant li mesquanche [mauvaise chance] tourne suraucune parchon, Il n’en puet escaper chevalier nepiéton, Baud. de Seb. 1 , 654. || xv” s. Le sire de l’Es-parre fut rencontré des nefs espagnoles à qui il eutla bataille, froiss. ii, ii, 4. Déconfit celui roi parbataille rangée et arrestée, id. i, i, 2 . L’endemaiu,au point du jour, chacun fut armé, et trairent leursbannières aux champs, chacun à sa bataille et des-sous sa bannière, si comme ordonné estoit, id. i,
i, 35. Il avoit esté dit que Ton marcheroit à trois fois,poureeque la distance des deux batailles estoit lon-gue, comm. 1, 3. Les batailles estoient bien eclar-cies, id. 1, 4. Et n’estions point tant en gloire commepeu avant la bataille, parce que nous voyons lesennemis près de nous, id. viii, o. ||xvi”s. Pour lar-cin n’eschet gage de bataille, loysel, 808. En faitde bataille, le defendeur est tenu de confesser ounier le fait dès le mesme jour qu’il reçoit le cartel,id. 810. Il fit marcher l’avant-garde, bataille et ar-riere-garde tout d’un front, carl. i, 4. Les Sabinscommencèrent la bataille, qui futaspre et dura lon-guement, amyot, Rom. 27. Ainsi comme les deuxbatailles se preparoient pour recommencer à com-battre de rechef, id. ib. 28. Les Perses ont esté des-faicts en bataille par les Grecs le sixième jour dumois d’aoust en la journée de Marathon , id. Cam. 33.Renger une armée en bataille, id. ib. 51. Estansdonques les Romains arrestez tout court par la ba-taille macedonique, sans qu’ils la peussent aucune-ment forcer, id. P. Æm. 33.
— étym. Provenç. batalha ; espagn. batalla; ital.battaglia. On lit dans Adamantius martyr : batua-lia, quæ vulgo battalia dicuntur. Ce passage nousapprend deux choses : d’abord que battalia est pourbatlualia, ce qui prouve que battre vient bien debattuere (voy. battre) ; puis que battualia est unneutre pluriel de l’adjectif battualis, les choses re-latives au combat, neutre devenu, dans les languesromanes, un substantif féminin comme dans em-maillé, merveille, etc. De là le sens collectif qu’ilavait dans l’ancien français où il signifiait un corpsde troupes. On remarquera la disparition de Tu debattualia; Tu latin ainsi placé disparaît aussi dansquelques autres mots; par exemple, pacage, d epas-cualicum.
t BATAILLE, EE (ba-ta-llé, liée, Il mouillées),adj. Se dit, en termes de blason, d’une cloche dontle battant, qu’on nomme batail, est d’un autreémail que la cloche.
BATAILLER (ha-tâ-llé ; il mouillées), v. ». || 1° Li-vrer bataille. Il n’est rien de si beau que tomber ba-taillant, Régnier, Sat. vi. Nos fils, ne se^reposantguère, Batailleront à tout propos, bérang. Âge futur.|| Au propre, il ne se dit plus que dans le style fa-milier ou avec un sens d’ironie. || 2° Fig. Contester,disputer avec ténacité. || 3° Terme de marine. Luttercontre le vent, contre la mer ou le courant.
— HIST. xii” s. Une tant ne voudront batailler,Qu’or plus ne viengent gaaigner [labourer], benoit,
ii, 7066. || xm” s. Des or venrons à la bataille, S’or-rés comment chascun bataille, la Rose, 15336. Da-lila la malicieuse, Par flaterie venimeuse, Â San-son, qui tant est vaillans, Tant preus, tant fors, tantbataillans, ib. 16882. Ainss’arma poralerencontre,
Toute preste de bataillier, ib. 12035 .Nus n’est si
bien bataillans, Se de vilanie s’apresse, Que gentil-lesce 11 e le lesse, ib. 6600 . || xiv” s. Et nous bataillonou combatton, affin que après nous menon nostrevie à paes, oresme, Eth. 3i6.||xv”s. Us batillentjour et nuyt à l’encontre de l’ame, J. de Saintré, 6.|| xvi” s. L’esprit de Dieu est nostre vertu pour ba-