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arts sont encore au berceau dans ce pays. De monsort fixons l’incertitude, Dussé-je en mon berceautrouver la servitude! m. j. chën. , OEdiperoi, iv, 4.Adieu, charmant pays de France , Que je dois tantchérir! Berceau de mon heureuse enfance, Adieu!te quitter c’est mourir, bérang. M. Stuart. LesEgyptiens mettent leur orgueil à cacher leur ber-ceau sous les siècles, chateaub. Génie, i, iv, 2 .Cette Église devait être attaquée dès son berceau,bossuet, Paul , 1. || 4° Treillage en voûte garnide verdure. Faire monter la vigne en berceau.Dîner sous un berceau. Inquiet de ce que mevoulait Dumont avec tant de mystère, je gagnaidoucement l’entrée des berceaux [de Marly], st-sim.285, 120 . Esprits aériens de la terre et des eauxDont les soupirs parfument ces berceaux, delav.Paria, n, <J. Allée en berceau, allée couverte.|| Longue allée souvent couverte d’une voûte decharmille, pour s’exercer A tirer de l’arc, de l’ar-balète, etc. Tirer au berceau. || 5° Outil du graveurpour travailler en manière noire. || 6°En typogra-phie, berceau de presse, partie antérieure de lapresse, sur laquelle roule le marbre. || 7* En termesd’architecture, voûte en plein-cintre. || 8° Berceaude la Vierge, nom vulgaire de la clématite des bois.
— xiii* s. Ele lur roe [demande] isnelement Unberssoil quere bel e gent, Où bien puist se couchersis fis, Qui encor iert assés petis, Grégoire le Grand .p. 21. Après [elle] le coucha el bercuel, 0 [avec]plors, o lermes, o duel, ib. p. 22. Quant le bers vei-ras devant tei, Où tesanfesfu morz par mei, ma-rie de France , t. h, p. 272. Fors seul Helain qu’enescapa,Et fors un autre en berc petit , Roman de Par-tonopeus, t. j, p. n. Li raz neïs [même] l’estrangle-roient, Quant au bersueil le troveroient, la Rose,1801 8. Et li bon quens d’Artois Robers, Qui dès lorsqu’il issi du bers, Hanta tous les jors de sa vie Lar-gece, honor, chevalerie, ib. <8901. Pot estre que lisous aagiés seroit encore en bers, beaum. xvi, 8 .|| xiv* s. Les quelz avoient laissié en leur hostel sansaucune garde un leur petit enfant, qui estoit aubarseul, nu cange, berciolum. Quand elle eust cou-ché icelle fille en un berch, id. ib. Un berseilà parerqui avoit esté paint et ordonné pour feu II. le Daul-phin, de laborde, Émaux, p. <84. || xv* s. Là oùfoy une, ung fons et ung bapteme, Ung bers, unsang, un lien doibt estraindre.... G. chastelain,Expos, sur vérité.
— ÉTYM . Berry, bereiau, harciau; provenç. bers,bres, bretz, bressol; portug . berço; bas-lat. bercio-lum, berceolum. Du Cange le tire du bas-latinbersa, claie d’osier, treillage, dont on environnaitles forêts de chasse ; ce mot ayant été transporté aubers ou berceau, qui est fait d’osier. Diez n’admetpas cette étymologie ; il croit que bercer est le mêmeque berser, vieux français , tirer de l’arc, chasser,percer d’une flèche. Trouvant dans un texte bas-latin d’Italie bercellus ou barbicellus, signifiant bé-lier à battre les murailles, il suppose un verbe ita-lien berciare, frapper, heurter [im-berciare existeavec le sens de toucher le but, donner dans leblanc) ; d’où ensuite les sens de frapper avec uneflèche, de chasser, et aussi de bercer, c’est-à-direagiter comme le bélier qui frappe une muraille. IImanque trop d’intermédiaires pour qu’on ajouteconfiance à cette dérivation; et il vaut mieux s’entenir à l’étymologie donnée par Du Cange , bersa.
| BERCELLE (bèr-sè-1’), s. f. Pince d’émailleurpour tirer l’émail à la lampe.
f BF.RCELONNETTE (bèr-se-Io-nè-t’), s. f. Voy.barcelonette .
t BERCEMENT (bèr-se-maii), s. m. Action debercer.
BERCER (bèr-sé ; le c prend une cédille devantun a ou un o : je berçai, nous berçons), v. a.|| 1° Balancer dans un berceau. On berce les en-fants pour les apaiser et les endormir. Comme noscitoyens, de race désireux, Qui bercent les enfantsqui ne sontpas à eux, bëgnier, Sat. n. || 2° Par ex-tension. Comme de vieux nochers dont la couchemobile est suspendue aux mâts, plus ils [les cor-beaux] sont bercés par les orages, plus ils dor-ment profondément, chateaub. Génie, i, v, 3.L’eau berce.... La tente des matelots, lamart.Harm. i, 3. || 3° Fig. Endormir, adoucir. On m’aconté qu’au bord du Gange assis, Des exilés, gaisenfants de la Seine , X mes chansons, là,berçaientleurs soucis, bérang. Couplets à des habit, de Mau-rice . Le songe d’un enfant que berce un vagueamour, v. hugo, Odes , v, 4. || 4* Amuser d’espé-rances. On le berçait de vaines promesses. Un es-poir frivole le berça longtemps. Je ne regarde la vieque comme un songe; mais, de toutes les idées
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flatteuses qui peuvent nous bercer dans ce rêve d’unmoment.... volt. Lett. Mme du Deffant, mars <765.|| Fig. et familièrement. J’ai été bercé de cela, deces contes-là, j’en ai ouï parler mille fois dès monbas âge. || Le diable le berce, se dit d’un homme in-quiet et agité, et aussi d’un homme qu’une passioncaptive en une sorte d’extase. Les vers sont doncdurs, raboteux? non, rapportez-vous-en à ce diablequi m’a bercé, volt. Lett. D'Argentai, <9 nov. <708.Amour me berce, je ne puis plus sommeiller, An-cienne chanson du Comte Ory , replacée par scribedans l’opéra de ce nom, H, <0, soys cette forme:Amour me berce, et ne puis sommeiller. || 5° Terme degravure. Bercer une planche, lapreparer avec le ber-ceau. || 6° Se bercer, v. réfl. Il se berçait dans sonhamac. || Fig. Se repaître vainement de. Dès lors il seberça d’un vain espoir. Cependant, à le voir, pleinde vapeurs légères, Soi-même se bercer de sespropres chimères, boil. Sat. vm. || 7° En termesde manège, on dit qu’un cheval se berce lorsque,pendant ses allures, son corps éprouve un balance-ment latéral très-prononcé.
— HIST. xiv* s. X Jehan Parchet, peintre, pourdeux hiers à berser, l’un grant et l’autre petit, parlui peins, de laborde, Émaux, p. 1 04. X Jehan lehu-chier, pour un berseil de bois d’IIIande ave.claber-souerefaits par lui et livré, pour bersier Madame Je-hanne de France , fille de Madame la Royne, id. ib.|| xv* s. Une petite fille qui berçoit ung petit en-fant aagé d’un an ou environ, du cange, bercio-lum. || xvi* s. Et quoique la douleur lui aidast àcrier, mardi gras avoit si bien bersé les habitansque le corps de garde fut défiait sans secours, d’aub.Hist. il, <4 7. Tu m’en bailles bien; je suis toutbersé [rebattu] de telles matières, des per. Cymbal.<09. Dequoy les Flamands ont fait un proverbe, quidit que, quand le François dort, le diable le berce,Sat, Mén. p. <74.
— ÉTYM . Bourguig. breussé; wall. bilsi, bilzi;provenç. bursar, bressar (voy. berceau).
BERCEUSE (bèr-seù-z’), s. f. || 1° Femme char-gée de bercer un enfant. || Fig. Oui, mon berceaume semble doux encore, Et la berceuse [l’espérance]a pourtant disparu, bérang. Souv. d'enf. || 2 ° Chan-son ou air pour endormir un enfant.
BÉRÉNICE (Chevelure de). Voy. chevelure.
BÉRET (hé-rè) ou BERRF.T (bè-rè), s. m.|| 1° Toque de laine, ronde et plate, qui sert decoiffure aux paysans basques. |j 2° Coiffure large etplate à l’usage des dames.
— HIST. xiv* s. Birette, bu cange, birretum. Quechascun porte manteau ou liouce fourrez, et lais-sent les barrettes et preigne chapiaux honestes, id.îù.
— ÉTYM . Provenç. berreta, s. f. et birret, s. m.catal. baret; ital. berretta; bas-lat. bereta, beretum,birretum, de birrum,jbirrus, bgrrhus, sorte d’étofferousse, de nuppôç, roux.
f BERGAMASQUE (bèr-ga-mas-k’), s. f. Termede musique. Danse et air de danse en usage auxvin* siècle.
— ÉTYM. Bergame, ville d’Italie .
BERGAME (bèr-ga-m’), s. f. Ancienne sorte detapisserie fort commune.
— ÉTYM. Bergame, ville d’Italie où se fabriquecette sorte de tapisserie.
BERGAMOTE (bèr-ga-mo-t’), s. f. || 1” Espècede citron dont le zeste sert à faire l’essence de ber-gamote, qui est d’odeur très-suave. || 2° Petite boite,bonbonnière doublée avec des écorces de cetteorange. || 3° Sorte de poire fondante.
— ÉTYM. Portug . bergamota; du turc berg ar-muth, poire du seigneur.
f BERGAMOTIER (bôr-ga-mo-tié), s. m. Variété,à rameaux épineux, du limettier, qui est un citron-nier à fruits doux.
4. BERGE (bèr-j’), s. f. ||l“Bord relevé, escarpé,d’une rivière, d’un fossé, d’un chemin. || 2° Termede marine. Certains rochers élevés à pic sur l’eau.
—HIST. xiv* s. Le quel [bateau] il menèrent auxberches [remparts] de la forteresse, du cange, berga.|| xv* s. Le suppliant avait amassé le dit foing et misen une barche ou mulon, id. ib.
— ÉTYM. Espagn. et ital. barga . Diez ne veut pasqu’il soit d’origine germanique, et il en rapprochele kymri bargodi, surplomber, bargod, bord. Ce-pendant le bas-latin berga, garde, défense (quivient de l’allemand bergen , défendre, protéger),n’aurait-il pas pu donner, par une série de sens,défense, fortification, meule, et finalement bord es-carpé?
2. BERGE (bèr-j’), s. f. Chaloupe étroite.
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— IIIST. xv* s. Le navire que le roy Charles tc-noit sur mer, dommagia moult les Anglois etgaignasur eulz nefs et berges et autres vaisseaux, christ,de pisan, Hist. de Charles V , u, 38.
— ÉTYM . Autre forme de barge (voy. ce mot).
f BERGELADE (bèr-je-la-d’), s. f. Terme d’agri-culture. Mélange de vesce et d’avoine qu’on sèmeensemble.
BERGER, ÈRE (bèr-jé, jê-r’; l’rde berger ne selie jamais; au pluriel, l’s se lie : des bergers heu-reux,dites: des bèr-jé-z heureux), s. m. et f. ||l*Gar-dien. gardienne des bêtes à laine. Les rois et lesbergers y sont d’un même rang, corn. Poly. v, 2 .Mais bientôt le ciel en colère, Par la main d’unehumble bergère Renversant leurs bataillons [desAnglais ], boil. Ode ii. La main d’une bergère achangé le destin, d’avrigni, Jeanne d’Arc , i, 4.|| 2“ Fig. Dans la poésie pastorale, amant, amante.Un berger fidèle. Une bergère insensible. || L’heuredu berger, le moment favorable aux amants.L’heure du berger sonne, la font. Coupe. U as-sura qu’il avait trouvé l’heure du berger dans uncertain cabinet, hamilt. Gramm. 8. Je sais queMoustapha n’a pas trouvé avec vous l’heure du ber-ger, volt. Lett. d Cath. 4 2. || 3“ L’étoile du berger,la planète Venus.
— HIST. xii* s. Que vont querant cil fol bregier,Qu’il ne viennent à ma dame servir ? hues de laferté, Romancero, p. <84. || xiii* s. Foulz est quifait de leu bergier, matzner, p. 79. Que qu’il fe-soient leur mellée, Lor bergiere s’en iert alée, Libergiers les ot oubliez ; Iluec s’en erent outre alez,Ben. 6374. Par vostre grant malaventure, Me teuis-siés vous por bergier? Or allés aillors herbergier,Qui m’a pelés ci menteor, la Rose, 4 2459. Cuer nepuet qu’ung seul hoste dedens soi herbergier ; Porce doit l’en tenir à fol et à bergier, Qui vuelt Dieu et pechié en son cueur enfergier; Nus ne puet cesdeus erbes planter en ung vergier, l. de meung,Test. 4 530. || xiv* s. Et li plusour ont dit : Dieuxdoint Bertran santé ; Plus li affiert d’onnour qu’onne li a porté ; Pas ne sommes rendu à bregier ras-soté, Guesl. 22744.11 xvi* s. O puissant Pan, quechascun bergier tient Pour son grand Dieu , qui seulde toutes parts Vas conservant nos loges et nos parcs,marot, i, 3 < o. D’autre costé gracieuses bergieres Xte louer se monstreront legieres, id. i, 3 ) 8 .
— ÉTYM . Bourguig. borgei, bogei, borgeire ; Berry,barger , bargère; picard, berker; norm. bergier (piè-tres et bergiers sont des sorciers, dicton du pays deBayeux ); provenç. bergier, bergeira; bas-lat. ber-bicarius, du bas-lat. berbix, brebis (voy. brebis).Dans le moyen âge, berger était souvent pris avecune acception injurieuse (homme stupide, grossier,sans valeur), comme on peut voir à l’historique.
BERGÈRE (bèr-jê-r’), s. f. || 1° Fauteuil large etprofond, et dont le siège est garni d’un coussiu.|| 2“ Ancienne coiffure de femme pour le négligé.|| 3* Bergère ou bergerette, l’un des noms de la ber-geronnette.
4. BERGERETTE (bèr-je-rè-t’),s.f. Jeune bergère.On a dit aussi bergeronnette.
— HIST. xvi* s. Mais dessus tout accroist ma pas-sion Le dur regret que j’ay de Marion, Qui est, ûPan, ton humble bergerette , Et du petit bergeretqu’elle alaicte, marot, i, 3<2.
— ÉTYM . Diminutif de bergère.
2. BERGERETTE (bèr-j e-rè-te), s. f. Nom d’une li-queur composée de vin et de miel, dite aussi oeno-miel ou œnomel.
— HIST. xv* s. Tous messieurs avec les chantresvont à la chapelle de St Martin, et là font la colla -tive en buvant de la bergerette par trois fois et duvin par deux fois, du cange, bergeretta. Les petitsenfants de chœur illec disoient de beaux virelaischançons et aultres bergerettes moult mélodieuse-ment, jean de troyes, Chron. <467.
— ÉTYM. L’ancien français bergerette, chant deberger (voy. berger) , qui se chantait le saint jour dePâques , en certaines contrées, et à l’occasion du-quel on buvait une boisson dite pour cette raison ber-gerette.
BERGERIE (bèr-je-rie), s. f. || 1° Habitationspécialement réservée aux bêtes ovines. Pareils àdeux lions dont l’ardente furie Dépeuple en un mo-ment toute une bergerie, corn. Médée , iv, 3. || Fig.et familièrement. Enfermer le loup dans la berge-rie, laisser quelqu’un dans un lieu où il peut nuire;fermer une plaie avant le temps. La crainte d’en-fermer le loup dans la bergerie, sév. 302. || Bergeriesroyales, nationales, impériales, établissements oùl’on entretient et crée des types améliorants, forme
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