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p. 200 , nsmraîïpne, au xvn' s. qu’on écrit besoigne,et qu’on prononce besogne.
BESOGNÉ (be-zo-gné), part, passé. Uniquementemployé dans des locutions de ce genre : c’est à luimal besogné, il a mal fait. Ce ne serait à. vous bienbesogné , la font. Faiseur.
BESOGNER (be-zo-gné), v. n. Faire de la beso-gne. Nous avons bien besogné. || Il se conjugue avecl’auxiliaire avoir, et ne se dit plus que dans le stylefamilier et avec quelque ironie. || Autrefois il étaitle verbe du substantif besogne et, s’employant pourfaire ce qu’on avait à faire, il n’avait aucune nuancepéjorative. L’absence des tenants qui n’avaient plusà besogner au delà de ce qu’ils avaient fait, laissal’entrée de la chambre [du roi] plus libre, st-sim.405, 63. Laissons-la [Mme des Ursins] triompher etbesogner à son aise, et retournons en arrière, m.444, 105.
— insT. xii* s. Li riche besuignerent e fameile-rent [eurent faim], Liber psalm. p. 42. || xm' s.Bel-Acueil en la chambre va; Et la vielle ausincse leva, Pour besoigner par la maison, la Rose,14885. Aucune foiz estoit que les messages ve-noient à li ; par quoi il nous convenoit besoignerà la matinée, joinv. 267. ||xiv* s. Aucuns excel-lens et bien besoignans selon vie attive tiennentque félicité est honnour, oresme, Elh. v, (9).|| xv e s. Ils bastirent leur siégé bien et sagement etse pourveurent petit à petit de tout ce qui leur be-sognoit, froiss. il, ir, 4 2 . Avec telz gens veulx-jeavoir à besongner qui tiennent ce qu’ils promettent,comm. i, 12 . || xvi' s. Ceux qui besongnerent desmestiers, amyot, Sol. 45. Menuisiers besongnansd'yvoire, id. Péricl. 25.
— étym. Besogne; provenç. besonhar, besoignar;anc. catal. bessognar; ital. bisognare.
BESOIGNEUX, EUSE(be-zo-gneû, gneû-z’; quel-ques-uns disent, à tort, be-zoi-gneû, gneû-z’), adj.Qui est dans la gêne, dans le besoin. Une famille be-soigneuse. Un pauvre hère qui montre la musique àla pupille, infatué de son art, friponneau, besoi-gneux, à genoux devant un écu, beaumarch. Barb.de Sév. I, 6.
—hist. xii* s. Humble estiez et honorable, Et ausbesoigneux secourable, Romancero, p. 62 . || xm* s.Nostre ost est povre, et nostre gent sont besoigneusde viandes [vivres], villeh. lxii. Tu estoies si be-soigneus, Et de poissons si convoiteus; Ja n’en cui-doies prou avoir, Ren. 14385. ||xv's. L’infortune etmaleurté d’icelle la rend plus besongneuse de bonsecours, Œuvres d’ alain Chartier, p. 439, dansraynouard, Lexique.
— ÉTYM . Besogne, dans le sens de besoin; pro-venç. besonhos ; ital. bisognoso.
BESOIN (be-zoin), s. m. || 1“ Manque de, avec désirou nécessité d’avoir. Le besoin de secours était pres-sant. Le besoin d’argent où il se trouvait. Ce que lebesoin demande. Pour ou suivant le besoin. Les be-soins publics. On apportait le blé à mesure des be-soins de la consommation. Les besoins d’argent surla place étaient grands. Le commerce n’apporta pas,en fait de blé, le sixième du besoin. Presque tous lescitoyens ont été persuadés que si le parlement s’é-tait toujours borné à faire sentir au souverain, enconnaissance de cause, les malheurs et les besoins dupeuple.... volt. LouisXIV, 30. |j Lebesoindelacause,ce qu’il est nécessaire de dire à l’appui d’une cause.|| Avoir besoin de, manquer de, réclamer l’as-sistance. J’ai besoin de vous. Il avait besoin dele voir. J’ai besoin que vous lui parliez. Ce dontnous avons besoin. J’ai besoin d’air et de marcher,sév. 297. J’ai besoin d’un vengeur et non d’une maî-tresse, rac. llithr. iv, 5. J’ai, pour m’expliquer,besoin de sa présence, id. Esth. il, 7. Mon zèle n’abesoin que de votre silence, m. Phèd. ni, 3. Prendssoin d’elle, ma haine a besoin de sa vie, id. Baj.iv, 5. Ai-je besoin du sang des boucs et des gé-nisses?iD. Âthal. i, 4. Laissez-moi; j’ai besoin d’unpeu de solitude, id. Baj. ni, 6. J’en aurais bon be-soin, id. Plaid, i, 5. Et vos peuples alors, ayantbesoin d’un roi.... corn. Nicom. iv, 3. Si j’ai besoinde vous de peur qu’on me contraigne, J’ai besoinque le roi, qu’elle-même me craigne, id. Nicom.i, ». Mais le reste du monde, esclave de la crainte,A besoin qu’on l’opprime, et sert avec contrainte,volt. Aï*, i, 4. Il n’avait aucun besoin de fermersa porte, fën. Tél. xiv. || Avec assez, tant, etc. onmettait un de qu’aujourd’hui l’usage laisse volontiersde côté. Hélas! j’en ai assez de besoin, sév. 55. Cethomme qui avait tant de besoin de tolérance pourlui, volt. Lett. Pesai, 6 janv. 4767. On dirait au-jourd hui de préférence : j’en ai assez besoin ; quiavait tant besoin de tolérance pour lui. || Avoirunvif
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désir, une extrême envie. Cette femme a besoin d’at-tirer sur elle tous les regards. || En parlant des cho-ses. Les pierres précieuses ont besoin d’être enchâs-sées. Cet arbre a besoin d’être arrosé. Cela n’a pasbesoin d’être dit. || Faire besoin, manquer, être né-cessaire. Cela me fait besoin. Quand nous faisonsbesoin, nous autres misérables, Nous sommes leschéris et les incomparables, mol. l'Étour. i, 2. Aussibien nous fera-t-il ici besoin pour apprêter le sou-per, id. l’Avare, m, 5. S’il vous faisait besoin,mon bras est tout à vous, id. le Dép.v, 3. Votreoraison vous fera bon besoin, la font. Orais.|| 2'En physiologie, on donne le nom de besoin àcette sensation qui porte les animaux à certainsactes indispensables pour l’entretien de la vie : telssont les besoins de boire, de manger, etc. || Besoinde nourriture et, simplement, besoin. Épuisé parle besoin. || Besoin naturel ou, simplement, besoin,besoin que le corps éprouve de se débarrasser de lapartie des aliments qu’il ne s’est pas assimilée. Faireses besoins , satisfaire aux nécessités naturelles.|| Avoir peu de besoin, se dit de celui qui se res-treint au strict nécessaire ou à peu près, et qui nese crée au delà aucun besoin. || On dit, dans un senstout à fait semblable, n’avoir aucun besoin. 1 1| Ausens moral, les besoins de l’âme, les sentiments quiportent l’âme à rechercher certaines satisfactionsmorales ou intellectuelles. || Par extension. Tout cequi flatte devient un besoin dont vous ne pouvez plusvous passer, mass. Car. Prospér. || 3" Indigence, dé-nûment. Être dans le besoin, dans un grand besoin.Tous les deux étaient tombés dans le besoin. Il est au-dessus du besoin. Dieu laissa-t-il jamais ses enfantsau besoin? rac. Âth. a, 7. ||4' Choses nécessaires àl’existence. Je me procurerai tous mes besoins, et,pourvu que je les aie, je ne me soucierai point queles autres soient misérables, montesq. Lett. pois.dans la veaux. Mme de Montespan travaillait pour lespauvres à des ouvrages bas et grossiers, comme deschemises et autres besoins semblables, st-sim. 4 80,4 65. || 5“ Exigence, conjoncture difficile, embarras.En de si grands besoins, rac. Mitbridate, a, 4.Quel important besoin Vous a fait devancer l’au-rore de si loin? id. Iphigénie, i, 4. La moucheen ce commun besoin Se plaint qu’elle agit seule,la font. Fab. vu, ». Ainsi donc au besoin ton cou-rage s’abat, corn. Cid, v, 4. Mais que mon jugement,au besoin, m’abandonne, id. Cinna, îv, 3. Qu’est lefeu de ton zèle au besoin devenu? malh. i, 4. || Sansbesoin, sans que la chose soit exigée, sans néces-sité. Mais porter dès l’abord les choses à l’extrême,Madame, et sans besoin faire des mécontents.... corn.Sert, iv, 2 . || Au besoin, si la chose est exigée, encas de nécessité. Prenez ces cent écus; gardez-lesavec soin, Pour vous en servir au besoin, lafont.Fab. viii, 2 . Dieu fait part, au besoin, de sa force in-finie, corn. Poly. H, 6. Quelques-uns vous diront,au besoin, Quels dieux du haut en bas renver-sent les profanes, id. Nicom. m, 2. || En un be-soin, même sens. Comment voulez-vous que je croieQu’un hibou pût jamais emporter cette proie? Monfils, en un besoin, eût pris le chat-huant, lafont.Fab. ix, 4. || Impersonnellement. Il est de besoin,il est nécessaire. Un peu plus plate ou plus voûtée,selon qu’il est de besoin, desc. L’homme. Laissez-moi, j’aurai soin De vous encourager, s’il en est debesoin, mol. Femmes sav. v, 2. Mais qu’est-il de be-soin de les aller choquer? Régnier, Sat. xiv. || Au-jourd’hui on dit de préférence sans la prépositionde, il est besoin. Il est besoin que je parte bientôt. Ilest besoin de partir. Qu’est-il besoin de tant de pa-roles? Qu’est-il besoin que nous allions à Paris ?Toutes les fois que besoin sera. Peut-être que vousavez jugé qu’il était besoin que toute la rhétoriquefût employée pour me persuader que vous ne m’a-viez pas oublié, voit. Lett. 4. Aimez-les et mourez,s’il est besoin, pour eux, corn. Rod. v, 3. Eh bien,s’il est besoin de répondre autre chose... id. Nicom.Il, 3.
— HIST. xi* s. Si alcun jete les chatels [effets]fors de la nef senz busun.... Lois de Guill. 88. Carde ferir ai je si grant besoign, Ch. de Roi. civ.Chevauche, reis, bosuign [nous] avons d’aïe, ib.cxxiv. || xii* s. Aine [onque] nel sona [le cor], se nefust besoig granz, Ronc. p. 84. Quilui [à Dieu ] fau-dra à cest besoin d’aïe [la croisade], Sachez que illui faudra à greigneur, quesnes, Romancero, p. 93.Quant Diex verra que ses besoins [de Quesnes] estgrans, Il lui faudra, car il lui a failli, hues d’oisi,ib. p. 403, Prouesse doit avoir le prix; Car qui l’a,onc ne fera faille En nul besoing où il aille,
LE CONTE DE BRETAGNE , ib. p. 4SI. || XIII' S. AinS.avoient paor que quant ce vendrait au besoing,
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qu’il ne se tornassent vers Johannis, villeh. clxi.Car jamais à si grant besoing ne secorraient nuleterre, id. cxlvii. Qu’à cest besoin [il] me veuille,s’il lui plait, conseiller, Berte, xxxix. Au besoingestes vous apensée et gentis, ib. lxxv. Que vautquanque tu estudies, Quant li sens au besoing tefaut? la Rose, 684 4. Aucune foiz apelei’en droit,besoing; si comme droit en aucune chose ou par li-gnage ou par affinité, Liv. dejust. 3. Compains,dit-il, tu as moult foie entencion, Qui cuides qu’ilte doie aidier à cest beson, Ch. d’Ant. i, 446. Aubesoin que le roy a de chevaliers, joinv. 264. Telpreudomme comme il estoit, devoit bien estre at-tendu à un tel besoing, joinv. 24 5. Biau sire saintJacque, que j’ai requis, aidiès moy et secourrez àce besoing, id. 226. || xiv's. Ah! sire de Berguettes,Dieux vous doint bonne viel Quel besoing vousamene en icelle partie? Guescl. 4 74 32. Car il estoitamez grandement au pals, Et il n’est riens qui vailleau besoing bons amis, ib. 4 9387. || xv's. Si escripsit[le duc d’Anjou] devers messire Jean d’Armignac,que à ce besoin il ne lui voulsist faillir, froiss. ii,ii, 4. Mais au besoing ils m’ont failli, Et m’ont lais-sié sans recouvrance, ch. d’ohl. Bal. 22 . Et be-soing luy en fut, comm. 1 , 2 . A qui on envoyoit dela maison du roy tout ce qu’il luy faisoit besoing,id. iv, 40 . ||xvi's. Ilz fuyrent et laissarent leur bonmaistre on besoing, rab. Garg. 1 , 3». Alors que des-cendîmes ces degrez, nous furent bien besoing pre-mièrement noz jambes, secundement, nostre pre-clare lanterne, id. Pant. v, 36. Armes jamais onbesoing ne faillirent, quand bon cueur est associé debon bras, id. ib. v, 36. II n’est point besoing quevous prenez la peine de venir encores, pour les rai-sons que je vous manderai, marg. Lett. 4 53. La mé-decine a besoing que la fortune preste la main àses operations, mont, i, 30. Je ne veulx pas qu’onrefuse aux charges qu’on prend, la sueur, et lesang au besoing, id. iv, 452. Il feint, il ployé, ildifféré, selon le besoing des occasions, id. iv, 4 53.Besoingfaitla vieille trotter, h. est. Précell. p. 478.
— ÉTYM . Provenç. besonh, bezonh; anc. catal.bessonh; ital. bisogno ; pays de Coire , basengs; bas-lat. bisonium; de soin (voy. ce mot), et d’une pré-position be qui fait difficulté. Est-ce la prépositiongermanique bi (allemand moderne, bet)? Mais alorscomment se fait-il qu’un composé germanique (carsoin est d’origine germanique) se trouve dans les lan-gues romanes sans exister dans les langues alleman-des? Est-ce la préposition romane bes ou bis (voy.bes.... préfixe), qui a un sens péjoratif? Diez objectele sens, puis l’orthographe; le sens: mais pourquoibcs-soin, qui voudrait dire un mauvais soin, n’au-rait-il pas pris le sens de gêne, et de là les signifi-cations successives? l’orthographe : mais la double s ,qui manque dans le français , dans le provençal etl’italien, se trouve dans l’ancien catalan . Les rai-sons pour bes, roman, semblent donc avoir du poids.
f BKSOLET (be-zo-lè), s. m. Hirondelle de merdans le parler génevois. J’avais pris un fusil pourtirer des besolets, J. J. rouss. Hél. iv, 46.
f BESSE (bè-s’), s. f. L’un des noms de la vesce.
— étym. Voy. VESCE.
BESSON, ONNE (bé-son, so-n’), adj. Jumeau ,jumelle; l’un des deux enfants d’une même couche.Vieux et inusité, si ce n’est dans quelques provinces.On reconnut bien vite que c’étaient deux bessons,c’est-à-dire deux jumeaux d’une parfaite ressem-blance, G. sand, Fadette, 1.
— HIST. xm's. Ausisera, se Johanaenfantoit deusenfansetemprèsdeusbeçons, Liv. dejust. 56.||xiv's.Ainsi furent nourriz les deux enfanz bessons ou ju-meaux, bercheure, f'8, verso. || xvi* s. Cequevoyar.tle bonJanot mon pere, Voulut gaiger à Jacquet soncompere, Contre un veau gras, deux aignelets bessons,Que quelque jour je feroie des chansons, marot, i,24 8. Une louve je vy sous l’antre d’un rocher Al-laictant deux bessons : je vis à sa mammelle Mi-gnardement jouer ceste couple jumelle, dubell.vi, 64, verso. Le commun accouchement des femmesest un enfant, toutesfois on voit (comme le nombre de3femmes est grand) qu’elles accouchent de deux, quel’on appelle gemauxou bessons, paré, xix, 5. Peintout autour une levre bessonne Qui d’elle mesmeen s’élevant semonne D’estre baisée, rons. 4 20.
— ÉTYM . Berry, besson; provenç. besso; catal.besso; d’un mot bas-latin bisso, bissonis, formé dobis, deux (voy. bis).
4. BESTIAIRE (bè-sti ê-r’), s. m. Terme d’histoireromaine. Gladiateur qui combattait dans l’amphi-théâtre contre les bêtes féroces, pour l’amusementdu peuple.