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Tome premier. A - C.
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332 BES

— MST. xiii” s. Et ciers [chers] bericles et filâtes,Jaspe, topaces et acates, Fl. et Bl. 659. Et quantel l’ot du fuerre traite, Plus lu clere que nul beril,la Rose, t5723. || xiv* s. Beril est une pierre quicroist en Inde , qui est semblable à l’esmeraulde enverdeure, Le propriétaire des choses dans laborde,Émaux, p. 164. || xv” s. Marbre polys aussi ciers quebéryl, jean le maire des belges dans laborde, ib.|| xvi* s. Le beril est du naturel de l’esmeraude,.mais il est sombre si les angles ne donnent vigueuret gayeté à leur eau. Le chrysoberil est de lustredoré, mais blaffard et encore plus blesme le chryso-prasus, Étienne binet, Merv . de la nature, dans

LABORDE, ib.

— ÉTYM . Provenç. berille, bericle; catal. beril ;espagn. berilo; ital. berillo; de beryllus, de pr rpuUoç, béryl.

j-BÉRYLLÉ, ÉE (bé-ril-lé, lée), adj. Terme dephysique. Réfraction béryliée, double réfraction, oùle rayon extraordinaire est situé entre l’axe et lerayon ordinaire, comme dans le béryl.

— étym. Béryl .

f BÉRYLLIUM ( bé-ril-li-om’), s. m. Terme dechimie. L’un des noms du giycinium.

f BES.... Préfixe dont le sens péjoratif est lemême que bis.... (voy. bis.... préfixe), et qui setrouve dans besaigre.

BESACE (be-za-s’), s. f. Bissac de mendiant.Quels biens possédait Homère ? Une besace, un bâ-ton, bërang. Gueux. Oui, dit l’ange, et je te fis donDes trois besaces d’un vieux moine, id. Ange gard .|| Fig. Être à la besace, être réduit à la besace,porter la besace, être réduit à la misère, ruiné. Met-tre, réduire à la besace, ruiner. || Être jaloux dequel-que chose, comme un gueux de sa besace, y tenirbeaucoup. Le diable vous emporte par avancementd’hoirie, mademoiselle, si je ne suis plus amoureuxde vous qu’un gueux ne l’est de sa besace, Fran-cien, liv. vi, p. 244.

— ÉTYM . Espagn. bisaza; ital. bisaccia; du lat.bisaccia, nomin. piur. de bisaccium d’après Diez.

BESACIER (be-za-sié; l’r ne se lie jamais; aupluriel, 1’* se lie : les besaciers et.... dites : les be-za-sié-z et....), s. m. Celui qui porte la besace. Unpauvre besacier. Le fabricateur souverain Nous créabesaciers tous de même manière, la font. Fables,i, 7.

— ÉTYM . Besace.

BESAIGRE (be-zê-gr’), adj. Qui s’aigrit, en par-lant du vin lorsqu’il est au bas dans un tonneau.|| Substantivement. Ce vin tourne au besaigre.

—ÉTYM . Bes, particule qui a une signification péjo-rative (voy. bes.... préfixe), et aigre (voy. aigre).

BESAIGUË (be-zè-ghue), s. f. Outil de charpen-tier taillant par les deux bouts, dont l’un est en becd’âne, et l’autre en ciseau.

— H1ST. xii* s. Les ustils as ovriers qui firent lesdegrés, Besaguë e cuignie3 en ont od els portez,Pour depecier les uis, s’es [s’ils les] trovassent fer-mez, Th. le mart. 144. || xm* s. Cil sont boen[bon] qui sont doble ostil; Celx [à ceux-là] resem-ble li besaguz ; Des deux pars tranche et est aguz,ruteb. il, 68. || xvi* s. L’un plante aux champs uneforte charrue ; L’autre en ses mains Dorte une bisa-guë, RONS. 685.

—ÉTYM . Berry, bisaigui; de bis, deux fois (voy.bis), et acutus, aigu (voy. aigu).

BESANT (be-zan), s. m. Ancienne monnaie enusage dans l’Orient et aussi dans l’Occident . Le be-sant était un sou d’or, dont la valeur a varié. Lesémirs s’en tinrent aux 800 ooo besants d’or auxquelsle Soudan avait voulu se restreindre, volt. Mœurs,58. Chaque homme fut obligé de donner pour ran-çon dix besants d’or, chateaub. Ilin. il, 276. || Be-sant blanc, besant d’argent. || Terme de blason quise dit d’une pièce d’or sans marque. Les Français en mettaient autrefois sur les boucliers, pour faireconnaître qu’ils avaient fait le voyage de la terresainte.

— H1ST. xi* s. Tant i aura de hesans esmerez,Ch. de Roi. ix. ||xii* s. Besan d’or mer [pur], Ronc.p. 3. Teins ni blasons ne lui vaut un besan, ib.p. 62 . Cinq besans de fin or que li ciers recollit, ib.p. 4 91. Guiteclins les paia [les jongleurs] d’or fin etde besanz, Sax. v. Naaman se esmut de Sirieà for-ment riche cunrei, portad granmentargente sismiliebesanz, Rois, 362. || xm* s. Or as escieles [mainte-nant courez aux échelles], et qui premier i enterra[entrera], il aura mil besans, Ch. de Rains , p. too.Ele apris mainte forteresce Qui coustoit plus de milbesens, la Rose, 10803. Il paiera au seigneur de l’a-mende de celui mesfait trois bezans de la monée decelui pays, Ass. de J. i, 1 86. Et ce firent il, pour

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ce que le soudanc donnoit de chascune teste deschrestiens un besant d’or, joinv. 2 ( 8 . || xv' s. Etcuidoit de commencement que ce fussent besansd’or ou pierres précieuses que l’Amorath lui en-voyastpour le attraire, froiss. ii, m, 26 .

— ÉTYM . Byzantius, sous-entendu nummus,pièce de Byzance, parce que les empereurs de Con-stantinople firent frapper cette monnaie.

f BESANTÉ, ÉE (be-zan-té, tée), adj. Terme deblason. Chargé de besants, en parlant d’une pièce.

—HIST. xm* s. Le label [lambel] au mainsné [aupuîné] d’argent l’on besenta, Berte, cxxxi.

— ÉTYM . Besant.

•j BESAS (be-zâ), s. m. Terme de jeu de dés. Lemême que beset, qui est beaucoup plus usité.

— ÉTYM . Bis, deux (voy. bis) , et as.

t BESCHOIS (bé-clioi), s. m. Nom vulgaire du pic-vert.

— ÉTYM. Ancien français becher, pour becqueter.

f RÉSEAU (bé-zô), s. m. Terme d’agriculture.

Tranchée ou rigole pour étendre une irrigation.

f BESENGE (be-zan-j’), s. f. Mésange charbon-nière.

— ÉTYM . Autre forme de mésange.

BESET (be-zè), s. m. Terme de trictrac. Deux asamenés d’un coup de dés.

— ÉTYM . Autre forme de besas.

BESI (be-zi), s. m. Nom générique qu’on donneà plusieurs espèces de poires en y ajoutant le nom dupays dont elles sont tirées, besi d’Heri, besi Chau-montel.

— étym. Berry, bezige, poire sauvage, bezigier,poirier sauvage. D’après Jaubert, (Glossaire ), bezi si-gnifie sauvageon. On trouve aussi dans les Glos-saires , besier, poirier sauvage. On a indiqué commeorigine le hollandais besie, ancien allemand bese,gothique basi, qui est l’allemand actuel Beere, etqui signifie une baie, un petit fruit.

BESICLES (be-zi-kl’), s. f. plur. || 1* Lunettes àbranches qui se fixent à la tête. Parce que les besi-cles ont été enfin inventées, doit-on dire que Dieu a fait nos nez pour porter des lunettes? volt. Neut.ni, II. || Familièrement. Vousn’avez pas bien misvos besicles, vous y voyez mal. Il faut être sorcierpour le lire ce manuscrit] ; j’espère pourtant en ve-nir à bout, à grand renfort de besicles, p. l. cour.R.i, 90. || 2° Dans certains métiers, espèce de masquesgarnis d’yeux de verre.

— hist. xiv* s. Pour un vericîe encerné en ma-niéré de lunette, prisé xx francs, Compte du testa-ment de la Roync Jehanne d’Évreux, de laborde,Émaux, p. 163. Deux bericles dont l’un a le manchede bois, Inventaire de Charles V , id. ib. Un bericlerond, plat, environné de corne noire, id. ib. Ungbe-zicle en une queue d’or, id. ib. || xv's. Une douzainede lunectes de besicles fines avec deux estuys, Ducsde Bourgogne , n° 6805, dans laborde, ib. ||xvi*s.Une bericle, garnie le manche d’argent et au dessusdu dict manche ung petit lion douré, pour lyre surung livre , Inventaire de Marguerite d’Autriche,n“ 225, de laborde, ib. Besicle, que nous appelonsautrement lunettes, pasquier, Recherches, dans la-borde, t&. Gens qui portent lunettes ou bericles,nepeuvent pas voir de si loing, saint-julien, Meslan-ges dans larorde, ib. Au lieu de ce masque, onpourra pareillement user de besicles faites de corne,que l’on adaptera sur du cuir, paré, xvii, 2 .

— ÉTYM . Wallon bericle. La forme primitive, quiest bericle, écarte complètement l’étymologie de biscyclus, double cercle, ou de bis oculus, double œil.Celle de bis circulus plaisait à Voiture, qui dit,Lett. 193 : « Je me réjouis de ce que vous tâchez derencontrer aux étymologies; vous avez quasi trouvécelle des besicles; et cela n’est pas mal pour uncommencement; mais il vientde bini circuli. » Besi-cle est dit pour bericle, par un vice de prononcia-tion des Parisiens qui substituaient volontiers des zaux r, substitution dont chaise pour chaire est unautre exemple. Bericle est une des formes anciennespour béryl (voy. l’historique de ce mot), beryllusayant été employé dans le moyen âge pour signi-fier lunette. Mais il faut reconnaître en trouvant ve-ricle parmi les formes de notre mot, qu’il y a eutendance à le confondre avec véricle (voy. ce mot).

f BESIER (be-zié), s. m. Un des noms vulgairesdu poirier sauvage.

— ÉTYM . Voy. BF.S

f BESIGUE (be-zi-gtF) ou BÉSY (bé-zi), s. m. Jeude cartes analogue à la brisque ou au mariage.

| BESOCIIE (be-zo-ch’), s. f. Sorte de pioche pourfaire les trous destinés à la plantation des arbres.

— hist. xiv* s. L’un des variés du suppliant eustféru ledit Cayphas d’un cop de besog, jusques à

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grant efusion de sang.... ducange , besogium. Lesuppliant fery icellui Colin d’un hoieu ou besoicheentre deux espaules, id. ib. L’exposant getta contreledit Mathe Aubereau sa besoche ou besche, de la-quelle il avoit ouvré ès vignes la journée, id. ib.|| xv*s. IcelluiRaimont print ung besog sur son col,id. ib. Icellui Anthoine tenant en sa main ung ve-soch, autrement trinque basson, id. ib. Ung har-nois, dit besolz selon l’usaige du pais [Agennois],qui est ung harnois de fer invasible, très fort, àung grant manche,et faitpour coupper les buissons,id. ib. Ung baston ferré , appellé besouch , id. ib.Bosoche, dont l’en provigne les vignes, id. ib.

— étym. Peut-être une forme augmentative debesse, qui est une ancienne forme pour bêche.

BESOGNE (be-zo-gn’), s. f. || 1* Ce qui est de be-soin, affaire, apprêt. Le galant [le renard] pour toutebesogne Avait un brouet clair; il vivait chichement,la font. Fabl . i, 18. || 2“ Ce qu’il est nécessaire dofaire, travail, ouvrage. Celui qui ne serait propre àaucune autre besogne. Achever sa besogne. Se par-tager la besogne. Elle fait la grosse besogne,sév. 22). || S’endormir sur la besogne, ne pas avan-cer dans un travail. Il Familièrement. Aimer besognefaite, ne pas aimer le travail. || N’avoir pas beso-gne faite, avoir beaucoup d’embarras. Qui vit céans,mafoy, n’a pas besogne faite, Régnier, Sat. xi.MM. les gens du roi, entre la chancellerie et lagrande aumônerie, n’ont pas besogne faite, p. L.courr. ii, 291. ||Abattre de la besogne, faire beau-coup de travail. || Aller vite en besogne,être expédi-tif; agiravec précipitation ; dissiper promptement sesressources. || Faire plus de bruit que de besogne,parler beaucoup et ne pas agir ; se donner beau-coup de mouvement et ne pas faire grand’chose.|| Donner, tailler de la besogne à quelqu’un, lui pré-parer sa tâche, etfig.lui donner de la peine, lui sus-citer des embarras. || Faire de la bonne besogne, dela belle besogne, travailler d’une façon utile ; etironiquement, vous avez fait là de la belle besogne,vous avez fait une maladresse, une sottise, etc.|| Dépêcher besogne, dégrossir une besogne. Ils[ceux qui sont chargés des recherches de noblesse]dépêchent besogne et leurs secrétaires la défrichent,st-simon, 143, 82. || Proverbe. Selon l’argent la be-sogne, c’est-à-dire ce n’est qu’en payant bien qu’onobtient un ouvrage, un travail bien fait.

— HIST. xii' s. Et Gilemers l’Escot dit outrage etfolie, Quant de ceste besoigne devant tous vous des-fie, Sax.xz. [Trois messagers] qui fassentvo [votre]besoigne bien et hardiement, ib. xxi. Seigneur,fait-il à els, tut senz [sans] en plait entrer, Ne medeit pas mis sires acuinte demander ; Car tut cestgrant aveir que ci vus oi numer, En ses busoignesl’oi fait métré e aluer, Th.le mart. 43. || xiirs. D’a-procher [avancer] la besoigne plus ne detrierai,Berte, vu. Bien [je] ferai la besoigne, de ce n’es-teut douter, ib. xvii. Et eslurent li prison deuxd’eaus [deux d’entre eux] pour porter ceste besoigne,Chron. de Rains, p. 97. Dupaïsgairesnet’esloigne;Et se tu as si grant besoigne Que esloigner il te con-viengne, Garde bien que tes cuers remaigne, laRose, 2584. Cil qui est tuteres por enfans sous aagiés,n’est pas tenus à fere les besongnes des enfans àson coust, beaum. xvii, 8. Homsde religion ne doitpas estre receusen office d’avocat en ceste cortlaie,se ce n’est por la besogne de s’eglise, m. v, (8. Sabesoigne atira [disposa] en tel maniéré que toute sagent qui estaient mal armée, il les envoia par unevalée mal couverte, joinv. 271. Je ne weil pas ou-blier aucunes besoignes qui avindrent en Egypte ,tandis que nous y estions, id. 251. Si dit au roi :Sire, je venrai demain parler à vous de mes besoi-gnes [affaires], id. 288 . || xv* s. Renvoyèrent leursharnois, sommes, malles et habits par mer; si ar-rivèrent ces besognes à FEscluse en Flandre , froiss.i, i, 44. Mets-y donc une cliançonnette; S’en vou-dra mieuls ta besongnette , id. Espinette amour.Lors congneut le dit duc que ses besongnes alloientmal, car il n’avoit ame avec lui, comm. iii, 2. Il m’aautrefïois dit qu’il congnoissoit ses subjectz et gu’illes trouveroit bien si les besongnes se portaient mal[si les affaires devenaient mauvaises], id. iv, i. Orvous en allez à l’heure que vous devez faire vos be-songnes ou jamais, veu les grandes choses qui tom-bent entre les mains du roy dont il peult agrandirceulx qu’il ayme, id. v, 13. || xvi* s. Faire ses be-songnes [ses affaires, un profit], amyot, Cam. 19.Geste desfaitte donna matière de parler de son ex-cellente et admirable vertu à ceulx qui l’avoient veuen besogne, id. Pyrrhus, 15.

-- ÉTYM . Autre forme de besoin; bourguig. beson-gne; provenç, besonha; ital. bisogna, Chifflet, Gramm.