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Tome premier. A - C.
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u ne confusion entre biche, femelle du cerf, et bicsa,serpent ; si bien que les deux formes se sont mélan-gées dans le parler et dans l’écriture.

t 2 . BICHE (bi-ch’), s. f. Terme de blason, ser-pent (voy. bisse).

f 3. BICHE ». m. Sorte de chien, de petit bar-bet.

— ÉTYM . Contraction de babiche ou barbiche.

i. BICHET (bi-chè), s. m. Ancienne mesure decapacité pour le blé et pour d’autres grains, varia-ble suivant les provinces.

— ÉTYM . Bas-lat. bichetus, bichotus, bicheta, quise rattache au bas-lat. bicarium, vase, coupe, ca-lice; à l’ital. bicchiere , gobelet; de l’allem. Becher,vase ; ancien nord, bikar, ancien haut-allemand ,pchhcrr (d’où l’ancien français picher, pichier, l’es-pagnol pichel, et l’italien pechero). Le mot germa-nique lui-même ne paraît pas indigène, et il estsans doute emprunté au grec flixo;, sorte de vase.

f 2 . BICHET (bichè), t. m. L’un des noms du ro-cou , substance qui sert à la teinture.

ft. BICHETTE (bi-chè-t’), s. f. Petite biche,mot qui ne se dit que comme terme d’amitié, et en-tre jeunes filles. Ma bichette, allons nous pro-mener. || On l’attribue souvent aussi, dans les comé-dies, aux vieillards ou aux sots amoureux. Qu’est-ceque tu dis, bichette? cogniard frères, Gusman neconnaît plus, n, 4 0.

t 2 . BICHETTE (bi-chè-t’), s. f. Terme de pêche.Espèce de filet monté sur deux perches courbes.

BICHON, ONNE (bi-chon, cho-n’), ». m. et f. Dit aussichien de Malte. C’est un double métis qui vient du petitépagneul et du petitbarbet, buff. Chien. || Familière-ment. Terme d’amitié qui se dit à un enfant ou d’unenfant. Viens ici, mon bichon. Le petit bichon.

— ÉTYM . Contraction de barbichon.

BICHONNÉ, ÉE (bi-cho-né, née), part, passé.Tête bichonnée.

BICHONNER (bi-cho-né), v. a. || 1* Friser commeun bichon. || 2" Fig. Attifer, pomponner. Elle aime& bichonner sa petite fille. || 3° Se bichonner, v.ri/l.Il est ridicule qu’un jeune homme passe une heureà se bichonner.

— rem. Bichonner n’est ni dans Furetière , nidans Richelet ni dans les anciennes éditions du Dic-tionnaire de l’Académie .

— ÉTYM . Bichon.

f BICIPITAL, ALE (bi-si-pi-tal, ta-1’), adj.Terme d’anatomie. Qui a rapport au muscle biceps.Les tendons bicipitaux.

— ÉTYM . Biceps.

fBICIPITÉ, ÉE (bi-si-pi-té, tée), adj. Terme di-dactique. Qui offre deux têtes ou sommets.

— ÉTYM . Biceps.

f BICLAVÉ, EE (bi-kla-vé, vée), adj. Qui offredeux saillies en forme de clous.

— ÉTYM . Bi pour bis (voy. bis), et clams, clou(voy. clou).

•f BICOLORE (bi-ko-lo-r’), adj. Terme didactique.Qui offre deux couleurs.

— ÉTYM . Bi pour bis, et color (voy. couleur).

| BICONCAVE (bi-kon-ka-v’), adj. Terme didac-tique. Qui offre deux faces concaves opposées.

— ÉTYM . Bi pour bis, et concave.

•f BICONVEXE (bi-kon-vè-ks’), adj. Terme didac-tique. Qui offre deux faces convexes opposées. Verre,lentille biconvexe.

— ÉTYM . Bi pour bis, et convexe.

f BICOQ (bi-kok’) ». m. Pièce de bois qui sert àsoutenir la machine dite chèvre employée pour éle-ver les fardeaux.

— étym. Comme cette pièce de bois se dit aussipied de chèvre, on peut croire que bicoq est unefausse orthographe pour bicot ou biquet, petit che-vreau.

BICOQUE (bi-ko-k’), ». f. || 1° Place mal fortifiée.Vendôme amusait le roi de bicoques emportées, desuccès de 30* ou 400 hommes, st-sim. 4 20 , 63. Onpeut être longtemps devant une bicoque, sév. 468.j| 2° Petite ville. L’empereur ne se fia pas assez à laraison du divin Platon , pour lui donner le gouver-nement d’une bicoque, fontenelle, Sen. et Scarr.|| 3° Fig. Maison chétive. Il n’a acheté qu’une bicoque.

— ÉTYM . Bas-lat. bichocha, bicoca, bicocha; del’ital. bicocca, petit château situé sur une hauteur;espagn. bicoca, guérite.

f BICORDÉ, ÉE (bi-kor-dé, dée), adj. Terme di-dactique. Qui offre deux échancrures en forme decœur de cartes à jouer.

— étym. Bi pour bis, et cor, cordis, cœur (voy.cœur).

t BICORNE (bi-kor-n’), adj. || 1° Terme didactique.Qui a deux cornes. || 2“Terme d’anatomie. Utérus bi-

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corne, celui de la plupart des mammifères, exceptél’homme, la plupart des singes, les tardigrades etles édentés.

— HIST. xv* s. Quiconques fait bicornes [sorte decuve] àBourges.... nu canoë, bicorna.

— ÉTYM . Bicornis, de bi pour bis, et cornu (voy.corne).

t BICOUDÉ, ÉE (bi-kou-dé), adj. Terme didacti-que. Qui est coudé deux fois.

— ÉTYM . Bi pour bis, et coude.

f BICUSPIDÉ, ÉE (bi-ku-spi-dé, dée), adj. Termedidactique. Qui offre deux pointes.

— ÉTYM . Bi pour bis, et cuspis, pointe.

f BIDAUCT ( bi-dôkt’ ), s. m. Suie de cheminéeque les teinturiers emploient. || On trouve aussi dansles dictionnaires, bidanet, qui parait être une fautetypographique.

BIDENT (bi-dan), s. m. Fourche â deux dents.

— ÉTYM . Bidens, de bi pour bis, et dens (voy.bent).

t BIDENTÉ, ÉE (bi-dan-té, tée), adj. Terme di-dactique. Qui a deux dents.

— ÉTYM . Bident.

BIDET (bi-dè ; le t ne se lie pas dans le parler or-dinaire; au pluriel l’s se lie : les bidets et les cava-liers, dites: les bi-dè-z et.... Bidets rimeavec traits,succès, jamais), s. m. || 1* Cheval ordinairement depetite taille, spécialement destiné à porter un cavalierdansles voyages. Bidet de poste, bidet pour les cour-riers. Bidet d’allure, bidet souvent dressé à l’am-ble. Bidet trotteur. Double bidet, bidet plus grandet plus renforcé que les bidets ordinaires. Convaincuqu’un bidet fait vingt milles en moins d’une heure,hamilt. Gramm. t (. Il [Louis XV ] commençait àmonter un petit bidet, et il demanda au roi la per-mission d’y aller [ à la revue des gendarmes ] , st-simon, 403,262. || Familièrement et fig. Pousser sonbidet, faire ses affaires, ne pas se déconcerter. Pous-sez voire bidet, vous dis-je, et laissez faire, mol. l’É-tourd. i, 2 . Monseigneur mort, le duc du Maine n’eutplus affaire qu’à monseigneur le duc de Bourgogne ;c’était beaucoup trop ; mais pourquoi ne pas espérerd’en voir la fin comme il voyait celle du père, et enattendant pousser son bidet? st-simon , 296 , 50.|| 2" Meuble de garde-robe dans lequel est enferméeune cuvette longue sur laquelle on peut s’asseoir àcalifourchon. || 8" Sorte d’étau, établi de menuisier.|| Instrument de bois sur lequel le cirier travaille lacire. || 4° Charger le bidet, se dit au trictrac pot»mettra un grand nombre de dames sur une flèche.

— HIST. xvi* s. Il accommode 30 hommes en pè-lerins, qui, aiant esté à leur dévotion, tirent de pe-tites dagues ; car ils avoient laissé les grandes à laporte, et avec quelques biddets [sorte d’arme] sai-sissent le gouverneur, d’aub. Uist. il, 4 70. Commesont les pistoles, pistolets, petits bidets, et autressemblables,petits lézards et scorpions, que l’on peutaisément cacher dedans ses chausses, paré, ix, Bref.

— ÉTYM . L’italien bidetto, l’anglais biddy vien-nent du français , qui a pour origine, d’après Diez,le celtique : gaél. bideach, très-petit, bidein, pe-tite créature; kymri , bidan, homme faible. On voitqu’au xvi* siècle bidet signifiait une sorte d’arme.

fBIDIGITÉ.ÉE (bi-di-ji-té,tée), adj. Termedidac-tique. Qui a deux doigts ou qui se partage en deuxdigitations.

— ÉTYM . Bi pour bis, et digitus (voy. doigt).

BIDON (bi-don), ». m. Broc de bois qui contientenviron cinq litres. || Vase portatif, en fer-blanc,propre à contenir de l’eau ou tout autre liquide à l’u-sage des soldats. || Vaisseau de bois, où l’on met,sur mer, la boisson des matelots. || Vaisseau en fer-blanc qui sert à mettre l’huile à brûler. || Nom donné,dans les usines à fer du nord de la France , à desplaques qui sont le résultat du dégrossissage desbarres destinées à faire de la tôle.

— ÉTYM . Diez est porté à croire que dans bidonle radical est le même que dans bedon, un vaseétant comparé à une panse.

BIEF (bié; quelques-uns prononcent bief), ». m.Voy. biez.

j- BIELLE (biè-1’), s. f. Terme de mécanique. Tigerigide qui sert à communiquer le mouvement entredeux pièces écartées ; par exemple, la perche quiest attachée au bras de deux manivelles force l’uneà tourner quand l’autre est mise en mouvement;cette perche est une bielle.

4. BIEN (biin; l’n ne se lie jamais : ce bien est àmoi, dites : ce biin est à moi, en donnant à biin lanasalité qui est dans in-digne, et non ce biin-n està moi), t. m. || 1° Ce qui est juste, honnête. Le bienet le beau. Le bien et la justice régnaient alors. Fairele bien. Se porter au bien. Il pratiqua le bien toute

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sa vie. Puissance pour le bien comme pour le mal.Des superbes mortels le plus affreux lien, N’en dou-tons pas, Arnauld, c’est la honte du bien , boil.Épîlre, m. Cette sagesse timide qui ne veut pasassurer que le bien soit bien, balz. Livr.vi, lett. 3.J’imagine à peine quelle sorte de bonté peut avoirun livre qui ne porte point ses lecteurs au bien,j. j. rouss. Hil. il, 4 8 || Homme de bien, gens debien, homme, gens d’une probité éprouvée, d’unevéritable vertu. || Femme de bien, femme dont lafidélité conjugale est irréprochable. || Terme demétaphysique. Le souverain bien, le bien absolu,celui qui est infini en prix et en durée, et aussiDieu . X moins que de traiter de l’immortalité del’âme ou du souverain bien, voit. Lettr. 54. [| 2° Cequi est dans'Ta règle ou dans la convenance. 11y a du bien, il y a du mal dans cet ouvrage.L’ignorant ne trouve rien de bien que ce qu’ilfait lui-même. || 3° Ce qui est utile, avantageux,agréable. Pays fertile et abondant en toutes sortesde biens, vaugel. Q. C. 287. Un homme auquelvous avez fait tant de biens et à qui vous en avezenseigné encore davantage, voit. Lettr. 43. La vieest courte et ennuyeuse ; elle se passe toute à désirer ;l’on remet à l’avenir son repos et ses joies, à cet âgesouvent où les meilleurs biens ont déjà disparu, lasanté et la jeunesse, labruy. 4 t. Il est si ordinaireà l’homme de n’ètre pas heureux, et si essentiel àtout ce qui est un bien d’être acheté par mille peines,qu’une affaire qui devient facile se rend suspecte,id. ib. Cet hyménée Était un bien suprême à monâme étonnée, volt. Zaïre, ni, 6. C’est le premierdes biens pour mon âme attendrie, id. Fanat. n,5.Le trépas est un bien qui finit nos misères, id. Des.de Lisbonne . Nous rendre dans le bien, de plaisirs inca-pables, la font. Fabl . u, 4 3. Et le bien d’être libreaisément vous console De ce qu’a d’injustice un man-que de parole, corn. Nicom. i, 2. Mon âme auraittrouvé dans le bien de te voir L’unique allégementqu’elle eût pu recevoir, id. Cid, m, 4. Si le bien devous voir m’était moins précieux, id. Nicom. n, 2 .Pour rendre à l’Aragon le bien de sa présence, id.D. San.v, 3. Je ferais exprès ce voyage pour avoir lebien de vous embrasser, balz. liv. vi, lett. 2 . Le des-sein qu’a pris notre société pour le bien de la reli-gion est de ne rebuter personne, pasc. Prou. 6. Ilserait utile au bien de la paix de représenter cesactes, boss. Âut. eccl. En leur donnant [aux rois] sapuissance, il [Dieu ] leur commande d’en user commeil fait lui-même, pour le bien du monde, id. Reined’Anglet . J’ai le bien d’être de vos voisins, mol. Éc.des mar. i, 6. M. de Noyon n’en eut que le bien de-vant Dieu [de s’être réconcilié avec M. de Caumar-tin] et l’honneur devant le monde, st-sim. 24, 27.]| Avoir le bien, locution de politesse, en place delaquelle on dit plutôt aujourd’hui avoir l’avantage.Il s’est dit grand chasseur et nous a priés tous Qu’ilpût avoir le bien de courir avec nous, mol. Fdch.u, 7. || Le bien public, l’utilité générale. Pointde bien public auquel il ne se sacrifie, mass. Con-fér. Sacerdoce. L’amour du bien public empêchaitle repos ; Les chefs encourageaient chacun par leurexemple, la font. Captivité de St. Male. || Les biensdu corps, la santé, la force. Les biens de l’âme, lesvertus. Les biens de l’esprit, les talents. || Lesbienstemporels, les biens de ce monde, se dit par opposi-tion aux biens éternels, c’est-à-dire ceux dont onjouit pour toujours dans une autre vie. || Les biensde la terre, les productions du sol. Ce temps est con-traire aux biens de la terre. || Sentir son bien,avoir des sentiments dignes de sa naissance. Et Ro-minagrobis même ne saurait avoir meilleure mineet ne sentirait pas mieux son bien, voit. Lettr. 4 53.Locution qui a vieilli. || Faire du bien à quelqu’un,le secourir, lui rendre service. 11 est en votre pou-voir de faire du bien à une personne qui vous endemande, voit. Lettr. 60 . Comme nous nous affec-tionnons de plus en plus aux personnes à qui nousfaisons du bien.... la bruy. 4. Il ne cesse de fairedu bien à ses citoyens, boss. Hist. n, 6. Et qui faitbien à tous peut dormir sûrement, rotr. Bélis. ii,7.C’est un ordre des dieux qui jamais ne se rompt,De nous vendre bien cher les grands biens qu’ilsnous font, <x>rn. Cinna, ii, 4. Votre Majesté ne saferait pas grand tort, si elle me faisait un peu debien, scarron, DonJaphet, Épitreauroi. || Fairedu bien à quelque chose, en procurer le développe-ment, la prospérité. La paix fera du bien au com-merce. Ce manquement de liberté ne ferait pas debien à leur censure, pasc. Prov. 3. || Faire du bien,ayant pour sujet un nom de chose, être utile. Cevoyage lui a fait beaucoup de bien, a été utile à sasanté. Cette action lui a fait du bien, lui a donné