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Tome premier. A - C.
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346 BIL

rate. || Fig. Tristesse, ennui. IL ne faut pas que vousvous fassiez de la bile noire, sév. 88.

— ÊTYM nuis. L’ancien français disait cote ouchoie, de /o)ri, bile.

BILIAIRE (bi-li-ê-r’), adj. Terme d’anatomie. Quia rapport à la bile. Calculs biliaires. Canaui bi-liaires.

— ÊTYM . Biliarius, de bilis, bile.

BILIEUX, EUSE (bi-li-eû, eû-z), adj. || 1» Terme

de médecine. Oui abonde en bile. Tempérament bi-lieux. Complexion bilieuse. || Fièvre bilieuse, fièvrequ’on attribuait à une surabondance ou à une alté-ration de la bile. Fièvre bilieuse des pays chauds,fièvre grave qui a généralement le caractère rémit-tent ou, comme disent les médecins, pseudo-con-tinu. || 2° Fig. De mauvaise humeur, colère. Jesuis bilieux comme tous les diables, et il n’y amorale qui tienne, mol. Bourg, gent. u, 6. J’aiaperçu l’ombre pâle et bilieuse de M. d’Êper-uon, qui s’approche avec toute sa fierté gas-conne, fén. xix, 417. Et dites-moi : quand jadisla Fontaine.... De ses bons mots sur plus d’unematière Contre Lully, Quinault et Furetière Fit re-jaillir l’enjoûment bilieux, Fut-il traité d’autour ca-lomnieux? J. b. rousseau, liv. i, Aux muses. || 3“ Sub-stantivement. Les bilieux sont sujets à de grandesmaladies. || Fig. Cette bilieuse Qui follement outréeen sa sévérité.... boil. Sat. x.

— REM. Bilieux est de trois syllabes en vers; ce-pendant Béranger ne l’a fait que de deux, suivant,en cela, le parler ordinaire : Combien d’impercep-tibles êtres! De petits jésuites bilieux ! bérang. In-finiment petits.

— ÊTYM . Biliosus, de bilis, bile. Des gens quiparlent mal disent Mieux au lieu de bilieux.

f B1LIGULÉ, ÉE (bi-li-gu-lé, lée), adj. Terme debotanique. Qui est partagé en deux languettes.

— ÊTYM . Bi pour bis,, et ligula, languette.

f BILINE (bi-li-n’), s.f. Terme de chimie. Prin-cipe extrait de la bile.

— ÊTYM . Bile.

f BILINGUE (bi-lin-gh’), adj. Terme d’histoirenaturelle. Qui a deux langues. || Terme de philolo-gie. Qui se sert de deux idiomes différents ; qui est endeux idiomes différents. Des inscriptions bilingues.

— ÊTYM . Bilinguis, de bi pour Ms, et lingua(voy. langue).

f BILITÈRE (bi-li-tê-r’). adj. Terme de gram-maire. Composé de deux lettres : ta, je, sont desmots bilitères.

— êtym. Bi pour bis, et litera ou littera, lettre(voy. lettre).

BILL (bil. Des grammairiens recommandent deprononcer bill avec les II mouillées; à tort : il n’y aaucune raison de changer la prononciation anglaise de ce mot), s. m. Projet d’acte du parlement d’An-gleterre, et aussi quelquefois, loi rendue. L’An-gleterre publia des bilis afin de défendre aux sujetsde S. M. britannique de porter des secours aux Amé-ricains , chateaub. Amer. 3(2. Après ce bill des mi-ladys de l’ordre. Dans la commune arrive un granddésordre, gresset, Vert-Vert, ch. n. || Bill d’indem-nité, expression qui, du parlement anglais , estvenue dans le langage parlementaire, et se dit del’absolution que la chambre donne à un ministrepour quelque chose d’irrégulier, il est vrai, maiscommandé par les circonstances.

— êtym. Angl . Mil, anciennement bille. Le bas-lat. Mlla, cédule , mémoire , contrat, n’est que lemot anglais latinisé. Bill ou Mlle, n’ayant de rela-tions avec aucun mot germanique, est une altéra-tion de bulle, butta , qui veut dire aussi cédule,rescrit (voy. bulle) , comme le prouvent billette etImllete qui avaient le sens de rescrit; la confusionentre bille et bulle est évidente. Il y a eu peut-êtreaussi d’autres confusions : à l’article billot, on verraque ce mot a été dit pour pancarte, et cela parceque la pancarte était fixée à un pieu, à un billot;faudrait-il penser que, de la même façon , Mlle,pièce de bois (voy. bille 2) a influé sur l’assimila-tion entre bille et bulle? Quoi qu’il en soit, bill estun mot d’origine française .

BILLARD (bi-llar, Il mouillées, et non bi-yar; led ne se lie pas : un billard élégant dites : un bi-llarélégant; l’s au pluriel ne se lie pas : des billardsélégants, dites : des bi-llar élégants; cependant plu-sieurs lient l’a : des bi-llar-z élégants), s. m. || 1 °Au-trefois béton recourbé avec lequel on poussait lesboules, et aussi queue de billard. Le but est un cœurfier: la bille, un pauvre amant; La passe et les bil-lards, c’est ce que l’on pratique Pour toucher auplus tôt l’objet de son amour, la font, à Mmede la Valette, en lui envoyant un petit billard.

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|| 2° Jeu qui se joue avec des boules d’ivoire surune table entourée de rebords rembourrés etgarnie d’un tapis vert. || La table sur laquelle on joue.

11 La salle dans laquelle est le billard. Montons aubillard. || Petitbillard, billard portatif. Ce billard estpetit, ne l’en prisez pas moins; Je prouverai parbons témoins Qu’autrefois Vénus en fit faire Un toutsemblable pour son fils; Ce piaisiroccupait les amourset les ris, la font, à Mme de la Fayette. || 8° Fer qui sert à fixer la raquette du paumier. || Billard deterre, sorte de jeu qui consiste à ficher un ou deuxanneaux en terre, pour y faire passer ensuite de peti-tes boules ou billes que l’on fait rouler avec une pa-lette. || 4° Terme de chasse. Morceau de bois se ter-minant en pointe d’un bout et recourbé de l’autre,dont se servent les oiseleurs. || 5° Terme de marine.Barre de fer ronde dont le gros bout ressemble à unemasse de billard.

— HIST. xiv' s. Après avoir féru d’une voiture oubillars le tavernier sur le bras, tant que l’espée qu’il[le tavernier) tenoit li vola du poing, Lett. de Ré-mission, Arch. de Sens, fonds de St Rémy ; Tran-sactions. || xv c s. Très fort vous avez combatu Et j’aymon billart bien tenu, ch. d’orl. Bond. Et un bil-lard de quoi on crosse, villon, Petit testament.|| xvi* s. Je vous prie nous envoyer ung jeu de bil-lard et ung autre jeu que l’on nomme le trou ma-dame, de laborde, Émaux, p. (65,

— ÊTYM . Bourguig. billard, boiteux, & causequeles boiteux marchent avec un bâton qui s’est ditbillard. Billard est proprement une crosse à cros-ser et vient de Mlle au sens de pièce de bois (voy.bille 2) ; et le nom du jeu actuel vient de la queue,qui était et s’est dite un Mllard ou bâton.

BILLARDER (bi-llar-dé. Il mouillées, et non bi-yar-dé), v. n. || 1° Toucher deux fois sa bille ou pous-serdeux billes à la fois. || Il se conjugue avec l’auxi-liaire avoir. || On dit aujourd’hui queuter. || 2“ Termede manège. On dit qu’un cheval billarde, quand,enmarchant, il jette les jambes de devant en dehors.|| 3“ On dit des cornes d’un bœuf qu’elles billardeutquand elles s’écartent beaucoup l’une de J’autre.

— ÊTYM . Billard .

f BILLAUD (bi-llô, Il mouillées), s. m. Instru-ment de bois recourbé et en pointe, dont, se serventles oiseleurs ; le même que billard, n* 4.

— ÊTYM . Bille 2.

(. BILLE (bi-ll*, Il mouillées, et non pas bi-ye),s. f. || 1“ Boule d’ivoire servant au jeu de billard.|| 2° Petites boules de pierre ou de marbre qui ser-vent â des jeux d’enfants. || Fig. Etre à billes pa-reilles, à billes égales, se dit de deux personnes quidans une concurrence n’ont point d’avantage l’unesur l’autre. Ah! bien, bien, billes pareilles, baron,Coquette et fausse prude, i, 8.

— HIST. xii' s. Li trois enfant que il ot engen-drez, Jeuent et rient et tiennent pain assez; A labillette jeuent desus le sel [les sacs de sel], Li char-rois de Nimes, 884. || xm* s. Par foi n’i donroieune bille, Ce ditTybert, en elz n’en toi, Ren. 20580..... Ceste closture Qui n’est pas faite en quarreüre,Ains est si ronde et si soutille, Qu’onques ne fu be-ril en bille De forme si bien arrondie, la Rose,20496. Mais en vain me travaillerai ; Tout ne mevaudroit une bille, ib. 9375. || xiv* s. Alons faire[jouer] ceste quarte de vin au jeu des billes, ducange,M lia. Quant Félix voulut biller son coup, il prit sabille, et, la cuidant ferir, elle echeut à terre, ib.|| xv* s. Sont-ce coups d’esteufs ou de billes? ch.d’orl. Rondeau. Une bille d’or, servant à chappes,garnye de plusieurs perles, de rubis et de dyamans,de laborde, Émaux, p. (66. || xvi' s. Jau [coq] susbraise et bille sur tabour (Proverbe pour exprimerune chose mobile).

— ÊTYM . Espagn. Mlla; ital. biglia. Diez con-jecture que ce mot vient du germanique : haut-al-lemand moyen, bickel; flamand, bikkel, osselet dontles enfants se servent pour jouer. Mais le sens n’estpas satisfaisant ; et il faut plutôt songer à une assi-milation vicieuse entre bille (voy. bille 2 ) et butta(voy. boule), assimilation dont il reste une traceévidente dans billette et bullete (voy. bill).

2 . BILLE (bi-ll’, Il mouillées, et non pas bi-ye),s. f. || 1' Pièce de bois de toute la grosseur de l’ar-bre, destinée à êlre mise en planches. || 2° Billed’acier, morceau d’acier carré. || 3' Jouer à la bille,faire sauter la bille. On dit plus ordinairement jouerau bâtonnet, faire sauter le bâtonnet. || 4° Bâtondont le peaussier et l’emballeur se servent pourtordre et serrer. || 5“ Outii du perceur d’aiguilles,de l’orfévre. || 6* Rejeton qui pousse au pied d’unarbre. || Branche d’arbre coupée par les deux bouts,propre à mettre en pépinière.

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— Êtym. Wallon, bèie, bâton et quille; anc.franç. Mlle, quille, dans un texte du xiv* siècle;quilliæ, quæ in partibus illis [Bapaume ] vocanturgallice billes, du cange, Mlla; bas-lat. Mllaél bil -lus dans un texte du xii' siècle, branche, tronc d’ar-bre; du celtique : irland . bille; bas-bret. bill, pill;gall. pill, tronc d’arbre.

BILLEBARRÉ, ÉE (bi-lle-ba-ré, rée, U mouillées),pari, passé. Quand les sorciers font porter pierreou anneaux avec des lettres ou figures ineptes etbillebarrées, Statuts synod. de le Gouverneur, éré-que de Sl-Malo , art. 2( ((6(8).

BILLEBARRER (bi-lle-ba-ré, Il mouillées), i). a.Marquer de raies de diverses couleurs.

—ÊTYM . Bille 2, et barrer : barrer avec des bil-les, des bâtons, c’est-à-dire faire des raies qui res-semblent à des verges.

BILLEBAUDE ( bi-lle-bô-d’, Il mouillées) , s.f.Terme familier qui signifie confusion, désordre. Jesuis fort aise de n’avoir point ici [à Vichy ] le bonabbé, il y eût fait un mauvais personnage; quandon ne boit point, on s’ennuie ; c’est une billebaudequi n’est point agréable, sév. 277. || A la billebaude,loc. adv. En confusion. || Tir à la billebaude, tir ir-régulier et à volonté, s’est dit autrefois soit à laguerre, soit à la chasse.

— êtym. Origine incertaine. On peut cependantconjecturer que bille est pour belle (voy. billevesée),et que baude est le féminin, pris substantivement,de l’ancien adjectif baud, hardi, vif : le tout signi-fiant belle haidiesse, et de là hasard, confusion.

fBILLEBAUDKR (bi-lle-bô-dé, M mouillées), v.n.Terme de chasse. On dit que des chiens billebaudent,quand ils chassent mal.

— ÊTYM . Billebaude.

f BILLER (bi-llé, Il mouillées), v. a. Tordre unepeau ou serrer une balle avec la bille. || Pousser àdroite ou à gauche une pièce de bois en équilibresur un appui. || Dans le halage des bateaux, attacherla corde à une pièce de bois courbée placée derrièrele cheval. || Biller la pâte, l’aplatir avec un rouleauqui se nomme bille.

— ÊTYM . Bille 2.

BILLET (bi-llè, 11 mouillées, et non bi-yè; le t selie ; un billet amical, dites : un bi-llè-t amical; aupluriel l’s se lie ; des billets amicaux, dites ; desbi-Uè-z amicaux ; billets rime avec traits, succès, ja-mais), s. m. || 1“ Missive, petite lettre qui n’a pasles formules usitées dans les lettres ordinaires. Ma-dame, dois-je croire un billet de Maurice ? corn.Héracl. n, 6. J’ai trouvé ce billet enfermé dans sonsein.... rac. Baj. iv, 6. Mais quels malheurs dans cebillet tracés.... id. Iphig. i, (. Il m’écrivit l’autrejour un fort joli billet, sév. 6(4. Te voilà ravi d’é-crire des billets à ta mattresse, iiamilt. Gramm. 4.Il reçoit des billets d’invitation pour un dîner, J. J.rouss. Ém. n. || Papier plié à la manière d’une let-tre. On jeta sur la scène un billet qui contenait desvers. || Billet doux, billet d’amour et de galanterie.L’un dans la main vous glisse un billet doux, L’autreà Passy vous propose une fête, volt. Épit. 80. Bil-lets de change étaient mes billets doux, id. Pauvre-diable. On sait, pour lire un billet doux, Quel moyenprennent nos coquettes, Béranger, B. Maman.|| 2° Avis imprimé ou écrit. Billet de naissance. Bil-let défaire part ou billet de part, billet par lequelon fait part à ses parents et à ses amis d’une nais-sance, d’un mariage ou d’une mort. || Faire courirle billet, s’est dit autrefois pour avertir les membresd’une corporation de se rassembler, ou pour infor-mer les orfèvres et les joailliers qu’un vol ayant étécommis, ils eussent à arrêter ceux qui leur porte-raient l’argenterie volée. || 3° Terme de commerceet de finance. Obligation souscrite par une personneau profit d’une autre personne; écrit qui la con-state. || Divers papiers de crédit qui ont cours dans lepublic. Billet de banque, billet émis par une ban-que de circulation, et, plus spécialement, pro-messe de payer par une banque à vue et au por-teur. Billet de change, promesse de fournir unelettre de change. Billet à ordre, billet payable à ce-lui au profit de qui il est souscrit et de ceux à quiil aura été transmis successivement au moyen d’unsimple endos. Billet au porteur, billet qu’on doitpayer au porteur. Cet enfant de famille à qui nousprêtâmes l’année passée trois mille livres, et à quije fis faire un billet de neuf par votre ordre.... le-sage, Turcaret, iii, B. || Billet de l’épargne s’est ditanciennement d’une rescription payable sur le trésorroyal qu’on appelait alors l’Épargne. || 4° Carte quidonne le droit d’entrer dans un théâtre, dans unlieu public. Je ne puis disposer que de dix billetspour cette représentation. || Petit morceau de pa*