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pier ou de carton qu’on délivre à ceux qui prennentune place dans un chemin de fer. || 5° Bulletin qui,portant un numéro, est délivré à toute personnequi met à une loterie. || Bulletin, petit rouleau depapier qui sert à tirer au sort. || Tirer au billet,choisir par le sort entre les noms de plusieurs per-sonnes inscrits sur des billets. Que l’on tire au billetceux que Ton doit élire, boil. Lu Irin, x. || Tirer au billets’est dit autrefois quand, sévissant sur des militaires,' on mettait leurs noms sur des billets et tirait ausort qui serait passé par les armes. Rosen fut pris avecd’autres en maraude et tira au billet, st-sim. 4 46, 3.|| 6”Bulletin, petit papier sur lequel est écrit le suf-frage dans une élection, le vote dans une assembléedélibérante. || Billet blanc, billet sans nom mis dansl’urne d’un scrutin. ||7° Billet de logement, écritportant injonction à un habitant de loger un ouplusieurs soldats. || Billet de garde, billet portantordre d’un service militaire. || Billet de confession,attestation par laquelle un prêtre certifie qu’il a en-tendu quelqu’un en confession. || Billet de santé, cer-tificat constatant que, dans le pays d’où vient unvoyageur, il ne règne aucune épidémie. || Dans lamarine, écrit délivré aux marins, pour la solde oula ration. || Dans les eaux et forêts, billet d’affores-tement, permis d’exploiter. Billet de contentement,déclaration de caution suffisante délivrée par le re-ceveur des domaines. || Proverbe. Ah ! le bon billetqu’a la Châtre I Se dit pour exprimer qu’une pro-messe est sans valeur. Ce mot est fondé sur ce quele marquis de la Châtre, amant de Ninon de Len-clos, obligé de partir pour l’armée, avait exigéd’elle un billet où elle s’engageait à lui être fidèle.Ce fut elle-même qui, à la première infidélitéqu’elle lui fit, prononça ces mots, qui depuis pas-sèrent en proverbe.
— ÉTYM. Angl . billet. Bien que le mot billet n’aitpas été rencontré dans des textes français anciens,cependant on doit penser qu’il existait en français dès le xv' siècle au moins; car le prédicateur Menot,qui remplissait son latin de locutions françaises ,dit : Et cum essem sic in pede crucis et sic deso-latus, quod ego eram in fine billeli met, ducànge,billetus;k la fin de mon billet, ce que nous dirions:au bout de mon rouleau. Billet et bülette (voy. cemot) sont des diminutifs du bas-latin billa, rescrit,cédule (voy. bill).
f BILLETÉ, ÉE (bi-lle-té, tée, U mouillées), adj.Terme de blason. Chargé de billettes.
BILLETER (bi-lle-té, Il mouillées; let se doublequand la syllabe qui suit est muette : il billette, ilbillettera; cette orthographe est indiquée par bil-lette, s. f. car, autrement, on pourrait écrire : ilbillète; l’Académie ne dit rien), v. a. || 1°Attacherdes étiquettes sur les marchandises. Il a vieilli; ondit étiqueter. || 2“ Loger par billets de logement.Les soldats furent biiletés.
t BILLETEL’R (bi-lle-teur, Il mouillées), s. m.Terme de marine. Matelot qui reçoit la paye totalede plusieurs de ses camarades pour la leur dis-tribuer.
f BILLETIER (bi-lle-tiê, Il mouillées), s. m.Dans les douanes, commis qui expédie les billettes.
1. BILLETTE (bi-llè-t’, Il mouillées, et non pasbi-yè-t’), s. f. || 1° Petit écriteau placé aux endroitsoù un péage est établi, pour avertir les passantsd’acquitter le droit. || 2“ Acquit que le douanier dé-livre aux marchands.
— hist. xv* s. Deus bilhetes ou brevez [brevets],Bu cange, billa.
— ÉTYM . Billet, dont billette n’est qu’une autreforme. On a dit aussi bullete dans le sens de rescrit :xiv' siècle : Et bailleront les gardes des dits poisbullete, autrement dite police, à ceux qui aurontpassé le dit sel, du cange, bulleta.
2. BILLETTE (bi-llè-t’, Il mouillées), s. f.|| i° Bois de chauffage fendu et séché. || Fagot debillettes, nom, dans quelques provinces, de cequ’on nomme, à Paris , cotret. || Rouleau de boispour aplanir la terre à mouler. || Morceau de boisqu’on place le long du toit d’une veine de charbonminéral. || 2° Terme de blason, pièce d’armoiriesolide, en forme de carré long, dont on chargeaitl’écu. || 3° Cylindre ou bâton de jus de réglisse.Il 4” Terme d’architecture. Série de petits parallé-logrammes ou portions de cylindres séparés pardes vides, et dont les rangs, plus ou moins nom-breux, chevauchent.
— ÉTYM . Diminutif de bille 2; bas-lat. bilietum.
t 3. BILLETTE (bi-llè-t’, Il mouillées), s. m. Reli-
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gieux ainsi appelés parce qu’ils portaient de petitsscapulaires dits billettes pour leur ressemblanceavec la billette du blason. La rue des Billettes. Ami,dit le billette, X tout pécheur Dieu fait rémission,j. B. bouss. Ëpigr. iv, 7.
BILLEVESÉE (bi-le-ve-zée), s. f. Discours frivole,idées chimériques, vaines occupations. Il traite debillevesées tout ce que nous croyons, mol. Fest.i. 2 .Je n’ai parlé de ces sublimes billevesées que pourfaire savoir les opinions de Newton, volt. Lelt.vers, 80 . Je suis accablé de tant de riens, si sur-chargé de billevesées, id. Lelt. d’Argental, t" mai176t. Toutes les billevesées de la métaphysique nevalent pas un argument ad hominem, dider. Pens.phil. 17.
— HIST. xvi' s. Ayez en reverence le cerveau ca-seiforme, qui vous paist de ces belles bille-vezées,rab. P roi. du t" livre.
— ÉTYM . Lamonnoye, au mot bourguignonvexai, dit : « Vexe est une espèce de musette; delà gros vexé, pour un gros homme; vexe, pleinede vent, dans Rabelais , iv, 43. » Leducliat tirebillevesée de bille, boule , et renée, soufflée. Ilest certain que vesée est ici l’équivalent de ves-sie; mais bille paraît une altération de belle :belle vessie, chose de vent, chose de rien. Cela sevoit par ce vers du xm' siècle : Car Mahomes nevaut une belle vessie, Boman du chevalier du Cy-gne, dans schweighaüser, De la Négation, p. 8).
BILLION (bi-li-on), s. m. Terme d’arithmétique.Dix fois cent millions ou mille millions, un mil-liard, qui est plus particulièrement usité dans lelangage de la finance et dans le langage ordinaire.
— HIST. xvi* s. Ung billion vault mille milliers demillions, est. de la roche, Arismetique, f” 7. L’onpeut diviser les figures de six en six, en commen-çant toujours à dextre, et sus la première figured'une chescune sixiesme, la première exceptée,Ton peult métré ung petit point; et doit on savoirque toutes les figures, depuis le premier point jus-ques au second, si tant en y a, sont tous millions;et du second au tiers sont millions de millions; etdu tiers au quart sont millions de millions de mil-lions; et ainsi des aultres pointz, en proférant cevocable million autant de fois comme il y aura depointz; ou, qui veult, le premier point peult signi-fier million, le second point billion, le tiers pointtrillion, le quart quadrillion, etc. id. ib.
— ÉTYM . Mot formé sur le modèle de million,avec bi pour bis, le degré au-dessus du million.Ces formes, billion, trillion, etc. ont été crééesdans le xvi* siècle pour signifier des tranches desix en six chiffres, les unités représentant, à par-tir de la droite, les six premiers rangs de chiffres;le million représentant les chiffres du 7' rang au12 *; le billion représentant les chiffres du 13' rangau 18 ', et ainsi de suite. C’est pour cela qu’Est. dela Roche dit qu’un billion vaut mille milliers de mil-lions. Ce n’est qu’au milieu du xvn* siècle qu’il futréglé que les tranches, au lieu d’être de six en sixchiffres, seraient de trois en trois chiffres; ce quirevint à diviser par iooo l’ancien billion, l’ancientrillion, etc. Ce mode de compter ne fut admis quetard en Angleterre, puisque Locke , Essai sur l’en-tendement humain, a, 46, reproche à ses compa-triotes de ne pouvoir compter les grands nombresqu’en redoublant le mot de million.
4. BILLON (bi-Uon, Il mouillées, et non bi-yon),s. m. || 1° Autrefois composé d’un métal précieuxavec d’autres métaux qui sont en proportion plusconsidérable ; nom qu’on donnait à l’or ou à l’ar-gent, lorsque l’alliage était au-dessous du caratprescrit par les ordonnances. || 2° Aujourd’hui touteespèce de monnaie décriée et défectueuse. || 3° Mon-naie de cuivre pur ou mêlé d’un peu d’argent. Unedes raisons qui fit augmenter chez eux la valeurnuméraire des monnaies, c’est-à-dire établir le bil-lon, fut la rareté de l’argent, montesq. Esp. xxi, 4 6.|| 4° Bas argent affiné avec de la casse d'orfévre,sans usage d’eau forte. || 5° Lieu où Ton porte toutemonnaie en dêcri ou de faux poids. Envoyer aubillon. || Fig. Etre, mettre au billon.
— HIST. xm' s. Quand je vaurai [voudrai] savoirke li mars de billons à cinq deniers valra [vaudra]....Comput, f*23. || xiv* s . Et vous mandons que vousdeffendez et faictes deffendre que nulles autres mon-noyes, tant d’or comme d’argent, faictes tant ennostre royaume comme dehors, ne ayent aucuncours, mais soyent portées à nos plus prochainesmonnoyes, au marc pour billon, et que nul ne soitsi hardi de porter ou faire porter hors de nostreroyaume billon d’orne d’argent en masses neen billesn’en plates ne autrement ne nulles autres monnoyes,
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Ord. de 4365, t. iv, p. 652. Que nulznes’entremectode faire courretaige d’or, d’argent, ne de nul billon,quel qu’il soit, ne de bidonner en l’ostel ne dehors....Ordonn. t. m, p. 90. Que toutes personnes puissentsauvement porter à les échangés ou bullion, et nemie ailleurs, argent en plate.... — Que toutz mar-chauntz puissent sauvement porter plate d’argent,billettes d’or et tut autre maner d’or à nostre bu-lione, Ordonnances des rois d’Angleterre (Passagesoù bullion signifie lieu où se fabrique la monnaie,et qui sont cités dans : Transactions of the philolo-gical society, 4838, part, i, p. i). Icellui du Ruttrouva un petit sachet où il y avoit mitai lie qui estapelée billon, du cange, mita. || xv* s. Je l’alevebien [l’argent] sans essai, Ne sans envoyer au bil-lon, froiss Le dit dou florin. Il n’a tente ne pavil-lon Qu’il n’aytlaissé à ses amys, Et n’a plus qu’unpeu de billon, Qui sera tantost à fin mys, villon,Pet. test. Iinfans, bâillon Force billon Pour con-quérir telle pourprise, g. crétin, Poésies, p. 463,|| xvi* s. Si je montrais une masse de plomb et quoje disse : ce billon d’or m’a été donné par un telprince; on m’estimerait un fol insensé, calv. ln-stit. 1 65. Puisque tu as desja veu nos richesses etnosthresors, et combien nous avons d’or en billon....les Œuvres de Lucian de Samosate traduites parj. beaudoin, f° 94, verso.
— ÉTYM. Provenç. billo ; espagn. ueîïon;portug .bilhâo; ital. biglione ; bas-lat. billio, bullio; angl.bullion. Billon a certainement voulu dire primitive-ment masse. « L’or et l’argent en masse est celuique Ton appelle culot, soit qu’on le laisse refroidirdans le creuset, soit qu’on le jette dans quelque ré-cipient creux et profond. L’or et l’argent en bille estcelui que Ton jette en lingot dans une espèce de ma-chine qui est appelée lingotière. L’or et l’argent enplate est celui que l’on jette, quand il est fondu,dans un vase moins creux que celui où Ton jette lesmasses, Note dans Ordonnances des rois de France,t. iv, p. 563. j) Billon ou billette ou bille d’or oud’argent est le métal qui a pris la forme d’unebille (voy. bille 2 ). Cependant une difficulté seprésente : comment alors expliquer l’anglais bul-lion, bas-latin bullio? D’abord remarquons que cesdeux formes n’en font vraiment qu’une, le bas-la-tin bullio ne se trouvant que dans des textes an-glais et n’étant par conséquent que la transcriptiondu bullion anglais. Cela posé, et la forme anglaise restant isolée, il faut seulement y voir une alté-ration du français billon. Maintenant quelle estla série des sens? Le sens primitif est lingot, soitd’or, soit d’argent; puis lieu où Ton fait des bil-lons, où Ton fabrique la monnaie; en troisièmelieu, monnaie bonne ou mauvaise qu’on porte aubillon, à l’hôtel des monnaies pour y être refondue;en quatrième lieu, mauvaise monnaie, cuivre aveoalliage d’argent, et même cuivre seulement.
2 . BILLON (bi-llon, Il mouillées, et non bi-yon),s. m. || l'Terme d’agriculture. Bande de terre élevéepar la charrue au-dessus du niveau environnant. Lebillon est formé par deux ou un plus grand nombrede tranches adossées; la largeur en varie donc avec lenombre des tranches. || 2” Sarment taillé fort court.
|| 3° Terme de construction. Pièce de bois de sapinéquarrie.
— ÉTYM . Ce mot dans le sens de sarment vientdu bas latin billa, pièce de bois, rameau (voy.bille 2); dans le sens de ados, il est vraisemblablequ’il en vient aussi par l’assimilation de l’adosà unepoutre, à une solive.
4 . BILLONNAGE(bi-llo-na-j, «mouillées, et nonbi-yo-na-j’), s. m. || 1' Délit de celui qui fait un tra-fic illégal de monnaies défectueuses. |J 2' Termede monnaies. Opération di e aussi triage, qui consisteà trier les pièces qui excèdent le poids pour lesfondre. || 3“ Sur-achat de monnaies d’or ou d'ar-gent, pour les exporter ou les fondre. || 4“ Mélangeprohibé des matières de billon.
2. BILLONNAGE (bi-Uo-na-j’, Il mouillées),s. m.Terme d’agriculture. Labourage en billons.
BILLONNEMENT (bi-llo-ne-man, U mouillées),s. m. Action de billonner.
4. BILLONNER (bi-llo-né, Il mouillées, et nonbi-yo-né), v. a. Faire un trafic illégal de monnaiesdéfectueuses. || Acheter les monnaies d’or ou d’ar-gent pour les exporter ou les fondre.
— hist. xvi* s. Vous ne faites que commuer, al-térer et billonner tout l’argent qui vient de France ,carloix, vi, 9.