356
BLA
BLA
son blanc-signé à M. de Bouillon pour terminer leprocès comme il lui plaisait, st-sim. t07, 53. Au-guste donna à son ambassadeur ses pleins pouvoirset son blanc-signé, volt. Charles XI 1,3.
— REM. L'Académie, qui donne cette locution àblanc, écrit, sans trait d’union, blanc signé; ellen’indique pas le pluriel; il doit être des blancs si-gnés, c’est-à-dire des papiers blancs signés.
— hist. xv' s. Qui avoit des blancz signez pourson maistre, comm. i, 2 . || xvi* s. Blancs-signez,carl. v, 3.
f BLANCS-MANTEAUX (blan-man-tô),s.m. p lur.Moines appelés autrefois Guillemites,établis à l’aris.
— ÉTYM . Ainsi dits à cause de leur habit blanc.
tBLANC-SOUDANT (blan-sou-dan), s. m. Ladernière teinte que prend une barre de fer avant safusion ; elle passe d’abord au rouge, puis au rougecerise, au rouge blanc, et enfin au blanc-soudant.|| Adjectivement et invariable, la couleur blanc-sou-dant. Donner une chaude blanc-soudant, legoarant.
— ÉTYM . Blanc, et sans doute souder.
f BLANC-TAPIS (blan-ta-pi), s. m. Ancien nomd’une maison de jeu. || Au plur. Des blancs-tapis.
f BLANDICES (blan-di-s’), s. f. plur. Flatteriespour gagner le cœur; charmes, jouissances. Jetrouvais à la fois dans ma création merveilleusetoutes les blandices des sens et toutes les jouissancesde l’âme, chateaubr. dans le Dict. de poitevin.|| Vieux.
— HIST. xv* s. Adulaoion n’est autre chose, fors,fainctement par mençonge, loerautrypar controu-vée blandice , christ, de pisan , Hist. de Ch. V,
part, ii, ch. 18. || xvi' s.sans avoir pu estre es-
mue par la mémoire des blandices, compagnes d’unnouveau mariage, yver, p. 66a. Toutes ces blan-dices ne sont qu’autant de piégés à leur liberté,mont, dans le Dict. de poitevin.
—ÉTYM . Blandiliæ, de blandir i, flatter, faire descaresses. Au reste, blandir était un ancien verbe :xin' s. Tant [il] les blandi et losenga Que avoec luilésa menés, Lai de Helion. Dame Hersent lor vintdevant, Si les a blandiz et proiez, Ken.457. || xv' s.Es grans cours fault souvent faire le sourt, Qu’on nevoit rien, et qu’on ne scet parler, Autrui blandir....e. deschamps, De la manière d’eslre à la cour. Lesubstantif blandices et le verbe blandir sont à re-gretter.
t. BLANQUE (blan-k’), s.f. || 1° Jeu en forme de lo-terie , et dont les billets gagnants correspondent à deschiffres déterminés. Ainsi qu’en une Manque où parhasard on tire, Régnier, Sat. m. || Fig. Hasard. À laManque , à tout hasard. Cette locution a vieilli.
|| 2° Dans les jeux où l’on tire au sort, coup où l’onn’amène rien.
— ÉTYM . Bianca, ainsi dite de bianco, blanc(voy. ce mot), parce que les billets blancs y sontplus nombreux que les billets noirs.
f 2 . BLANQUE (blan-k’), s. f. Variété de raisin.
| BLANQUET (blan-ké), s. m. || 1° Terme de pê-che. Blanchaille. || 2'Terme d’agriculture. Maladiedes jeunes oliviers. || 3° Poire d’une médiocre qualité.
— ÉTYM . Autre forme de blanchet.
BLANQUETTE (blan-kè-t’),.s. f. || i- Petite poire
qui a la peau blanche. || 2° Sorte de raisin qu’onnomme autroment chasselas doré. || 3° Petit vinblanc et pétillant du Languedoc . Blanquette de Li-moux. || 4“ Ragoût de veau ou d’agneau à la sauceblanche. Se nourrir d’une blanquette de veau, volt.Dial. 16. || 5° Sorte de soude qui se prépare enFrance . || 6“ Produit de la première distillation del’eau-de-vie.
— HIST. xvi' s. Sur tous lesquels vins paraissentles musquats et blanquetes de Frontignan et Mira-vaux en Languedoc , o. de serres, t45.
j BLANQUIER (blan-kié), s. m. Ouvrier qui faitdes mouvements d’horlogerie en blanc.
f BLANZÉ (blan-zé), s. m. Variété de blé du nordde la France .
— ÉTYM . Brace, blé, mot qui, dans les auteurslatins, est donné comme gaulois (voy. brasser t).
BLAQUE (bla-k’), s. f. Voy. blague.
| BLAQUET (bla-kè), s. m. Terme de pêche. Fre-tin qui sert à amorcer les lignes; et aussi petitspoissons bons à manger. A Dieppe on vend du bla-quet.
— ÉTYM . Autre prononciation de blanquet.
BLASÉ,ÉE (blâ-zé, zée), part, passé. Un homme
blasé. Un estomac blasé. Vous ne ramènerez pas auvin de Bourgogne des gens blasés qui s’enivrent ide mauvaise eau-de-vie, volt. Leur. Touraille, j
BLA
6 juill. 1774. || Blasé par les voluptés. Je frémis lorsquej’entends un de ces citoyens, blasé sur les plaisirs,se dire : je m’ennuie.... dider. F.ss. sur Claude, liv.il. Ainsi la pointe de la douleur est émoussée, nonque le cœur soit blasé, non que l’âme soit aride....stael, Corinne, liv. h, ch. 4. Enfin, ivre, énervé,ne sachant plus que faire, Sans haine, sans amour,et toujours, ô misère! Avant la fin du jour blasé dulendemain, v. hugo, Crépuscule , 13.
BLASER (blâ-zé), v. a. || 1° Émousser les sens pardes excès de jouissances. Sans risquer de leur blaserle palais, j. j. rouss. Ém. il. || 2° Fig. Au moral, ren-dre à la longue le cœur insensible à ce qui devraitle toucher. Celui-ci est blasé par l’excès des plaisirs,celui-là par l’habitude de la honte. || 3° Se blaser,v. réfl. Mme de Vendôme mourut le n avril, sanstestament ni sacrements, de s’être blasée surtoutde liqueurs fortes, st-sim. 484, t. || Fig. Se blasersur les vrais plaisirs. || On dit se blaser de, et seblaser sur.
— ÉTYM. Origine douteuse. On trouve, dans DuCange , 1 lias, sot, dépourvu de sagesse; mais le sensne se prête pas à la dérivation; il n’en est pas demême de l’anglo-saxon blase ou blæse, brandon,anglais , toblaze, brûler, bas-latin blaserius, incen-diaire. Le sens propre de blaser paraît être brûler;c’est celui que lui donne St-Simon dans l’exempleci-dessus rapporté; et dans plusieurs provinces bla-ser est un terme pour signifier brûler, dessécher,lorsque cet effet est produit par i’usage excessif desliqueurs fortes. Faudrait-il rapporter à blaser cetexemple du xiv' siècle : Prince, après ce qu’on eustinangié Et bu tant qu’on estoit blecié, Vont estuverli pelerin , viriville, Isabelle de Bavière, p. 9.
BLASON (bla-zon), s. m. || i° L’ensemble de cequi compose l’écu armorial. Un antique blason. Onprendrait la poule d’eau pour un oiseau en blason,tombé de l’écu d’un ancien chevalier, chateaub.Génie, i, v, 7. L’étranger briserait le blason de laFrance! v. hugo, Odes , m, 7. D’après mon blasonJe crois ma maison Plus noble ma foi Que celle duroi, bërang. Carab. || 2” La connaissance de tout cequi se rapporte aux armoiries. La langue du blason,qui se lie à l’histoire et à l’archéologie, se lie aussià l’étude du français à cause du nombre de motsanciens et de vieilles formes qu’elle a conservés.|| 3° Blason des couleurs, explication de ce que lescouleurs signifient, comme l’argent qui est le blancsignifie espérance, pureté, innocence, humilité.
— HIST. xii* s. Teinz ne blasons ne le puet con-traster, /lotie, p. 61 . De sous la boucle [il] li perce leblazon; El cors li met le pan del confanon, B aoûtde C. 98.1] xiii' s. Et se ferirent sous les blasons siroidement que il rompirent poitraus et chaingles[sangles] et se portèrent à terre par dessus les cru-pes des chevaus, Chron. de Bains, p. 65. Quicon-ques veut estre blasonier à Paris , c’est assaveir ou-vreras et cuireres de selles et de blasons, estre lepuet, Liv. des m et. 219. [| xiv' s. Les lances en leurpoins,au col le blazon, raynouard ,LaTiqua. || xvi's.Aussi n’est-il blason, tant soit infâme, Qui sceustchanger le bruit d’honneste femme, Et n’est bla-son, tant soit plein de louange, Qui le renom defolle femme change , marot, ii, 56. Il feit honora-blement inhumer les os de ceulx qui estoient mortsen ceste guerre, et luy mesme feit le blason funè-bre à leur louange selon la coustume, amyot, Perte.54. On treuve encore aujourd’huy un blason ou ha-rangue funebre qu’il feit devant le peuple à lalouange de son filz, id. Fab. 3. Phebus lui donnal’esprit poétique pour repondre promptement en sedéfendant contre le blason que sa dame avoit si fi-nement et deliheréement songé contre lui, desper.Contes, lxvi.
— ÉTYM . Provenç. blezo, blizo; espagn. blason,armes et gloire; portug . brasâo; ital. blasone. Bla-son signifie bouclier, écu, et armes peintes surl’écu; puis, sens perdu aujourd’hui, louange oublâme. D’aprèsDiez, del’angl. sax. blæse, flambeau,d’où éclat, écu orné; d’après d’autres, de l’ail, bla-sen, sonner du cor. Le sens premier est écu orné.
BLASONNÉ, ÉE (bla-zo-né, née), part, passé.|| 1° Expliqué conformément au blason. || 2° Moqué,blâmé.
j- BL A SONN KM ENT (bla-zo-ne-man), s. m. Actionde déchiffrer les armes d’un écu.
BLASONNER (bla-zo-né), v. a. || 1“ Expliquer leblason ou les parties des armes d’une maison oud’une province en termes propres et suivant l’art.
|| Expliquer le sens des symboles, de l’émail, desfigures du blason. || 2“ Fig. et familièrement, mé-dire, blâmer, critiquer. On l’a blasonné à la cour
; et à la ville. Ainsi l’ont dit les malins huguenots,Qui du papisme ont blasonné l’histoire, volt. Muledu pape. || 3° Se blasonner, r. réfl. Être expliquésuivant le blason. Les armes de France se blason-naient ainsi : trois fleurs de lis d’or en champ d’a-zur, deux en chef et une en pointe.
— HIST. xv' s. Luy remontrant le droit qu’il avoiten ce beau royaume de Naples , qu’il luy sçavoitbien blasonner et louer, comm. vii, 2 . Par sainteMarie la belle, Je l’ay armé et blasonné, Si qu’il lem’a presque donné, Patelin. Mademoiselle, dit-il,vous blasonnez très-bien mes armes; je ne sais quivous meut, car je ne vous ai pas fait déloyauté queje sache, louis xi, Nouv. xxxi. Les vertus ne doi-vent estre celées ne esteintes, mais en communeaudience publiquement blasonnées , id. ib. xxxiv.|| xvi e s. De moy mesdit par tout injustement, Etme blasonné, marot, i, 379. One ne voulut Chari-cles luy donner Dix escus seuls, pour ne le blason-ner D’estre l’aisné des enfans de sa mere, amyot,Nicias , 7. Je vous recommande par testament quevous ne laissiez point perdre les vieux mots et quevous les défendiez contre ces marauds qui ne tien-nent pas élégant ce qui n’est point écorché du latinet de l’italien , et qui aiment mieux dire collauder,contemner, blasonner, que louer, mépriser, lilas-mer, d’aubigné, Préface des Tragiques.
— ÉTYM . Blason; ital. blasonare. On voit que d’Au-bigné biâme blasonner, au sens de dire du mal(ou du bien), comme un mot nouveau tiré de lan-gues étrangères. Il se trompait en cela, et le motest beaucoup plus ancien qu’il ne croyait.
f BLASONNEUR (bla-zo-neur), s. m. || 1° Celui quiblasonné. Les anciens blasonneurs, les vieux au-teurs qui ont écrit du blason. || 2° Celui qui critique,qui censure.
— HIST. xvi' s. Aux grands assauts acquiert on leshonneurs, Et tant plus sont aigres les blasonneurs,Plus le constant a de los méritoire, marot dans
BESCHERELLE.
BLASPHÉMATEUR. TRICE (bla-sfé-ma-teur,tri-s’), s. m. et f. || 1° Celui, celle qui blasphème. Ledieu, poursuivant sa carrière, Versait des torrentsde lumière Sur ces obscurs blasphémateurs, le francde pomp. Odes, m, i.Mais du Dieu trois fois saintnotre injure est l’injure ; F’aut-il l’abandonner au mé-pris du parjure, Aux langues du sceptique ou dublasphémateur? lamart. Harm. i, 6. || 2 "Adj. Descris blasphémateurs.
— hist. xii' s. Li homicides et li blastemeres detrès cruele mort mori , Machab. n, ch. 9. || xv' s.Par l’opinion et deliberation desquels trouvèrent lesdits juges icelle Jeanne superstitieuse, devineressede diables,blasphemeresseenDieuet en ses saints etsaintes , monstrel. ii, ch. 105. || xvi's. Quelque dis-ciple de Porphyre , ou autre blasphémateur, calv.Instit. 783.
— ÉTYM . Blasphémer; provenç. blasmaire, blas-mador; ital. biasimatore. L’ancien français blaste-mere est au nominatif; le régime est blastemeor.En provençal aussi, blasmaire est au nominatif, etblasmador au régime.
BLASPHÉMATOIRE (bla-sfé-ma-toi-r’), adj. Quicontient des blasphèmes. Écrit, proposition blasphé-matoire. Ne crains point les paroles blasphématoiresdes officiers du roi d’Assyrie , volt. Phil. iv, 419.
— hist. xvi' s. Nostre arrogance nous remet tous-jours en avant cette hlasphemeuse appariation, mont,ii, 268 . Quelcun possible dira que je n’ay pas en-core amené raison, pour refrener ceste excuse blas-phématoire que je condamne, calv. Instit. 765.
I. BLASPHÈME (bla-sfê-m’) , s. m. || 1° Paroles quioutragent la Divinité , la religion. Dire , proférerdes blasphèmes. Il vomit des blasphèmes contre leTrès-Haut, boss. Hist. ii, 5. Si par son repentir,favorable à soi-même, De sa voix sacrilège il purgele blasphème, rotr. St-Gen. v, 6. Une femme....peut-on la nommer sans blasphème? rac. Athal. n,2. || 2“ Par exagération, propos qui outrage. C’estun blasphème de parler de lui comme vous faites.Il disait qu’on n’avait jamais proféré un si grandblasphème contre l’amitié.
— HIST. xii' s. Il ne dit mie blafeme el saint Es-pirit, et por ceu a-il conceut miséricorde, st bern.558. || xiv's. Pour diffamer l’estât d’icellui suppliantet donner blasphémé deshonnorable, du cange, blas-phemare. ||xvi* s. De peur qu’ils ne tresbuchent enblasphémé irrémissible, calv. Instit. 782. Blas-phémés énormes, id. ib. 783. Oh! l’ay je dit?helas!î’ay je songé, Ou si pour vray j’ay dit blasphémételle, LAROÉTIE, 446.