BLA
t 2. BLASPHÈME (bla-sfê-m’), s. m. S’est dit quel-quefois pour blasphémateur. De Volgesie enfin, cetteaimable héritière.... Oui m’a vu renverser, sacrilègeet blasphème, L’image du soleil qu’elle adore elle-même, peyraud de beaussol, Arsacides, III, 3.
|| Inusité.
BLASPHÉMÉ. ÉE (bla-sfé-mé, mée ), part, passé.Outragé par le blasphème. Dieu veut être aimé; Ilvenge tôt ou tard son saint nom blasphémé, rac.Ath. ii,7. Nos frères gémissants, notre Dieu blas-phémé, volt. Fanai, i, 4.
BLASPHÉMER (bla-sfé-mé. L’accentaigu sechangeen accent grave quand la syllabe qui suit est muette :il blasphème ; excepté au futur et au conditionnel:il blasphémera, il blasphémerait; ce qui fait uneanomalie regrettable), v. n. || 1° Proférer un blas-phème, des blasphèmes. La reine alors sur lui jetantun œil farouche, Pour blasphémer sans doute ouvraitdéjà la bouche, rac. Athal. n, 2 . C’est blasphémercontre la Providence, massillon, Afflict. C’est cettevertu même à nos désirs cruelle Que vous louiezalors en blasphémant contre elle, corn. Poly. n, 2 .
|| 2“ Par exagération, tenir des propos injurieux oumalveillants. || 3" Prononcer des jurements. || Il seconjugue avec l’auxiliaire avoir. || 4“ V. a. Outra-ger par le blasphème. Méchant, c’est bien à vousd’oser ainsi nommer Un Dieu que votre bouche en-seigne à blasphémer, rac. Athal. ni, 4. Ils blasphè-ment le nom qu’ont invoqué leurs pères, id. ib. i, l.Et si l’impie Aman À blasphémer le nom du Tout-Puissant Voulait forcer votre bouche timide, id. Es-ther, il, ». Ces hommes, qui, selon le langage del’apôtre, blasphèment tout ce qu’ils ignorent, flêch.n, H4. Ils ne parlent de Dieu que lorsqu’ils le blas-phèment, id. Serm. i, 72. Il [St-Paul] blasphémaitJésus-Christ, et il va le prêcher dans les synago-gues, id. i, p. < 62 . Oser blasphémer tout haut qu’iln’y a point de Dieu , mass. Besp. Des hommes im-pies qui méprisent toute domination, blasphèmentla majesté.... id. Carême, Vérité de la relig. Desenfants d’incrédulité que Dieu a livrés à la vanitéde leurs pensées, qui blasphèment ce qu’ils igno-rent, mass. ib. Ton Dieu que tu trahis, ton Dieu quetu blasphèmes, volt. Zaïre, n, 3. J’ai quelque-fois, aux jours de l’infortune, Blasphémé du soleilla lumière importune, lamart. Médit, i, 24. || En unautre sens et figurément, blasphémer ce qu’onignore, parler avec mépris d’une science ou d’unart qu’on ne connaît pas.
— hist. xvi* s. Oui m’eust, helas! qui m’eustsceu recognoistre, Lorsqu’enragé, vaincu de mesennuis, En blasphémant ma dame je poursuis? laBOETIE, 447.
— ÉTYM . Provenç. blasfemar, blastemar, blasto-mar, blastimar; anc. catal. blastemar; espagn.blasfemar; ital. bestemmiare ; du latin blasphemare,du grec pàau<pr,(i,eiv, de (DaTcxeiv,léser, nuire,et defilm, réputation, en latin, fama (voy. fameux). Blas-phémer a été fait tardivement sur blasphemare qui,à l’origine, avait donné blasmer, aujourd’hui blâmer.
f 11LASTE fbla-st’), s. m. Terme de botanique.Partie de l’embryon à grosse radicule qui se déve-loppe par l’effet de la germination.
f BLASTÈME (bla-stê-m’), s. m. Terme d’anato-mie générale. Espèces de substances amorphes liqui-des ou demi-liquides, épanchées entre les éléments ouà la surface d’un tissu.
— ÉTYM . B),à<jTY)|Aa, germination, à cause durôle de production que les blastèmes jouent ou peu-vent jouer à l’égard des tissus.
f BLASTODERME (bla-sto-dèr-m’), s. m. Termed’embryologie. Pellicule se développant sur le germe,et formée de deux lames, dont l’externe constituerala peau, et dont l’interne est le principe de l’intestin.
— ÉTYM . BXixoto;, germe, et 8sp[i.a, peau.
t BLASTODERMIQUE (bla-sto-dèr-mi-k’), adj.Qui a rapport au blastoderme.
t BLASTOPHORE (bla-sto-fo-’’’), s. m. Terme debotanique. Partie de l’embryon macrorrhize quisoutient le blaste.
— ÉTYM . Blaste, et çopoç, qui porte.
t BLATER (bla-té) ou BLATRER (bla-tré), V. a.Terme de commerce. Sophistiquer le grain.
— ÉTYM . Même radical que blatier.
t BLATÉRER (bla-té-ré), V. n. Se dit du cri dubélier, du chameau.
BLATIER (bla-tié; l’r ne se lie pas ; au pluriel l’sse lie : les blatiers au marché, dites : les bla-tié-z aumarché), s. m. Celui qui vend du blé sur les mar-chés. || Adjectivement. Marchand blatier.
BLE
— hist. xiii* s. Se estagier de Paris achetoit blépor revendre, et blatier ou talemeJier viegnent seurle mnrchié, l.ir. des mét. 1 8. Quiconques veut estreblaeliers, c’est à savoir venderes de blé, et de toutesautres maniérés de grain bon et beau, ib. 20 .
|| xv* s. Et [les Anglois] estaient sur penneaux as-sez de pareille façon que portaient les blatiers dupays de France , monstrel. liv. i, chap. 203.
|| xvi* s. Desjà l’Esté et Cere3 la bletiere.... rons.<35.
— ÉTYM . Bas-lat. bladarius, du bas-lat. bladum,blé (voy. blé).
BLATTE (bla-t’), s. f. Insecte nocturne qui vitdans les maisons et ronge les aliments et les étof-fes, etc. (orthoptères).
— hist. xvi* s. Les ratz et blattes ou, affin queje ne mente, aultres malignes bestes, avoyentbrousté le commencement [du livre], rabel. Garg.chap. i, à la fin.
— ÉTYM . Blatta, nom en latin de cet insecte.
’BLAUDE (blô-d’), s. f. Nom donné dans plusieurs
provinces à la blouse.
— hist. xi* s. Et est remés en son blialt de paile,Ch. de Bol. xx. || xn* s. (iuenes remest [reste] en unbliaut de pris, Banc. p. 24. Vestu [il] ot un bliaut àenseignes d’orfrois, Sa.r. xxxm. Del dos li traient lebon hauberc doublier; Camoisé ot le bliaut de quar-tier, Baoulde C. 62.
— ÉTYM . Bourguig. et Berry, biaude; picard,bleude ; provenç. blial , bliau, blizaut; espagn. brial.L’ancien bliaut, qui était un vêtement même pourles seigneurs, paraît répondre, en tant que mot,à la biaude, vêtement de? paysans et des ouvriers.Bliaut se trouve dans l’ancien allemand sous laforme blialt, blidt, étoffe, sens qui est aussi dansl’ancien français : Cote ot d’un blanc bliaut, Berte,p. 34. Mais blialt ne paraît pas avoir de racine enallemand ; de sorte que l’origine de notre mot de-meure inconnue.
f BLAVELLE , (bla-vè-1’) on BLAVÉOLE (bla-vé-o-F), s. f. Un des noms vulgaires du bluet.
— ÉTYM. Bleu, qui dérive de l’allemand blau,d'où blav dans certains dérivés.
f BLA VET (bla-vè), s. m. Espèce de champignoncomestible.
BLÉ (blé), s. m. || 1° Nom vulgaire du fromentordinaire (graminées) avec le grain duquel on fait
le p a i n .Qui voulait bien abattre ses murailles,
Qui fit avec le feu la moisson de ses blés, rotr. An-tig. iv, <. || Les grands blés, le froment et le seigle.Les petits blés, l’orge et l’avoine. || Blé noir, blérouge, le sarrasin. || Blé de Turquie, blé d’Espagne ,blé de l’Inde , le mai?. || Blé d’abondance, blé de mi-racle ou blé de Smyrne , variété de froment à épisrameux. || Blé blanc, variété de froment. )| Blé de laSaint-Jean, seigle qu’on sème en juin. || Blé er-goté, dit aussi blé cornu, blé devenu malsain etmalfaisant par l’effet d’un cryptogame parasite, ditergot, qu’on emploie en médecine. Le blé ergoté,moulu et employé en pain, cause une maladie desplus graves caractérisée par des convulsions et desgangrènes. || Terme de jurisprudence. Blé en vert,blé dont la récolte n’est pas faite. || 2“ Une pièce deblé. Se cacher dans un blé. Je n’ai rien caché àl’homme que vous m’avez envoyé; je l’ai mené dansun blé ; j’ai abattu en sa présence les épis qui s’éle-vaient au-dessus des autres, fën. Périandre . || Fig.Être pris comme dans un blé, être attrapé de ma-nière à ne pas pouvoir s’échapper. || 3" Le grain.Un tas de blé. Un sac de blé. La halle au blé.Il 4" Blé de Guinée, nom donné, dans quelques can-tons de la France , à la houque sorgho, dite ailleurssorgho. Il Blé de vache, nom donné à la saponairepentagone, qui croît parmi les blés dans la Iranceméridionale et en Italie , et aussi au mélampyre deschamps. || Blé d’oiseau, alpiste. || Blé de Tartane,espèce de renouée. || Proverbes. Manger son blé enherbe, dépenser son revenu d’avance. || Crier faminesur un tas de blé, se plaindre au sein de l’abon-dance. Il C’est du blé en grenier, c’est-à-dire c’estchose bonne à garder, c’est une réserve sûre.
— HIST. xi* s. Soleil n’i luist, ne blet ni puetpas creistre, Ch. deBol. lxxvi. || xiii* s. Surespices,sur cire, et sur blés, et sur vins, Berte, lxiv. Asseizet robes et deniers, Et de bleif toz plainsces gre-niers, Que li prestres savoit bien vendre, ruteb.274. Qui garison [provisions] amènent et pain et vinet blés, Chans. d’Ant. Il, 393. || xiv* s. Et quantnulle des parties n’en reporte plus ne moins, maistant vaillant pour tant vaillant, ou pour ce meismesi comme blé pour blé, tant pour tant, tel pour tel,oresme, Eth. < 50 . Grant force de peuple hasoubdai-nement cuillie la dite blée et portée etgetée dedans
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le Tybre, bercheure, P 2 «, recto. || xv* s. Cils deReims doutèrent cette menace d’ardoir leurs bledsaux champs, froiss. ii, ii, 06 . || xvi* s. Un pourceauen un blé; une taupe en un pré; et un sergent en unbourg ; c’est pour achever de gaster tout, desper. Contes, xxix. Ce mot de bled, plustost bar-bare, corrompu de l’italien , que tiré d’autre langue,est prins generalement pour tous grains jusques auxlegumes, bons à manger, o. de serres, <oo. Enplusieurs endroits de ce roiaurae, par le bled, estentendu le pur froment, id. ib. Le pur blé froment,id. 230. Et tout ainsique les nouvelles Idées, Gresleset tendres, de petit vent troublées, st-gelais, danspalsgr. p. <70.
— ÉTYM . Bourguig. bliai; provenç. et catal. blat;ital brada; piémontais , binva; bas-lat. bladum,blavum, blara, blavium. On tire ordinairement cemot de i’anglo-saxon blæd (féminin), fruit ; maisle caractère germanique de ce mot anglo-saxon n’estpas assuré, et il se pourrait qu’il vînt du roman :aussi Grimm a-t-il songé au celtique : kymri,blawd; bas-breton, bleûd, farine. Mais, la formen’en concordant pas très-bien avec le roman, liieza proposé une autre étymologie : le latin neutrepluriel ablata, c’est-à-dire les choses enlevées (deschamps, la dépouille, la récolte), d’où, avec l’ar-ticle, l’ablata, l’abiada et ta biada; à quoi il y aune objection considérable, c’est que le français et le provençal perdent difficilement la voyelle ini-tiale du mot; quant au bas-latin oblatum, abla-dus, obladium qui est dans Du Gange avec le sensde moisson, et que Diez cite à l’appui de son opi-nion, ces mots paraissent être bien plutôt formésdu français I ab'ais, ablaicr ou ablarer, de à etblé) qu’être vraiment les représentants du latinablata, au sens de récolte. Il est donc difficile de pro-noncer entre ces deux étymologies, qui ont chacuneleur objection. On remarquera l’orthographe bief oubleif; le t ou d se change sans peine en f, par exem-ple, soif de silis, mceuf de modus; c’est cette f quia permis de former le dérivé emblaver, Vf et le v per-mutant, comme on sait, ensemble. On remarqueraaussi qu’on a dit blée au féminin, comme en ita-lien .
BLÉCHE (blê-clT), adj. Faible de caractère.|| Substantivement. C’est un blêche. || À peu prèsinusité.
— ÉTYM . Norm. blèqne, blet, qui se pourrit. Onle tire du grec flià?, [iXaxôç, mou, faible, sot; cequi est possible, car on trouve dans les dictionnairesde la basse-latinité, blax, stultvs. Pourtant cetteétymologie n’est pas acceptée par Grandgagnagequi le tire de l’allemand bleich, pâle.
BLÊC.HIR (blé-chir), v. n. Devenir blêche. || Très-peu usité.
— ÉT YM. Blêche.
f BLEIME (blê-m’), s. f. Terme de vétérinaire. Ir-ritation de la chair du pied du cheval et, en géné-ral, des quadrupèdes monodactyles, due à une con-tusion de la sole des talons, et quelquefois de celledes quartiers.
— ÉTYM . On a indiqué le grec fDôjp.*, coup; maison manque d’intermédiaires pour assurer que cemot du langage vulgaire soit d’origine grecque.D’ailleurs il y a, dans l’ancienne langue, un motqui s’y rapporte, c’est blesmer, qui signifie léser,blesser : xii* siècle : E li adnes [9ne] al prudummeestut deled le cors, e li leuns après, e nient nel tu-chad, ne del cors puis tant ne quant ne blesmad,Bois , 289. Kar del pied jusque en amunt ne fud ensun cors nule blesmure ne nule mesfaçun, ib. <7 r.,Le même sens est donné à blêmir dans ce vers de laChanson de Boland : La gent de France iert [était]blessée et blesmie. Ce mot est dans le provençal,blesmar, blasmar, avec le même sens. Enfin c’estle même que l’anglais blemish, tache, défaut. L’or-thographe bleime, l’anglais blemish montrent quel’s peut ne pas être organique; dès lors le mot serattache à blême (voy. ce mot), venant d’un mot al-lemand qui signifie tache bleue et de là contusion,lésion.
BLEME (blê-m j. adj. Très-pâle, plus que pâle.Adieu, vous voyez trop en mon visage blêmeQue m’arracher à vous c’est m’ôter à moi-même,mairet, Sophon. III, 4. A cet objet d’horreur, l’oeiltroublé, le teint blême, J’ai demeuré longtempsplus morte que lui-même, rotr. Antig. i, 2. Lamain des Parques blêmes De vos jours et des miensse joue également, la font. Fab. xi, 8. La disetteau teint blême et la triste famine.... boil. Lutr. v.Mais doit-il vouloir que pour lui Nous ayons toujoursle teint blême? malh. ni, l. || Par extension. Unjour blême. Le destin ... Est jaloux qu’on passe deux