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grands tabours qu’ils ont aussi, que on l’ouït bienbondir largement de quatre lieues angloises par jouret six de nuit, froiss. n, ni, < 2 *. Les Escots com-mencèrent b bondir leurs cornets et àbruir sur leurstabours, id. n. ni, ta*. X tant le fiert de l’espéeentre le col et le chappeau, et luy fist bondir la testejus des espaules, Percefor. t. iv, f* * 2 . || xvi* s. Lesanimaux aussi parmy les gros herbages Bondissentà grands saults, dubell. iv, 7«, recto. Ains, commeballes, d’vn grand sault [ilsjBondissoient en bas eten hault, id. vu, «s. recto. Mais tantost veissiezd’autre part Gentilz hommes pensionnaires, Bondircoureiers, et genetaires Faire ruades et grandssaultz, J. marot, v, t67. Les chevaux, de la dou-leur, bondissoient en l’air, amyot, Crassus , 48. M.de Vendosme après avoir rasé le dit chasteau, etfait bondir les tours, print le chemin de Rouchau-ville, M. St! beli,. 80, Mille especes d’animaux Iné-gaux Sur les campagnes bondissent, au. jamyn ,liv. iv, Chanson, Or que le plaisant.
— ÉTYM . l’rovenç bondir, retentir; catal. lonir,même sens. L’ancien français bondir signifie reten-tir; et on lui voit ce sens jusqu’au xv* siècle, où lesens de sauter apparaît. Ce qui fait croire qu’il estpourtant plus ancien, c’est qu’on le trouve dans l’an-glais , to bound, faire un bond, et que, dans untexte du xtv* siècle (du cange, f>ondu/a),on trouvejouer & la bonde pour jouer à la paume. Il faut ad-mettre que, du sens de retentir, on a passé au sensde bondir, en considérant le retentissement commeun bondissement qui fait tressaillir, qui ébranle.Et en effet, l’anglais to bound signifie à la fois faireun grand bruit et faire un saut. Le sens primordialde bondir étant retentir, Diez le tire du latin bom-bitare, faire du bruit, avec un changement de la*'*conjugaison en la 3* (le picard bonder est de la * ”conjugaison), comme dans tentir de tinnitare, et dut end, comme dans coude de cubitus. Quant au ca-talan bonir, le d aura disparu comme le t dans l’es-pagnol rctinir, portug. retinnir, pour retentir.
BONDISSANT, ANTE (bon-di-san, san-t’), aâi.Qui bondit. Le monstre bondissant Vient aux piedsdes chevaux tomber en mugissant, rac. l'hèd. v, 6.ô ! que n’ai-je entendu ces bondissantes eaux, Cesfleuves, ces torrents.... a. chén. Élég. *0.
BONDISSEMENT (bon-di-se-man), s. m. ]j 1 ° Mou-vement de ce qui bondit. Les secousses des mon-tagnes et des collines, ébranlées par un violenttremblement de terre, sont fidèlement représentéesparles bondissements d’un troupeau, laharpe, danslafaye, Stjnnn. || 2" Bondissement de coeur, soulè-vement d’estomac, nausées, dégoût profond.
— hist. xv* s. Et dura celle tempeste, et le bon-dissement [retentissement] de leurs cornets moultlonguement.... et le grand bondissement de ces cor-nets se renouvela, qui dura une moult longue piece,
FROISS. II, III, 124.
— LT YM. Bondir.
BONDON (bon-don), s. m. || 1* Morceau de boiscourt et cylindrique qui sert à boucher la bonded’un tonneau. || La bonde même. || 2“ Fromage deNeufchatel affiné qui a la forme d’un gros bou-chon.
— HIST. xiii* s. Et fu la plaie si large que le sancli vepoit du cors aussi comme le bondon d’un ton-nel, joinv. 226. j| xv* s. Ainsi que un moust quiboust au tonel et par faulte de vent rompt la barreet le bondail.... al. cbart. VEspérance. La bellepieceàlapoictrine, Tissu cramoysi, large à la bou-diné, Et, du hault jusque au bondon, Elle est aussidroicte qu’un jon, coquill. Monol. de la botte defoin. || xvi* s. Chose pesante, pouvant entrer par lebondon dans le tonneau, o. de serres, 204. Puisen estant le bondon bien bouché, roulerés le ton-neau, id. 205.
— ÉTYM . Bonde; provenç. bondon. Ce mot a,comme on voitdans l’historique, et comme l’a bonde,le sens d’ouverture que bouche un tampon.
BONDONNÉ, ÉE (bon-do-né, née), part, passé.Un tonneau bondonné.
BONDONNER (bon-do-né), v. a. Boucher avecun bondon.
— ÉTYM. Bondon. Bondonner, dans l’ancien fran-çais , tient à bondir, et signifie sonner, retentir.
‘ f BONDONN1ËRK (bon-do-niè-r’), s. f. Instru-ment dont le tonnelier se sert pour percer les ton-neaux.
— étym. Bondon.
t BONDREE (bon-drée), s. f. Espèce d’oiseau deproie (falco apivorus, /„.).
— Étym. Peut-être bondir, anciennement reten-tir, à cause du cri de l’oiseau.
BONDUC (bon-duk), s. m. Terme de botanique.
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Arbrisseau épineux, à fleurs légumineuses, quicroît aux Indes ( guitandina bonducella, /,.).
f BON-FIEUX (bon-fieû) ou BON-FILS (bon-fi),s. m. Membre d’une congrégation du tiers ordre deSaint-François.
— ÉTYM. Bon, fils (faux est la forme picarde defils).
BON-HENRI (bo-nan-rf), s. m. Terme de bota-nique. Plante herbacée qui ressemble à répinard;dite aussi épinard sauvage.
BONHEUR (bo-neur; Ménage remarque que dansles provinces on prononçait bonhur ; ce qu’il con-damne; cette prononciation existe encore dans lesprovinces du Midi; elle est tout à fait à rejeter),
m. || 1* Evénement heureux; chance favorable. Ila eu le bonheur que l’âge ne l’a point miné lente-ment et ne lui a point fait une longue et languis-sante vieillesse, fonten. Lakire. Le bonheur peutconduire à la grandeur suprême, corn. Cinna, h, t.Puisqu’il tient à bonheur d’être l’un de nous deux,id. Bod. iv, *. J’ai craint un ennemi, mon bonheurme le livre, id. Héracl. iv, 4. |j Succès. Le bonheurdes armes françaises. || Dans ce sens il s’emploieaussi au pluriel. Il lui pourrait arriver tous les mal-heurs et tous les bonheurs du monde, vaugelas,Betnarques. Depuis un certain temps il lui estarrivé des bonheurs de toutes sortes, th. corn.Bemarques. Il est toujours égal au milieu de tousles malheurs et de tous les bonheurs du monde,chifflet, Grammaire , p. 35. De combien de petitsbonheurs l’homme du monde n’est-il pas entouré !Marivaux dans caveaux. || Porter bonheur, an-noncer, procurer bonne chance. J’avais fait venirM. Bailli pour me porter bonheur, sév. 53i. |j Avoirdu bonheur,être favorisé par le hasard. || Jouer avecbonheur, être en bonheur, avoir la chance au jeu;etfigurément, jouer de bonheur, réussir contre touteespérance. || Familièrement. Au petit bonheur! Ar-rive ce qu’il pourrai || Par bonheur, par bonnechance. Un voyageur Qui s’était muni par bonheurContre les mauvais temps.... la font. Fdbl. vi, s.|| De bonheur, se dit dans le même sens. De bonheurpour elle, ces gens partirent presque aussitôt, lafont. Psyché, u, p. H8. || 2° Etat heureux, état depleine satisfaction et de jouissance. Le comble dubonheur. Il n’est pas de plus grand bonheur. Aprèsavoir joui d’un bonheur constant La vertu fait lebonheur. Le bonheur des méchants comme un tor-rent s’écoule, rac. Athal. n, 7. Je faisais le bon-heur d’un héros tel que vous, id. Sithr. iv,*.... Lesort, qui toujours change, Ne vous a pas promis unbonheur sans mélange, id. Iph. i, *. Le bonheur acela de la mer et du flux Qu’il doit diminuer sitôtqu’d ne croît plus, mairet, Sophon. iv, *. Dieuxpuissants qui veillez au bonheur de la terre, bhé-beuf, Phars. vii. Le roi qui fait le bonheur de tantde peuples, fên. Ttl . H. Je ferai votre bonheur,pourvu que vous sachiez en jouir, id. TU. i. Prèsdu bonheur extrême est l’extrême infortune, m. j.ché. Œdipe roi, v,4. Dans le cours de nos ans, étroitet court passage, Si le bonheur qu'on cherche estle prix du vrai sage, Qui pourra me donner ce tré-sor précieux? volt. 2' Discours. Mais quel bonheurhonteux, cruel, empoisonné.... id. Orphel. ni, *.Que sont ces biens peu sûrs, près des plaisirs ducœur? Tout l’univers vaut-il un instant de bonheur?Gilbert, Bidon è Énée . Le vois-tu bien, là-bas,là-bas, Là-bas, là-bas? dit l’espérance ; Bourgeois,manants, roi3 et prélats Lui font de loin la révé-rence; C’est le bonheur, dit l’espérance, bërang.Bonheur. Car Dieu mit ces degrés aux fortuneshumaines; Les uns vont tout courbés sous le far-deau des peines; Au banquet du bonheur bien peusont conviés, v. hugo, F. d’automne, 32. || Le bon-heur éternel, la félicité des élus. || 3“ Le bonheur de,avec un Infinitif , c’est-à-dire la satisfaction intime,le bonheur. Il a eu le bonheur de conserver long-temps sa mère. Toutes deux d’une si heureuse con-stitution, qu’elles semblaient nous promettre lebonheur de les conserver un siècle entier, boss.Slarie-Thér. Le bonheur de lui plaire est le seul oùj’aspire, rac. Brit. m, 8. || Avoir le bonheur de, for-mule de civilité. Depuis que j’ai eu le bonheur devous voir. || 4° Bonheur du jour, sorte de petit meu-ble où l’on serre les papiers et les petits objets aux-quels on tient. Parfois cependant il range à samanière; ce matin, par exemple, il a ouvert le bon-heur du jour, et vidé les tiroirs, Mme reybaud dansRev. des deux mondes, *" juillet *859, p. *4.
— SYN. 1. BONHEUR, FÉLICITÉ, BÉATITUDE. Bonheurveut dire proprement bonne chance, et, par consé-quent, il exprime l’ensemble des circonstances, des
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conditions favorables qui font que nous sommes bien.Il a donc un caractère extérieur. objectif, qui en faitla nuance avec félicité. La félicité n’est point liée àces conditions du dehors; elle est plus propre àl’âme même ; aussi on ne dira pas : la félicité que lesrichesses procurent; mais on dira : le bonheurqu’elles procurent. La béatitude, qui est du stylemystique, est la félicité destinée, dans une autrevie, à ceux qui auront pratiqué la vertu dans celle-ci. || 2. bonheur, chance. Ce qui distingue cesdeux mots, c’est que chance est tout à fait indéter-miné, et que bonheur ne l’est pas. Le bonheur estla bonne chance; tandis que la chance peut êtreaussi bien mauvaise que bonne.
— HIST. xii* s. Et j’atendrai.... Joie d’amour, sebon eür m’i maine, Coud.xiv. || xiii* s. [Que] DameDiex par sa grâce lui renvoit bon eür, Berle , xli.Et miex vient de bon eür nestre, Qu’estre de bons[riches], c’est dit pieça, Lot de l ’ ombre . || xv* s.Et prioit moult gracieusement que chacun se pei-nastde bien faire la besogne et garder son bonheur,froiss. i, i, 4*. || xvi* s. Paoures humains, quibon heur attendez, rab. Car g . i , 58. Si en allant enquelque voyage ilsrencontrentune de cesbestes, ilsle reputent de bon-heur, paré, xxiu . 27. Le pays àqui je dois Le bon-heur de ma naissance, rons. 43i.
— ÉTYM . Bon et heur (voy. ce mot). L’étymolo-gie, appuyée en cela paria synonymie, montreque le sens propre et primitif est bonne chance, etque le sens qui se rapproche de félicité est secon-daire.
BONHOMIE (bo-no-mie), s. f. Qualité du bon-homme, de celui qui est à la fois bon de cœur et sim-ple de manières. Une douce, une aimable bonhomie.Montre moi un des nôtres qui ait conservé cette bon-homie, J. 3 . rouss. Del . vi, 9. C’est de cette retraiteque je vous dis que votre procédé me désarme pourjamais, que bonhomie vaut mieux que raillerie,volt. ùttr . Trublet , 27 avril *76*. || En un sens dé-favorable, simplicité excessive et crédule.
— ÉTYM. Bonhomme ; provenç. bonomia . L’Aca-démie devrait écrire bonhommie par deux m commeon écrit bonhomme , ou écrire home et bonhome ,comme l’étymologie l’indique, et comme on faisaitdans l’ancienne langue.
BONHOMME (bo-no-m’), *. m. ||1*Homme pleinde bonté, de facilité. Le moine [envoyé en prisonà Barbezières] se trouva un bonhomme qui, gagnépar la compassion, alla avertir M. de Vendôme, st-si«. *33, 224. || Faire le bonhomme, affecter labonté, la simplicité. Dans ce sens : un faux bon-homme. || Adjectivement. Mélac, doux et très-bon-homme, souffrait tout de ses amis, st-sim. **o,!9*.Le Turc revint, après cette expédition, aussi bon-homme qu’auparavant, chateaub. Itin . *47.|| 2“ Homme simple et peu avisé. C’est un bon-homme qui se laisse mener. || 3° Homme qui com-mence à vieillir. Le bonhomme Broussel eut scru-pule de souffrir que son nom fût allégué commeun obstacle à la paix, retz, iv, 232. Les comtesfont traîner ce bonhomme en prison, corn. D . San .v, 4. || 4“ Anciennement, parmi les gens de guerre,le bonhomme, le paysan. Vivre aux dépens du bon-homme. Jacques Bonhomme, le paysan français .
|| 5* Familièrement, et par opposition, un petit bon-homme , un petit garçon. On ne manqua pas de fairebeaucoup babiller le petit bonhomme, J. J. rouss.Ém . u. j| 6* Figure dessinée négligemment, et aussi,figure en plomb qui sert de jouet aux enfants.
|| 7 ° Nom vulgaire du bouillon-blanc, plan te. || 8 ° Ou-til du verrier. || Outil du vitrier. || 9” Bons-hommes,religieux établis l’an *269, en Angleterre, parleprince Edmond; ils professaient la règle de St Au-gustin et portaient un habit bleu. On donna enFrance ce nom aux Minimes à cause du nom de Bon-homme que Louis XI avait coutume de donner àsaint François de Paule , leur fondateur. || Les Albi-geois affectaient de prendre le nom de Bons-hom-mes. || Les bons-hommes, chefs de la république deFlorence au xin* siècle.
— REM. Bonhomme fait, au pluriel, bonshom-mes : deux vieux bonshommes; mais, pour éviterl’idée de faiblesse ou de simplicité, on dit aussi, aupluriel, bonnes gens : Deux vieux amis qui ne s’é-taient pas vus depuis longtemps se rencontrèrent;ces bonnes gens se mirent à pleurer.Quand il signi-fie un petit garçon ou une figure dessinée, il a aussiun pluriel qui est bonshommes : Ces deux petitsbonshommes babillaient comme des pies. Il avaitbarbouillé des bonshommes sur le mur. On pro-nonce : des bon-zo-m*.
_HIST. xiv* s. La quele Jaquete dist au dit Lo-
rens en lui présentant à boire : Tenez, bon homme,