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Tome premier. A - C.
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buvez ; lors le (lit Lorens se prinst à courroucier : tuas menti comme fausse ribaude, je ne suis pas bonhomme ; car ma femme est plus prude femme quetu n’es, du cange, boni homines. || xv* s. Le sup-pliant, sans penser à aucun mal, dist à celui Be-luc : ....bon-homme.... £ quoy respondit icelui Be-luc telles paroles : comment bon homme? suis-jecoqu? id. ib. Aliames fut detenuz prisonniers pour lesouppechon de avoir esté en l’ost et bataille des Hu-rons nommez Jacques Bonshommes, à l’encontredes nobles, du cange, jaquei. || xvi* s. Pourtantoy-je fait vœu à St François le Jeune le quel estau Plessis lez Tours réclamé de toutes femmes engrande dévotion; car il est le fondateur des bonshommes [Minimes], rab. iii, 34. Au temps que lessoudards vivoient sus le bonhomme, ils vivoientaussi sus la bonne femme, desper. Contes, lxix. Ilsaiment la guerre et le trouble, parce qu’ils viventdu bien du bon-homme et ne sçauroient vivre duleur en temps de paix, Sat. Mén. p. <63. Et onttoujours, en ce faisant, vescu dessus Jacques Bon-homme, th. debéze, dans le Dictionnaire de do-CHEZ.

— ÊTYM . Bon, homme; Berry, bounhoume, pay-san, bounhoumerie, endroit habité par des paysans;wallon, bouname; namurois , boulome, homme,mari. On voit que le paysan se nomme lui-mêmebonhomme, c’est-à-dire l’homme, le mari, le maîtrede la maison ; c’est de ce mot que les gens de guerreavaient fait un sobriquet.

BONI (bo-ni), ». m. Terme de finance. La sommerestée sans emploi sur une dépense. || Au mont-de-piété , ce qui revient sur un gage qu’on a laissé ven-dre. Payer les bonis.

— ÊTYM . Boni, génitif neutre latin, comme quidirait : aliquid boni, quelque chose de bon.

f BOMFACE (bo-ni-fa-s’j, ». m. Nom propre quise prend pour homme simple, crédule. C’est unboniface.

BONIFICATION (bo-ni-fi-ca-sion), ». f. Améliora-tion. La bonification de la terre par la culture.|| Augmentation du produit d’une affaire. || Bonifica-tion de tare, ce qui est accordé en sus de la tareréelle.

— êtym. Bonifier.

BONIFIÉ, ÉE (bo-ni-fi-é, ée), part, passé. Du vinbonifié dans la cave.

BONIFIER (bo-ni-fi-é), je bonifiais, nous boni-fiions; que je bonifie, que nous bonifiions, v. a.Rendre meilleur. Moi, je travaille celle [la terre] quemon père a bonifiée, j. j. rouss. Ém. n. || 2° Sup-pléer un déficit. Si la somme n’y est pas, je vousbonifierai ce qui manque. || 3° Se bonifier, r ré/l.S’améliorer. En bouteille, le vin se bonifie.

— Êtym. Bonus, bon, et un suffixe ficare , fré-quentatif de focere (voy. faire).

t BONIMENT (bo-ni-man), s. m. || 1" Parade decharlatan. || 2- Par analogie, manœuvres pour trom-per. || Mot très-vulgaire, et qui est presque d’argot.

— êtym. Bon, c’est-à-dire action de faire quel-que chose de bon, d’agréable.

BONITE (bo-ni-t’), ». f. Poisson de mer qui est àpeu prés de la grosseur d’une morue, et qui est uneespèce de thon.

— ÊTYM . Bas-lat. boniton.

f BONJEAU (bon-jô), s. m. Couple de bottes delin, liées ensemble, qu’on fait rouir.

t BON-JÉSUS (bon-jé-zu). Ordre qui fut établi en1538, par le prêtre Maluselli, disciple d’une sainteveuve, Gentile de Ravenne. Les religieux de cet or-dre disaient matines à minuit.

BONJOUR (bon-jour), s. m. Terme de salutation.Je vous souhaite le bonjour. Et je vais lui donner lebonjour seulement, mol. Tart. i, 3. S’il fallait vousdire tous les bonjours qui m’accablèrent, sév. 174.|| Elliptiquement. Bonjour, monsieur. Bonjouràmon-sieur le docteur. Eh bonjour, monsieur du Corbeau !i.a font. Fabl . i, 2. || Vol au bonjour, termed’argot désignant une espèce de vol qui consiste às’introduire dans une maison dont on croit leshabitants sortis, et à feindre, si l’on rencontre quel-qu’un, une visite, un bonjour à souhaiter. || Pro-verbe. Le bonjour vient du dehors, c’est-à-dire,c’est à celui qui arrive dans une localité à faireles premières visites.

— hist. xin* s. Dame, dit-il, que très bon jourVous doint cil que j’aime et aour [adore], audf.fr.lebast. Romancero, p, 9. Primaut, Diexbeneïe vos,Fet Itenart, et bon joraiez, Ren. 3027.

— êtym. Bon, jour.

f BONJOURIER (bon-jou-rié), s. m. Terme d’ar-got. Voleur qui pratique le vol au bonjour.

— ÊTYM Bonjour.

BON

BONNE (l)o-n’), s. f . || 1” Femme de service; fillechargée de soigner un enfant. Mme la duchesse deBourgogne appela Mme de Nogaret qu’elle appelaitsa petite bonne, st-sim. 139, 39. La poule ne voit pasqu’elle n’est que leur nourrice [des oiseaux étran-gers qu’elle a couvés] ou leur.bonne, buff. Poule.Petite bonne, agaçante et jolie, bérang. Vieuxgarç.Notre jeune marquis, que la bonne a nourri, Est ungrand garnement, et j’en suis bien marri, volt.Chariot, i, I. || Contes de bonnes, contes dont lesbonnes amusent les enfants. || 2° Terme du jeu dereversis. Nom de différents payements : la t", la 2 'bonne. || A la bonne se dit, au même jeu, quand onplace le quinola ou un as sur la dernière levée, afinde recevoir un double payement.

— Etym . Bon. Bonne, dans le sens de femme deservice est un terme d’amitié de la part des enfantsou des maîtres.

f I. BONNEAU (bo-nô), s. m. Proxénète. L’amiBonneau. Pour colorer, comme on put, cette af-faire, Le roi fit choix du conseiller Bonneau, Con-fident sûr et très-bon tourangeau : Il eut l’emploiqui, certes, n’est pas mince, Et qu’à la cour, oùtout se peint en beau, Nous appelons être l’ami duprince, Et qu’à la ville, et surtout en province, Desgens grossiers ont nommé maquereau, volt. Pue. 1 .

— ÊTYM . Nom propre dont les vers de Voltaire ontfait un nom commun.

f 2 . BONNEAU (bê-nô), s. m. Terme de marine.Morceau de bois ou de liège qui flotte au-dessus del’eau pour indiquer l’endroit où une ancre est mouil-lée.

— ÊTYM . Peut-être, par métaphore, objet bon,utile, qui sert.

BONNE-DAME (bo-ne-da-m’), ». f. Terme de bo-tanique. Plante potagère qu’on nomme autrementbelle-dame ouarroche. || Auplur. Des bonnes-dames.

— ÊTYM . Bon, dame.

f BONNE-ENCONTRE (bo-nan-kon-tr’), s. f. Bonnefortune, bonheur. De bonne-encontre, par bonne-encontre.

— REM. Ce mot, qui est dans le Dictionnaire del’Académie de 1896, a vieilli; mais il se comprendtrès-bien, et peut être repris comme opposé àmalencontre.

f BONNE KNTE (bo-nan-t’), s. f. Sorte de poiredite ordinairement doyenné. || Au plur. Des bonnes-entes, prononcé comme au singulier.

— ÊTYM . Bon et ente.

BONNEMENT (bo-ne-man), adv. || 1° De bonnefoi, naïvement, avec simplicité. Un honnête hommevous dit une chose bonnement et comme elle est,sév. 86. Il nous en a toujours parlé tout bonnement,id. 576. Le roi causa une heure avec le bon hommed’Andilly aussi plaisamment, aussi bonnement, aussiagréablement qu’il est possible, id. 85. Il dit bonne-ment ce qu’il sentait dans le moment, boss. Orai-son, 8. On se pardonne bonnement tous ses défautsde société, fléch. Serm. i, 246. Il avait laissé bon-nement à Londres la lettre de compliment, hamilt.Gramm. 8. D’Anthouard nous assemble et nous ditde quoi il s’agissait [le vote pour faire Napoléon I * rempereur], mais bonnement, sans préambule nipéroraison, p. l. cour. Lettr. i, 60 . || 2° Bien,vraiment. En ce sens il ne s’emploie qu’avec la né-gation. Je ne puis bonnement oublier cette offense.Lorsque je compare Les plaisirs de ce singe à ceuxde cet avare, Je ne sais bonnement auquel don-ner le prix, la font. Fab. xn, 3.

— HIST. xii" s. Ses mains [il] lui croise sur son pizbonement, Ronc. p. 102 . Il s’agenoille soef et bone-ment, ib. p. 152. En vers le roi [elle] s’acline bonement,ib. p. 172. || xiii* s. La dame [il] ot espousée, puisen fit ses delis; Bonement sont ensemble corne amieet amis, audefr.le bast. Romancero, p. 35. Si meferont aide, se Deu plait, bonement, Sax. xxi.|| xiv* s. Ignorance d’aucunes circonstances quel’en ne peut pas bonnement savoir, excuse et est ap-pellée ignorance invincible, oresme, Eth.ot. ||xv*s.Une riviere forte et roide, pleine de cailloux et degrosses pierres, si qu’on ne la pust bonnement enhaste passer sans grand meschef, froiss. i, i, 41. Etsi avoient les Escots leurs deux premières bataillesestablies sur les deux croupes de montagnes, quel’on entend de la Roche, là où l’on ne peut bonne-ment monter, ni ramper pour eux assaillir, id. i,i, 41. || xvi* s. La nécessité des guerres porte à tousles coups de faire le gast, ce qui ne se peut fairebonnement en nos biens propres, mont, i, 355. II en-treprit de faire une chose, laquelle n’estoit pas bon-nement légitimé ny totalement juste, amyot, Phi-lop. 27.

— ÊTYM . Bonne, et le suffixe ment (voy. ment);

BON

provenç. bonamen; catal. bonament; espagn. èue-namente; portug . boamente.

BONNET (bo-nè; le ( ne se lie pas dans le parierordinaire ; au pluriel l’s se lie : des bonnets élégants,dites : des bo-nè-z-élégants; bonnets rime avectraits, succès, jamais), s. m. || 1“ Coiffure d’hommesans rebords. Bonnet de laine, de soie; bonnet decoton. Tous les valets en bonnet de nuit, sév. 2 <i.Sitôt qu’il fait un peu de bruit, Je lui mets son bon-net de nuit, bérang. Le 3* mort. || Bonnet de po-lice, coiffure des militaires quand ils sont en pe-tite tenue. || Bonnet à poil, coiffure très-élevée,arrondie, en poil noir, et qui est portée par quel-ques troupes d’élite d’infanterie et de cavale-rie. Les grenadiers à cheval, dans l’ancienne ar-mée impériale, portaient des bonnets à poil. || Fig.et familièrement. Je jetai mon bonnet par-dessusles moulins, phrase par laquelle on terminait lescontes que l’on faisait aux enfants, et qui signifieje ne sais comment finir le conte. Voilà ce que Mo-reuil m’a dit, espérant que je le vous manderais;je jette mon bonnet par-dessus les moulins, et jene sais rien du reste, sév. 47 (voyez aussi la let-tre 379). Dans un autre sens, aujourd’hui usité,jeter son bonnet par-dessus les moulins, braverl’opinion, les bienséances. || Prendre une chosesous son bonnet, imaginer un fait sans fondement.|| Ce sont deux têtes dans un bonnet, c’est-à-direils sont toujours de la même opinion, du mêmesentiment. Voilà trois bonnes têtes dans un bonnet,la vôtre, celle de l’empereur des Romains et celle duroi de Prusse, volt. Lett. à Cath. U9. || Familiè-rement. Mettre la maiii au bonnet, saluer. Avoirtoujours la main au bonnet, avoir des manièresextrêmement civiles et révérencieuses. || C’est unpersonnage dont il ne faut parler que le bonnet à lamain, c’est un homme très-respectable. || Coup debonnet, salutation faite en Ôtant son bonnet.|| Être triste comme un bonnet de nuit, êtrechagrin, d’une mélancolie extrême. || C’est bon-net blanc et blanc bonnet, il n’y a point de diffé-rence entre ces choses, l’une vaut l’autre. )| Parler àson bonnet, se parler à soi-même, parler sans adres-ser la parole à personne. || Mettre son bonnet de tra-vers, entrer en mauvaise humeur. || Avoir la têteprès du bonnet, être vif, emporté, colère. Où sontdonc ces têtes si près du bonnet? sév. 80. || Prendrele bonnet vert, porter le bonnet vert, locution em-ployée autrefois pour signifier faire cession de biensafin d’éviter d’être poursuivi comme banqueroutier :cela se disait ainsi parce que celui qui faisait cettecession était obligé de porter un bonnet vert. Lesvoilà sans crédit, sans argent, sans ressources,Prêts à porter le bonnet vert, la font. Fab. xii, 7.Et que d’un bonnet vert le salutaire affront.... boil.Sat. i. || Les bonnets ou le parti des bonnels,parti politique en Suède au xvm* siècle, opposé auparti des chapeaux. || 2° Coiffure des docteurs, desavocats, des juges, des professeurs. Un avocat ensoutane et le bonnet en tête, pasc. Imag. 2 . || Pren-dre le bonnet de docteur, ou simplement, le bon-net, se faire recevoir docteur. Faut-il avoir reçu lebonnet doctoral.... boil. ÉpU. xii. Quitte là le bon-net, la Sorbonne et les bancs, id. Sat. vin. Anti-gone disputait le bonnet de grand prêtre et mêmele vain titre de roi des Juifs, volt. Phil. v, 8.|| Bonnet carré, coiffure des docteurs en théologie.Et que les docteurs n’eussent de bonnets carrés....pasc. Imag. 2. || Fig. Un gros bonnet, un person-nage important dans son corps. Les supérieurs [desJésuites ] consultèrent les gros bonnets à quatrevœux, et le résultat fut qu’il fallait céder à l’orage,st-sim. 45, 2o. Il [le cardinal de Bouillon] ne vou-lut voir que quelques gros bonnets des Jésuites ,id. 297, 21 . Le P. de la Chaise et les principauxbonnets ne demandèrent pas mieux que de ser-vir son fils [de Mme de Soubise], id. 96, 238.|| Opiner du bonnet, ne faire qu’ôter son bonnet ensigne d’assentiment, accéder, sans aucune modifi-cation, à l’avis des autres. 11 opine du bonnet commeun moine en Sorbonne, pasc. Prov. 2 . M. le mar-quis sera dispensé de parler, et peut opiner du bon-net, p. L. cour, il, 312. || Cette affaire a passé dubonnet, au bonnet, elle a passé tout d’une voix,sans discussion. || Y jeter son bonnet, ne pouvoirrésoudre la difficulté proposée. L’affaire est consul-tée, et tous les avocats, Après avoir tourné le cas,Y jettent leur bonnet, se confessant vaincus, lafont. Fabl . il, 20. || 3“ Coiffure de gaze, de mous-seline, de tulle, de dentelle, etc. à l’usage desfemmes. Monter un bonnet. Garniture de bonnet.

|| 4° Bonnet phrygien, sorte de coiffure que l’anti-quité donnait aux phrygiens. Pâris est représenté