BON
BOO
i
avec le bonnet phrygien. || Aujourd’hui, bonnetphrygien, coiffure assez semblable à cette coiffureantique et qu’on donne ordinairement aux images dela Liberté, de la République . || Bonnet rouge, coif-ture adoptée par les sans-culottes en 4 793, et de-puis lors symbole de l’esprit révolutionnaire. C’estun bonnet rouge, c’est un homme qui appartientau parti révolutionnaire. L’homme rouge venait Ensabots, en bonnet, bérang. Homme rouge. || 6° Bon-net chinois, dit aussi chapeau chinois, instru-ment de musique militaire garni de sonnettes, quisert avec la grosse caisse à marquer les temps fortsde la mesure. || 6° Terme d’anatomie. Le bonnet, lesecond estomac des animaux ruminants. || 7° Bonnetturc, sorte de potiron. || Bonnet-de-prêtre ou d’élec-teur, bonnet-à-prêtre, nom vulgaire d’une espècede courge. || Bonnet carré, nom vulgaire du fu-sain. || 8° Terme de vénerie. Bonnet carré, la têtedu cerf quand il a du refait aussi haut que les oreil-les. || 9“ Terme de fortification. Bonnet à prêtre,pièce détachée, dont la tête forme deux angles ren-trants et trois angles saillants. || 10° Partie supé-rieure d’un encensoir. || Sorte d’écrou dont le troune perce pas d’outre en outre. || Genouillère desbottes des courriers. || Bonnet carré, espèce de fo-ret à quatre ailes. || Proverbes. Janvier a trois bon-nets, c’est-à-dire, en ce mois il se faut bien cou-vrir la tête. || Je m’en moque comme un àne d’uncoup de bonnet, c’est-à-dire cela m’est bien égal.
— HIST. xii* s. Un chapel [il] ot de bonet en sateste, Li charois de Nymes, 4047. || xv" s. Quantn’ont assez fait dodo Ces petis enfanchonnès [en-fants], Hz portent soubz leurs bonnès Visaiges pleinsde bobo, ch. d’orl. Chanson 6. Afin de pouvoir trou-ver et recouvrer ses diz chaperon et bonnet, Bibl.des Chartes, 4" série, t. v, p. *89. || xvi* s. Un Pi-card a la teste près du bonnet, desper. Contes, tv.La pudicque modestie requise et ordonnée à ceulxde son bonnet [ils’agit d’un cardinal], carloix, vi,36. Le roy luy dist qu’il avoit mérité le pendre, etque jamais plus il ne se trouvast à la cour. Mon valetde chambre s’en alla avec ce bonnet de nuict, paré,t. in, p. 699. J’osteray humblement mon bonnet,ettiendray la teste nue devant mon supérieur, carainsi le porte la coustume de mon pays, charron,Sagesse, ii, 2.
— ÊTYM . Berry, bounet, bonnette, coiffure defemme; bourguig. bond; provenç. boneta; anc. ca-lai. bonet; espagn. et portug. bonete; bas-lat. bo-neta, bonetus, bonetum, sorte d’étoffe, comme on levoit parce passage de Guillaume de Nangis , en lavie de saint Louis : « Ab illo tempore numquam indu-« tus est squarleta vel panno viridi seu bonnets. «De bon, à cause de quelque qualité? chape! de bonet,puisbonef, comme chapeau de castor, puis castor.
BONNETADE (bo-ne-ta-d’), s. f. Coup de bonnet,salut. Il a vieilli.
— HIST. xvi* s. Quand il sera en jalousie et encaprice, nos bonettades le remettront-elles? mont.I, 328.
+BONNETAGE (bo-ne-ta-j’) , s. m. Papier qu’oncolle sur l’amorce d’une pièce d’artillerie.
BONN ETC, ÉE (bo-ne-té, tée), part, passé. Bon-neté par les uns, caressé par les autres.
BONNETER (bo-ne-té), je honnête, je bonnetais,je bonnèterai, je bonnèterais, bonnète, que je hon-nête; l’Académie ne conjuguant pas ce verbe, d’au-tres l’écrivent en doublant le t : je bonnette, jebonnetterais, v. a. || 1* Rendre des respects et dessoins assidus, surtout en parlant de sollicitationshumbles et fréquentes. Il était nécessaire D’êtretoujours après ces messieurs bonneter, Régnier,Sat. viii. || 2" Fig. Opiner du bonnet, n’avoir pasd’avis. Il fut répondu qu’il s’était tenu un conseilde guerre à Mons-en-Puelle pour discuter le pour etle contre de l’attaque des ennemis; qie d’O etGamaches bonnetèrent ; les officiers générauxleur représentèrent.... st-sim. 208 , 66. || 3“ Cou-vrir l’amorce d’une pièce d’artillerie avec un papiercollé.
— HIST. xvi* s. Bonetant et faisant la cour, tan-tost à celui-ci, tantostà l’autre, Contes d’Eutrapel,dans le Dictionnaire de dochez.
— étym. Bonnet.
BONNETERIE (bo-nè-te-rie. Quelques-uns veu-lent qu’on prononce bo-n’-trie ; mais, outre que cetteprononciation n’est point généralement usitée, elleest contraire à l’analogie de notre langue qui veutque et suivie d’un e muet devienne sonnant. L’Aca-démie devrait établir une analogie orthographiqueentre bonneterie et tabletterie), t. f. || l'Métier, ou-
BON
vrage, commerce de bonnetier. || 2” Anciennement,corporation des marchands bonnetiers.
— HIST. xvi* s. Les marchands qui achètent leschardons, les assortissent pour divers ouvrages dedraperie et bonneterie, où ils les emploient, o. de
SERRES, 738.
BONNETEUR (bo-ne-teur), s. m. |] 1” Celui quiprodigue les révérences et les compliments. || 2” Ils’est dit particulièrement de certains filous qui, àforce de civilités, tâchaient d’attirer les gens pourleur gagner leur argent.
BONNETIER, 1ÈRE (bo-ne-tié, tiê-r’), s. m. et f.Celui, celle qui fait ou qui vend des bonnets, desbas et d’autres objets de tricot.
— HIST. xvi* s. Les chardons à drap, dits aussià foulon et à bonnetier, o. de serres, 737.
4. BONNETTE (bo-nè-t’), s. f. Terme de fortifi-cation. Ouvrage avancé qui est au delà de la con-trescarpe, en forme de petit corps de garde, et dontles deux faces forment un angle saillant.
2. BONNETTE (bo-nè-t’), s. f. Terme de marine.Petites voiles qu’on ajoute aux grandes pour pré-senter une plus grande surface au vent. ,
f BONNE-VILAINE (bo-ne-vi-lê-n’), s. f. Variétéde poire. || Au plur. Des bonnes-vilaines.
BONNE-VOGLIE (bo-ne-vo-11’, U mouillées), s. m.Homme qui se louait pour ramer sur les galères deMalte.
— ÊTYM . Buona voglia, bonne volonté, de buono,bon (voy. bon), et voglia, volonté, de vogliere, vou-loir (voy. vouloir) : mot à mot, homme de bonnevolonté.
f BONNIER (bo-nié), s. m. Mesure agraire qui,dans la Flandre française, valait 4 hectare 40 ares.
— HIST. xv* s. Il faisoit si grant bruine qu’on nepouvoit voir un demi bonnier de terre loin, froiss.i, i, 4 34. Si alla bien chacune bataille en cel estâtun grant bonnier de terre avant, id. i, i, 44.
— ÊTYM . Wallon, bouni; du wallon bone, borne(voy. borne).
f BONOSIEN (bo-no-ziin), t.m. Sectaire du iv* s.qui prétendait que Jésus-Christ n’était fils de Dieu que par adoption.
— ÊTYM. L’évêque macédonien Bonosus, héré-siarque de la fin du iv' siècle.
t BON-PLEIN (bon-plin), s. m. Terme de ma-rine. Porter bon-plein, gouverner bon-plein, gou-verner de manière à présenter les voiles du naviredirectement à l’action du vent.
f BON-QUART (bon-kar) I Cri des marins à cha-que demi-heure de la nuit.
BONSOIR (bon-soir), s. m. Terme de salutationpour le soir. Et nous couchant au jour, leur don-ner le bonsoir, Régnier, Sat. iv. Il Elliptique-ment. Bonsoir, monsieur. Bonsoir à monsieur votrefrère. || Fig. Mon vieil ami, quand pour nous le jourbaisse , Souhaitons-nous un gai bonsoir, bérang.Bonsoir. || Populairement. Dire bonsoir à la compa-gnie, mourir. J’aurai bientôt quatre-vingts ans; Jecrois qu’à cet âge il est temps De dédaigner la vie;Aussi je la perds sans regret, Et je fais gaiementmon paquet; Bonsoir la compagnie, lattaignant.|| Bonsoir s’emploie aussi dans le langage familierpour exprimer qu’une affaire est manquée. Tout estdit, bonsoir.
— ÊTYM . Bon et soir. On disait autrefois bonvi-pre : Je donne le bon vêpre à l’honorable compa-gnie, mol. Escarb. 47.
BONTÉ (bon-té), s. f. || 1° Qualité de ce qui estbon. Bonté des terres. Bonté d’un pays. Bonté d’unemarchandise. Bonté d’un vin. Bonté de l’air. Bontéd’un fruit. || 2" Justice. Bonté d’une cause. Comp-tant sur la bonté de sa cause. || 3° Douceur, indul-gence, bienveillance. La bonté de Dieu . Plein debonté. Homme d’une extrême bonté. Il a tant debonté que.... Votre bonté pour moi. Traiter quel-qu’un avec bonté. Je ne pouvais être reçu avec plusde bonté. Par la bonté du ciel. Vous,Seigneur, dontla bonté infinie n’a rien donné aux hommes de plusefficace pour effacer leurs péchés que la grâce deles reconnaître, boss. Anne de Gonz. Nous deman-dons, de grâce, encore un moment; le roi a de labonté ; et il sait bien que la chose a été précipitée,mol. ïmpr. 4. Point de pitié officieuse? point de se-courable bonté? point d’affection agissante? id. I Av.iv, 4. Il est vrai que du roi la bonté secourable Jetteenfin sur la muse un regard favorable, boil. Sot. i.Je m’occupe, je pense, et j’ai pour volupté Ce charmeque le ciel attache à la bonté, st-lambert , Saisons,
373
Hiver. || Bonté divine! Bonté du ciel 1 Bonté deDieu! sorte d’exclamation qui exprime la sur-prise. || 4” Au plur. Actes de bienveillance. Quela reine a pour moi des bontés que j’admire!corn. Nicom. iv, 2 . Où sont. Dieu de Jacob, tesantiques bontés? rac. A thaï, iv, 6. Thésée à tesfureurs [les fureurs de Neptune] connaîtra tes bon-tés, id. Phèdr. iv,2. Henri victorieux voyait de touscôtés Les ligueurs sans défense implorant ses bontés,volt. Henr. vin. || 5“ La bonté, des bontés, termesde politesse. Je suis confus de vos bontés. Ayez labonté de m’apprendre ce dont il s’agit. Nous allonsle remercier des extrêmes bontés qu’il nous fait pa-raître, mol. Impr. 40. Si vousaviez la bonté de medire la même chose,vous m’obligeriez, pasc. Prov. 4.|| Ironiquement. Quand je parle, ayez la bonté devou3 taire. Ayez la bonté de sortird’ici. || 6° En par-lant d’une femme. Elle a de la bonté, des bontéspour lui, elle témoigne qu’elle a pour lui un senti-ment tendre. Elle a quelque bonté pour moi, mol.VAv. iv, 3. Après tant de bontés dont il perd la mé-moire, rac. Andr. ii, 4. J’y suis encor, malgré tesinfidélités, Et malgré tous mes Grecs honteux demes bontés, id. ib. iv, 6. C’est trop me faire enten-dre, Madame, mon bonheur, mon crime, vos bon-tés, id. Brit. iii, 7. De mes lâches bontés mon cou-rage est confus, id. Andr. iv, 3. || 7* Trop grandefacilité. Tu as trop ae bonté pour lui. C’est pousserla bonté trop loin. || 8° Dans la phrénologie, d’aprèsGall, sentiment naturel de l’homme et des animauxauquel on attribue un organe placé au milieu de lapartie supérieure du cerveau.
— SYN. 1. le bon, la bonté. Le bon est l’idéeabstraite de ce qui est bien. L’homme vertueux apour guide dans sa conduite l’idée du bon. commel’artiste a pour guide dans ses œuvres l’idée du beau.La bonté est ce bon, cette idée abstraite, réaliséedans la pratique. || 2 . bonté, humanité, sensibilité.L’homme humain soulage les souffrances, les infor-tunes. L’homme sensible en est ému, et y compatit.Mais bonté dit plus que tout cela; l’homme bonnon-seulement ressent la miséricorde, non-seule-ment soulage effectivement, mais encore étend sabonté sur tous les autres rapports de la vie : il estbon avec ses enfants, avec sa femme, avec seségaux, avec ses inférieurs.
— HIST. xi* s. Que plus n’i a d’honneur et de bon-tet. Ch. de Bol. xxxix. || xii* s. Espeire el Seignur,» fai buntet. Liber psalm. p. 46. [Il] Réclama Deuet les soies bontez, Ronc. p. 63. Et je ne’s [ne les]eslis mie pour le leur nuisement; Pour leur bontél valeur] [je] le di; ne nul mal n’i entent, Sax. xxi.]| xiii* s. Avec beauté vous est bonté donnée ; Si [je]me doi moultlouer etchertenir, Quand j’ai beautéet bonté enarnée, vidame dbchartres, Romancero,p. 4 4 6. Si qu’à Dieu et au siecle la bonté de vouspere [paraisse], Berle, iv. Car nus n’est de si hautlignage, Ne nus ne trueve l’en si sage, Ne qui tantait autres bontés [qualités] Qui par amors ne soitdontés. la Rose, 4363. Car bonté faite par prière Esttrop malement chier vendue A cuers qui sunt degrant value, ib. 4728. Dites-moi que cist sont, Esta-tins l’Esnasés?—Estatins respondi : C’est des Fransli bontés [l’élite]; Li uns est Bruiemons par sonnom apelés, Ch. d’Ant. ii, ato. ||xv* s. Et pour ceest il dit de plusieurs vaillants trespassés, de qui lesnoms et bontés sont mis en mémoire, que ils ne sontpas morts, ains vivent, Bouciq. Prol. || xvi* s. Cettetelle preud’hommie naturelle et aysée et comme néeavec nous, s’appelle proprement bonté, qualitéd’amebien née et réglée, charron. Sagesse, ii, 3.
— ÊTYM. Provenç. bontat; espagn. bondad; por-tug . bondade; ital. bontà; de bonitatem, de bonus(voy. bon).
f BON-TOUR (bon-tour), s. m. Terme de marine.Évolution d’un bâtiment affourché, qui évite defaire croiser les deux câbles qu’il a dehors.
BONZE (bon-z’), s.m. Prêtre chinois ou japonaisde la religion bouddhiste. Ce Dieu .... Méconnu parle bonze, insulté par vos maîtres, volt. Orphel.i, 6. La Mort auprès de lui [Dieu ], fille affreuse duTemps, De ce triste univers conduit les habitants;Elle amène à la fois les bonzes, les brachmanes,Du grand Confucius les disciples profanes, id.Henr. vii. || Au fém. Les Chinois et les Japonaisseuls ont quelques bonzesses, volt. Mœurs, 4 39.|| Des dictionnaires donnent aussi bonzelle.
— ÉTYM . Japonais, bozu, prêtre.
f BONZER1E (bon-ze-rie), s. f. Monastère debonzes.
f BOOTÈS (bo-o-tès’), s. m. Nom grec, quelque-fois employé, de la constellation du Bouvier.