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Tome premier. A - C.
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BOT

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BOSSETTE (bo-sè-t’), s. f. Ornement en bosse auxdeux côtés du mors d’un cheval. U demandait deshousses, des aigrettes, Un beau harnois, de l’or surles bossettes, volt. Étr. aux sots.

— HIST. xiv* s. Loutre a le fons dupié bosseté depetites bossettes, Modus, f*xu, verso. || xvi" s. Labossette d’un mors (}e cheval, calv. )63. A l’endroitde la racine et de chacun poil, se trouva une bos-sette, lesquelles bossettes sont mises par un si belordre, qu’elles rendent la coquille plaisante et ad-mirable, PAL.3SY, 38.

— ÉTYM . Diminutif de bosse.

BOSSOIR (bo-soir), s. m. Terme de marine. Cha-cune des deux grosses pièces de bois qui servent àsuspendre et à hisser les ancres. || Fig. En langagede marin, avoir l’œil au bossoir, surveiller avec vi-gilance.

— ÉTYM . Bosse.

BOSSU, UE (bo-su, sue), adj. || 1* Qui a une bosseau dos, par un vice de conformation. Un hommebossu; une femme bossue. || Substantivement, per-sonne bossue. Une petite bossue. Ce bossu est fortamusant. Cette bossue aime un bossu Oui, je pense,est amoureux d’elle, Épigr. de lf.brun (écouchard).|| Rire comme un bossu, rire de bon cœur, auxéclats, par allusion à la voix stridente et chevro-tante des bossus, qui éclate surtout dans le rire.|j Fig. Or je pe doute point que ces esprits bossus,Qui veulent.... Régnier, Sat. vi. || 2° Inégal, mon-tueux. Terrain bossu. Peu usité. || Faire les cimetiè-res bossus, ancienne locution pour dire : causerbeaucoup de morts.

— hist. xii* s. Quant il soi ajjint à la réglé, sivoit il com de grant torture il soit bocheus; quar lafors trenchanz droiture chose [blâme] ce ko li de-ceus oez [œil] loeuet [loue], Job, 489. || xiii* s. Lichevalier se sont asis Dejoste le boçu.... Ren. 22766.|| xiv* s. Les cimeters en sont boçuz; Femmes vue-ves et orffelins Encombroient forment les chemins,Lin. du bon Jehan, 368. || xvi* s. Je ne vis jamaispere, pour teigneux ou bossé que feust son fils, quilaissast de l’advouer, mont, t, <54. Louez un bossude sa belle taille, il.... mont, jji, 3)4. Il laissa soncheval et marcha h pied à travers lieux bossus etrabotteux, pleins de ruisseaux et de fondrières,amyot, Philop. 9. La figure de la ratte est aucune-ment triangulaire et bossue du posté qu’elle s’atta-che aux costes et diaphragme, paré, i, 20. Lenombril [cordon ombilical] est en divers lieux bossu,en forme de nœud esleyé seulement d’un costé,ID. I, 36.

— ÉTYM. Bosse; picard, bochu; Berry, boussu .

BOSSUÉ, ÉE (bo-su-é, ée), part, passé. Cette ar-genterie est toute bossuée.

f BOSSUELLE (bo-su-è-1’), s. f. Terme de botani-que. Nom spécifique, pour certains auteurs, de latulipe campsopétale.

— ÉTYM . Mot à mot la petite bossue, ainsi dite àcause de la forme courbée de ses pétales. Bossuet ,bosuel, s. m. qu’on trouve dans quelques diction-naires, est une moins bonne orthographe.

BOSSUER (bo-su-é), t). a. || 1° Faire par accidentde? bosses à de la vaisselle, à de l’argenterie, etc.Bossuer des plats, des assiettes. || 2° Se bossuer,t’. réfl. Ce plat s’est bossué en tombant.

— ÉTYM . Bossu.

BOSTANGI (bo-stan-ji), s. m. Nom des jardiniersdu sérail qui sont enrégimentés et employés à lagarde du Grand Seigneur. || Bostangi-bachi, le chefdes bostangis.

— ÉTYM . Persan, bustdn, jardin, et dji, parti-cule turque qui, jointe aux substantifs, indique laprofession.

BOSTON (bo-ston ), s. m. Jeu de salon qui se joueà quatre personnes, avec un jeu de cinquante-deuxcartes et des paniers de fiches, comme le reversis.Jouer au boston. Faire un boston.

— ÉTYM. Ainsi appelé de la ville de Boston , as-siégée par les Anglais , dans la guerre de l’Indépen-dance d’Amérique. Misère, indépendance, termesde ce jeu, se rapportent auxphasesdu siège de cetteville.

BOT (bo; le t ne se lie pas), adj. m. Usité seule-ment dans cette locution : pied bot, pied contrefaitpar quelque contracture ou lésion permanente desmuscles. || Substantivement. Un pied bot, un hommequi a un pied bot. Des pieds bots.

— ÉTYM . Wallon, bol’, émoussé, obtus; espagn.boto; de l’allemand : holl. bot; allem. Huit, corpsépais et obtus.

BOTANIQUE (bo-la-ni-k’), s. f. Science qui apour objet la connaissance, la description et la clas-sification des végétaux. La botanique n’est pas une

science sédentaire et paresseuse qui se puisse acqué-rirdans le repos et l’ombre d’un cabinet, font. Tour-ne fort. Dès le temps d’Henri IV , on s’était aperçuque la botanique, si nécessaire à la médecine, de-vait être étudiée, non dans les livres des anciens,où elle est fort confuse, fort défigurée et fort im-parfaite, mais dans les campagnes, réflexion qui,quoique très-simple et très-naturelle, fut assez tar-dive, id. Façon. || Adjectivement. Nos recherchesbotaniques ne furent pas heureuses ; les plantesétaientpeu variées, chateaubr. Voy. Amer. 334. || Régionbotanique, espace offrant un certain nombre de plan-tes qui lui sont particulières. || Jardin botanique,jardin où l’on rassemble un grand nombre de plan-tes pour l’étude et la curiosité. || Géographie bota-nique , étude des contrées par rapport aux plantesqui leur sont propres.

— ÉTYM . Bovavutù,botanique, de poiâvii, plante,de fioxo:, nourri d’herbe, de pomceiv, paître, lemême que pascere (voy. paItre).

f BOTANISER ( bo-ta-ni-sé ), v. n. Herboriser.|| Néologisme.

— ÉTYM.BovcmÇetv, pour la forme, non pour lesens; car poiavIÇeiv signifie sarcler.

BOTANISTE (bo-ta-ni-st’), s. m. Celui qui étudiela botanique, qui est savant en botanique. Il n’y apas une seule plante de perdue, de celles qui étaientconnues de Circé , la plus ancienne des botanistes,bern. de st-pierre, Etude iv. Comme il avait re-peuplé de plantes cé jardin, il le repeupla aussi dejeunes botanistes que ses leçons y attiraient de tou-tes parts, fonten. Façon.

— Étym. Botanique, en substituant la finale isteà la finale iqne.

f ROTANOGRA PHIE (bo-ta-no-gra-fie), s. f. Des-cription des plantes.

— étym. Botàvu, plante (voy. botanique), etypi-çe'.v . décrire.

f BOTANOLOGIE (bo-ta-no-lo-jie), s. f. Traité surles végétaux.

— pTYM- Bot(xv»i, plante, etXôyoç, doctrine (voy.

LOOÎQVE).

t BOTANOPHAGE (bo-ta-np-fa-j’), adj. Terme di-dactique. Qui vit de végétaux.

— ÉTYM . Bovoivi), herbe (voy. botanique), et çg-yecv, manger.

BOTARGBE (bo-tar-gh’), s. f. Voy. boutargue.

t BOTHRIOCÉPHALE (bo-tri-o-sé-fa-1’), s. m.Terme d’histoire naturelle. Parasite du genre destænias qui vit dans les intestins.

— ÉTYM . BoBpiov, petite cavité, et xeçoQù, tête :tête A petites cavités.

f BOTHRION (bo-tri-on), s. m. Terme de chirur-gie. Ulcération profonde de la cornée.

—étym. Bô’tptov,diminutif de flôâpo;,trou,cavité.

f BQTRYLLE (bo-tri-1’), s. un. Genre de mollus-ques qui vivent en tas, en grappes.

— ÉTYM . Diminutif de (Joipu;, grappe.

f BOTRVOÏDE (bo-tri-o-i-d’), adj. Terme didac-tique. En forme de grappe.

— ÉTYM . Bôipu;, grappe, et eîôo;, forme.

). BOTTE (bo-t’), s. f. || 1° Quantité déterminéede choses de même espèce qu’on a liées ensemble.Botte de foin, de paille; botte d’asperges, de radis.|| Botte de soie, écheveaux de soie liés ensemble.Une botte de soie était quinze onces de soie non ou-vrée. || A la halle de Paris , botte, une quantité decertains légumes, tels que navets, poireaux, ca-rottes, etc. liés ensemble et pesant environ un kilo-gramme. La botte de romaine contient 32 têtes.|| Réunion d’un certain nombre d’échalas propres âfaire les treillages. || Certaine longueur de fil de ferployée en rond. || Cahier de trente-six feuilles de par-chemin. || Botte de bordures, douze feuilles de hêtrepréparées pour les ouvrages du boisselier. || Botte deseaux, six corps de seaux sortant de la premièremain. || Familièrement. Une botte de paperasses, unegrande quantité de papiers. || 2 “S.f.plur. Grands ci-seaux employés à donner la dernière tonte au droguet.

— HIST. xv* s. Deux boteaux de paille où il se as-sist, comm. i, 4. L’ung lieve le boteau de foin , co-quillart, Monol. de la botte de foin. Ceux de de-dans rebouchoient les creux et trous du mur avecdes bottes de bois et de terre, J. Chartier, Hist. deCharles VU, p. 275, dans lacurne ste-palaye.|| xvi* s. Là dessus ils avoient assis la forme d’unegrande cage avec botteaux de foin, H. nu Bellay,527. Du reste [des tiges] on fait un botteau lié es-troitement avec des oziers, o. de serres, 0)9.|| xvii* s. Graveur, vous deviez avoir soin De met-tre dessus cette tête Le lie» d’un botteau de foin,Régnier, Épigr. (Botteau est le diminutif de botte.)

— ÉTYM . Picard, boute d’esteuble. botte de paille;

angl.^o((/e; bas-breton, hôtel, bôêtel, botte. On lerapporte à l’allemand : tudesque, bozo, faisceau,fagot; anc. allem. ho,«s; holland. bo s.

2. BOTTE (bo-t’), s. f. |j 1° Chaussure de cuir quienferme le pied et la jambe, et quelquefois une par-tie de Iq cuisse. Une paire de bottes. Des bottesfortes, molles, vernies. Point dp politique, tout lemonde en bottes [sans gêne]; quelles délices, p. i„cour, iett . ii, loo. || Coup de botte, coup de pied.Rendons leur les coups dp botte Qu’Achille nous adonnés, bérang. Alirm. || Avoir du foin dans sesbottes, être muni de ressources, avoir de l’argent.Cette locution, équivalente à cçlle de mettre delàpaille dans ses sabots, provient de l’usage de garnirses chaussures de paille, de fpin, pour qu’elles neblessent pas le pied. || Familièrement. Je ne m’ensoucié non plus que de mes vieilles bottes, je nem’en soucie point- || Prendre ses bottes de septlieues, se préparer à partir et à marcher rapide-ment, par allusion aux bottes qui faisaient septlieues, dans le conte du Petit Pqucet. || A propos deboites, hors de tout propos, || Graisser ses bottes,se préparer à partir; et, au figuré, être sur le pointde mourir. || Fig. Il y a laissé ses hottes, il y a péri.Quand quelqu’un est mort en une bataille, nous di-sons seulement : il y a laissé les bottes, comme sielles étaient le vrai séjour de l’âme du cavalier,l'rancion, lijr. x, p. 423. [| Locutions vieillies. Pren-dre la botte, se mettre en état de partir. Où va labotte? où allez-vous? || 2" Fig. et familièrement, laterre qui s’attache à la chaussure dans un terraingras. || 3° Terme de manège. Serrer la botte, serrerle cheval a v eo les jambes. Ce cheval va à la hotte,il cherche à mordre à la botte le cavalier qui est surson dos. || Fig. Aller à la botte, dire de» choses pi-quantes. Mme de Bouillon savait, pariait bien , dis-putait volontiers, et quelquefois allait à la botte,ST-tüK* 357, 222 . || Morceau de çuir dont on garnitle pied d’un cheval à l’endroit où il se coupe.|| 4" Terme de chasse. Collier de cuir que l’on metau limier pour le mener au bois. Il Etui où se portele fusil quand on chasse à cheval. || B* Botte de car-rosse, ancien nom du marchepied fixe et placé endehors, à l’aide duquel on monte dans un carrosse.|| 6" Partie d’une manche fermée qui est la plusvoisine du poignet. Ne se dit plus. || Proverbe.Graissez les bottes d’un vilain, il dira qu’on les luibrûle, c’est-à-dire un avare trouve toujours moyende se dispenser de la reconnaissance d’un service.

— hist. xiii* s. Par vos botes, ce dist Renàrt Quimoult fu plaia de males ars, Se vos voliez moinesestro, Je feroie de yos mou mestre, Ren. ) 06 i.|| xvi* s. Nous avons un ennemy qui ne dort pas,et qui use plus de bottes que de souliers, Sat. iUn.p. 49. Sur la peau elles avoient de fort grossesbottes, d’aub. Fom. i v, 13. L’homme veut avoirtoutes ses pièces bonnes et saines, son corps, sateste, ses yeux, son jugement, sa mémoire, voireses chausses et ses bottes, charron, Sagesse, n, 3.Une dissenterie me surprit; mon médecin pensaperdre sa leçon, etmoy mes hottes [je faillis mou-rir], montluc, Mém. t. u, p. 269, dans LACURNE.A propos de bottes, combien l’aulne de fagots?Oudin, Curios. franç.

— ÉTYM . Voy. botte 3, la botte, chaussure, ayantété dite ainsi par assimilation à la botte, tonneau.

3. BOTTE (bo-t’), s. f. || f" Sorte de tonneau. Unebotte d’huile. || 2° Tuyaux des lieux d’aisance qu’onnomme aussi chausses de bouteilles. || 3° Nom vul-gaire du charançon du blé.

— HIST. xiii* s. Bon vin burent et fort et roit,(>m’est avis, d’Auçoire [Auxerre ] estoit, Pleine unebout de trois sistiers, Fabliaux, t. HJ, p- 3)2. Lebarillier et le Chartier des bouts, du cange, butta,n° 3. || xiv* s. Jehan le Tourbeux, qui vouloit yendre une busse de vin, id. ib. Un bussart de vin,m. ib. || xvi* s. U print un faix de paille et unebotte de pouldre de canon, et espandit par le cernedes cordes, rab. Pant. n, 25.

— ETYM . Provenç. et espagn. bota; ital. botte;bas-lat. botta, butta, buza; grec, (Jouit;; gaél. bût ,botte, chaussure; flam- bootjee t angl. boot, botte,chaussure ; anglo-sax. butte, bytte, grand vase; isi.bytta; allem. Busse, cuve. Ces mots ont la signifi-cation de outre,vase en cuir, botte à chausser, ton-neau, par des assimilations de sens qu’il est facilede concevoir; ils sont, comme on voit, communsà plusieurs langues.

4. BOTTE (bç-t’), s. f. Terme d’esçrime. Coup defleuret ou d’épée. Il trouvait fies analogies entre lesbottes de tierce et de quarte et les intervalles musi-caux, 3. 3. rouss. Conf. v. H Appuyer la botte, ap-puyer le fleuret contre le corps de sop adversaire