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Tome premier. A - C.
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BOt 1

bern. de st-p. P'lui et Virg. || S* Bouffante, s. f.Espèce de guimpe gaufrée que portaient autrefoisles femmes. Petit panier qui servait aux femmes àfaire bouffer leurs jupes. || 3° Bouffant, s. m. Partiebouffante de la manche d’une robe.

— étym. Bouffer.

f BOUFFARDE (hou-far-d’), s. f. Pipe, dans leparler familier. Fumer sa bouffarde.

— ÉTYM . Bouffer.

<. BOUFFE (bou-f), adj. || 1“ Bouffon . Opéra bouffe,genre d’opéra opposé au genre sérieux. || Chanteurbouffe, chanteur qui joue un rêle plaisant dans unopéra. || 2* Substantivement. Acteur qui joue dansles opéras italiens. || Au plur. m. Les bouffes, le théâ-tre italien à Paris .

— ÊTYM . Ital. buffa, plaisanterie (voy. bouffon).

f 2. BOUFFE (bou-f), s. f. Air bouffi, morgue. Iln’a point avec nous la bouffe de gouverneur, sêv.676.

— étym. Bouffer.

f 3. BOUFFE (bou-F), s. m. Sorte de chien à longpoil. Les chiens à longs poils, fins et frisés que l’onnomme bouffe* et qui sont de la taille des plus grandsbarbets, viennent du grand épagneul et du barbet,buff. Chien.

— ÉTYM . Bouffer: à cause que le'poil de ce chiensemble bouffer.

BOUFFÉE (bou-fée), s. f. || 1“ Souffle qui sort de labouche d’une personne. 11 sort de la bouche de cesivrognes des bouffées qui soulèvent le cœur. Il m’en-voyait des bouffées de tabac à m’étouffer, hamilt.Gramm. 3. || 2° Onde d’air ou de vapeur qui semblevenir d’un souffle de bouche. Le vent soufflait parbouffées. Il sortait de la cheminée des bouffées defumée. Des bouffées de chaleur. L’autre jour quenous eûmes une bouffée d’été, sêv. 42. || 3” Fig. Ac-cès subit et passager. Ma tante a eu une bouffée defièvre, sév. 66. Elle est dans une bouffée de coli-ques, id. 608. || Bouffée d’humeur, d’orgueil, degénérosité. Je ne puis oublier cette bouffée de phi-losophie que vous me vîntes souffler, sév. 188. || Fa-milièrement. Ne faire une chose que par bouffées,ne s’en occuper que par boutades. || 4* Terme de mé-decine. Bouffée de chaleur, sensation de chaleur àla face survenant rapidement et disparaissant demême ou peu à peu. || Terme de vétérinaire. Sorted'accès des maladies épizootiques pendant lesquelsun plus grand nombre d’animaux sont frappés. Laclavelée, par exemple, attaque les moutons par bouf-fées. || 5* Terme d’hydraulique. Secousse.

— BIST, xiv* s. Quant les bouffées de vent vien-nent, ilodus, f* Lvin, verso. || xvi e s. Ils cognois-soient que ce n’est qu’une bouffée de vent, que lessaincts ont à endurer tribulation, que les grâcesqu’ils doivent recevoir sont éternelles, calv. Instit.336. Il leur fait sentir sa miséricorde présente commepar une bouffée, id. ib. 427. Lors il se leva soudainune bouffée de vent impétueux qui enflamma incon-tinent tout le bûcher, amyot, Sylla, 76. Comme lebateau poussé par le vent et les avirons, qui bransleet marche inégalement, par secousses, boutées etbouffées, charron, Sagesse, II, 3.

— ÉTYM . Bouffer.

BOUFFER (bou-fé), v. n. || 1° Témoigner par uncertain gonflement de la face qu’on est en mauvaisehumeur ; être dans une colère qui n’éclate pas. Ubouffe. Le grand écuyer [après cette sottise] se re-leva le nez de dessus la table, regarda toute la com-pagnie, toujours bouffant, st-sim. 177, no. ||2° Sesoutenir sans s’affaisser en parlant de certaines étof-fes. Ce taffetas bouffe. || Par extension. Il [le duc deBourgogne ] avaitdes cheveux châtains si crépus et entelle quantité qu’ils bouffaient à l’excès, st-sim. 322,2H. || 3° Se gonfler, en parlant de la pâte qui ressentdans le four l’effet de la chaleur. Le pain avait déjàbouffé. || Terme de maçonnerie. Le plâtre bouffe, ilgonfle. Un mur bouffe, il pousse en dehors. || Termede jardinage. Un fruit bouffe, quand il grossit plusd’un côté que de l’autre. || 4° V. a. Terme de bou-cherie. Souffler une bête tuée pour en rendre la chairplus belle.

— REM. Le langage populaire confond bouffer avecbâfrer : il bouffe bien; sans doute à cause de la ron-deur des joues, quand la bouche est emplie. Mais cen’en est pas moins une locution rejetée par le bonusage.

— hist. xm* s. Li rois l’entent, boufe et sospire,Tristan, 1869. dans lacurne. ||xiv*s. lcelluy Tail-leferdist à l’exposant qu’il bufl'ast, et qu’il lui don-roit une buffe, du canoë, buffare. || xv* s. De cesteviesuysbouffez [fâché], villon, Bail. || xvi* s. Hzdeschiquetoyent leur peau pour y faire bouffer lagresse, ne plus ne moins qu’on descouppe le haut

SICT. DB LA LANGUE FRANÇAISE.

Ron

de chausses pour y faire bouffer le taffetaz. rab.Pant. v, 16. Point ne t’est bien ceste forme seante ;Jette moy là toute fluste bouffante, Et prens en mainles armes, sans enfler Si laidement tes joues à souf-fler, amyot, Comment refréner la colère, 12 . Lasy-noque fait paroistre tout le corps comme bouffi etenflé, ce qui a donné occasion à quelques méde-cins de l’appeller synoque enflante et bouffante,paré, xx, 9. [Pallas] Bouffante d’ire et d’une fortevoix, Comme un tonnerre appeloit les Gregois, rons.696. Un seul Bacchus doit se bouferde haine Contreton isle.... id. 684. || Gaioffe, bouffé, se cholere con-tre soy mesme, merlin cocaïe, t. i, p. 288, dans

LACURNE.

— ÉTYM . Provenç. et espagn. bufar, souffler ; ital.buffare, souffler et plaisanter. D’après Diez, et se-lon toute apparence, il faut le rattacher à une ono-matopée exprimant le bruit que fait la bouche ensoufflant. Bouffer et pouffer sont deux formes d’unmême mot.

BOUFFETTE (bou-fè-t’), s. f. || 1- Petite houppe;nœuds de rubans. Sa coiffe de nuit ornée de deuxgrosses bouffettes de ruban, j. j. rouss. Conf. iv.|| 2° Terme de marine. La troisième voile du grandmât des galères.

— étym. Bouffer.

BOUFFI, IE (bou-fl, fie), part, passé. || 1« Gon-flé. Chair bouffis. Ô chérubins à la face bouffie,Réveillez donc les morts peu diligents, bérang. Dieu des bonnes gens. Je trouve en ce monde Où la graisseabonde, Vénus toute ronde Et l’amour bouffi, id.Cocag. || 2“ Fig. Être bouffi de colère, de rage.Mme de Soubise avait l’air tout bouffi et la comtesse[de Furstemberg] paraissait furieuse, st-sim. 76,246.Et lès petits tyrans bouffis de vanité Dont mon indé-pendance irritait la fierté, volt. Disc. 7. Je prétendssoulever les lecteurs détrompés Contre un auteurbouffi de succès usurpés, Gilbert, Mon apol. || 3°Stylebouffi, style ampoulé. Il a des mots hargneux,bouf-fis et relevés, Régnier, Sat. îx. On aurait beaumontrer ses vers tournés sans art.... Ou bouffis degrands mots qui se choquent entre eux L’un surl’autre appuyés, se traînant deux à deux, gilb. Ledix-huitième siècle.

BOUFFIR (bou-fir). || 1» F. a. Rendre enflé, enparlant des chairs. L’hydropisie lui a bouffi tout lecorps. || 2° F. n. Le visage lui bouffit tous les jours.|| Il se conjugue avec l’auxiliaire avoir. || 3” Se bouf-fir, v. réfl. Devenir bouffi.

— HIST. XIII e s. Certes ains les devraient touteslessier bouffir, Que leur âmes por elles as deablesoffrir, J. de meung, Test. <30<.||xvi* s. 11 en deb-voit rapporter l’ame pleine, il ne l’en rapporte quebouffie, mont, i, <46. Je me sens, dict il, enfler etbouffir, comme d’hydropisie, id. m, 2<<. Hecti-ques, bouffis, lentigineux, et generalement touscachectiques, paré, viii, <o. Dont se fait leuco-phlegmatie, qui fait le corps tout bouffi, et la cou-leur du visage basanée et blaffarde, id. xviii, 7<.Les autres sont trop empoulez et presque creux d’en-fleures comme hydropiques, les quels pensent n’a-voir rien fait d’excellent s’il n’est extravagant,creuxet bouffy, rons. 684. Et d’autre part on le [l’homme]trouvera tout enflé et bouffi de vent, charron , Sa-gesse, u, <.

— ÉTYM. Autre conjugaison de bouffer; bourguig.bôfi.

BOUFFISSURE (bou-fi-su-r’), s. f. || I e Terme demédecine. Intumescence molle et sans rougeur,plus ou moins étendue, formée par de la sérositéinfiltrée dans le tissu cellulaire sous-cutané. || 2“ Fig.Orgueil. La bouffissure [du cardinal de Bouillon] estsi générale, qu’il se loue d’avoir exercé cette chargetrès-fidèlement, st-sim. 279,29. || Bouffissure de styleou, simplement, bouffissure, emploi de termes am-poulés. Je préfère à ces vaines bouffissures le simplesquelette de la pensée, bern. de s.-p. if ort de So-

— ÉTYM. Bouffir. On disait, dans l’ancien fran-çais , le boufois pour la morgue, la bouffissure.

f BOUFFOIR (bou-foir), s. m. Instrument de bou-cher qui sert à insuffler de l’air sous la peau etdans le tissu cellulaire des bêtes tuées.

— ÉTYM . Bouffer, au sens de souffler.

<. BOUFFON (bou-fon), s. m. |] 1° Personnage dethéâtre dont l’emploi est de faire rire. Cet acteurest un bouffon assez amusant. Le bouffon du roi.|| Fig. Un auteur dont les plaisanteries sont quel-quefois excessives. Si Horace est le premier des fai-seurs de bonnes épîtres, Rabelais , quand il estbon, est le premier des bons bouffons, volt. Leltr.Mme du Deffant, <2 avril <760. || 2“ Par dénigre-ment, celui qui cherche à amuser par ses plaisante-

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ries. Il se plaît à faire le bouffon. !! Servir de bouf-fon. être un objet de moquerie. || Au féminin, unebouffonne. C’est une petite bouffe me.

— HIST. xvi* s. Les propos de tous ces beuveurs,Que vous avez, buffons, baveurs, Vous font-ils fre-natique [fou]? marot, iy, <65. C’est à ce mestierlà que des biens on amasse, Non à celui des vers, oùmoins y a d’acquêt Qu’au mestier d’un bouffon oucelui d’un naquet [homme de rien], dubell. vi, 40,verso. La bouffonne [plaisante] Atrie, d’aub. Hist.U, 337.

— ÉTYM . Ital. buffone, de buffare, railler, pro-prement bouffer (voy. ce mot) ; parce que celui quidit des bouffonneries dit des choses que l’on com-pare au bruit qui s’entend quand on bouffe ousouffle, et, plus probablement, parce que l’art desbouffons consistait anciennement à faire des gri-maces, dont la plus fréquente était de grossir sesjoues.

2 . BOUFFON, ONNE (bou-fon, fo-n’), adj. || l"Quitient du bouffon, qui fait rire. Avoir la mine bouf-fonne. Une joie bouffonne. Voilà un réveil assezgai et assez bouffon, ham. Gramm. 2. Ces égrillardsiraient d’humeur bouffonne. Pincer au lit le diableet ses suppôts, Bérang. Préface. || L’opéra bouffon,l’opéra italien ; on dit plus ordinairement l’opéiabouffe. Ils voulurent enfin tout voir et tout connaî-tre, Les boulevards, la foireet l’opéra bouffon, volt.Trois emper. || 2 e Substantivement, ce qui, en par-lant des ouvrages d’esprit, porte le caractère d’uncomique bas. Mais de ce style [le burlesque] enfinla cour désabusée, Dédaigna de ces vers l’extra-vagance aisée, Distingua le naïf du plat et du bouf-fon, boil. Art p. i.

— étym. Bouffon, s. m.

BOUFFONNER (bou-fo-né), v. n. Faire ou diredes bouffonneries. Bautru et Nogent bouffonnaientet représentaient, pour plaire à la reine, la nour-rice du vieux Broussel qui animait le peuple à lasédition, retz, n, <23. Dans les livres de Platon , il[Soorate] bouffonne presque toujours, balz. liv.vi,lett. 6. || Il se conjugue avec l’auxiliaire avoir.

— HIST. xvi e s. Allons voir Marc Antoine ou Zanybouffonner Avec son magnifique à la vénitienne, du-bell. vi, 33, recto. Saint-Pont fut laissé pour comman-der à Mascon, inventeur de toutes cruautez, quibouffonnoit en les exécutant, d’aub. Hist. i, <46. Ilsbouffonnoient sur les harangues du prince, id. ib.u, 293. Après avoir bouffonné avec le Mas..„ id. ib.i, 343.

— étym. Bouffon; ital. buffonare.

BOUFFONNERIE (bou-fo-ne-rie), s.f. || l"Cequ’on

dit ou ce qu’on fait pour exciter le rire. Cessez cesbouffonneries. Sa vanité lui fit prendre sur soncompte des gracieusetés qui n’étaient que pour sesbouffonneries et son badinage, hamilt. Gramm. 7.

|| 2 e Chose plaisante. Une notice d’un livre par quel-qu’un qui ne l’a point lu est une bouffonnerie touteneuve, p. l. cour, i, 67.

— étym. Bouffonner; ital. buffoneria.

f BOUFFRON (bou-fron), s. m. L’un des nomsvulgaires de la seiche.

f BOUGANÈSE (bou-ga-nè-z’), s. m. et f. Enfantd’un indigène de l’Amérique, -'dit indien, et d’unenégresse.

<. BOUGE (bou-j’), s. m. || 1° Petit cabinet dedécharge. Une chambre avec un bouge. || 2“ Plussouvent, logement obscur et malpropre. Mais d’unbouge prochain accourantà ce bruit.... boil. Lutr. u.Notre maître, poussé dans quelque bouge, la font.Cand. Il ne me faut tant de cérémonies; Je suiscontent de mon bouge, et les dieux Dans mou tau-dis m’ont fait un sort tranquille, volt. La Bastille.

— HIST. xiv e s. Il y avoit gens qui beuvoient enune chambre derrière, et un bouge devant où onfaisoit la cuisine, du cange, bougius. ||xv e s.Et n’yavoit en celle maison fors [que] le bouge devant etpar dessus un povre solier auquel on montoit parune eschelle de sept eschelons, froiss. ii, u, <67.Lesdits foulons disnerent tous ensemble ou bougeou sale de l’hostel, du cange, ib.

— étym. Bas-lat. bugia, bougia, bougius. Il yavait dans l’ancien français le mot féminin bouge,qui signifiait bourse; italien bolgia. D’après Diez,bouge masculin et bouge féminin sont le même mot;il est de fait que le bas-latin a bogia, bougia , cequi prouve qu’on a dit aussi une bouge, pour petitechambre, petit édifice; mais le sens, comment letrouver? Comment passer de bourse à chambre oucabane? On passerait plutôt de chambre, réduit, àcoffre-fort; comme le latin loculus, qui signifiantun petit lieu, avait aussi le sens de lieu où l’on metson argent, coche, bourse En conséquence, on

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