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Tome premier. A - C.
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songerait au bas-latin bodium, qui, pour /a forme,a pu donner boge ou bouge, et qui, pour le sens,signifie habitation , demeure. Mais bouge 2 semblefaire le lien entre bouge, bourse, et bouge, logis.

f 2.BOUGE (bou-j’),s. m. || l°Lapartiela plus bom-bée d’un tonneau. Les dimensions des futailles sontréglées de manière que lalongueur intérieure, le dia-mètre intérieur du bouge et le diamètre intérieur dechacun des fonds soient dans toutes les pièces commeles nombres 24,48 et 16, legoarant. || 2° Terme deconstruction navale. Courbure des baux suivant leurlongueur. || 8“ Terme de métiers. Outil à l’usagedu ciseleur. || Pièce de bois de charpente quibombe en quelque endroit. || Partie du chandelierqui commence & la poignée et descend sur le pieden s’évasant. || Petite cuve qui sert à porter le rai-sin au pressoir.

— hist. xv" s. La riviere estoit si grande qu’ellene pouvoit demeurer en ses bouges, andré de lavigne, Voy. de Naples de Charles Vlll, p. 177,dans lacdrne.

— ÉTYM . Ici bouge a le sens général de chosearrondie; et, si d’une part on ne comprend guèrecomment bouge signifiant chambre, édifice, auraitpu donner lieu à tous ces emplois, on comprendcomment l’ancien français bouge ou boulge, signi-fiant bourse, apu, inversement, produire bouge detonneau, et celui-ci bouge, logis (voy. boügette).

f BOUGEAGE (bou-ja-j’), s m. Terme d’eaux etforêts. Action de bouger.

— ÉTYM . Voy. BOUGER 2.

BOUGEOIR (bou-joir), s. m. Chandelier bas decorps, avec un pied très-large et relevé en formede coupe ou de soucoupe, pour recevoir le suif oula cire fondus qui peuvent y tomber quand on leporte, et avec un manche ou un anneau attachés àce pied, et non au chandelier lui-même. Il y avaitun bougeoir d’or au coucher du roi, et c’était unedistinction pour les seigneurs de le tenir. Monsei-gneur lui parle et lui fait donner le bougeoir, sév,469. Le roi lui donna [à Portland ] un soir le bou-geoir à son coucher, qui est une faveur qui nese fait qu’aux gens les plus considérables, st-sim.r>4, 449.

— hist. xvr a. Un bougeoir d’argent doré, Inv.de Marie Stuart , delaborde, Émaux, p. 470. Unbougeoir à queue, un chandellier à tapisserie et unpot de chambre, le tout d’argent blanc, id. ib. Unbougeoir d’argent, vermeil, doré, pour attacher auchevet du lit, où y a une cassonnette et trois petitschandeliers & mettre bougie, garni de flambe d’or,esmaillé de rouge, Inv. de Gabrielle d’Estrées , ib.

— ÉTYM . Bouger, parce que c’est un chandelierportatif. Cependant on a aussi indiqué bougie; lefait est que l’italien nomme un bougeoir bugia;mais il est plus difficile d’aller à bougeoir parbougie que par bouger.

4. BOUGER (bou-jé), nous bougeons; je bougeais;je bougeai; que je bougeasse; bougeant, v. n.|| 1* Se mouvoir, changer de place. Si vous bougez,vous tomberez. || Se remuer. Cette femme est avan-cée dans sa grossesse, elle a senti son enfant bou-ger, ou, elliptiquement, elle a senti bouger.|| 2“ Avec la négation, demeurer assidûment dans unlieu, auprès d’une personne; en ce cas on supprimesouvent pas ou point : Je n’ai presque point bougéd’ici, boss. IM. Corn. 32. Vous qui.... touchés dela grâce, ne bougez plus comme elle [Marie Made-leine ] des pieds du sauveur.... mass. Carême, La-zare. Je aroyais que je ne bougerais d’ici ou deVitré, sév. 70. M. de Larochefoucauld ne bougeplus de Versailles , id. 468. Je n’ai bougé toute nuitd’auprès d’elle , la font. Berc. Et mesurant les cieuxsans bouger d’ici-bas, Il connaît l’univers et ne seconnaît pas, id. Fabl . vin, 26. Désormais je nebouge et ferai cent fois mieux, id. ib. vu, 42. Ontrouvera insupportable de ne bouger de la ville,pasc. Div. 2. Sans bouger de la terre, allez au fir-mament, régn. Sat. ix. [Plaisirs] qu’il abandonnaitpour ne bouger d’auprès de ses charmes, hamilt.G ramm. 40. La famille du duc n’en bougeait, id.Gramm. 6. Du coin d’où le soir je ne bouge, J’ai vule petit homme rouge, bérang. H. rouge. || 3” Fig.S’agiter, se soulever. Les mécontents n’osèrent pasbouger.

— REM. 1. Molière a fait de bouger un verbe actifet réfléchi : Et personne, monsieur, qui se veuillebouger Pour retenir des gens qui se vont égorger,Bip. am. v, 7. C’est un archaïsme (voy. l’historique)qui n’est plus usité : bouger est neutre maintenant,et ne peut plus devenir réfléchi. || 2. Les puristesdu siècle de Louis XIV, Marguerite Buffet et Cail-lières trouvaient que bouger d’un lieu était un

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terme fort rude ou une façon de parler bour-geoise; mais, comme on a vu, les meilleurs écri-vains s’en sont servis.

— HIST. xiv* s.Li verseïs [la chute] de Pierre

Qui dort ne ne se bouge ne que fait une pierre, Gi-rart de Ross. 4 789. Se li consuls se bouge, ber-cheure, P 47, recto. || xv* L’argent ne devoit estrecontourné ailleurs ni bouger de Paris , froiss. n,n, 428. Le mareschal les convoya jusques à la vuede Galipoli, et de là ne se bougea afin de les secou-rir si aulcune chose leuradvenoit, Bouciq. i, ch. 30.Tenez-vous saintement en cloistre ; Là mettez peineà vous cognoistre; N’en bougiez; car le villoter Faitmains et maintes assoter, Miracles de sainte Gene-viève. Je croy bien que je ne bougeray d’ici encored’un mois, Bibl. des chartes, 4 e série, t. i, p. 26 .Et un peu de reconfort leur est venu, c’est que la-dite dame, princesse de Castille et royne de Portu-gal , a esté grosse d’un enfant bougeant, comm. viÏi, 4 7.Et tira [le roy] à l’avant garde, qui jamais n’estoitbougée, id. vm, 6. || xvi* s. Ponocrates advisoytquelque jour bien serain, onquel bougeoient on ma-tin de la ville, et alloyent à Gentilly, rab. Garg.i, 24. Maintenant je suis fort bien, et ay senti bou-ger mon enfant, marg, Lett. 68. Je vous prie encoresme mander si l’intention du roy est que je ne bouged’avecques la royne, id. ib. 4 47. Elle n’a bougé decouchée [de son lit] depuis vostre partement, si-non ung jour ou deux qu’elle alla jusques en lagarderobe, id. ib. 46. Le dieu leur respondit qu’ilsne bougeassent rien, mont, i , 4 23. Il ne feut j’ad-vis de bouger de sa place, id. i, 342. Ilz se desfirentl’un l’autre à combattre d’homme à homme au mi-lieu de leurs deux armées, sans qu’elles se bou-geassent, amyot, Rom. 24. Sa coustume estoit defrapper rudement, jamais ne bouger le pied, nyreculer en arriéré, id. Caton, 3.

— ÉTYM . Provenç. et espagn. bojar. Ménage aparlé de l’allemand wogen, s’agiter; mais wogendonnerait guoguer et non bouger. Diez a mis ledoigt sur la vraie étymologie, remarquant, dans leprovençal, bolegar, remuer, s’agiter, dont bojar etbouger sont des contractions et qui répond à l’italienbulicare, bouillonner, qui est un fréquentatif du la-tin bullire, bouillir : bouillonner, et, de là, par mé-taphore , ne pas rester en place, bouger.

f 2. BOUGER (hou-jé), v. a. Couvrir de terre l’a-mas de bois destiné à faire le charbon.

— ÉTYM . Ici bouger, c’est faire quelque chosed’arrondi, et il se rapporte probablement à bouge 2 .

BOÜGETTE (bou-jè-t’), s. f. Petit sac de cuir qu’onporte en voyage. Vieux.

— BIST, xiv* s. Lesquels florins il afferma estre enunes bouges, Bibl. des chartes, 2 * série, t. m,p. 424. || xv* s. Et lui mist on une belle boügette àl’arçon de sa selle pour mettre sa cotte d’armes,comm. iv, 7.

— ÉTYM . Bourguig. boujôte; anc. franç. bouge ouboulge, bourse; de bulga, bourse de cuir, mot gau-lois d’après le dire des auteurs latins, lequel setrouve en effet dans le celtique : ancien irlandais ,bolc; gaélique, builg. De boügette, les Anglais ontfait budget, revenu de l’Etat.

BOUGIE (bou-jie), s. f . || 1° Chandelle de cire.Après que les ruches sans miel N’eurent plus quela cire, on fit mainte bougie, la font. Fab. ix, 42.Ils rallument le feu de leur bougie éteinte, boil.I.utr. ni. Un homme qui vit sans réflexion ne regardele soleil qui l’éclaire pendant le jour, que comme labougie qui l’éclaire pendant la nuit, fën. Exist. 4 0 .Pontchartrain n’avait [au conseil de régence] d’au-tre fonction que celle qu’il avait prise, d’y moucherles bougies, st-sim. 428, 499. || Aux bougies, à lalumière des bougies. ||Painde bougie, ditaussi ratde cave, bougie mince et flexible pliée en rond,qu’on porte dans sa poche pour s’éclairer au besoindans une cave ou ailleurs. || 2° Terme de chirurgie.Instrument (ainsi dit par assimilation aux bougiesde cire) qu’on introduit dans l’urètre, soit pour ledilater, soit pour porter un caustique sur quelquepoint de sa surface.

—HIST. xrv* s. Deux livres, bougie grosse et me-nue, trois sols quatre deniers la livre, Ménagier ,n, 4. || xv* s. X Jehan Guérin en faveur de ce qu’ila apporté à madame des chandelles de bougye queenvoyoit à ladite dame le comte de Beauvais ,de laborde, Émaux, p. 202 . || xvi* s. Des chandellestoutes de cire, l’on fait aussi; la mere de familleen fera faire de diverses couleurs distinctes ; desbougies aussi pour les usages ordinaires dont elletirera service agréable avec espargne [la chandellede cire est la bougie de cire, et la bougie le ratde cave], o. de serres, 880 .

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— ETYM. Bougie, ville de l’Algérie , où l’on fabrl.quait cette sorte de chandelle.

BOUGIÉ , ÉE (bou-ji-é, ée), part, passé. Etoffesbougiées.

BOUGIER (bou-ji-é), v. a. Arrêter les effiluresd’une étoffe avec de la cire fondue.

— ÉTYM. Bougie .

f BOUGILLON (bou-ji-llon, M mouillées), s. m.Qui ne peut pas se tenir en place.

— ÉTYM . Bouger. On dit aussi populairement bou-geon, qui aime à bouger : un enfant bougeon. Bou-gillon et bougeon sont tout à fait populaires et nepeuvent pas s’écrire.

f BOUGON (bou-ghon), s. m. Grondeur, radoteur.Mot tout à fait populaire et qui ne peut s’écrireque dans le style le plus négligé. || Harengs bou-gons, harengs qui ont perdu la tête et la queue.

— ÉTYM . Voy. BOUGONNER.

BOUGONNER (bou-go-né). || 1* V. n. Murmurer,gronder entre ses dents. Il se conjugue avec l’auxi-liaire avoir. || 2” Y. a. Réprimander. On le bougonnequand il rentre trop tard.

— ÉTYM. On trouve dans Du Cange , bas-latin bou-jonator, et vieux français boujoneur et bougonneur,celui qui était chargé d’inspecter les draps et defaire observer des règlements. Bougonner viendrait-il de là, attendu que les bougonneurs devaient sou-vent avoir lieu de réprimander et de blâmer"? Bou-gnnneur, en ce sens, dérive de l’ancien français boujon, qui signifie le règlement de la draperie (voy.boujon).

BOUGRAINE (bou-grè-n’) ou BOUGRANE (bou-gra-n’), s. f . Voy. bugrane.

BOUGRAN (bou-gran), s. m. Terme ae com-merce. Toile forte et gommée, employée dans lesdoublures des vêtements.

— HIST. xn* s. L’anfant a pris la dame au corsvaillant; Si l’envoslepe en un chier boquerant,Raoul de C. 4. || xiii's. Dariere celi qui tenoit lestrois coutiaus, avoit un autre qui tenoit bouqueranentorteillé entour de son bras, joinv. 259. ||xiv* s.Se ne devoie boire au voirre [verre] mon vivant, Neavoir qu’une robe qui fust de bouquerrant, Guesc.904 0 . L’escu li a rompu et le bon jazerant, Maisl’auqueton fu fort, qui fu de bouguerant, ib. 4 6082.|| xvi* s. On met sous le malade une piece de mar-roquin, ou de camelot, ou de bougran, estofles quine retiennent que bien peu la chaleur, paré, xxi, 2.

— ÉTYM . Provenç. bocaran; catal. bocaram; ital.bucherame. On donne pour étymologie bouc, boc,boc-ar-an, à cause que l’on suppose que le bougranfut d’abord de poils de chèvre; ou bien l’italienbucherare, transpercer, ce qui donnerait à bougranle sens étymologique d’étoffe à mailles peu serrées.

f BOUGRANER (bou-gra-né), v. a. Terme de mé-tier. Apprêter une toile comme le bougran.

— ÉTYM . Bougran.

f BOUGRE (bou-gr 1 ), s. m. || 1° Nom de certainshérétiques que l’on assimilait aux albigeois . || 2° Ce-lui qui se livre à la débauche contre nature : déno-mination venue de ce que les haines populairesaccusaient les hérétiques de désordres infâmes.|| 8“ Terme de mépris et d’injure, usité dans le lan-gage populaire le plus trivial et le plus grossier.Dans ce sens, il a aussi le féminin bougresse : unvilain bougre, une méchante bougresse. Le bougreavait juré de m’amuser six mois; Il s’est trompé dedeux.... la font. Poésies mêlées, clvi. Le dieu,qui vit la triste enluminure Et Toripeau du poèteglacé, Se prit à dire, en style moins pincé: Ce bou-gre-là n’aime pas la nature, lebrun, Épigrammesur les jardins de Delille. || 4° Jurement très-gros-sier. Ah! b.... je me suis fait mal. Dans ce sens, cemot ne s’écrit jamais que par sa première lettre;et, quand il s’écrit, il se prononce bé. Les B, lesF voltigeaient sur son bec, gresset, Vert-Vert, iv.

— hist. xiii* s. Ha! male gent, bougre desloial,dist li papes, vous avés desiervi à perdre cors etavoir, Chr. de Rains, 423. Quant aucuns est con-dampnés comme bougres, sainte Eglise le doitabandonner à le [la] laie [laïque] justice, beaum.xi, 2. Et li juys et li bougre aucunne fois donnoientloier as crestiens, en tele maniéré que.... id.xxxviii, 4 6. || xv* s. Ces nouvelles s’espandirent,que Betisac avoit tenu un long temps l’opinion deboulgres, froiss. ui, iv, 7. Le cuer d’ire ou ventreme serre, De ce que ces faulz crestiens, Ces faulxbougres, ces ruffiens Si vont nostreloydestruisant,Martyre de saint Étienne. Il faisoit publiquementtrancher les testes, pendre les larrons et meurtriers,brusler les bougres, christ, de pisan, Charles V ,part. 11 , ch. 6.

— ÉTYM. Bulgarus habitant de la Bulgarie . Dans