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Tome premier. A - C.
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sant passer l’esguille par la première filozelle, ap-pellée bourrette, o. de serbes, 490. Des filozeles, labourrete est la plus grossière, comme estant l’es-cume de la soie, id. S84.

— ÉTYM . Diminutif de bourre.

BOURRICHE (bou-ri-ch’), i. f. || 1° Panier deforme oblongue dont on se sert pour envoyet du gi-bier, du poisson. Bourriche de volaille, de gibier.Bourriche de poisson. Grâce à votre bourriche pleineDe gibier digne d’un glouton, bërang. Chasse. || Lesbourriches d’hultres, dites aussi cloyères, contien-nent chacune 26 douzaines d’huttres. Dans le lan-gage ordinaire, quand on parle de bourriche, c’est4 2 douzaines. || Par plaisanterie. J’envoie une bour-riche de galants [rubansj que je vous supplie defaire mettre entre les mains de sa confidente, voit.Leur. 408. || 8” Panier en forme d’reuf, dans lequel lesoiseleurs portent en vie les oiseaui de marécage.

— ÉTYM . Ce mot parait, suivant l’observation deMénage, venir de bourre , à cause de la bourre,foinou paille dont on garnit les bourriches.

t BOURRIER (bou-rié), s. m. || 1” Petite paille,fétu, ordure. Dessus moi.... Qui ne suis qu’unbourrier qui vole, rëqnier, Stances relig. Vieux.|| 2° Mélange de paille et de blé battu. || 3° Termede métier. Êcharnures de cuirs.

— H1ST. xvi" s. Que la marchandise n’estoit pastrop loyale, ou que pour le moins il y avoit quel-ques bourriers, carloix, i, 37. Que s’il n’y avoitaultres bourriers en leurs fieustes que l’évasion dela Trousse, ils seraient en esperance de quelque ré-mission, id. vi, 19. Ceux qui se sentoientles moin-dres bourriers en leurs âmes changèrent incontinentde climat, id. x, 8.

— ÉTYM . Bourre. Bourrier a eu un sens figuréqu’il n’a plus.

BOURRIQUE (bou-ri-k’), s. f. || 1” Ànesse. || Aneou ânesse, quand, ne tenant pas compte du sexe,on parle d’un âne chétif. Hé quoi ! charger ainsicette pauvre bourrique, la font .Fabl . m, t. || Fig.et populairement, une personne stupide. Il ne com-prend rien, o’est une vraie bourrique. || 2* Toutesorte de mauvais petits chevaux. Ce sens est tombéen désuétude.

—ÉTYM . Provenç. burquier, écurie â ânes ; espag.et napolit. borrico; portug . burrico; lombard, borich;ital. bricco; du latin buricus ou burricus, nom qui sedonnait à un petit cheval. Burricus ost le grec|5ixo;, rougeâtre, nom spécial, étendu, dans la lati-nité, à tous les petits chevaux, quelle que fût leurcouleur, et finalement aux ânes (voyez bure). Bûr-ffcus ayant l’a bref et l’accent sur la première syl-labe, il faut supposer que les langues romanes ontallongé 1’* et mis l’accent sur cet «', buricus, d'oùhourique. bourrique, et l’italien bricco.

BOURRIQUET (bou-ri-kè ; le t ne se lie pas dansle parier ordinaire; au pluriel fisse lie : les bou-ri-kè-z et les ânesses), s. m. || 1° Petit ânon, âne depetite taille. || 2° Terme de métier. Civière qui sert àmonter du mortier ou des pierres au moyen d’unegrue. || Tourniquet qui sert â monter les fardeauxdu fond d’une mine. || Banc qui soutient les branchesdes cisailles du ferblantier. || Chevalet sur lequel lecouvreur met l’ardoise, pour l’avoir à sa portée.

— ÉTYM . Diminutif de bourrique.

t BOURRIQUIER (bou-ri-kiô), s. m. Celui quiconduit des ânes. La canne à sucre croît vigoureu-sement en Syrie ; les boutiquiers et les muletiers latransportent à Damas de Saïdah et de Tripoli , quien produisent abondamment, Journ. des Débats,7 août I 860 .

— ÉTYM . Bourrique.

f BOURRIR (bou-rir), v. n. Terme de chasse. -Sedit du bruit que les perdrix font de leurs ailes enprenant leur vol. On les entend bourrir.

— ÉTYM . Burrire, crier en parlant d’une bête,mot bas-latin qui se trouve dans des textes duxii* siècle.

f B0URR01CHE (bou-roi-ch 1 ), s. f. Instrument enforme de panier pour pêcher.

j BOURROIR (bou-roir), s. m. Pilon pour bourrer.

— ÉTYM . Bourrer.

f BOURBON (bou-ron), s. m. Terme de métier.Laine en bourre ou en paquets.

— ÉTYM . Bourre.

BOURRU, UE (bou-ru, rue), adj. || 1" Qui n’estpas dégrossi, qui est comme plein de bourre. 11 lelisait lui-même neuf ou dix fois, et y faisait desmarques avec un crayon; puis, en ayant tiré desexplications bourrues, il les dictait â Audebertqui les écrivait sous lui, Brandon, liv. Il, p. 468.Vieux en ce sens. || Moine bourru, fantôme, reve-nant qui était un objet do superstition. Ce fantôme

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était ainsi dénommé, parce qu’on se le repré-sentait vêtu de bourre ou bure. Moine bourru donton se moque, Â Paris l’effroi des enfants, Espritsbourbeux, je vous invoque, le Cabinet satyrique,1633, p. 166 . Je le vois, il me voit, et demandeétonné Si le moine bourru m’avait point promené,rEonier, Sat. vu. Heureux temps, heureuse saison,Où n’était porte ni cloison, Moine bourru ni loup ga-rou, d’assodcy, Ovide travesti, ia«8, in-12, p. 44.|| Fig. Un moine bourru, un homme brusque. || Termede graveur. Hachure bourrue, hachure boueuse.|| Vin bourru, vin blanc nouveau qui se conserve douxdans le tonneau pendant quelque temps. || 2°Qui estd’une humeur brusque et chagrine. Dieu m’a créébourru, bourru je dois vivre et mourir, p. l. code.Let. n, 91. || Substantivement. Un bourru, un hommed’un caractère bourru. Un bourru bienfaisant, hommequi, avec des manières rudes, ne laisse pas d’avoirun cœur bienveillant. || 3° S. m. Terme de maçonne-rie. Moellon ou pierre dont on s’est contenté d’enle-ver le bousin.

—HlST. xyi* s. Je demourai à la boutique pourleur servir de truchement, parce qu’ilvenoitbourrude Gascogne [neof, comme les jeunes animaux en-core couverts de bourre, de duvet], d’aub. Foen.rv, 7.

— ÉTYM . Bourre ; bourguig. borru.

] BOURSAL (bour-sal), s. m. Terme de pêche.Filet conique fait en forme de bourse. || Au plur.Des boursaux.

— ETYM . Bourse.

f BOURSAUT (bour-sô), s. m. Sorte de saule.

— ÉTYM . Sans doute debourpourboule ou bourse,et saut pour saule, comme dans marsault: sauleen boule ou en bourse.

BOURSE (bour-s’), s. f. || 1” Petit sac dans lequelon met son argent de poche. Une bourse pleined’or. On lui a volé sa bourse. || Sa bourse est bienplate, il n’a guère d’argent. || Demander la bourseou la vie, se dit d’un voleur qui menace de teer sion ne lui livre pas la bourse. || Fig. Se laisser cou-per la bourse, donner son argent trop facilement.|| Coupeur de bourse, voleur, ainsi dit, parce qu’au-trefois les bourses étaient attachées avec des cor-dons que les voleurs coupaient. || 2* Toute espèce depetit sac comparé à une bourse. Bourse à jetons.Bourse do jetons. Bourse de quêteuse, petit sac danslequel une dame qui quête reçoit l’argent qu’on luidonne. || Sac de cuir que l’on met de chaque côté dela selle. On dit aujourd’hui sacoche. || 3°Fig. Argent.Disposez de ma bourse. Il y pourvut de sa bourse.M. le Tellier a ouvert sa bourse à Bagnols, sêv.236. La bourse de César fit plus que sa harangue,oorn. Pompée ,1,4. Les rois ne pouvant fouiller dansla bourse de leurs sujets mettaient à la torture lesJuifs, montesq. Esp. xxi, 20 . || Toutes les bourses luisont fermées, il n’a plus personne à qui recourir.|| Avoir la bourse, tenir la bourse, les cordons de labourse, avoir le maniementde l’argent. || Familière-ment. Faire une affaire sans bourse délier, sans riendépenser. Le domaine,ayant fait mettre en prison lespèies de famille, avait acheté leurs meilleures pos-sessions sans bourse délier, volt. L‘Hom. aux40 écus, audience. || Ne pas laisser voir le fond desa bourse, ne pas montrer l’état de ses affaires.|| Familièrement. Faire bon marché de sa bourse,sevanter qu’on a payé une chose moins qu’elle n’acoûté réellement. || Donner la bourse à garder aularron, remettre une chose à celui qui méritait lemoins la confiance. Dans le même sens : au pluslarron la bourse. || Loger le diable dans sa bourse,n’avoir point d’argent. Un homme n’ayant plus nicrédit ni ressource Etlogeantle diable en sa bourse,C’est-à-dire n’y logeant rien, la font. Fabl . ix, 16 .|| 4" Masse de deniers que les membres d’un mêmecorps mettent en commun,poursubvenir aux chargesde la société. || Faire bourse commune, n’avoir oune faire qu’une bourse, faire toutes les dépenses encommun. Les disciples de Pythagore ne faisaientqu’une même bourse, fén. Pythag. || Société, entreplusieurs personnes de même profession, pour par-tager également les profits et les pertes. || Masse dedeniers formée par ceux qui tiraient à la milice, pourfournir un remplaçant à celui que le sort désignait.

|| 5" Pension gratuile accordée à un élève. Une bourseentière, remise de la totalité des frais de la pension;une demi-bourse, remise de la moitié; un quart debourse, remise du quart; trois quarts de bourse, re-mise des trois quarts. Des places gratuites qu’on ap-pelle en France des bourses, j. j. robss. Pol. iv.

|| 6° Somme évaluée dans le levant à 600 piastres, ouI78ifr. 28 c. de notre monnaie. Ce cinquième sera prisdans les bourses que Mustapha sera obligé de vous |

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payer, volt. Lett. à Cather. 444. || 7° Dans les villes decommerce, bourse de commerce ou, simplement,bourse, lieu où s’assemblent les personnes qui se li-vrent au commerce ; lieu de réunion pour les négo-ciants, agents de change, courtiers; et le temps quedure cette réunion; marché public où se négocientles effets publics, lettres de change, actions. Aller àla bourse. Affaires, bruits déboursé. Arrêt du Con-seil portant établissement d’une bourse dans la villede Paris , pour les négociations des lettres de change,billets au porteur et à ordre, et autres papiers com-merçables, Arrêt du 24 sept. 4724. D’un côté [àAlexandrie ] la bourse et l’allée du change, de l’autrela société royale et le muséum, volt. Phil. v, 364.|| Le cours de la bourse, le cours des effets publics.Qu’a fait la bourse ? la bourse a monté, a baissé.|| Les spéculateurs. 11 a pris l’esprit de la bourse.|| Bourse des marchands ou bourse commune, bourseet convention des marchands, juridiction qui con-naissait des affaires entre commerçants pour fait decommerce. || 8* Petit sac de taffetas noir où les hom-mes renfermaient autrefois leurs cheveux rassem-blés en forme de queue. || 9* Petit sac où l’on metune montre. Un chaudron ébréché, la bourse d’unemontre, Régnier, Sot. xi. || 10” Terme d’église. Dou-ble carton dans lequel on met les corporaux qui ser-vent à la messe. || 11” Terme de chasse. Poche placéeà l’entrée d’un terrier pour prendre des lapins qu’onchasse au furet. || 12* Terme de jardinage. Point dela lambourde où sont attachés les fleurs et les fruitsdu poirier et du pommier; petit corps charnu,tendre, tronqué, ayant plusieurs yeux à sa circon-férence. || 13* Terme de botanique. Membrane quienveloppe les champignons. || Bourse, bourse-à-pa9-teur, noms vulgaires de la capselle bourse de pas-teur (capsella bursa pastoris, L.), appelée aussibourse de berger et tabouret. || 14“ Terme d’anato-mie. Bourses muqueuses, petits sacs membraneuxqui sont de la nature des membranes séreuses ou dessynoviales, et qui servent à faciliter les mouvementsde certaines parties. || Bourses synoviales, petitesampoules contenant de la synovie, placées sur le tra-jet de certains tendons pour en faciliter les mouve-ments. || S. f. plur. Les bourses, la peau qui enve-loppe les testicules. || 15° Terme de fauconnerie. Lagorge de l’oiseau.

— HlST.xn's. [Je] Copoie borseset gueillesbienfermées, K Charois de Nymes,t 222 . Maiz quantchascun meigne [moine] fet borse, Li comuns bientant en reborse, Roman de Rou, 40679. || xrn" s.Avarice en sa main tenoit Une borse qu’el repon-noit, Et la nooit si durement, Que demorast moultlonguement Ainçois qu’el en peüst riens traire, laRose, 227. Et porce que li héritages li descendi dulignage, il le requérait à avoir par le [la] borse,comme plus prochains, beaum. xliv, 2 . Se exeoui-teres vendoit héritage par le [la] vertu du testa-ment, li parent du mort le poent rescorre par le[la] bourse, comme se cil l’eust vendu qui fist le tes-tament, id.xii, 38. ||xiv*s.Une bourse à pelles [per-les] broudée, laborde, Émaux, p. 4 74. || Pour unebourse de cerf àmectreles clefs del’ostelde Neelle,id. ib. Pour broder, faire et estoffer la bourse ausceldu secret du roy, id. ib. Et on voit qu’uns lar-rons qui se met à l’embler, Iln’aconte noient [ne sefait pas scrupule] d’une bourse à couper, Baud. deSeb. vi, 263. || xv* s. Us estoient si bien d’acsord,que tous metoient la main à la bourse, quand il beso-gnoit, froiss. n, n, 4 21 . Priez, galans joyeulx en com-paignie. Qui despendre desirez à largesse ; Guerrevous tient la bourse dégarnie, ch. d’orl. Bail.4 4 7. Le dict de Pavilly , qui tendoit fort au profictde sa bourse, jdv. des drsins, Charles VL, 4413.|| xvi* s. La bourse des genitoires [le scrotum],mont, i, 4 4 4 . Une bourse d’escus, id. i, 4 46. Ilsluyoffrirent de souldoyer, chascun sur sa bourse, unhomme d’armes, id. iii, 476. Venir entre la bourseet les deniers [entre l’achat etle versementdu prix],loysel, 434. En une hostie [victime] qui fut immo-lée, il se trouva deux bourses du fiel enveloppéesd’une seule taye, amyot, Arat. 63. C’esfun but oùtirent les couppebourses, les larrons domestiques, etles calumniateurs, id. Comment nourrir les enfants.43. Amy,je n’ai point d’argent en ma bourse, id, Dela moue, honte, 43. La bource des testicules, paré,xx bis, 24. Bource-à-pasteur est herbe peu délicate,car sans nul soin elle s’engeance partout, jusquessur les murailles, o. de serres, ou. Rets, pan-neaux, toiles, bources, cordages, espieux, id. 993.Ouvre ta bourse, j’ouvrirai ma bouche, gënin,Recréât, t. n, p. 246. Trop tostd’edifier se haste quifaict palais à bourse plate, id. ib. p. 264. X boursede joueurs, de plaideurset de gourmands, ils ne