Band 
Tome premier. A - C.
Seite
413
JPEG-Download
 

BRÈ

et verdier. C’est un oiseau jaune de la grosseur d’unmoineau.

■f BREBIAGE (bre-fci-a-j’), s. m. Terme de féoda-lité. Droit qui se prenait sur les moutons.

— HIST. xiv" s. Item il a es dites fermes brebiagede tiers an en tiers an, du cange , berbiagium.

— ÉTYM . Brebis.

■j BREBIETTE ( bre-bi-è-t’}, s. f. Diminutif debrebis.

— HIST. xii" s. Ne volt nient prendre de ses buesne de ses brebiz, mais fist prendre la berbeiete alpoure home, Rois, 158. || xm" s. Si vous di que lesberbietes Ne des herbes ne des floretes Jamès tantbrouter ne porront, la Rose, 20)75. || xv" s. Mesmoutons et mes brebisettes, Se je les perds, je suishonni, froiss. Pastourelle.

— ÉTYM . Diminutif de brebis.

BREBIS (bre-bi ; l’s se lie : les brebis et les loups,dites : les bre-bi-z et les loups), s. f. || 1°Femelle dubélier. Ce matin une brebis frappée S’est de la maindu prêtre et du temple échappée, mair. Sophon.v, 4. || Fig. En langage ecclésiastique, un chrétiensous la conduite de son pasteur. Pouvez-vous croireque j’abandonne mes chères brebis? boss. Lelt. abb.272. || Une impure brebis séparée d’Israël , un chré-tien infidèle à sa foi. || C’est la brebis du bon Dieu ,c’est une personne tout à fait inoffensive. || Faire unrepas de brebis, manger sans boire. || Une brebis ga-leuse, une personne qu’on évite, qu’on rebute, soitpar de justes motifs, soit par prévention. || 2“ Som-mier de bois d’un pressoir à cidre. || Proverbes. Bre-bis comptées le loup lesmange.il ne suffit décomp-ter, il faut veiller. || A brebis tondue Dieu mesurele vent, c’est-à-dire Dieu proportionne les épreuvesà notre faiblesse. || Brebis qui bêle perd sa goulée,c’est-à-dire en parlant beaucoup on perd le tempsde manger ou d’agir. || Faites-vous brebis, le loupvous mange, ou qui se fait brebis, le loup le mange ;c’est-à-dire ceux qui ont trop de bonté, trop de dou-ceur, encouragent les méchants à leur nuire. || Bre-bis trop apprivoisée, de trop d’agneaux est tetée,

COTGRAVE .

— HIST. xi" s. Cil ki aveir [bétail] escut [retire]u chivalz u buefs u vaches u porcs u berbis, Loisde Guill. 8. || xn" s. Ne remist buef ne vache, nechapuns ne geline, Cheval, porc ne berbiz ne deblé plaine mine, Th. le mart. ) 20 . || xni"s. Si quej’en ai les brebis grasses, Et li pastour auront lesmaigres, Combien que ce mot lor soit aigres, laRose, 1)404. D’un leu [loup] raconte qui jadis Vitun corbel qui fu assis De sor le dos d’une brebis,nu cange , berbix.

— ÉTYM . Berry, berbis, barbis; picard, berbis;provenç. berbitz; ital. berbice; bas-lat. berbix, dansles plus vieux textes ; de vervex, bélier. On cite, dansPétrone, une forme berbex, mais douteuse. Chiffletremarque que l’s ne se prononce pas, même devantune voyelle ; cela a changé.

| BRECCIOLAIRE (brè-ksi-o-lê-r’), ad}. Terme degéologie. Qui appartient aux brèches contenant desdébris d’ossements ou autres dépôts.

— ÉTYM . Brèche, par l’intermédiaire de l’italienbreccia. .

BRÈCHE (brè-ch’), s. f. || 1° Ouverture faite à unmur, à une haie. Il faut réparer les brèches de cetteclôture. || 2° Terme de guerre. Ouverture faite auxremparts d’une place assiégée. Les Normands firentbrèche et donnèrent trois assauts, volt. Mœurs,26 . Essex monte à la brèche où combattait d’Au-male , id. Henr. vi. Voici déjà la seconde fois qu’il estsorti de Paris par une brèche, balz. Lin. m, Le». 7.Restait cette redoutable infanterie de l’armée espa-gnole dont les gros bataillons, semblables à autantdétours, mais à des tours qui sauraient réparerleurs brèches, demeuraient inébranlables au milieude tout le reste en déroute, boss. Louis de Bour-bon. || Battre en brèche, tirer avec de l’artilleriecontre une muraille. || Fig. Battre en brèche unargument, l’attaquer, le ruiner. Battre en brèchequelqu’un, attaquer sa réputation, sa position. || Parextension. La légion chrétienne ouvre une large brè-che dans les rangs des barbares, chateaub. Mart.287.... || Fig. Flèche Assez forte pour faire en moncœur une brèche, Régnier, Dial. Dans ces omis-sions et dans ces oublis il se fait une brèche audiscours, et la pensée s’enfuit par cette ouverturequ’il fallait fermer, balz. Entretien 29. || 3° Cassureau tranchant d’une lame. Faire une brèche, desbrèches à un couteau. || Familièrement. Faire unebrèche à un pâté. l’entamer. || 4° Fig. Perte, dom-mage, tort. Il a fait une brèche à sa fortune. Celane fera pas brèche au capital. Mais aussi gardez-vous d’oublier votre faute; Et comme elle fait brè-

BRÉ

che au pouvoir souverain.... corn. Nicom. u, 2 . Sinous perdons Philisbourg, il sera difficile de répa-rer cette brèche, sév. 266 . Réparant les brèchesque le temps avait faites à leur discipline, fléch.Lam. C’est déjà faire une brèche considérable au sys-tème ordinaire, fonten. Oracles, Préf. || 5° Le som-met d’une montagne, lorsqu’il est ouvert et commeséparé en deux parties. || Brèche de Roland, ouver-ture dans une muraille de montagnes, aux Pyré-nées, qui ressemble à une brèche, et que la légendeattribue à un coup d’épée de Roland. || 6“ Termede géologie. Marbre noir, mêlé de taches blancheset jaunes, qu’on tire des Pyrénées et d’autres lieuxet qui prend un fort beau poli : ainsi dit parce quela brèche d’où on le tire a donné son nom au mar-bre qu’on en tire. || Réunion de pierres agglutinéesdans un ciment naturel ; quand ces fragments sontronds, comme des cailloux roulés par les eaux, onen appelle la réunion des pouddings; si, au con-traire, ils sont les débris anguleux de pierres plusgrandes, on les nomme brocatelles. || Brèche os-seuse , brèche où il y a des ossements. Les fentesdes rochers de Gibraltar, de Cette, de Nice etd’au-tres lieux des bords de la Méditerranée, sont rem-plies d’un ciment rouge et dur qui enveloppe desfragments de rochers et des coquilles d’eau douceavec beaucoup d’os de quadrupèdes, la plupart frac-turés: c’est ce qu’on a nommé des brèches osseuses,cuvier, Révolutions, p. 337. || 7" Terme de jeu depaume. Coup de brèche, coup qui fait entrer directe-ment la balle dans le dedans, près des encoignures.

— HIST. xiv" s. Ou regarde les bresches où lesbestes puent [peuvent] mieulx passer, Modus,i° lx,verso. || xv* s. J’aime mieux n’estre point en taverneen defaut Que suivre un capitaine à la bresche, àl’assaut, basselin, xix. || xvi" s. Le sort a de quoyouvrir cent bresches à la pauvreté au travers de nosrichesses, mont, i, 314. Je ne faisois bresche à cetbourse, id. i, 316. La muraille estoit si mauvaise,que cela fit )20 pas de toutte breche, d’aub. Ilist.m, 43. La place , qui ne valloit rien, fut attaquéeà demie breche et sur un commencement de parle-ment, id. ib. m, 250. Avant bresche raisonnable ilsdonnèrent en vain un premier assaut, id. ib. m, 250.

— ÉTYM . Picard, brèke; provenç. bercar, ébrécher ;espagn. brecha; ital. breccia; angl. breach; del’anc.haut-allem. brecha, action de briser, patois breke,chose rompue; suisse , breche, chute de pierrailles.Il y a aussi dans le kymri brég, rupture. Le xvi"siècle avait brecher, faire brèche.

BRÈCHE-DENT (brè-che-dan), adj. Qui a perduune ou plusieurs dents de devant. Cet enfant, cettepetite-fille est brèche-dent. || Substantivement. C’estun brèche-dent. C’est une brèche-dent. || Au plur.Des brèche-dent.

— ÉTYM . Brèche, dent.

BRECHET (bre-ché; le t no se lie pas dans leparler ordinaire), s.m. Nom donné à la crête sail-lante et longitudinale qui se trouve à la face externedu sternum des oiseaux. || Familièrement. Avoir malau brechet, avoir mal à l’estomac.

— HIST. xiv" s. La pointe du coustel lui entra encorps en la partie de son ventre, en lieu qu’on ditbruschet ou environ, du cange, brucus. Ce que l’ondit la poitrine d’un bœuf, l’en dit le brichet d’unmouton, Ménagiez, u, 4. ||xvi" s. Les os du bri-chet sont unis ensemble par symphyse , paré,IV , 43.

— ÉTYM. Angl . brisket, poitrine d’un animal ; dukymri brysced , brisket, même sens; bas-bret. bro-chet, poitrine: Breton de Vannes , brusk, estomacd’animal. D’après Ménage on prononçait brichet àParis .

f BRÉCHIFORME (bré-chi-for-m’), adj. Terme degéologie. Qui a la forme, l’apparence des dépôtstrouvés dans les brèches. Débris bréchiformes.

— ÉTYM . brèche et forme.

f BRÉCIN (bré sin), s. m. Terme de marine. Cor-dage pour hisser et amener une vergue. || Corde at-tachée à un croc, et servant à monter de la cale ouà y descendre divers petits objets. || On trouve aussibressin et bercin.

— ÉTYM . Roll. bras, brécin;angl. brace; allem.brassen ; island. bras.

f BRÉDA (bré-da), s. m. Terme de marine. Sortede palan court muni d’un croc.

f BRÉDALER (bre-da-lé), v. n. Faire du bruit enparlant du fuseau d’un rouet à filer, quand il estpercé d’un trop grand trou pour la broche.

— ÉTYM . Origine incertaine: le picard et le rou-chi ont berdaler. gronder entre ses dents, qui estsans doute le même que brédaler, e t peut-être a lemême radical que bredouiller.

BRE 413

BREDI-BREDA (bre-di-bre-da), toc. adverb . Avecprécipitation et confusion. Il nous a raconté toutcela bredi-breda. || Expression tout à fait fami-lière.

— HIST. xvi" s. Bredi-breda taribara, oudin.

— ÉTYM . Ce mot paraît être une onomatopéeburlesque.

BREDINDIN(bre-din-din), s.m. Terme de marine.Palan moyen dont on se sert pour enlever de mé-diocres fardeaux.

f BRÉDIR (bré-dii), v. a. Terme de métier. As-sembler deux pièces de cuir avec des lanières aulieu de fil.

— ÉTYM . Origine douteuse ; peut-être est-ce uneforme de brider.

t BRÉÜISSAGE (bré-di-sa-j’), s. ni. Action debrédir.

— ÉTYM- Brédir.

BRÉDISSCRE (bré-di-su-r’), s. f. Terme de méde-cine. Impossibilité d’écarter les mâchoires par l’adhé-rence de la partie interne des joues avec les gencives,à la suite d’ulcérations de ces parties.

— ÉTYM . Brédir.

f BREDOUILLAGE (bre-dou-lla-j’, U mouillées, etnon bre-dou-ya-g’), s. m. Paroles bredouillées. Laduc de Guiche se submergeait en bredouillages et enplongeons jusqu’à terre, st-simon, 609, 244.

— ÉTYM . Bredouiller.

BREDOUILLE (bre-dou-11’, Il mouillées, et nonbre-dou-y e) S s. f. || 1“ Terme du jeu de trictrac. Mar-que indiquant qu’on a pris de suite tous les pointsqui forment un trou ou tous les trous qui font iapartie, sans que l’adversaire ait marqué ou des poinlsou des trous. La bredouille des points se marqueavec un double jeton, quand l’adversaire a prisquelques points au début du trou ; et celle des trousavec un petit drapeau, quand l’adversaire a prisquelques trous au commencement de la partie.|| 2° L’avantage qui en résulte, qui est que les trousou la partie sont gagnés doubles. Petite, grandebredouille ; avoir la bredouille : être en bredouille.Gagner une partie bredouille. Être bredouille, per-dre la partie bredouille, être complètement battu,comme être capot au piquet; et figurément, revenir,sortir bredouille, c’est avoir fait une démarche sanssuccès, et en parlant des chasseurs, n’avoir rien tué.Bredouille, ainsi le diable s’en alla, piron, dans souconte de Dagobert. || Se coucher bredouille, se cou-cher sans souper. || Fig. Dire à quelqu’un deux motset une bredouille, ne pas lui dissimuler ce qu’on asur le cœur. Peu usité.

— HIST xvi" s. Bredouille, traduit par l’anglais lurch, cotgrave. Être en bredouille, être ivre, id.Ma petite bredouille, mon petit drôle, terme denourrice, id.

— ÉTYM . Sans doute mot que le trictrac a em-prunté à bredouiller.

BREDOUILLÉ, ÉE(bre-dou-llé, liée, il mouillées,et non bre-dou-yé), part, passé. Un discours bre-douillé.

BREDOUILLEMENT (bre-dou-lle-man, Il mouil-lées, et non bre-dou-ye-man), s. m. Action de bre-douiller. M. de Bailli vient de sortir; il vous faitcent mille bredouillements, mais de si bon cœur quevous devez lui en être obligée, sév. 482.

— ÉTYM . Bredouiller.

BREDOUILLER (bre-dou-Ué, U mouillées, et nonbre-dou-yé). || 1° V. n. Avoir une prononciation pré-cipitée et par cela même peu distincte. Mme de laBaroir bredouille d’une apoplexie ; elle fait pitié, sév.282 . Ces deux médecins de Molière , l’un qui allongeexcessivement les mots et l’autre qui bredouille, nelaissent pas d’observer également la quantité,d’oliv. Prosod. franc. || 2" V. a. Il me bredouillal’autre jour mille protestations, sév. 302. J’entendsThéodecte de l’antichambre; il grossit sa voix à me-sure qu’il s’approche.... il ne revient de ce grandfracas que pour bredouiller des vanités et des sottises,la bruy. 5. De plus en plus étourdis d’une scène siextraordinaire, ils bredouillèrent ce qu’ils purent,mais sans rien promettre, st-sim. 263, )4.

— ÉTYM. D’après Diez, de l’ancien français bre-dir, bresdir. hennir; provenç. braidir, crier, quiparaît être une dérivation de braire; étymologiedouteuse. Génin, Récréât, t. i, p. 280 , propose laparticule péjorative bre ou ber, et douille, gonflé,rebondi (si tost corne il entra en cloistre, Doullesde vin et eseaufés, du cange, doela); ce qui esttrès-hypothétique et explique bien mal le mot. Lefait est quelepicard et le rouchi ont berdeler, gron-der entre ses dents, qu’on dit encore en différents en-droits, et bredasse pour bredouilleur : de sorte qu’ilparaît y avoir eu un radical berd ou bred , sans