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Tome premier. A - C.
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v. hugo, Odes , il, 3. Cela me fait souvenir de cequ’on dit quelquefois : quand brave rencontre brave,brave demeure, sév. 697. || Familièrement et parplaisanterie, c’est un brave à trois poils, c’est unhomme d’une bravoure éprouvée. Locution venue dela forme de la moustache des raffinés d’honneursous Henri III et Henri IV . || Mon brave, locutionvulgaire qui se dit soit il un homme avec qui l’onest très-familier, soit à un homme inférieur deposition. Venez ici, mon brave. || 5° Assassin àgages. Il le fit assassiner par un brave qu’il paya.Peu usité (voy. bbavo 2).

— REM. 1. Un brave homme est un honnêtehomme ; un homme brave est un homme qui a dela bravoure. Cette distinction, qui est maintenantétablie par l’usage, ne l’était pas au xvn e siècle;et, comme on peut voir dans les exemples, Cor-neille a dit constamment un brave homme pour unhomme brave. Quant à braves gens, il a les deuxsens et signifie soit des hommes vaillants, soit deshommes bons et obligeants. || 2. Le sens de bon quebrave a dans: c’est un brave homme, est étendu,dans le Midi, à toutes sortes d’emplois qui sont vi-cieux : notre curé est fort brave, voilà de bravespoulets ; il faut dire : notre curé est un brave homme :ces poulets sont beaux. Un brave curé, c’est un curéqui est un excellent homme; un curé brave seraitun curé qui aurait de la bravoure.

— BIST, xvi* s. Il avoit donné preuve de sa suf-fizance en quelque brave et docte sujet, des ac-cords, Bigarrures, Avis au lecteur, p. I . Tenir ta-bles délicates, estre braves en accoustremens, calv.Inst. 881 . 11 est des morts braves et fortunées:je lui ay veu trencher le fil d’un progrez de mer-veilleux advancement, et dans la fleur de son croist,à quelqu’un, d’une fin si pompeuse, qu’à mon ad-vis, ses ambitieux et courageux desseins n’avoientrien de si hault que feut leur interruption, mont,i, 68. Donner dans la bresche, d’une brave asseu-rance, id. ix, 7 . J’aimerois mieulx une vie moinsbrave [aisée] et moins affaireuse, id. iv, 77. Il yavoit un barbier d’etuves qui estoit fort brave[fier], desper. Contes, xxxii. Cato adjousta à ceglorieux exploit une brave magnificence et haul-tesse de paroles, amyot, Caton, 28 .

— ÉTYM . Provenç. brau (féminin brava), dur,méchant, brave ;catal. brau; espagn. et ital. bravo;has-lat. bravus, sauvage. Le sens primitif est sau-vage, dur, fougueux, d’où on passe facilement ausens de vaillant, courageux. Mais d’où vient celuide beau, bien habillé? Sans doute de vaillant on estvenu à habile ( bravo en italien a cette acception),puis bon, beau, bien habillé. Cette acception estpurement française et prouve que le mot brave estvenu dans notre langue récemment de l’italien oude l’espagnol ; s’il était ancien, il y serait sous laforme brou, répondant au provençal brau. Diezexamine trois étymologies : 1° le latin pravus, mé-chant ; mais pravus a donné en provençal prau , etnon brau; 2 ° l’ancien haut-allemand raw, cru,d’où cruel, méchant, par l’épenthèse d’un b; éty-mologie insuffisamment appuyée ; 3° le kymri bravo,terreur, à laquelle Diez objecte que le sens de ter-reur ne se retrouve dans aucune langue romane.Aussi, admettant l’objection, on peut proposercomme quatrième conjecture le gaélique borb , cruel,barbare, hautain. Le bas-breton brao, beau, bienhabillé, vient du français . On a aussi indiqué le la-tin bravtum, brabïum, brabêum, du grec (Ipafoïov,prix de la victoire, récompense. Mais aucun inter-médiaire, dans les langues romanes, ne permet depasser du sens de prix de la victoire à brave, sur-tout dans sa signification primitive; puis l’accentdiffère dans brave et dans bravïum : deux raisonsqui ne permettent pas d’accueillir cette étymologie.

t BRAVE (bra-vé), sorte d’interjection dont on sesert, au théâtre Italien , pour applaudir deux ouplusieurs cantatrices.

— ÉTYM . Ital. brave, pluriel féminin de l’adjectifbravo (voy. bravo i).

BRAVÉ, ÉE (bra-vé, vée), part, passé. Bravé parson adversaire. Toutes ses menaces bravées et mé-prisées. Il semblait.... Que tous les Grecs bravés enleur ambassadeur, Dussent de son hymen releverla splendeur, rac. Androm. v, 3.

BRAVEMENT (bra-ve-man), adv. || 1° D’une ma-nière brave, vaillante. Il monta bravement à l’as-saut. || 2° Habilement, adroitement. Il s’est brave-ment tiré de cet embarras. N’ai-je pas bien servidans cette occasion? Dit l’âne en se donnant toutl’honneur de la chasse. — Oui, reprit le lion, c’estbravement crié, i.a font. Fables, n, 19.

— hist. xvi e s. Le peuple avoit grand despit de

BRA

l’ouir ainsi bravement [avec morgue] parler, amyot,Cor. 26 . S’armer et accoustrer bravement [riche-ment], id. Philop. 16 .

— ÉTYM. Bourguig. et lorrain , brâment, beaucoup ;mâconnais, broveman; Berry, brament; wallon ,brdmen, beaucoup; provenç. bravamens; catal.bravament; espagn. et ital. bravamente; de braveet le suffixe ment.

BRAVER (bra-vé), v. a. || 1” Faire le brave à l’é-gard de quelqu’un ou de quelque chose. Il bravaitdu regard son adversaire. Ils étaient prêts à bravertous les supplices. La force de la conscience estgrande, et ceux qui la bravent.... Braver les cha-leurs, les tempêtes. Quoi I viens-tu me braver jus-que dans mon palais? corn. Nicom. v, 10. Maispourrons-nous braver une reine en colère Avec cepeu de gens que m’a laissé mon frère? id. Rodog.ni, 2. Car enfin ce cruel que vous allez braver,Songez, quoi qu’il ait fait, songez qu’il est mon père,rac. Iphig. m, 6. Vous triomphez, cruelle, et bra-vez ma douleur, id. ib. n, 5. Ce Dieu que tu bra-vais à nos mains t’a livrée, id. Athal. v, 6. Fuis,traître, ne viens point braver ici ma haine, id. Phèd.iv, 2. Et bravant du démon l’impuissant artifice,id. Esth. Prol. Viens-tu du Dieu vivant braver la ma-jesté? id. Athal. n, 2. Tous les jours un homme....un vil esclave D’un front audacieux me dédaigne etme brave, rac. Esth. n, I. Vous bravez ma bontéqui vous était offerte, volt. Ah. v, 5. Il vient bra-ver les morts, il vient braver les dieux, id. Sémi-ram. v, 2. Cependant que mon front au Caucase pa-reil, Non content d’arrêter les rayons du soleil,Brave l’effort de la tempête, la font. Fabl . i, 22.Et qui veut bien mourir peut braver les malheurs,corn. Hor. ni, 6. Vous qui braviez pour moi tant depérils divers, rac. Androm. ni, 6. ]| Absolument.C’est peu pour lui de vaincre, il veut encor braver,corn. Hor. iv, 2. || 2“ Fig. Le latin dans les motsbrave l’honnêteté ; Mais le lecteur français veut êtrerespecté, boil. Art p. n. || 3° Se braver, v. réfl. Sedéfier, se provoquer l’un l’autre. Oronte et lui sesont tantôt bravés, mol. Mis. n, 7.

— HIST. xvi” s. Oyez braver ce pauvre et calami-teux animal [l’homme vantant sa condition], mont,ii , 209. Il sent mesmes passions que mon laquay,mais se brave sur ce qu’il contient au moins sa lan-gue, id. ii, 2H . Vous l’avez bravé, esmeude cholere;et vous l’allez rappaiser et flatter, en vostre froid etmeilleur sens, id. iv, i70. N’ayant aultre auditeurdes ses louanges, il se bravoit avecques sa cham-brière, id. iv, 174. Qu’elle aille la teste levée, bra-vant [se parant] de ma chaine, qu’elle se pare etattiffe de mes dépouillés, yver, p. 639. Estant con-trainct d’endurer que Tigranes ce pendant courustetpillastla Cappadocie, et que Mithridates de rechefbravast, amyot, Lucull. 70. Nous ne souhaitionsrien plus que de rencontrer ceux qui bravoient denous venir trouver, m. du bell. 603. Pourquoy tebraves-tu de cela qui n’est rien ? La beauté n’est quevent, la beauté n’est pas bien, rons. 267.

— ÉTYM . Brave; espagn. bravear; ital. bravare.

BRAVERIE (bra-ve-rie), s. f. Toilette, beaux ha-bits. Je tiens que la braverie, que l’ajustement estla chose qui réjouit le plus les filles, mol. Am. méd.i, I. Vite, qu’on les dépouille sur-le-champ.—Adieu,notre braverie! id. Préc. rid. 16. Une infinité deprésents, des pensions, des réparations de che-mins, quinze ou vingt grandes tables, un jeu con-tinuel, des bals éternels, des comédies trois fois lasemaine, une grande braverie, voilà les Etats, sév.à août 1671. || Il vieillit.

— hist. xvi e s. La braverie [action de braver] etla constance, moyens tout contraires [à la soumis-sion], mont, i, i. C’est une action plus de crainteque de braverie, id. m, HI . La braverie de son mar-cher, sa veue ferme et réglée, id. iv, 3. Refrenerla braverie insolente de la jeunesse, amyot, P.Æm.46. Son cheval effroyé du bruit et de la braverie desennemis, se tourna, id. Marcell. 8. Plus par brave-rie [bravade] que pour en tirer quelque advantaige,carl. ix, 39. Les richesses, estatz, honneurs et au-tres braveries de ce monde, l’Amant ressuscité, danslacurne ste-palaye. Elle n’espargne rien quand ilest question de ses habits, pompes et braveries,Dial, de tahureau, p. 10 , dans lacurne ste-palaye.

— ÉTYM . Brave. On a dit aussi bravelé dans lexvi e siècle.

f BRAVI (bra-vi). || 1° Sorte d’interjection qui sedit, au théâtre Italien , pour applaudir deux ou plu-sieurs chanteurs. || 2° S. m. plur. de bravo 2 .

— ÉTYM . Ital. bravi, pluriel masculin de l’adjec-tif bravo (voy. bravo i).

BRE

f BRAVISSIMO (bra-vi-ssi-mo), interject. Voy.bravo I.

I. BRAVO (bra-vo), interj. || 1°Expression dont onse sert pour applaudir; et, au superlatif, bravissimo.BravoI à merveille! bravissimo! || Bravo peut êtredéterminé par le nom ou la désignation de la per-sonne qu’on applaudit :bravo Martin; bravo la flûte;bravo le basson. J’arrive, on criait: bravo l’homme;Autre combat : taureau nouveau D’un coup de cornedans l’oreille Etend l’homme sur le carreau ; Avecune fureur pareille On cria : bravo le taureau, pons( de Verdun), Contes et Poésies, p. Il i. || 2 ° S.m.Approbation, applaudissements. On entendit un bravogénéral. Anglais .... Vos diplomates, vos chevaux,N’ont pas épuisé nos bravos, bêrang. Box. Elle en-tendit une foule idolâtre La poursuivre de ses bravos,id. Pauvre femme.

— REM. En français , on dit bravo pour toute per-sonne et toute chose, soit au singulier, soit au plu-riel, soit au masculin, soit au féminin. Brava,bravi, brave sont italiens, non francisés et employésavec prétention par les dilettantes.

— ÉTYM . Ital. bravo (voy. brave).

f 2 . BRAVO (bra-vo), s. m. Assassin à gages,coupe-jarret. || Au plur. Des bravi.

— ÉTYM . Ital. bravo (voy. brave).

BRAVOURE (bra-You-r’), s. f. || I e Courage à la

guerre. Il montra de la bravoure. || 2 e Au plur. Iro-niquement, actions de valeur. Il fatigue tout lemonde du récit de ses bravoures. || 3° Terme de mu-sique. Air de bravoure, air brillant destiné à fairevaloir la voix et l’habileté du chanteur. || Genre debravoure, celui qui est opposé au genre simple.

— ÉTYM . Ital. bravura, de bravo (voy. brave).

f BRAYE (brê), s. f. Fange, boue, terre grassedont on fait les murs de bauge, le corroi dont onenduit les bassins des fontaines et les chaussées desétangs. |! On trouve aussi broyé et brie.

— ÉTYM . Le même mot que brai.

BRAYE, ÉE (brè-ié, iée ), part, passé. Navirebrayé.

1. BRAYER (bra-ié), s. m. || I e Terme de chirur-gie. Bandage destiné àsoutenirune hernie. || 2°Termede fauconnerie. Le derrière d’un oiseau de proie.|| 3 e Morceau de cuir qui sert à soutenir le battantd’une cloche. || Espèce de collier de cuir pour porterune bannière. || Cordage dont les maçons se serventpour élever du moellon ou du mortier. || Petit mar-teau de fer qui sert aux balanciers des monnaies.

— HIST. xn e s. Tout [il] le pourfent de ci tantqu’au braier, Roncisv. p. 73. || xm e s. Un d’eus sivilement le conroie Que dou dos li trait tel corroie,Dont l’en poïst faire un braier, Ren. 19063. Nul gar-nement de ventre, de braieus ou de croupes, degorge.... Liv. des mét. 326. || xvi e s. II faut leur faireporter brayers et ligatures propres à telle disposi-tion, PARÉ, VI, 14.

— ÉTYM . Provenç. braguier, braier ; catal. bra-guer; bas-lat. bracarium; de bracca, braie (voy.braie).

2 . BRAYER (brè-ié), jebraye, tubrayes, ilbrayeou il braie,nous brayons, vous brayez,ils brayent ouils braient; je brayais, nous brayions, vous brayiez;je brayai; je brayerai ou braierai, ou brairai; jebrayerais ou braierais, ou brairais; braye, brayez;que je braye, que nous brayions; que je brayasse ;brayant ; brayé, ». a. Terme de marine. Brayer unvaisseau, y appliquer du brai et autres enduits.

— ÉTYM . lirai.

BRAYETTE (bra-iè-t’), s. f. Fente de devant d’unhaut-de-chausses, d’une culotte. Courtin s’applau-dit d’avoir sauvé sa montre et 60 pistoles, qu’il avaitfait, à temps, glisser dans sa brayette, st-sim. 127,162.

— HIST. xv e s. C’est un chasseur sans sa trompe,Sans braguette un lansquenet, bassel. 66. || xvi e s.J’ay inventé cest instrument, lequel est de fer blanc,de la figure d’une brayette, et contient environ unposson; il se doit mettre en la brayette du malade,

PARÉ, XXIII, 9.

— ÉTYM . Diminutif de braie (voy. ce mot) ; norrn.braguette, culotte; bourg, brayôte, pantalon.

BRAYON (bra-ion), s. m. Terme de vénerie. Piègepour prendre les bêtes puantes.

— hist. xiii* s. Renart i fu, si ot veüs, Le jordevant, deus las tenduz, Et un broion en terre en-clos, Ren. 1261 .

— ÉTYM . Ane. franc, broi (que si sont pris corneoiselet à broi, Gerarl de Vienne, 3693), qu’il fautrapprocher du provençal brets, de l’italien brete,piège à oiseau.

BRÉANT (bré-an) ou BRUANT (bru-an),s. m. Nomvulgaire de l ’embérize citrinelle, dite aussi verdon