Band 
Tome premier. A - C.
Seite
434
JPEG-Download
 

434

BRU

BRU

BRUNISSOIR (bru-ni-soir), s. m. Outil qui sertà brunir les ouvrages d’or et d’argent.

— ÉTYM . Brunir.

BRUNISSUKE (bru-ni-su-r’), s. f. || 1” Terme deteinturier. Action de brunir par la teinture lesnuances des étoffes. || 2“ Le poli d’un ouvrage qui aété bruni; l’art du brunisseur. || Terme-de véne-rie. Poli des têtes de cerf, lorsque l’animal les abrunies.

— étym. Brunir.

f BRUNITURE (bru-ni-tu-r’), s. f. Terme de tein-turier. Substance pour donner aux couleurs uneteinte plus foncée ; cette opération même.

— étym. Brunir.

f BRUNNICHIE (bru-nni-kie), s. f. Terme de bo-tanique. Sorte de liane.

f RR UNO IR (bru-noir), s. m. Sorte de merle ducap de Bonne-Espérance .

f BRUNONIE (bru-no-nie), s. f. Terme de botani-que. Genre de plantes de l’Australie .

f BRUNOYER (bru-no-ié), v. n. Avoir une teintebrunâtre, tirer sur le brun.

— hist. xiii* s. L’espée trait [il tire], dont liaciers burnoie, audefr. le bastard, Romancero,p. 30. || xvi' s. Il y avoit un pauvre chaudronnierqui cherchoit logis; mais pour ce qu’il bruneoit, ilne pouvoit voir de chemin, joint qu’il avoit negé,Moyen de parvenir, p. 389, dans lacurne sainte-

PALAYE.

— étym. Brun. Ce verbe est fait comme ver-doyer.

f BRUSC (hrusk), s. m. Nom vulgaire d’une es-pèce de bruyère.

— hist. xvi' s. Le romarin, le brusc, les ser-mens de vigne, le jenest, o. de serres, 486. Su-reaux, bouis, genevres, caddes, houx, bruscs ouhoussons, id. 786. Brusc autrement dit housson,ID. 968.

— ÉTYM . Provenç. brus , bruyère ; espagn. et ital.brusco; du latin ruscum, ruscus, fragon épineux.L’épenthèse du 6, ici manifeste, est un appui à l’o-pinion qui tire bruit de rugitus.

BRUSQUE (bru.-sk’), adj. || i' Qui a une rudessemêlée de promptitude. Homme brusque. Ton brus-que. Style brusque. Dans vos brusques chagrinsje ne puis rien comprendre, moliêre, Misan-thrope, i, i. Il a le repart brusque et l’accueil loup-garou, id. Fc. des maris, i, 6. On voit des gensbrusques, inquiets, qui, bien qu’oisifs et sans au-cune affaire qui les appelle ailleurs, vous expédient,pour ainsi dire, en peu de paroles et ne songentqu’à se dégager de vous, la bruy. 6. || 2°Soudain,que rien ne prépare. Brusque départ. Prenant debrusques résolutions. Une brusque repartie. Unebrusque attaque d’apoplexie. Quels sentiments con-traires Par un brusque passage ont fait dans votrecreur A la sécurité succéder la terreur? lemerc.Bruneh. n, 4.

— HIST. xvi' s. Et, pincetant sur les chanterellesde son luth obéissant une mesure plus brusque,poursuivit en ces termes, yvf,r, p. 626. Celuy qui aesté attainct au vif et deschiré d’une remonstrance,si on le laisse ainsi tout brusque, enflé et esmeude cholere, il est puis après difficile à remettre,amyot, Comment dise, le flatteur de l’ami, 63. Oncache dessoubs les couleurs brusques et mornes, etmet-on au dessus les guayes et claires, id. De latranq. d’âme, 3t. Petit vin, brusc, rude et aspre,paré, xxv, 27 . J’ay d’une ardante et brusque fan-taisie, Dès la mammelle, aimé la poésie, rons. 080 .Il est très brave et vaillant et brusq ; jamais il ne re-fusa combat, Brantôme, J. A. Doria. Cingar tenoitun voulge [sorte d’arme] en main, et sur le culavoit une large dague, faisant bien le brusc avec ungrand pennache qui voltigeoit sur son bonnet, etne regardant que de travers, merlin coccaïe, t. i,p. t76, dans lacurne sainte-palaye. Ainsi que lediamant brusque [non poli], pasquier, Rech. m,p. 259, dans LACURNE.

— ÉTYM . Espagn. et portug. brusco, de mauvaisehumeur, emporté; ital. brusco, aigre, âpre. Lemot est italien et d’origine incertaine. Diez y voitl’ancien haut-allemand brultisc , contracté en brutt’sc ,sombre, colère. D’autres le rapportent au celti-que : gaél. brisg ; kymri , brysg; bas-bret. bresg,vif, prompt. Enfin on peut croire qu’il est d’originelatine et que, tenant à bruscolo, brin de paille,brusca, brosse, bruscia, épine, broussailles, il serapporte à brusco (voy. brusc); le sens du radicalserait piquant, d’où brusco, aigre, âpre.

BRUSQUE, ÉE (bru-ské, skée), part, passé.|| l'Rudoyé. Cet employé brusqué par son supérieur.|| 2° Pressé, hâté. Une aventure brusquée.

BRU

BRUSQUEMBILLE (bru-skan-bi-lT, Il mouillées),

s. f. Jeu de cartes qui peut se jouer à deux,trois, quatre ou cinq personnes. || Ace jeu, nom desas ou des dix. L’as est la brusquembille supérieure.

— Étym. Mot qui paraît formé de brusque parquelque dérivation plaisante. Il y a eu un comédienbouffon du nom de Bruscambille , Hist. du Th. fr.

t. iv. p. (37.

BRUSQUEMENT (bru-ske-man), adv. D’une ma-nière brusque. Il lit, et se tournant brusquementpar la place.... Régnier, Sat. vin. Je lançai un peutrop brusquement mon foudre contre un philoso-phe, d’ablancourt, Lucien, t. i, dans richelet.

|| Charger brusquement l’ennemi, le charger sansqu’il ait le temps de se reconnaître.

— hist. xvi* s. Le quel brusquement entrant,rab. Vaut, m, 43. Voy-tu cestuy-là qui se promenesi brusquement? desper. Cymbal. too.

— ÉTYM . Brusque, et le suffixe ment.

4. BRUSQUER (bru-ské), v. a. || 1° Avoir, à l’égardde quelqu’un, un langage brusque, un ton brusque.Pour peu que j’eusse parlé, je n’aurais pu m’em-pêcher de le brusquer, montesq. Lett. pers. 48. Lesministres du roi (Sully entre les autres) ne furentpoint d’avis qu’on brusquât ce jeune imprudent,anquetil. Ligue, m, 470. On ne saurait lui direune parole qu’il n’éclate tout d’un coup et qu’il nevous brusque sans modération et sans ménagement,bourd. Pensées, t. n, p. 240. || Absolument. Il sem-ble toujours commander et brusquer, dider. S. I.caract. || 2“ Presser, hâter. C’était le moment debrusquer l’entreprise. Brusquer la victoire. || Brus-quer la fortune, chercher fortune et principalementla chercher par des moyens prompts et hasardeux.En différents pays j’ai brusqué la fortune, Sans queTon ait de moi reçu nouvelle aucune, regnard,Ménechmes, i, 2 . Ce furent les Anglais et les Hol-landais qui brusquèrent fortune, des font. Mém.de Trév. 4724. || Brusquer une affaire, la faire viteet avec peu d’examen. J’avais un voyage en tête àbrusquer dont je parlerai tout à l’heure, st-sim. 44,222 . || Familièrement. Brusquer l’aventure, prendrebrusquement son parti, au hasard de ce qui peutarriver. || Terme de théâtre. Brusquer un dénoû-ment, l’amener sans préparation. || Terme militaire.Brusquer une place de guerre, essayer de l’empor-ter par un coup de main. || 3° Surprendre en vio-lentant. Nous avons, pour ainsi dire, brusqué lanature en amenant dans nos climats des chevauxd’Afrique ou d’Asie , nous avons rendu méconnaissa-bles les races primitives de France , buff. Cheval.|| Brusquer les dés, jeter les dés vivement et toutd’un coup. Le joueur qui pouvait, par un art illi-cite, flatter ou brusquer les dés selon l’occasion,montesq. Correspondance, 4.

— HIST. xvi's. Il se trouva 200 italiens etc.tuez,

qui s’escartoient par les villaiges deçà de-là, brus-quant fortune et leurs commoditez, par trouppes,carl. v, 6.

— Étym. Brusque; Berry, bruquer, heurter, cho-quer. Dans l’historique, brusquer nie sens de cher-cher, proprement aller par les broussailles; ce quitend à confirmer l’étymoiogie latine indiquée pourl’italien brusco (voy. brusque). Bouhours remarqueque l’emploi de brusquer dans le sens de rudoyer estrécent, et que sans doute, du discours familier, ilne tardera pas à passer dans les livres; cela est eneffet arrivé.

f 2. BRUSQUER (bru-ské), u. a. || 1°Terme de ma-rine. Chauffer un navire pour le caréner. || 2° Termede cuisine. Brusquer une volaille, la passer à laflamme après l’avoir plumée. || On dit aujourd’huiplus souvent la flamber.

— ÉTYM . Ane. catal. bruscar, passer à la flamme ;ital. bruscare, de brusco, brusc (voy. brusc), brous-saille, à cause de la flambée que Ton fait avec lesbroussailles; étymologie qui vient en confirmationde celle qui a été donnée pour brusque.

BRUSQUERIE (bru-ske-ri e), s. f. || 1'Caractèred’une personne ou d’une chose brusque. || 2° Ac-tion, discours brusque et offensant. Le maréchal deJoyeuse, qui ne se communiquait à personne et àqui il échappait des brusqueries fréquentes, st-sim.29, 83.

— ÉTYM . Brusquer.

f BRUSQUET, ETTE (bru-skè, skè-t’), adj. Un peubrusque. || Substantivement, nom de chien. Et votrepetit chien Brusquet, gronde-t-il toujours aussi fort,et mord-il toujours bien aux jambes les gens quivont chez vous? mol. Festin, iv, 3. || Proverbe. X brus-quin brusquet, c’est-à-dire, à celui qui parle d’unemanière désobligeante, on répond sur un ton sem-blable. || Aussi chanceux que le chien à Brusquet, se

dit d’une personne à qui rien ne réussit; le chiende Brusquet n’alla qu’une fois au bois, et le loup lemangea.

— étym. Diminutif de brusque.

t BRUSSOLES (bru-so-T), s. f. plur. Terme decuisine. Sorte de farce ou de ragoût.

— ÉTYM . C’est peut-être, avec un b épenthétiquoune forme de rissole, autrefois roissole.

BRUT, BRUTE (brut’, bru-t’; le t se prononceau masculin, même devant un mot commençantpar une consonne; il se prononce aussi au pluriel ;des esprits brut’), adj. || 1° Qui n’a rien que de gros-sier et d’informe, en parlant des animaux. De tousles quadrupèdes, le cochon parait être l’animal leplus brut, buff. Cochon. C’est ainsi que devaientnaître [de la terre et de l’eau] ces âmes vivantesd’une vie brute et bestiale [les bêtes], boss. Hist. n,4.

|| 2° Fig. Sans culture, sans éducation, sans poli-tesse. Un homme, un caractère brut. || Familière-ment. C’est une bête brute, une personne stupide.|| 3° Qui est dans son premier état, avant toute main-d’œuvre. Matière brute. Vous avez merveilleuse-ment bien taillé et admirablement mis en œuvreces pierres que je vous avais envoyées toutes brutes,voit. Lett. ( 26 . Nous avons encore du plaisir, lors-que nous voyons un lieu brut et champêtre, mon-tesq. Goût, Cur. || Terrain brut, terrain qui n’a pasencore été cultivé. || Fig L’éducation qui d’ordinairedans les autres hommes embellit ou cultive un fondsencore brut ou ingrat.... mass. Villeroy. {| En termesd’histoire naturelle, corps bruts, les minéraux, paropposition aux corps organisés (végétaux et ani-maux), || 4“ Terme de finance, d’agriculture, d’ex-ploitation, etc. Produit brut, la totalité d’un produitavant la déduction des frais. || Recette brute d’unspectacle, d’un concert, tout ce qui a été reçu àl’entrée de la salle. || 5° Qui n’est qu’à l’état d’é-bauche. Cette statue est encore brute. || 6° Patentebrute, voy. patente. |j 7° S. m. Cela nous prouveque la nature ne tend pas à faire du brut, mais del’organique, buff. Animaux reprod. || 8" Adverbia-lement. Ce boucaut de sucre pèse brut cent kilo-grammes, c’est-à-dire en comprenant dans le poidsle fût et l’emballage.

— rf.m. Plusieurs bons auteurs ont écrit, avec une final, brute au masculin comme au féminin. Quelui reviendrait-il de ces brutes ouvrages ? volt. Dela liberté. Moi! complaire à ce peuple, aux mons-tres de Scythie, A ces brutes humains pétris de bar-barie! id. Scyth . v, 4. Il n’y a aucune raison pourne pas imiter, en poésie, cet exemple.

— HIST. xiv' s. Il souffri que l’en li bailla le sour-nom de Brutus, pour ce que il se portoit à guised’une beste brute, bercheure, P 20 , recto. || xvi' s.Les choses estoient encore brutes et très incertai-nes.... Mém. s. Du G. ch. (9. J’ay veu aultrefoisparmy nous des hommes amenez par mer de loing-tain païs, desquels parce que nous n’entendionsaulcunement le langage.... qui de nous ne les esti-moit et sauvages et brutes! mont, ii, 4 78. Le capi-taine de Tille d’Ischie advertit par trois volées decanon que la mer estait brute; ils usent de ces motspour dire qu’il y a des corsaires en mer, Brantôme,Cap. estrang. t. n, p. 62 , dans lacurne.

— ÉTYM . Provenç. brut; espagn. et ital. bruto,brute, et brutto, laid; du latin brutus, lourd, pe-sant, stupide.

BRUTAL, ALE (bru-tal, ta-1’), adj. || 1“ Tenantde la brute. Il y a tant de gens qui se laissent en-traîner à leurs appétits brutaux, descartes. Lespauvres.... au fond de leurs demeures champê-tres, vivant au gré d’un instinct brutal et à peineencore hommes, mass. Tillars. || 2 e Grossier, vio-lent, en parlant des personnes ou des choses. Leurbrutale vertu veut qu’on s’estime heureux.... corn.Hor. iv, 4. Tel porte jusqu’aux cieux leur vertu sanségale, Et tel l’ose nommer sacrilège et brutale, id.Hor. m, 2. Il fallut satisfaire à son brutal désir, id.Rodog. u, 3. Apprenez en deux mots leur brutale in-solence, id. Poly. m, 2 . Qui io pourrait croire, sil’expérience ne nous faisait voir qu’une erreur sistupide et si brutale [l’idolâtrie] n’était pas seulementla plus universelle mais encore la plus enracinée et laplus incorrigible parmi les hommes? boss. Hist. n, 3 -Ils se sont laissés aller à des actions brutales, id. Loide Dieu. Qu’en un lâche silence Phèdre enseveliraitta brutale insolence, rac. Phèd. iv, 2. Dites-lui [auroi] que, toute la nuit, ses satellites étrangers, gor-gés d’or et de vin, ont prédit, dans leurs chants im-pies, l’asservissement de la France , et que leursvœux brutaux invoquaient la destruction de l’Assem-blée nationale, mirab. CoM. t. i, p. 323. Nos brutalesperfidies, malh. iii, 2 . Ce n’était pas de ces con-