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quérants brutaux et avares qui ne respirent que lepillage, boss. Ilist. m, 6. j| 3° S. m. Bête. Sauve-moi des lions, sauve-moi des licornes, Et de tousles brutaux pleins de rage et d’erreur, rac. Psaum. 2 t.Inusité aujourd’hui en ce sens. || Celui qui a uneviolence grossière, qui est livré à des passions bru-tales, qui manque de savoir-vivre. Je ne serais passurpris de l’extrême vaillance d’un brutal qui neconnaît ni le plaisir ni les douleurs, méré, dans bou-hours, Nouv. Rem. La licence effrénée de ces bru-taux avait rendu le nom des Macédoniens odieux,vaugel. dans bouhoürs, ib. La fortune avec toutesa puissance ne pourra jamais apprivoiser un bru-tal et polir la rudesse des mœurs, balz. dans bou-hours, ib. La conquête de l’Egypte se fit par Cam-byse; ce brutal ne survécut guère à Smerdis , sonfrère, qu’un songe ambigu lui fit tuer en secret,boss. llisl. i, 8. || Populairement, homme qui bat,qui maltraite. || En langage de soldat, le brutal sedit pour le canon.
— HIST. xvi* s. Nous sommes acharnés à une viebrutale, laquelle est pire que mille morts, calv. 235.Si on demande aux plus idiots, voire aux plus bru-taux du monde, pourquoi c’est qu’ils vivent, ils n’o-seront pas simplement dire que ce soit pour boireet manger et dormir, id. 235. On ne peut pas dis-cerner en quoi différé l’ame de l’homme d’une amebrutale, id. Inst. 464 . Quelle brutale stupidité!mont. 1, 72 . L’ivrongnerie, entre les aultres, mesemble un vice grossier et brutal, id. ii, 42. Touthomme noble doit tant faire en ses jours que sonnom ne se passe point en silence, comme le nomdes brutaux [bêtes], fabri, Art de rhét. liv. 1 , f“ 81 ,dans lacurne.
— ÉTVM. Brut; provenç. et espagn. brûlai; ital.brutale.
BRUTALEMENT (bru-ta-le-man), adv. Avec bru-talité. Qui hait brutalement permet tout à sa haine,corn. Perthar. 1, 2. Reprenez tout ce sang de qui lalâcheté A si brutalement souillé la pureté, id. H or.v, i. Agamemnon déclare brutalement qu’il aimeautant Briséis que son épouse parce qu’elle faitd’aussi beaux ouvrages, chateaub. Génie, 11,11,12.
— HIST. xvi* s. Vray est que telles gens arguenttrop brutalement, ou plustost abusent de l’ignorancedes hommes, calv. Inst. 23.
— ÉTYM . Brutale, et le suffixe ment.
BRUTALISÉ, ÉE (bru-ta-li-zé, zée), part, passé.
Maltraité. Cet apprenti brutalisé par son maître.
BRUTALISER (bru-ta-li-zé), v. a. Traiter quel-qu’un durement, grossièrement. Si l’on vous bruta-lise, est-ce ma faute à moi? regnakd, Mènechmes,11 , 6. || Mot du langage familier.
BRUTALITÉ (bru-ta-li-té), s. f. || 1° Caractère deia brute. Ils ne vivent pas comme des hommes, mais«tomme des bêtes, en se laissant conduire à la bruta-Vé de leurs appétits, bouhours, Nouv. rem. Espritlâche et grossier, quelle brutalité Te fait juger enmoi tant de crédulité? corneille, Héracl. iv, 0. Unhomme qui, avec une impétuosité de prévention,une raideur de confiance, une brutalité de senscommun et de raison, donne au travers des purga-tions et des saignées, mol. Mal. imag. m, 3. || 2°Fé-rocité, violence. C’est gloire de passer pour un cœurabattu Quand la brutalité fait la haute vertu, corn.Bor. iv, 4. || 3° Passion brutale. Assouvir sa bruta-lité. Quand Dieu voulut sauver la ville de Béthulie,il tendit, dans la beauté de Judith, un piège im-prévu et inévitable à l’aveugle brutalité d’Holo-pherne, boss. Reine d’Angl . |] 4° Grossièreté, man-que de savoir-vivre, de politesse. Il faut avouer,disait Tune d’entre elles, que les hommes d’aujour-d’hui sont bien différents de ceux que nous voyionsdans notre jeunesse; ils étaient polis, gracieux,complaisants; mais aujourd’hui je les trouve d’unebrutalité insupportable, montesq. Lettres pers. 69 .Il 5° Action brutale. Combien de fois entreprit-ild’arrêter les efforts des ministres de l’impiété et lesbrutalités d’un peuple barbare par les seules armesde l’Evangile , qui sont la douceur, la patience etla charité? flëch. Panég. 11 , p. 307 . || Parole dure.Je suis las d’endurer ses brutalités.
— HIST. xvi” s. Ils trouveront là mille sentences,lesquelles pour le moins resveilleront leur brutalité,calv. Inst. 44.
— étym. Brutal; ital. hrutalità.
BRUTE (bru-t’), s. f. La bête considérée dans cequ’elle a de plus éloigné de l’homme. || C’est unebrute, se dit d’un homme qui n’a ni esprit ni raison.Peut-être eût-il passé pour une brute jusqu'à l’âgede raison, j. 1. rouss. Ém. n.
BRU
f BRUTIER (bru-tié), s. m. Oiseau de proie, quequelques naturalistes ne croient pas différent du bu-tor, et qui ne peut être dressé pour la chasse.
t BRUTIFIER (bru-ti-fié), v. a. Abrutir. || Il nes’écrit point, et ne se dit que dans le langage le plusfamilier.
— ÉTYM . Brut, et le suffixe fier, dérivé de facere,faire.
| BRUTUS (bru-tus'), s. m. Un brutus, se dit d’unrépublicain, en bonne et en mauvaise part.
— ÉTYM. Brutus , celui qui fut un des fondateursde la république romaine et qui feignit d’être stu-pide (brutus) (voy. brut); et aussi le second Bru-tus , celui qui fut parmi les meurtriers de César.
BRUYAMMENT (bru-ia-man; plusieurs disentbrui-ia-man), adv. Avec grand bruit. Louis, voicile temps de respirer les roses Et d’ouvrir bruyam-ment les vitres longtemps closes, v. hugo, Voix in-tér. xiv.
— HIST. xvi* s. Endormy des eaux roulantesBruyantement doux coulantes, Poésies de jaq. ta-hüreau, p. 243, dans LACURNE.
— ÉTYM . Bruyant, et le suffixe ment.
I. BRUYANT, ANTE (bru-ian, ian-t’; plusieursdisentbrui-ian), adj. || 1” Qui faitdubruit. Musiquebruyante. Agrippine jouit de leur bruyant hommage,m. J. chén. Tib. 1, 4 . Ainsi, bruyante abeille, au re-tour du matin, Je vais changer en miel les délices duthym, a. chén. Élêg.i. Loin de ce médisant infâme,Qui de l’imposture et du blâme Est l’impur et bruyantécho, gresset, Chartreuse. Il Terme de chasse. Volbruyant, se dit du vol de la colombe. || 2“ Où il sefait du bruit.J’ai fui la ville aux muses si con-
traire; Sur les pavés poudreux d’un bruyant carre-four Les poétiques fleurs n’ont jamais vu le jour, a.chén. Élég. 14 . Fuyons leurs dieux, leurs mœurs etleurs bruyantes villes, volt. Minos , m, 4. || Unhomme bruyant, un homme qui parle beaucoup ouqui parle d’une voix retentissante. Tous ces galantsde cour dont les femmes sont folles, Sont bruyantsdans leurs faits et vain9 dans leurs paroles, mol.Tartufe, m, 3. C’est un des bons convives que nousayons; son humeur est douce et vive, sa gaietén’est point bruyante, volt. l’Homme aux 40 émus,Grande querelle.
— HIST. xiii* s. Et li bruiant [les torrents] de fe-lenie metroblerent; ce furent li Jui, qui, ausi commeaigue rade, couroient entour, Psautier, f° 23. Et co-mencierent à gieter grosses pierres et bruians quiconfondoient quanques elles ataignoient, Chron. deBains, 37. De l’ost s’en est issus tout soavet am-biant, Tout selon la riviere qui moult estait bruiant,Ch. d’Anl. ni, 032. || xiv* s. Il furent si espris dutonnoirre bruiant, Guescl. 10433. || xv* s. Une trèsbelle, gente et jeune dame, et du quartier du paysoù elle se tenoit, la plus bruyante, la plus mignonneet plus renommée, louis xi, Nouv. lxxxi. || xvi* s. Lediable vostre ennemi circuit comme un lyon bruyant,cerchant quelcun à devorer, calv. Instit. 416.
— ÉTYM . Participe présent du verbe bruire.
f2. BRUYANT (bru-ian), s. m. Un des noms vul-gaires du bruantr jaune. || Bruyant-verdier, un desnoms vulgaires du bruant commun.
BRUYÈRE (bru-iê-r’; plusieurs disent brui-iê-r’),s. f. || i* Terme de botanique. Genre nombreux de lafamille des éricacées. Les bruyères sont des arbris-seaux communs dans les montagnes et sur les terresincultes. Les bruyères ont un feuillage toujours vert.|| 2° Lieux, landes où croît la bruyère. Ombre vaineet semblable à la vapeur légère Qu’on voit au grédes vents errer sur la bruyère, ducis, Oscar, 1 , 2 .|| 3“ Terre de bruyère, espèce de terre formée parla décomposition des bruyères dans la couche su-perficielle du sol, et employée par les jardiniers à laculture de plusieurs plantes délicates. || Plantesde bruyère, plantes qui ne viennent que dans laterre de bruyère. || 4* Coq de bruyère, oiseau quivit dans les bruyères et qui appartient au genre té-tras. Le dînervient; ia délicate chère, L’oiseau duPhase et le coq de bruyère, De vingt ragoûts l’ap-prêt délicieux Charment le nez, le palais et les yeux,volt. Pue. 1.
— IIIST. xii* s. Qui tute lur larreit en bandun lariviere, De porcs et deberbiz voidreient [videraient]labruiere, Th. le mart. 4 64. || xm”s. Nient plusqu’en prés fleuris semble gaste bruiere, Berte, xii.Moût [nous] sommes en bel pré mis de pauvrebruiere, ib. exxx. Lor anemis estaient près d’ans[d’eux], dejouste une bruiere, ii. de valenc. vi. Parun matin d’un vendredi Issi Renart de sa tesniere,Si s’eslessa par la bruiere, Ben- 43000. || xvi* s.
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Les premiers mettaient pied à terre dans la bruereet menoient leurs chevaux par la bride, d’aub.Hist. Il, 294 .
— ÉTYM . Berry, bruere, breu, bru, bruée, be-rnée, beruère; picard, brevière; catal. bruguera;ital. brughiera; milanais, brug; génois, brügo ;bas-lat. brugaria; du celtique tkymri, brwg, buis-son ; bas-bret. bruk, brug, brugen; gaél. fraoch.
t BRYACÉ, ÉE (bri-a-sé, sée), adj. Terme de bo-tanique. Qui a rapport aux mousses. || it.f.plur. Lesbryacées, plantes du genre des mousses, qui vien-nent sur le chêne.
— étym. Bryon.
f BRYOÏDES (bri-o-i-d 1 ), s. f. plur. Le même quules bryacées.
— ÉTYM . Bryon, et eTôoç, forme.
f BRYOLOGIE (bri-o-lo-jie), s. f. Partie de la bo-tanique qui traite de la classe des mousses et hépa-tiques (muscinées).
— ÉTYM . Bpvov, mousse, etXôyo;, traité.
BRYON (bri-on), ». m. Mousse qui s’attache à l’é-corce des arbres.
BRYONE (bri-o-n’), s. f. Terme de botanique.Plante de la famille des cucurbitacées (bryonia dioi-ca, L.). À trop forte dose la bryone agit comme lespoisons végétaux âcres.
•f BRYONINE(bri-o-ni-n’), ». f. Terme de chimie.Principe trouvé dans la bryone.
fBRYOPHILE (bri-o-fi-1’), adj. Terme de botani-que. Se dit des végétaux qui se plaisent parmi ousous les mousses.
— ÉTYM . Bpvov, mousse, et <pîXoç, ami.
BU, BUE (bu, bue), part, passé du. verbe boire.Le vin tiré et bu. || Santé bue, coup bu en l’hon-neur d’une personne. Ne croyez pas que votre santénesoit point bue ici, sév. 76. || Fig. Il a toute hontebue, il n’a honte de rien. || Trop bu, s. m. Sorte dedroit sur les boissons.
t BUADE (bu-a-d’), s. f. Terme de manège.Mors à longues branches droites.
BUANDERIE (bu-an-de-rie), s. f. Lieu où l’onfait la buée, la lessive.
— HIST. xvi* s. Fournil, buanderie, garde man-ger.... O. DE SERRES, 20.
BUANDIER, 1ÈRE (bu-an-dié, diê-r’), ». m. et f.Celui, celle qui fait le premier blanchiment destoiles neuves. || Buandière, la femme chargée deslessives dans les grands établissements.
— HIST. xvi* s. Tu laves ta lessive, dit l’eve«que?es-tu devenu buandier? est-ce l’estât d’un prestre?desper. Contes, 36 .
BUBALE (bu-ba-1’), s. m. Terme d’histoire natu-relle. Nom vulgaire de l’antilope bubale.
— ÉTYM . Bubalus, de flovëaXo;.
BUBE (bu-b’), ». f. Bouton, ampoule qui vientsur la peau.
— HIST. xm* s. Et s'el n’a mains beles et netesOu de sirons ou de bubetes, Gart que lessier ne lesi vueille, Face les oster à l’agueille, la Rose, 4 3628.Ou ses mains en ses gans repoingne [ qu’il mette] ;Si n’i perra [paraîtra] bube ne roingne, ib. 4 3532.|| xvi* s. La cause de ces hydropisies est l’imbecil-lité des facultés, principalement alteratrice et con-coctrice du foye, provenante des petites bubespleines d’eau qui s’engendrent en la membrane quil’enveloppe, paré, vi, 44. Ces oignons prohibentqu’il ne se procrée bubes ou vessies, id. x, 9. Lecerveau n’est fait de sang comme les autres bubes[bulles, ampoules fœtales] et autres parties, id.xvni, 40. Faisant eslever petites bubes d’eau commeperles, m. Mum. et Lie. Dédie.
— ÉTYM . Provenç. buba; espagn. buba et bua;portug . bouba; mot tiré de bubon (voy. ce mot).
BUBON (bu-bon), s. m. ferme de médecine. Tu-meur inflammatoire, siégeant dans les ganglionslymphatiques sous-cutanés. || Bubon sympathique,bubon produit par l’irritation qui, d’une partie en-flammée ou ulcérée, s’est propagée jusqu’aux gan-glions lymphatiques. || Bubon pestilentiel, bubonqui est un des phénomènes de la peste d’Orient.|| Bubon scrofuleux, bubon dû à une irritation scro-fuleuse. || Bubon syphilitique, bubon causé par l’in-fection syphilitique.
— HIST. xvi* s. Bubo, ainsi nommé parce que lesapostumes qui viennent es cavités des aines et ais-celles des malades, y sont cachées, comme le hiboues creux des arbres, paré, Introd. 2t. Il chasse le-dit virus aux aisnes, et fait apostemes appellées bu-bons, vulgairement poulains, id. xvi, 2 .