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Tome premier. A - C.
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je ferais un gros volume des miennes ; mais je meconsole en parcourant les butorderies de cet uni-vers, volt. Lett. d’Argentai. 15 oct. 1754.

— ÉTYM . Butor.

■j BUTTAGE (bu-ta-j’), s.m. Terme de jardinage.Action d’accumuler la terre au pied d’une plante.|| 2° Terme d’agriculture. Action de mettre la terreen buttes. || Binage.

BUTTE (l)u-t’), s. f. || 1' Petit tertre. Monter surune butte. La butte de Montmartre. || 2° Massif deterre où Ton place le but pour tirer et viser. La buttedu polygone pour le tir de l’artillerie. || Poudre debutte, s’est dit pour poudre servant aux exercices dutir. || 3° Fig. Ils n’ont du mouvement ni des yeuxque pour vous, Seul la butte, l’objet et l’estime detous, roth. Bélis. i, l. Le pauvre Brutus eût été labutte de toutes les pointes de son temps, balz. liv.vin, lett. 41. Qu’ils soient au lieu de moi, le restede leurs ans, La butte du mépris dont ils m’ont faitla proie, racan, Psaume 34. Il me donne pour butteaux jugements divers, Régnier, Sat. xii. || Être enbutte à, exposé à. Aux plus âpres tourments unchrétien est en butte, corn. Poly. i, t. Auteur desmaux de tous, il est à tous en butte, in. Pomp. i, t.A quels nouveaux malheurs m’expose-t-elle en butte ?id. Héracl. iv, 4. J’étais en butte à tous les soins,sEv. 449. Je suis en butte à tout le monde, in. 95. EtTon t’y voit partout être en butte à ses traits, mol.F. sav. iii, 5 . Votre fils sera mis en butte aux con-tradictions , boss. Comp. a. Sur tout autre toujoursvotre art me persécute; Vous m’entreprenez seul,seul je vous suis en butte, rotr. Antig. v, 5. Et moitoujours en butte à de nouveaux dangers, rac. Iphig.il, I. Cet illustre affligé ne veut pas dans sa chuteLaisser à tant de maux tant de peuples en butte,brébeuf , Pharsale, vii. Je suis bien las d’être enbutte aux discours des hommes, volt. Lett. üami-laville, 30 mai I7G5. || 4 ° Jeu des chevaliers de l’ar-quebuse.

— HIST. xiv" s. Et mettez vostre huant [chat-huant] sur une bute assez haute, et doit estre surun baston fourcé, Modus, f° cxxvn. || xvi* s. Amoura faict de mon cœur une bute, marot, i, 329. Ilfaut qu’une veue ayt butte pour la soustenir à rai-sonnable distance, mont, i, 2t. Aux canonades de-puis qu’on leur est planté en butte.... id. i, 49.Combien ceste nostre alaigresse est en butte à lamortl id. i, 70. Les rois sont trop esclairez ettrop en butte [pour être heureux], id. i, 332.Accidents auxquels chascun de nous est en butepar une naturelle suhjection, id. i, 400. Iln’estani-mal au monde en butte de tant d’offensesque l’homme,id. ii, 17t. Quand ils se desrobberont à l’humainejustice, ils demeurent tousjoursen butte à la divine,id. ii, 304. La chasse, la paulme, la bute, id. ii,358. Viser à leur plaire ? c’est une butte qui n’a nyforme ny prinse, id. iii, 18. Les archers prennentleur visée grand espace au dessus de la bute, 10 . i,151. Fabius eut le soing de sçavoir ce qui seferoit,non par le rapport d’aucuns messagers, ains par leveoir luy mesme à l’œil de dessus une butte qui es-tait au devant de son camp, amyot, Fab. 25. Qu’ilse donnast bien garde d’aller exposer en butte sonarmée pesante et chargée de harnois à un si grandnombre de gens de cheval tous archers en pleine

campagne, id. Anton. 62 .desquelles pièces on

buttera comme en butte dedans son camp, carl. v,25. Il me dit, que de son vivant il ne se mettraitjamais en butte pour se faire becqueter des envieux....je m’expose maintenant à la butte qu’il refusapour lors, paré, Licorne , 18 . Et s’il faut qu’à touscoups, comme insensé, je soye De ce petit amouret la butte et la proye? rons. 788.

— ÉTYM . Autre forme de but. But et butte ontété longtemps confondus; ils ne différent, en effet,comme mots, que parce que l’un est masculin etl’autre féminin.

BUTTÉ, ÉE (bu-té, tée), part, passé. Plantes but-tées, plantes au pied desquelles on a accumulé dela terre. || Terres buttées, terres amassées en petitesbuttes. || Terme de chasse. Chien butté, chien quia l’articulation de la jambe grosse.

BUTTÉE (bu-tée), s. f. Terme de maçonnerie.Massif de pierre construit sur chacune des deux ri-ves que joint un pont, pour résister à la pousséedes arches. || En général, tout massif de pierre des-tiné à recevoir une poussée.

— ÉTYM . Butter.

BUTTER (bu-té), o. a. || 1” Terme de jardinage.Ameublir la terre en pyramide autour du pied d’uneplante. Butter des artichauts. [Après avoir planté

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les grands arbres] il est bon de les trépigner etmême de les butter, pour les assurer contre l’im-pétuosité du vent, laquintinye, Jardins, i, 3, 8.|| Terme d’agriculture. Butter des terres, faire de pe-tites buttes pour l’écoulement des eaux. || 2° En par-lant du cheval, heurter avec les pieds, en mar-chant, les corps saillants qui se trouvent sur aonchemin. Cheval sujet à butter. || En général, achop-per. Ce vieillard butta contre une pierre et tomba.|| On écrit aussi buter.

— ÉTYM . Autre forme de bouter, pousser, heur-ter.

f i. BITTTOIR (bu-toir), s. m. Petite charrue sansavant-train, à deux versoirs, employée au buttagedes plantes disposées en ligne.

— ÉTYM . Butter.

f 2 . BUTTOIR (bu-toir), s. m. Saillie contre la-quelle s’appuie une partie mobile d’une machine.

— ÉTYM . Butter.

fBUTTURE (bu-tu-r’), s. f. Terme de chasse. Tu-meur qui survient à la jointure du pied d’un chienet qui le rend boiteux. || On écrit aussi buture.

— ÉTYM . Butte.

f BUTYRACÉ, ÉE (bu-ti-ra-sé, sée), adj. Termedidactique. Qui a la consistance du beurre.

— ÉTYM. Le latin butyrum , beurre (voy. beurre.)

f BUTYRATE (bu-ti-ra-t), s. m. Terme de chi-mie. Nom des sels formés avec l’acide butyrique etune base.

— ÉTYM . Butyrique.

BUTYREUX, EUSE (bu-ti-reû, reû-z’), adj. Quia la consistance ou l’apparence du beurre.

— HIST. xvi” s. Le lait d’asnesse ou de chevre yest propre, à cause que de sa substance sereuse lesdeterge, et les glutine pour sa substance forma-geuse, et nourrit pour sa substance butireuse, paré,xv, 59.

— ÉTYM. Le latin butyrum , beurre (voy. beurre) ;provenç. buturos.

f BUTYR1NE (bu-ti-ri-n’), s. f. Terme de chimie.Corps gras extrait du beurre.

f BUTYRIQUE (bu-ti-ri-k’), adj. Terme de chi-mie. Acide butyrique, acide extrait du beurre.

— ÉTYM. Butyrum , beurre.

t BUTYROMÈTRE (bu-ti-ro-mè-tr’), s. m. Ins-trument inventé pour déterminer la richesse du laiten beurre.

— ÉTYM . Boyvupov, beurre, et pivpov, mesure.

BUVABLE (bu-va-bl’), adj. Qui peut être bu. Ce

vin est buvable.

— étym. Buvant-, génev. bevable.

f BUVANDE (bu-van-d’), s. f. Un des noms pro-vinciaux de la piquette.

— ÉTYM . Provenç. bevenda; anc. espagn. be-bienda; ital. bevenda; du latin bibenda, liquidequi doit être bu, de bibere (voy. boire).

BUVANT , ANTE (bu-van, van-t’), adj. Qui boit.Et de chantres buvants les cabarets sont pleins,boil. Lutrin, ii. || Familièrement. Être bien man-geant et bien buvant, être en bonne santé. Ilavait raison; c’est folie De compter sur dix ans devie; Soyons bien buvants, bien mangeants, Nousdevons à la mort de trois l’un en dix ans, la font.Fab. vi, 19.

— HIST. xin* s. Vin clair, sain et buvant [qui seboit bien], cortois d’artois, mss. de St-G. f° 83,dans LACURNE.

—ÉTYM . Buvant est le participe présent de boire,formé de bibens, participe présent de bibere; bibensa donné les formes bevant, beuvanl, buvant.

f BUVARI) (bu-var), s. m. Cahier relié, sorte d’al-bum fait de feuilles de papier brouillard, pourfaire sécher l’écriture.

— ÉTYM . Buvant.

f BUVEAU (bu-vô), s. m. Voy. biveau.

{ BUVÉE (bu-vée), s. f. Boisson d’eau et de fa-rine délayée pour les bestiaux.

— ÉTYM . Buvant, qui a formé une sorte de parti-cipe passif, comme aimant, aimée.

BUVETIER (bu-ve-tié; l’r ne se lie jamais), s. m.Celui qui tient la buvette. Comme j’avais habitudechez les buvetiers, je fis couler dans les buvettesquantité de gens à moi, retz, iii, 362. Elle eût dubuvetier emporté les serviettes Plutôt que de rentrerau logis les mains nettes, rac. Plaid, i, 4.

— ÉTYM . Buvette.

BUVETTE (bu-vè-t’), s. f. || 1° Cabaret situé au-près du palais, où les membres de la cour et lesavocats déjeunaient et prenaient des rafraîchisse-ments. Dès que la réception fut faite et que le parle-ment alla à la buvette, je m’en allai, st-sim. 263,26.

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|| Aujourd’hui buffet de rafraîchissement dans leschambres législatives; et, dans les stations de che-mins de fer, endroit où l’on donne à boire, et quiest dislinct du buffet en ce que le service du buffetest plus relevé et plus cher. || 2° Autrefois repasentre amis pour se réjouir. Les statuts des métiersdéfendaient aux jurés de faire des buvettes. || 3” Fa-milièrement, coups que l’on boit. Mais aussi quandj’avais une fois ma chère petite brioche et que.bien enfermé dans ma chambre, j’allais trouver mabouteille au fond d’une armoire, quelles bonnespetites buvettes je faisais là tout seul en lisant quel-ques pages de roman I j. j. rouss. Conf. vi.

— Étym. Buvant.

BUVEUR,EUSh(bu-veur,veû-z’),s.m. et/Ï || ^Ce-lui, celle qui boit. || Buveur d’eau, qui ne boit quede l’eau ou du vin fort trempé. || Par extension, ceuxqui boivent des eaux minérales. Tous les buveurssont contents de leur santé, sév. 369. || 2 1 Qui aimeà boire du vin. Un bon buveur. Un grand buveurdisait qu’il ne buvait que pour s’empêcher d’avoirsoif, d’ablancourt, Apophth. dans ricuelet. Jene vois que buveurs étendus sur l’arène, Qui na-gent dans des flots de vin, i. b. rouss. Cantate deBacchus . Un certain hommeavaittroisfilles, Toutestrois de contraire humeur : Une buveuse, une co-quette, La troisième, avare parfaite, la font. Fab.il, 20 . Francs buveurs, que Bacchus attire Dansces retraites qu’il chérit, a. gouffé, Chansons. Maisaux buveurs sous la tonnelle II dit : songez bienqu’ici-bas, Même quand la vendange est belle, Lepauvre ne vendange pas, bérang. Aveugle de Bagn.D’autres buveurs, francs militaires, Chantent l’a-mour à pleine voix, Ou gaîment rapprochent leursverres Au souvenir de leurs exploits, id. ib.

— HIST. xiii” s. Li mieldre [meilleurs] buveorsont en Engleterre, Poésies fr. mss. dans lacurne.|| xvi* s. Beuveurs très-illustres! rab. Pant. i. Tousces vers biberons ne veulx desavouer, Advortonsque j’ay faits en ma jeune allégresse, Quoyque jen’eusse lors une ame beuveresse, j. le houx, Foude Vire, 41. X bon buveur telle bouteille, dans Le-roux DE L1NCY, t. Il, p. 191.

— ÉTYM . Berry, beuveur; bourguig. buvon; pro-venç. beveire, bevedor ; espagn. bevedor; ital. bevi-tore; du latin bibitor. Dans l’ancien français et dansle provençal, au nominatif bevere, beveire, de bibi-tor, avec changement d’accent, bibitor, au lieu debibitor; au régime beveor, bevedor, debibitôrem;au nominatif pluriel beveor, bevedor, de bibitôres.Bibitorem a donné beveur, beuveur, buveur. Beu-veur était une orthographe usitée dans le xviTsiècle.

BUVOTTER (bu-vo-té), «. n. Boire à petits coups

et fréquemment.En compagnie On m’a vu bu-

votter par fois, scarron, dans le Diction, de lo-ciiez. || Il se conjugue avec l’auxiliaire avoir.

— rem. Pourquoi l’Académie met-elle ici deux (tandis qu’elle n’en met qu’un dans les autres verbesainsi composés, ou réciproquement?

— étym. Buvant.

f BUXINE (bu-ksi-n’), s. f. Terme de chimie. Al-caloïde extrait du buis.

— ÉTYM . Buxus, buis.

f BY (bi), s. m. Terme d’eaux et forêts. Fosséqui traverse un étang et aboutit à sa bonde.

— ÉTYM . Sans doute une autre forme de bief.

f BYRONIEN, IENNE (bi-ro-niin, niè-n'), adj.Se dit du style ou de l’école du poète anglais Bvron,qui se caractérisent surtout par une haute poésie etune sombre imagination.

f BYSSACÉ, ÉE (bi-ssa-sé, sée), adj. Terme debotanique. Qui est relatif aux moisissures ditesbyssus.

— ÉTYM . Byssus.

BYSSE (bi-s”), s. m. Voy. BYSSUS.

BYSSUS (bi-ssus’), s. m. || 1° Nom donné par lesanciens à la matière textile (sorte de lin jaunâtre)dont ils se servaient pour fabriquer les plus richesétoffes. || 2° Terme de botanique. Nom de champi-gnons qui forment certaines moisissures (mucédinés).|| 3° Terme de zoologie. Barbe des testacés bivalves.

— ÉTYM . Bûitco;.

f BYZANTIN, INE (bi-zan-tin, ti-n’), adj. Histo-riens byzantins , historiens du bas-empire. || Art by-zantin, style byzantin, art, style du bas-empire,en fait d’architecture, d’ornements. || S. f. Byzan-tine, collection des historiens byzantins . || S.m. Lecouleur rose.

— ÉTYM. Byzance, ancien nom de Constanti-nople .