G
ÇA
GAB
CAB
C (sé ou, suivant une épellation moderne, ke ouque, désignant le « par le son le plus ordinairequi est que), s. m. || 1° Troisième lettre de l’alplia-bet et deuxième consonne. C se prononce comme kdevant o, o, u, et les consonnes, et à la fin des mots, etcomme s devant e, i et y. ||Ç, ainsi marqué d’unecédille, se prononce s: façade, maçon. || 2° Signede cent dans la numération romaine. || 3" Figurede musique qui, représentant abréviativement lemot carré, indique une mesure à 4 temps, et,quand il est traversé d’une barre verticale, unemesure à 4 temps, mais battue à 2 temps. || Hors dela portée il signifie canto, chant. || C ou C-soi-ut, leton d’ut. || o, renversé et suivi de deux points l’unsur Tautre, est la clef de fa, laquelle indique quela note fa est placée sur la ligne qui passe entre lesdeux points.
— hist. xm” s. Damné fussions, se c ne fust; Lic senefie le fust De la croix, car le c le forme, Se-nefiance de VABC, jubin. n, 277.
— ÉTYM . Notre c est le c latin, qui est le x grec,qui est le kaf phénicien .
| CA.... préfixe qui a une signification péjorative,et qui se trouve dans calorgne, mot du Haut-Mainesignifiant borgne, et composé de ca et lorgner, et,dans le provençal, calucs, qui a la vue courte(guessard, Gramm. provençaux, p. 4 7), composéde ca et d’un radical iuc, qui signifie voir et qui setrouve dans le français re-luq-uer.
ÇA (sa), adv. de lieu. || 1° Familièrement, ici. Viensçà. Venez çà, chien maudit, mol. l’Étour.m, 4. || Çàet là, de côté et d’autre. Errer çà et là. Çà et là sesregards en liberté couraient Où les portait leur fan-taisie, la font. Cas de consc. || Qui çà, qui là, lesuns d’un côté, les autres d’un autre. Ils couraienttous qui çà, qui là. || 2" De-çà, voy. deçA. || 3°Termeancien de palais. En çà, jusqu’à présent. Depuisdeux ans, depuis deux mois en çà. Depuis cin-quante ans en çà on a vu publier plusieurs bullessemblables, pasc. Prov. 4 9. Voici le fait : de-puis quinze ou vingt ans en çà, Au travers d’unmien pré certain ànon passa, rag. Plaid, i, 7.|| 4° Interjection familière pour exciter, encoura-ger. Çà travaillons. Enfin nous ne serons pas lesseuls; çà, çà voici des compagnons, boss. Démons,2 . Çà, je veux étouffer le courroux qui m’enflamme,Et t’ouïr tout du long sur ta commission, mol. Amph.ii, 4. || 5“Or çà, interjection qui, composée de çdetor (maintenant), signifie qu’on se met à quelquechose, qu’on commence. Or çà verbalisons, rac.Plaid, n, 4. Or çà, sire Grégoire, Que gagnez-vouspar an ? la font. Fab. vin, 2 . || 6° Ah çà, sorted’appel à l’attention. Ah çà, il faut s’entendre. Ah çà,que venez-vous me conter?
— REM. Çà haut, çà bas sont des locutions au-jourd’hui peu usitées; ils répondent à ici-haut,comme a dit fontenelle dans ses Dialogues desMorts, et à ici-bas, comme nous le disons de la terrepar rapport au ciel.
— hist. xi” s. Terre major moult est loin çà de-
vant, Ch . de Roi. cxxxn. || xn" s. Traiez-vous çà,si orrez mon talent, Donc. p. 432. || xm”s. Etenavintmoult grand mésaventure, si cum vous porrés oïrconter çà avant, villeh. xxxiii. Au manger [ils]sont assis, çà cent, çà vingt, çà trente, Berte, x.Qui l’ont de lieus en lieus çàet là concueilli, ib. i. [Votrepère] Qui çà vous envoia belle, plaisant et claire,ib. xcvm. Blanchefleurs, douce amie, fait-il, en-tendez çà, ib. cxxii .Qui de la terre as Sarradins
Fist ça ces arbres aporter, Qu’il fist par ce vergierplanter, la Rose, 697. Male-Bouche dès-lors en çàX espier me commença, ib. 3634. Ça en arriéré nevausist pas [ne vaudrait] li testamens qui ne fust es-cris, s’il ne fust tesmongniés par cinq personnes,beadm. xii, 40. Mais c’est gas [faux] si comme vozverrés en plusors cas qui seront chà avant devisé, id.xxx, 6. Tost fu setl, et sà et là, Partout la renoméeala, ruteb. 54. || xiv” s. Une guerre de çà et de là pardiverses encontres, bercheure, f°64. Et s’en ale-rent l'un çà l’autre là, m. f° 47. || xv’ s. Puis com-mencèrent à penser, l’un ça l’autre là, et n’en sa-voient qu’aviser, froiss, i, i, 4 88. Vous avez bienentenduen l’histoire ça devant comment.... m. i, i,
4 94 . Savoir les causes de ça jus [bas] pourquoy sont
faictes, et à quoi elles servent, chr. de pisan, Hist.de Charles V , part, iii, ch. 4. Çà de l’argent ; çà de l’ar-gent, eust. desch. Ballade,Exact, des grands seign.Puis çà puis là.... De plus en plus, tout vient et va,ch. d’orléans , Chans. 94. Depuis cent ans en çà ouenviron est advenue une joyeuse aventure, louis xi ,Nouv. lxxxv. Or çà, Jehanne, ma doulce fille, Vol-iez vous donques estre armée? Vous sentez vous as-sez agille Que vous n’en soyez pas grevée, Que toutdu lonc d’une journée Porter harnois sur vostredoux [dos]? Bibl. des chartes, 4” série, t. v, p. 362.|| xvi” s. Comme ne se souciant des choses de çàbas, MARGUER. Nouv. xlii. Il y a là haut des espritsenvieux des grandeurs de çà bas, mont, i, 66. Nouspouvons tourner la teste çà et là, id. i, 74. Venezçà, id. i, 427. Devant l’une et l’autre armée es-taient force seigneurs et gentils-hommes volontai-res pour faire çà çà galant homme, d’aüb. Hist.i, 306. Lui avec quarante hommes de marque allafaire le çà çà galant homme à cette cavalerie, id.ib. Il, 454.
— ÊTYM. Provenç. sa, sai; espagn. acà; portug .cà; ital. quà; lombard, scià; de ecce ha c, voilàpar ici.
ÇA (sa), contraction familière pour cela. Donnez-moi ça. Il n’y a pas de mal à ça. Mes enfants, dansce village, Suivi de rois, il passa, Voilà bien long-temps de ça, bérang. Souv. du peuple. || Commeça, dans le langage très-familier, médiocrement,assez mal. Comment vous portez-vous?—Comme ça.
— rem. Ça donne lieu à des locutions vicieuses :quoique ça, au lieu de : malgré ça; avec ça que jem’ennuie, au lieu de : et puis je m’ennuie; cepen-dant cette dernière locution, toujours très-familière,pourrait être acceptée, s’expliquant par : mettezavec ça, joignez avec ça que....
f CA AB A (ka-a-ba), s. f. Edifice religieux à laMecque très-vénéré des musulmans.
— ÉTYM. Arabe, ka’abet, maison, la Caaba .
t 4. CAB (kab), s. m. Mesure des graines chezles Hébreux, valant un litre.
f 2. CAB (kab), s. m. Sorte de cabriolet de placetrès-usité en Angleterre, qu’on a voulu introduire àParis , et où le cocher est placé par derrière.
— ÉTYM. Anglais , cab, abrégé de cabriolet.
t CABALANT, ANTE (ka-ba-lan, lan-t’), adj. Quicabale. Je connus la canaille écrivante et la canaillecabalante, volt. Cand. 24.
CABALE (ka-ba-1’), x. f. || 1” Tradition juive tou-chant l’interprétation del’AncienTestament.Les doc-teurs de la cabale. || 2° Science prétendue pourcommercer avec les êtres surnaturels. Termes de ca-bale. || 3" Fig. Les menées secrètes de gens qui s’en-tendent pour un même dessein. Former des cabales.C’est un homme de cabale. On a fait, on a montéune cabale contre cette tragédie. Vous soutenez quePort-Royal forme une cabale secrète pour ruinerle mystère de l’Incarnation, pasc. Prov. 46. Je fe-rai une cabale plus forte de gens qui diront que celan’est pas beau, id. Pensées div. 4 4 2. En cent lieuxcontre lui les cabales s’amassent, boil. Épit. vii. Nousentrons dans la cabale qui a fait mourir le Sauveur,boss. Haine, 4 .Tout est prévention, Cabale, en-
têtement, point ou peu de justice, la font. Fabl .vu, 4 5. Les femmes qui font la plus aimable partiedu beau monde, et qui sont de la bonne cabale,scarron, Rom. com. ch. vm, 2” part. Non, je tombed’accord de tout ce qu’il vous plaît ; Tout marchepar cabale et par pur intérêt, mol. Mis. v, 4. Quellehorrible peine a un homme qui est sans prôneurs etsans cabale, de se faire jour.... la bruy. 2. Ici-basmaint talent n’est que pure grimace, Cabale, et cer-tain art de se faire valoir Mieux su des ignorantsque des gens de savoir, la font. Fabl . xi, 6. || 4”Latroupe même des cabaleurs. La cabale remplissaitle parterre. X bas la cabale! Votre pouvoir naissanttrouva des républiques Que sous votre cabale il vousplut asservir, corn. Agés, ni, 4. Que si je viens àêtre découvert, je verrai sans me remuer prendremes intérêts à toute ma cabale, et je serai défendupar elle et contre tous, mol .D.Juan, v, 2 . Le fourbe,ayant ainsi déguisé son manque de foi, sort du sé-nat suivi de sa cabale, vertot, Rév. rom. x 4t.
De Zopire éperdu la cabale impuissante.... volt.Fanat. n, 2.
— SYN. cabale, brigue, complot. La cabale et lecomplot ont cela de commun qu’ils expriment l’en-Jente de plusieurs pour atteindre un objet; mais ilsdiffèrent parce que la cabale n’a aucun des carac-tères subversifs que le complot désigne. Le complotest dirigé vers un but politique et il a l’intention dechanger par la force quelque chose dans le gouver-nement. La cabale n’emploie pas la force; ellecherche, parles menées des gens qui la composent,à réussir dans ses projets pour quelqu’un ou con-tre quelqu’un, pour une doctrine ou contre unedoctrine. La brigue se distingue essentiellement dela cabale : la brigue peut être purement individuelle,mais la cabale suppose un concours de personnes.
— HIST. xvi” s. Les villageois de ce pays en sa-vent tous jouer de pere en fils, par une cabale rus-tique qu’ils font, yver, p. 624. Cette opinion a estégravée dans leur coeur si avant, qu’elle a esté con-tinuée de pere en fils et donnée de main en maincomme une cabale, id. p. 628. Il prestoit par unesecrette caballe d’agens et d’entremetteurs, aux plusgrands de la cour, à gros intérêts, carl. ix, 3. Quiniera que ces belles choses ne soient mieux culti-vées par les enseignemens des doctes escrits, quede s’en remettre à un seul discours de bouche,comme à une cabale? o. de serres, Préf.
— ÉTYM. Hébreu , kabala, réception, tradition,doctrine traditionnelle, de kabal, recevoir.
CABALER (ka-ba-lé), e. n. Faire une cabale, êtred’une cabale.On cabale contre lui, pour lui. Il ca-
balait au parterre de la comédie.On cabale, on
suscite Accusateurs et gens grevés par ses arrêts,la font. Fab. x, 4 0. Du mérite éclatant cette som-bre rivale [l’envie] Contre lui chez les grands inces-samment cabale, boil. Artpoét. iv. L’évêque de Pa-miers avait cabalé contre le roi dans son pays,volt. Mœurs, 66. Il faut être souple, amusant,cabaler, vauv. Max. 47. Nous défendons à ce peu-ple de s’assembler en tumulte et de cabaler chez sesprêtres séditieux, dider. Pensées phil. 43. Ici, jus-qu’à vos yeux, on cabale, on conspire, lemerc.Agamemn. n, 6. ||I1 se conjugue avec l’auxiliaireavoir.
f CABALETTE (ka-ba-Iè-t’), s. f. Terme de mu-sique. Pensée musicale légère et mélodieuse, dontle rhythme bien marqué se grave facilement dans lamémoire.
CABALEUR (ka-ba-leur), s. m. Celui qui cabale.Les disputeurs de ce temps-là étaient des cabaleurscomme ceux de ce temps-ci, volt. Phil. n, 390.
— REM. Le féminin ne se trouve pas dans le Dic-tionnaire de l’Académie. Mais rien n’empêcherait dedire : une cabaleuse.
t CABALISER (ka-ba-li-zé), u. n. Se servir del’art prétendu de la cabale.
— HIST. xvi” s. Qu’il n’oublie pas à conjurer, ad-jurer, excommunier, anathematiser, exorciser, ca-baliser, ruiner, desper. Contes, 4 6. Ne voulantestre de ces curieux et par trop superstitieux, quiveulent cabaliser les arts et les serrer sous les loisde quelque langue particulière, paré, Au lecteur.
— étym. Cabale.
CABALISTK (ka-ba-li-st’), s. m. Homme savantdans la cabale des juifs. Pourquoi donc tant con-sulter Cabalistes, massorètes, Et ces diseurs de sor-nettes Qu’un démon vient transporter? chaulieu àJ. B. Rouss.
CABALISTIQUE (ka-ba-li-sti-k’), adj. || i” Quiappartient à la cabale des juifs. Livres cabalistiques.
|| 2“ Qui appartient à l’art chimérique de commerceravec les êtres surnaturels. Des herbes vénéneusescueillies avec des paroles cabalistiques remplissaientun vase de cyprès, chateaub. Natch. iii, 4 28 . Jus-que-là la géométrie des infiniment petits n’était en-core qu’une espèce de mystère et, pour ainsi dire,une science cabalistique renfermée entre cinq ousix personnes, fonten. L’Hospital . Les nécromanisparés de tiares mystiques Où brillent flamboyantsles mots cabalistiques, v. hugo. Bail. 4 4.