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Tome premier. A - C.
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feuille caduque. || Terme d’anatomie. La membranecaduque, ou, substantivement, la caduque, nom dela membrane muqueuse de l’utérus, hypertrophiéenormalement lors de la fécondation et devenue ca-duque par suite des modifications qu’elle subit àmesure du développement de l’œuf humain.

— hist. xv* s. Ne je ne puis estudier En moncode n’en ma digeste ; Caduque sont; je doi de resteDe ma prevostédix escus, Et ne treuve homme quime preste, E. deschamps, Poésies mss. f" 434, danslacuhne. Quelque grande vieille Sebille [Sibylle ],Caduque, menassant ruine.... coquillart, Droitsnouveaux. Les couleurs de son escu estoient cadu-ques [effacées], Perceforest , t. v, f* 21 . || xvi* s. Etd’une voix toute caduque et rance, rons. 601 . Voylàune preudhommie caduque, occasionnée, acciden-tale et certes bien chetive, charron, Sagesse,u,3.Les gresles, tonnerres et tempestes, et tout le bruitqui se faict en l’air ne trouble ni ne touche les corpssupérieurs et celestes, mais seulement les inferieurset caduques, id. ib. 1, 30.

— ÉTYM . Provenç. caduc ; espagn. etital. caduco;du latin caducus, do cadere, tomber (voy. choir).

CADUCÉE (ka-du-sée), s. m. Verge entrelacée dedeux serpents, qui est l’attribut de Mercure. Le ca-ducée est un des symboles de la paix. L’éloquenceest ce caducée de Mercure qui conduit les âmes, p.l. cour. Lett. 11, 342. L’envie porte le serpent dansson sein, et l’éloquence a son caducée, chateaubr.Génie, 1 , m, 2. || Bâton couvert de velours et fleur-delisé, porté par le roi d’armes et les hérauts d’ar-mes dans les grandes cérémonies.

— HIST. xvi* s. Me fut advis, que le grand dieuMercure, Tenant en main sa verge et caducée Dedeux serpens par ordre entrelassée.... MAROT,n,to.Afin qu’on vist en main son caducée, Qui gens en-dort, ID. IV, 94.

— ÉTYM . Caduceum, venant, par altération, de xr-pOxetov, insigne du héraut, de y.üpu?, héraut.

CADUCITÉ (ka-du-si-té), s. f. || 1“ État de ce quiest prêt à tomber, de ce qui tombe. Caducité d’unemaison. Le vice le plus inséparable des choses hu-maines, c’est leur propre caducité, boss. Hist. m, 6.|| 2° Période de la vie humaine qui s’étend de lasoixante-dixième à la quatre-vingtième année, etqui précède la décrépitude. Moi qui me figurais quema caducité Près de la beauté même était en sû-reté, corn. Pulchérie, 11 , t. Je consacre à monDieu , négligé trop longtemps, De ma caducité lesrestes languissants, volt. Ali. 1 , LU ne nous res-tait de toutes nos espérances que la caducité d’ungrand roi, mass. Madame. La caducité commenceà l’âgede soixante et dix ans, buffon, De la vieil-lesse et de la mort. La caducité suivra, qui nous feraregretter l’âge viril où nous sommes encore et quenous n’estimons pas assez, la bruy. tt. Le Français n’apoiDt d’âge mûr, et passe de la jeunesse à la ca-ducité, duclos, Considér. sur les mœurs, v, ch. i.|| 3° Terme de jurisprudence. Caducité d’un legs,d’une donation, condition qui les rend non vala-bles. || 4° Terme d’histoire naturelle. Défaut de per-sistance d’une partie. La caducité des feuilles.

— HIST. xvi* s. Sa caducité ne lui permettoit plusde soutenir les fatigues de ce glorieux employ,Mém. sur Duguescl. ch. 31. L’aage des beufs tombeen caducité, passé le dix ou douziesme an, o. deserres, 295 . Le president fit mettre ce bon vieiladvocat au siégé de baillifs et dit que, pour sa ca-ducité, la cour le dispensoit de plus plaider, desaccords, Bigarr. des entends-trois.

— ÉTYM . Caduc.

f CÆCAL, ALE (sé-kal, ka-1’), adj. Terme d’a-natomie. Qui appartient au cæcum.

t CÆCUM (sé-kom’), s. m. Terme d’anatomie. Lepremier des gros intestins, c’est-à-dire celui qui faitimmédiatement suite à l’intestin grêle.

— hist. xvi* s. Intestin nommé cæcum, à causequ’estant ample et gros, il n’a qu’une voye, tantpour recevoir que pour expeller, paré, 1 , 16.

— ÉTYM . Cæcus, aveugle (voy. cécité) , ainsi ditpar un motif qui est expliqué, à l’historique, dansl’exemple de Paré.

f CÆSIUM (sé-zi-om*), s. m. Métal donnant dansle spectre deux raies bleues (cæsius, bleu).

CAFARD, CAFARDE (ka-far, ka-far-d’; le d nese lie pas : un ka-far adroit; au pluriel l’s ne se liepas : des ka-far adroits; d’autres lient cette s, di-sant : des ka-far-z adroits), s. m. et f. || 1° Celui,celle qui, n’ayant pas la dévotion, ea affecte l’appa-rence, ou qui, l’ayant, affecte les airs de la bigo-terie. C’était un cafard qui en bannit la science et ymit tout en misérables minuties, st-sim. 60, 9t. Xtable hier, par un triste hasard, J’étais assis près

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d’un maître cafard, volt. Apol. du luxe. Peut-êtreun-cafard qui sait peindre Jusqu’au charme de lavertu, bérang. Portrait. Au demeurant, il faisait lecafard, la font. Herm. || 2“ Adj. Avoir l’air cafard,la mine cafarde. || Damas cafard, damas mêlé desoie et de fleuret. || 3° Nom, dans quelques provin-ces, de la blatte, insecte qui recherche les endroitschauds, dite aussi bête noire ( blatta orientalis).

— SYN. cafard, bigot. Le bigot est livré à despratiques minutieuses de dévotion, il ne les affectepas; il les suit par inclination ou par éducation. Lecafard, en tant qu’il n’est pas hypocrite, est le bi-got faisant montre et parade de sa dévotion, et l’af-fectant dans son maintien, dans l’expression de sestraits, dans son langage.

— HIST. xvi* s. Lui aiant jusques ici plustostsenti l’atheiste que le caphard, d’aub. Hist. m, 490.Ce mot de caphard très odieux a esté mis en usagepar les huguenots pour dénigrer l’honneur de laprestrise, garasse, Becherche des recherches, p. 7 )8,dans lacurne. C’est, àparlersainement,toujours prisen mauvaise part pour un religieux qui a fait banque-route à sa sainte profession, et jeté le froc aux or-ties, Léon tripault, Celthellenisme, dans lacurne.

— ÉTYM . Ménage y rapporte le catalan câpre, in-fidèle; espagn. et portug. cafre, dur, cruel; de l’a-rabe kdfir, infidèle, mécréant. Au contraire DuCange le tire de caphardum ou chabbardum, sortede vêtement qui est mentionné, au xiv* siècle,dans des statuts d’université. Le fait est que d’Aubignéécrit caphard, et qu’on ne voit pas comment le motarabe kdfir, avec son dérivé roman cafre, auraitpris le suffixe ard. L’étymologie de Du Cange est laplus vraisemblable; mais il ne nous apprend riensur l’origine de caphardum même.

CAFARDERIE (ka-far-de-rie), s. f. Manières ducafard.

— HIST. xvi* s. Le roy disoit à l’amiral, demi encollere, demi riant : Ce vieux bigot avec ses cafar-deries fait perdre un bon temps à ma grosse sœurMargot, d’aub. Hist. ir, 12 .

— ÉTYM . Cafard.

CAFARDISE (ka-far-di-z’), s. f. Acte de cafard.

— HIST. xvi* s. Cafardise, cotgrave.

— ÉTYM . Cafard.

CAFÉ (ka-fé), ». m. || 1° Graine du cafier. CaféBourbon, café Moka, ou café de Bourbon , de Moka.Gafé en coque ou en cerise. Café mondé. Café enpoudre. Marc de café. C’est toi, divin café, dontl’aimable liqueur, Sans altérer la tête, épanouit lecœur, delille, Les trois règnes, vi. || Par abus,l’arbre même qui le produit. Le café avait ététransporté, en 1726, dans nos îles de l’Amérique par M. Desolieux, depuis chef d’escadre, à quiM. Dufai en avait confié quelques pieds ; manquantd’eau dans la traversée, il avait conservé ce dépôtprécieux aux dépens de son propre nécessaire, con-dorcet, Maurepas. || 2° Breuvage fait par infusiond’eau bouillante, avec le café brûlé et moulu. L’u-sage de l’infusion de café ne paraît pas remonterau delà du xv* siècle; il fut introduit en Europe aucommencement du xvii*, à Marseille en 1664. J’a-vais pris mon café, sév. 169. U prenait du café pours’empêcher de dormir et travailler davantage ; etpuis, pour rattraper le sommeil, il prenait de l’o-pium , fonten. Bourdelin. Aux dîners d’Agathe,Au lieu de café, Vite une sonate, bérang. Musique.|| Tasse à café, une tasse pour prendre le café. Unetasse de café, une tasse pleine de café. || L’heureoù l’on prend le café. Ne m’attendez pas pour dîner,je viendrai seulement au café. || Café au lait,café dans lequel on met une certaine quantité delait, et qu’on prend avec du pain. || Couleur decafé ou couleur café ; couleur de café au lait, oucouleur café au lait, couleur qui est celle du café,du café au lait. || 3° Abusivement, café de chi-corée , poudre de racines de chicorées rôties.|| 4° Lieu public où l’on prend du café ou d’autresbreuvages. Restaient [chez la veuve de Maisons] lesnouvelles, les petites intrigues, les cabales du par-lement, un reste de tribunal en peinture qui ressem-blait beaucoup à un café renforcé, qu elle faisait va-loir tout ce qu’elle pouvait, saint-simon, 401, 238.Vous vous appelez Fabrice? — Oui, monsieur; enquoi puis-je vous servir? —Vous tenez un café etdes appartements?—Oui, volt. l’Écossaise, m, 4.|| 5° Populairement. Voilà qui est fort de café, c’estun procédé intolérable, une assertion étrange.

— ÉTYM . Arabe cahuia ou cliatce; espagn. café;ital. caffè; angl. coffee.

CAFÉIER (ca-fé-ié), s. m. || 1* Voy. cafier.|| 2“ Propriétaire d’une caféière.

— étym. Café .

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CAFÉIÉRF. (ca-fé-iê-r’), s. f. Plantation de cafiers

— étym. Caféier.

f CAFÉINE (ka-fé-i-n’), s. f. Terme de chimie.Principe cristallisable découvert dans le café, dansle cacao et dans les feuilles du thé.

f CAFÉIQUE (ca-fé-i-k’) ou CAFIQUE (ca-fi-k*), adj.Terme de chimie. Acide caféique, acide trouvé dansle café, qu’on avait cru être un acide particulieret qui est de l’acide gallique.

CAFETAN (ka-fe-tan), s. m. Pelisse d’honneurque les souverains de la Turquie ont coutume d’offriraux personnages de distinction et surtout aux am-bassadeurs des puissances étrangères. || Par exten-sion et plaisanterie. Voilà ce que j’ai dit en voyantle cafetan dont V. M. m’a honoré, volt. Lett. dCalh. 1 8.

— ÉTYM. Ka ftân, mot turc .

f CAFÈTERIE (ka-fè-te-rie), s.f. Plantation de ca-fiers.

— étym. Café.

CAFETIER (ca-fe-tié), s. m. Celui qui tient un café.

— ÉTYM . Café.

CAFETIÈRE (ka-fe-tiê-r’), s. f. Vase de poterie oude métal qui sert à faire ou à contenir le café.

— ÉTYM . Café.

CAFIER (ka-fié), s. m. Arbre originaire de l’Ara-bie, transplanté en Amérique et aux Indes, dont lefruit rouge et de la grosseur d’une cerise contientdes grains qui sont le café. || On dit aussi caféier.

— étym. Café.

CAFTAN (kaf-tan), s. m. Voy. cafetan.

CAGE (ka-j’), s. f. || 1° Petite loge portative oùl’on a des oiseaux vivants. Oui, mais j’aperçois des ré-seaux ; En cage on mettra les oiseaux, bérang. Enrh.|| 2° Loge portative ou non, garnie de barreaux,pour renfermer des animaux et même des hommes.Don Quichotte fit ouvrir la cage des lions. Un renardque Martin porte au Louvre en sa cage, Régnier,Sat. x. Louis XI fit enfermer le duc de Nemours dans une cage de fer à la Bastille, volt. Mœurs,94 .Ce n’est point dans une ménagerie où l’on tient encage les secrets de Dieu qu’on peut apprendre à con-naître la sagesse divine, chateaubr. Génie, i,v, 4.|| Familièrement. Mettre un homme en cage, le met-tre en prison. Nos gens sortent de cage, la font.Bém. || 3° Terme d’architecture. Laçage d’une mai-son, les quatre gros murs. La cage d’un escalier,l’espace qu’il occupe. La cage d’un clocher, d’unmoulin à vent,l’assemblage de charpente qui en formele corps. || 4° Loge de verre d’une pendule. || L’espacecompris entre les deux platines d’une montre. || En-semble des pièces qui meuvent le métier à bas.|| Treillis d’une boutique d’orfévre. || Coffre à pois-son. || Grillage de bois près de la bonde d’un étang.|| 5° Terme de pêche. Sorte de nasse. || 6“ Terme demarine. Synonyme de hune et de baille. || Proverbes.11 vaut mieux être oiseau de campagne qu’oiseau decage, c’est-à-dire rien ne vaut la liberté. || La bellecage ne nourrit pas l’oiseau, c’est-à-dire on peut,ayant du luxe, manquer du nécessaire.

— HIST. xiii* s. Sa cage [le lion] a derompue ettoute depecie, Berte, 11 . Il fist prendre le calife etlefist mettre en une cage de fer, et le fist jeunner tantcomme l’on peust faire homme sanz mourir, Join-ville, 278. || xiv* s.et li aigles seraMis en une pri-son et mis en une cage, Guesclin, 8974.Diex fu

engrans [courroucé] De penre [prendre] crueusevengeance, Si que tantost, sans plus attendre,Pourjustice et vengeance prendre, Fist la mort issir dosa cage, Pleine de foursen et de raige, maciiault,p. 73. L’en ne peut mie si legierement reprendreson oisel, quant il est eschappé de la cage, commede garder qu’il ne s’envole, Ménagier , 1 , 0 . || xv* s.Iceulxpar plusieurs fois vers Chasteaumorant II con-seil se mirent, pour adviser qu’ils pourroient fairepour estre tirés hors de celle caige, Boucic. 11 ,ch. 29. Certain engin, appelé caige, pour prendreles sangliers, du cange, cagia. Pescher à la mainet à la caige, id. ib.

— ÉTYM.Bourguig. caige; wallon, chaive; namur .chaife; provençal moderne, gavi, s. m.; espagn. elport, gavia; ital. gabbia et gaggia; Venise et Sar-daigne , cabbia; du latin cavea, de même radicalque cavus, creux (voy. cave).

f CAGÉE (ka-jée), s.f. Une pleine cage d’oiseaux.

— ÉTYM . Cage.

t CAGEROTTE (ka-je-ro-t’), s. f. Forme d’osierpour faire égoutter les fromages.

— hist. xvi* s. Terrines, couloires, faisselles,esclisses, cagerotes, chaziereset semblables servansà ce mesnage [fabrication du fromage], 0 . deserres, 287.

— étym. Diminutif de cage.