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Tome premier. A - C.
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CAG

f CAGETTE (ka-jè-t’), s. f. Petite cage ; trébu-chet.

— HIST. xiv' s. Une cagete de fust et une bourcede toille à fauconnier, du cange, cagia.

— ÉTYM . Diminutif de cage. Basse-Bourgogne,cagelte, petite forme en osier pour égoutter les fro-mages.

f CAGIER, 1ÈRE (ka-jié, jiê-r’), s.m. et f. Celui,celle qui fait et vend des cages. || Terme de faucon-nerie. Celui qui porte les faucons ou autres oiseauxde chasse à vendre.

— étym. Cage.

CAGNARD, ARDE (ka-gnar, gnar-d’; le d ne selie pas : ka-gnar et indolent; de même au pluriel :ka-gnar et indolents; d’autres prononcent l’s, di-sant: ka-gnar-z et indolents), adj. Terme du langagefamilier. || l'Qui a lafainéantisedu chien. Un hommecagnard. Une vie cagnarde. || Substantivement. C’estun cagnard. Gens aimant leurs foyers et qu’on nommecagnards, hauter. Nobles de province, v, î. [| Po-pulairement, lâche, poltron. || 2 ° S.m. Sorte de four-neaudu cirier. || Termedemarine. Abrifaitsurle pontd’un navire, au moyen d’une toile goudronnée, pourles matelots de service qui veulent se préserver dela pluie et du froid.

— HIST. xvi* s. Comment osez vous présumer, Ca-gnars, bejaulnes, decongneuz, Par vos faux bla-sons diffamer Les vaisseaux dont estes venuz, s.marot, v, 304. En un si long voyage, vous serezarresté misérablement en un caignard [coin], oùtout vous manquera, mont, iv, 115. Il vit une grosseet potelée cagnardiere demandant l’aumosne à laporte d’un temple un dimanche, paré, xix, 22 .Quant au mot de caignard, cela dépend d’une his-toire dont je puis estre témoin; de tant qu’en magrande jeunesse, ces fainéants avoient accoustuméau temps d’esté de se venir loger sous les ponts deParis .... ce lieu estoit appelé le caignard, pasquier,Recherches, vin, 42.

— ÉTYM . Cogne, usité encore dans le xvn' sièclepour chienne et prostituée; de l’italien cagna,chienne, de cane, chien (voy. chien).

CAGNARDER (ka-gnar-dé), v. n. Vivre en ca-gnard. || Se conjugue avec l’auxiliaire avoir et estfamilier.

— HIST. xvi' s. L’une aux armes s’adonne, et l’au-tre sa paresse Caignarde en sa maison, l’autre hantela court, i. du bellay, vih, 50, verso. Jamais ennulle saison Ne cagnarde en ta maison : Voy lesterres estrangeres, ronsard, 669.

— étym. Cagnard.

CAGNARDISE (ka-gnar-di-z’), s. f. Acte de ca-gnard, vie de cagnard.

— ÉTYM . Cagnard.

CAGNEUX, EUSE (ka-gneû, gneû-z’), adj. Qui ale genou en dedans et le pied écarté en dehors : cequi est une mauvaise conformation. Homme ca-gneux. U a les jambes cagneuses. || Substantivement.

Un cagneux. Une cagneuse.Qui fourmillent de

bossus, de boiteux, de cagneux, J. J. rouss. Ém.i.

— ÉTYM . Cagne, chienne; ital. cagna; ainsi dit,d’après Ménage, parce que les chiens, et particu-lièrement les bassets, sont cagneux.

t CAGNOT (ka-gno), s. m. Un des noms vulgai-res du chien de mer ou milandre.

— ÉTYM . Canis, chien.

CAGOT, OTE (ka-go, ka-go-t’; le î ne se lie pasdans la conversation; au pluriel l’sse lie : des ka-go-zinsolents; cagots au pluriel rime avec dos, maux,faux, etc.), s. m. et f. || 1' Celui, celle qui a unedévotion suspecte et déplaisante. Un cagot. Une ca-gote. Quoi ! je souffrirai, moi, qu’un cagot de cri-tique Vienne usurper céans un pouvoir tyrannique 1mol. Tari, i, l. Il faut aller massacrer ces cagots, lafont. Cord. Que son front doux et serein Est à mongré préférable Au visage sec, chagrin De ce cagotqui du diable Craint partout l’esprit malin! lafare,Ode 6 . || Adjectivement. Un ton cagot. Une minecagote. || 2° Peuplade des Pyrénées affectée d’unesorte de crétinisme.

— SYN. cagot, bigot. Le bigot est le dévot dontl’esprit est étroit, petit, attaché aux minuties; c’estun terme de dédain, mais qui n’implique aucun au-tre blâme. Cagot au contraire est un terme tout àfait injurieux, exprimant une dévotion suspecte àdouble titre, soit parce qu’on la trouve agressiveet offensante, soit parce qu’on ne la croit pas sin-cère.

— hist. xv* s. Estoit lieutenant du prevost un grosvillain comme un cagoux, Journal de Paris sousCharles VI et Vil, an 1436, p. ico, dansLACURNE.Il xvi' s. Got, en langue germanique , signifioitDieu ; et delà nous tirons les mots de bigot et cagot,

CAH

pour dénoter ceux qui avec une trop grande supers-tition s’addonnent au service de Dieu , pasquier,Recherches, viii, 2 . Les gens souffreteux, cagots ouavares, rabel. Pont, iv, 46.

— étym. Provenç. cagot ,-bas-Iat. cagoti. DesGothset des Arabes s’étant réfugiés, sous les derniers Mé-rovingiens, au pied des Pyrénées , reçurent des ha-bitants le nom injurieux de cagots, c’est-à-dire ca-nes gothi, chiens de Goths (voy. Michel, Hist. desraces maudites, î, p. 284). On donne encore aujour-d’hui ce nom à une race ou caste desquelles les autreshabitants se tiennent séparés. Cette dénominationinjurieuse attribuée à des gens dont la foi était sus-pecte aura pu passer facilement au sens actuel decagot. On a indiqué une autre étymologie : cap, tête,en provençal, et l’allemand Gott , dieu :par la têtede Dieu , affirmation par laquelle on pourrait avoirdénommé les hypocrites. Mais cette étymologie, pourlaquelle on n’a point d’intermédiaire, a contre ellel’ancienne forme cagotus qui ne s’y rapporte pas.

CAGOTERIE (ka-go-te-rie), s. f. Action de cagot,manière d’agir du cagot. Et l’insolent orgueil de sacagoterie, mol. Tort, m, 4. Quoique je ne m’at-tendisse pas à lui trouver la petite cagoterie des dé-votes, j. î. rouss. Hél. vi, n.

—ÉTYM . Cagot.

CAGOTISME (ka-go-ti-sm’), s. m. Esprit, carac-tère, manière de penser du cagot. Lui qui connaîtsa dupe et qui sait en jouir, Par cent dehors fardésa l’art de l’éblouir; Son eagotisme en tire à touteheure des sommes, Et prend droit de gloser surtous tant que nous sommes, mol. Tort. î, 2 .

— étym. Cagot.

CAGOUILLE (ka-gou-11’, U mouillées), s. f. An-cien terme de marine, qui signifiait la volute or-nant le haut de l’éperon d’un vaisseau.

— ÉTYM . Cagouille, colimaçon dans le parler del’Angoumois .

f CAGOULE (ka-gou-1’), s. f. Sorte de vêtementde moine, ample et enveloppant tout le corps, maisqui est sans manches, à la différence du froc qui ades manches.

— hist. xvi* s. Inclination naturelle, aux frocs etcagoulles adhérente, rab. dans lacurne.

— ÉTYM . Probablement de cuculla, cucullus,sorte de vêtement des moines.

CAGUE (ka-gh’), s. f. Terme de marine. Petit bâ-timent hollandais pour la navigation des canaux.

— ÉTYM . Hollandais, kag.

CAHIER (ka-ié ; l’r ne se lie jamais; au pluriel l’xse lie : des ka-ié-z écrits), s. m. || 1° Assemblagede plusieurs feuillets de papier ou de parcheminréunis. || 2“ Cahiers d’un cours, leçons d’un professeurmises par écrit. || 3“ Autrefois, mémoires adressés ausouverain par un corps de l’État. Cahier de doléan-ces. Les cahiers du clergé, du tiers état. || 4° Cahierdes charges, état des clauses et conditions d’une ad-judication publique. || 5° Cahier de frais, mémoireou état des frais. Terme vieilli en ce sens.

— HIST. xiii' s. Aristotes à Alixandre Enseigneet si li fait entendre En son livre versié, Enzel pre-mier quaier lié, Comment il doit el siecle vivre, EtRutebeus Ta trait dou livre, buteb. 286 . || xv* s. Làdeçà et delà queroit, En cherchant plusieurs vieuxcaÿers, Car le vray monslrer me vouloit, en. d’oiil.Bal. 140. Quayer getta au feu felonnement ; rioit surles uns et les baisoit; sur les autres cracha par vi-lonnie, et les foula des piés, G. chastelain, Exp.de vér. mal prise.

— ÉTYM . Quoues, cahiers, dans un texte de 1372,Bill, des Chartes, 3* série, t. î, p. 228 . Origineobscure. Les mots des autres langues romanes, ital.quaderno, catal. rnern, se rapportent au bas-latinquaternum, cahier de quatre feuilles; serait-il pos-sible que quaternarium eût été contracté en quaier PIl y a dans l’ancien français carreignon, cahier (Blan-chandin fist un brief escrire, Puis mistle carreignonen cire, du cange, ceraculum) : par conséquentquaternarium aurait donné carreier ; pour de là pas-ser à cahier, il faut admettre une forte altération,non impossible en un mot très-vulgaire. On trouvecahier de chandelles (godefroy , Annotations surl’IIist. de Charles VI , p. 708) qui signifie probable-ment un paquet de quatre chandelles et qui semontre encore sous la forme cahoer. Ces rapproche-ments portent à considérer cahier ou cahoer ouquoues, comme une dérivation très-irrégulière dequaternarium, et écartent d’autant la conjecturede Diez qui proposait de rattacher cahier à uneforme codicarium, issue de codex, livre.

CAHIN-CAHA (ka-in-ka-a), ad v. Tant bien quemal, avec peine, de mauvaise grâce. L’affaire vacahin-caha. lise porte cahin-caha. Il a fait son de-

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voir, mais cahin-caha. Aujourd’hui ce n’est pluscela; Un commis sans peine Gagne une Climène;et dès qu’à Vincenne En fiacre il la mène, La vertuva Cahin-caha, panard, Chansons. || Terme familier.

— hist. xv' s. Examiné cahy, caha S qui appar-tient ce mignon, Dist qu’elle ne scet rien de cela,coquillart, Enquête de la simple et de la rusée.

|| xvi' s. En cestuy bas estât, en gaignant cahincaha sapoure vie, rab. Garg. iv, Prologue.

— ÉTYM . Du latin qua hinc, qua hac, par-ci,par-là.

CAHOT (ka-o; le t ne se lie pas dans la conversa-tion; au pluriel I’s se lie : les ka-o-z et la fatigue;cahots rime avec dos, maux, faux), s. m. || 1° Es-pèce de saut que fait une voiture en roulant sur unterrain pierreux ou mal uni. Je n’aime pas le cahotdes voitures. Il vient un cahot qui vous culbute,sév. 348. || Par extension, la cause même du cahot.

Un chemin plein de cahots. || 2“ Fig. et familière-ment, difficulté, obstacle. C’est une affaire difficileet qui aura bien des cahots.

— ÉTYM . Ce mot est peut-être une onomatopée ;voyez cependant cahoter.

CAHOTAGE (ka-o-ta-j’), s.m. Suite ou répétitionde cahots. Le cahotage de cette voiture m’a brisé.

— ÉTYM . Cahot.

CAHOTANT, ANTE (ka-o-1an, tan-t’), adj. Quifait faire des cahots. Un chemin cahotant. Une voi-ture cahotante, voiture que la moindre cause faitcahoter.

CAHOTÉ, ÉE (ka-o-té, tée), part, passé. Cahotédans une voiture très-dure. Il y avait dans la chaiseroulante un jeune homme grossièrement vêtu; sapetite femme était cahotée à côté de lui, volt.Jeannot.

f CAHOTEMENT (ka-o-te-man), s. m. Action decahoter.

CAHOTER (ka-o-té), t). a. || 1° Causer des cahots.Mais de quel coche ici me venez-vous parler?— Ducoche le plus rude où mortel puisse aller; Et je nepense pas que de Paris à Rome Un autre, tel qu’ilsoit, cahote mieux son homme, regnard, Mén.viii, 6. || Absolument. Une voiture mal suspenduecahote toujours. ||2°Fig. et familièrement, ballotter,tourmenter. Il fut longtemps cahoté par la fortune.

— ÉTYM. Cahot; wallon , kiholer, où Ici est l’é-quivalent wallon du préfixe con, de sorte que, d’a-près cela, cahoter équivaudrait à con-hoter. Maisonne connaît pas de verbe hoter, à moins qu’on ne lerattache à hotte.

CAHUTE (ka-u-t’), s. f. Petite loge, mauvaisehutte. Le vice-consul allemand , logé dans une mé-chante cahute de plâtre, m’offrit à souper, ciia-TEAUB. Il in. 30.

— hist. xii” s. De joins [joncs] et de feuchièreEstoit couverte la chahute, ernous caufains, ms.de poésies fr. dans lacurne. || xiv* s. Je lui ferai per-dre sa quahute et son corps; et appelloit sa quahuteune vieille maison où il demeurait, du cange, calma.

|| xvi's. Abraham est demeuré en foy en la terre pro-mise, comme estrangier, habitant en eahuettes avecIsac et Jacob, calv. Instil. 332. Demeurant en unecahuette couverte de chaulme, Sat. Mén. p. 103.

— ÉTYM . Bas-lat. cahua, cahuca. On disait aussicahuct pour capuchon : Aucuns sont en figure decapuchon ou cahuet de moine, paré, i, 8. Origineinconnue. Que hutte soit dans le mot ( ca-hute,hutte, avec le préfixe péjoratif ca; voy. ca.... pré-fixe), c’est ce qui devient douteux quand on voitcahuette et quahute. La forme primitive paraît êtrecahue; Scheler propose l’ail, kaue, réduit.

f CAICHE (kè-ch’), s. f. Terme de marine. Petitbâtiment qui a un pont, qui porte une corne et quiest mâté comme le yacht. Quand elle [la flotte com-mandée par Tourville] vit celle des ennemis quil’attendait sur le cap üe Barfleur, composée dequatre-vingt-onze vaisseaux, sans compter vingt-un autres qui étaient à vue, il y avait cinquantebrûlots et un nombre infini de caiches, de flûtes etde frégates d’avis, Relation de la bat. de la llougue, (dans jal. 11 faut que vous fassiez bâtir deux ou trois |caiches de six, huit et douze pièces de canon, pourservir de galiotes à donner des avis dans les ar-mées navales, faire la guerre aux petits corsairesde Salé, et aller de port en port, même aux Ilesd’Amérique, faire la guerre aux vaisseaux étrangersqui veulent y aborder, colbert, à de Seuil, dans jal.

■j CAÏD (ka-id), s. m. Titre, dans les États bar-baresques, des gouverneurs de provinces ou de vil-les, des chefs militaires.

— étym. Arabe, kâid, chef, de kdda, conduire.

CAÏEU (ka-ieu), s. m. Terme de botanique. Petite

bulbe produite par une autre bulbe qui la remplace