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Tome premier. A - C.
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f CALYBITE (ka-li-bi-t’), s. m. Nom de solitaireschrétiens qui habitaient dans des huttes.

— ÉTYM . K*).u6îtyjç, de xaMfro, hutte.

tCALYCANDRIE (ka-li-kan-drie), s. f. Terme de

botanique. Classe de plantes dont les étamines sontinsérées au calice.

— ÉTYM . KcQ.u?, calice, et àv^p, mâle.

f CALYCANTHÈME (ka-li-kan-tê-m’), adj. Termede botanique. Dont le calice a l’apparence d’une co-rolle.

— ÉTYM . Kd*u£, calice, et àvOripa, fleur.

f CALYPTÉRF.S (ka-li-ptê-r’), s. f. plur. Termede zoologie. Petites plumes qui couvrent le bas dela queue des oiseaux.

— ÉTYM . KaXuirrüpiov, ce qui sert à cacher, dexaMirrew, cacher.

f CAI.YPTRE (ka-li-ptr’), s. f. Terme de bota-nique. Coiffe des mousses.

— ÉTYM . KdXvTrcpa, de xaXuTrrziv, cacher.

f CALYPTltÉ, ÉE (ka-li-ptré, ptrée), adj. Termede botanique. Qui est muni d’une coiffe.

— ÉTYM . Calyptre.

CAMAÏEU (ka-ma-ieu), x. m. [| 1° Pierre fine tail-lée, ayant deux couches de différentes couleurs,dont Tune est devenue la figure en relief, et l’autrefait le fonds. || 2° Genre de peinture où Ton n’em-ploie qu’une couleur avec des teintes plus sombreset plus claires. Peindre en camaïeu. 11 Un camaïeu, untableau peint en camaïeu. || Par dénigrement, uncamaïeu, un tableau d’une couleur lourde et mono-tone. Le coadjuteur a bien ri des camaïeux de pein-ture, que vous comparez à l’histoire de France enmadrigaux, sév. 192. || 3° Gravure qui est une imi-tation de la manière en lavis.

— HIST. xiv* s. Beles chambres qui seront d’or etd’argent et de pierres précieuses, c’est à savoir ru-biz, esmeraudes, saphyrs, cameuz et marguerites,Livres de la lai au Sarrasin , p. 133. Une autreboiste d’argent où est le triaclier au duc, et un cat-mahieu, Bibl. des chartes, 4* série, t. v, p. 169.Un tableau d’or ouquel il a un grans gamahieu assissur bois, de laborde, Émaux, p. 186 . Un lorain[courroie garnie de soie] semé de boutons dorés etde camahieus, id. ib. Le camahieu qui aultrementest appelé oniche, id. ib. Un camahieu, dont lechamp est vermeil et a deux figures dessus à unebeste assise en une verge toute plaine, id. ib.|| xv* s. Ung fuzil entaillé en un camayeu où es-taient ses armes, comm. v, 9. ||xvi*s. Cet anneauavoit pour sa pierre un cupidon couronné fort mi-gnonnement, estant entaillé en un camoïeu d’ama-tite, yver, 688. Chamahieux, palsgr. p. 102 .

— ÉTYM . Espagn. camafeo; bas-lat. camahotus,camahutus; du bas-lat. camæus , sardoine, onyx(vov. camée).

CAM AIL (ka-mall, Il mouillées), s. m. || 1* Ha-billement du clergé en hiver, couvrant la tête, lesépaules, et allant jusqu’à la ceinture. || 2° Petit man-teau tombant des épaules à la ceinture, que portentpar-dessus le rochet les évêques et autres ecclésias-tiques privilégiés. Les évêques étaient en rochet etcamiit, boss. Lett. Quiét. 182 . || 3" Terme de blason.Espèce de lambrequin servant à couvrir le casque etl’écu des chevaliers. || Au plur. Des camails.

— HIST. xiv* s. Et voit ses chevaliers bien armés decamail, Guescl. dans baynouard, Lexique. Bertrandtenait l’espée qui le fer eut tranchant, Au camaillui bouta fierement en poussant, ducange, eamelau-cum. || xv* s. Tant s’avança le sire de Langurant [ausiège de Duras] que de sa vie il se mit en grand aven-ture; car ceux de dedans par force lui arrachèrentle bassinet de la teste atout le camail, froiss. ii,ii, n. Ung camail d’argent de Tordre de monsei-gneur d’Orléans, pesant sept onces trois gros, de la-borde, Émaux, p. 192. Un camail en façon de treliz,et est ledit camail cintré par-dessus de bossetes tantd'or que esmaillées de blanc et de rouge cler, id. ib.

— ÉTYM . Provenç. capmalh, capmail, capmal,camal; ital. camaglio; de cap, tête (voy. chef), etmail, armure (voy maille) : proprement une ar-mure de tête, puis un vêtement de tête.

CAMALDULE (ka-mal-du-l’), s. m. || 1° Religieuxd’un ordre monastique fondé, à la fin du X e siècle,parsaint Romuald ; l’habit est blanc ; la règle est cellede saint Bernard. Ragotzi s’était retiré aux camal-dules de Grosbois, st-sim. 469, 203. || Il y avaitaussi des religieuses camaldules . || 2° S. f. Une ca-maldule, un couvent de camaldules .

— Étym. Camaldoli, localité de la Toscane oùl’ordre fut d’abord établi.

t CAMANIOC (ka-ma-ni-ok), s. m. Espèce demanioc qu’on cultive à Cayenne et dans les Antilles ,dont on peut manger la racine cuite, sans prépa-

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ration préalable, comme les pommes de terre, tan-dis que les racines de manioc contiennent un sucvénéneux, qu’il faut d’abord extraire.

CAMARADE (ka-ma-ra-d’), s. m. || 1» Nom quese donnent entre eux les militaires. Des camaradesde régiment. En avant!partons, camarades, L’armeau bras, le fusil chargé, bérang. Vieux cap. || 2" Parextension, substantif des deux genres, celui, celle quia même vie, mêmes habitudes, mêmes occupationsque plusieurs autres personnes. Camarades d’école, decollège, de chambrée. Des camarades d’enfance, despersonnes qui se fréquentent depuis l’enfance. Descamarades de bureau. C’est une mauvaise camarade.La taille du maréchal duc de Noailles est assezgrande, mais épaisse; sa démarche lourde et forte;son vêtement, uni ou tout au plus d’officier, vou-drait montrer la simplicité la plus naturelle; il lasoutient avec le gros de ce que, faute de meilleureexpression, on entend par apparence de sans fa-çon et de camarade, st-sim. 3 1 7,138. Eh, mon Dieu !s’écria-t-il, je crois que c’est là Jeannot; le petithomme rebondi ne fait qu’un saut et court embras-ser son ancien camarade, volt. Jeannot et Colin.|| Camarade de lit, celui qui couche dans le mêmelit qu’un autre. Deux soldats qui couchaient dansle même lit étaient camarades de lit. || Fig. Que lebon soit toujours camarade du beau, Dès demain jechercherai femme, la font. Fab. vii, 2 . || 3° Popu-lairement, ami. lisse sont remis camarades. Moncamarade, Tiens, bois rasade, Béranger, Troub.|| 4* Se dit de ceux qui courent même fortune.Nous avons été camarades d’aventures, d’infortune.Dans ce désappointement il eut bien des camarades.|| S* Familièrement, en s’adressant à des inférieurs,même inconnus. Mon camarade, enseignez-moi,je vous prie, le chemin de....

— SYN. camarade, compagnon. Camarade estd’origine un terme militaire, et signifie de la mêmechambrée; de là, figurément, il exprime celui quia avec d’autres même genre d’occupations ou d’ha-bitudes. Compagnon, qui veut dire d’origine celuiqui mange le même pain, n’a point cette particu-larité de sens; il n’implique pas qu’on soit de mêmeoccupation; il implique qu’on accompagne. Ainsion dit : des camarades de lit, des compagnons devoyage. Vivre d’un même genre de vie pour cama-rades, s’accompagner pour compagnons, voilà lanuance de sens essentielle entre ces deux mots. Nousdisons camarades de collège et non compagnons decollège; mais au féminin compagnes de pension, decouvent ; cette déviation tient à ce que l’oreille adésiré marquer le féminin que la désinence ne si-gnale pas dans camarade.

— HIST. xvi* s. Ordinairement un capitaine [d’in-fanterie espagnole ] en aura cinq ou six [soldatschoisis] qu’il appelle ses camarades, lanoue, 296.M. de Langey, au lieu qu’il a escrit de la disciplinemilitaire, parle des camarades, qu’il appelle ennostre langue françoise chambrée, et les fait de dixsoldats, baillant à l’und’iceux quelque preeminencesur les autres, et le nomme chef de chambre, id. 294.Comba fut pris en la maison d’une vieille qui blan-chissoit le linge de sa camarade, qu’il nommoitainsi à l’hespaignol, carloix, vi, 46. Comme es-tant d’une camerade, et participants à toutes sesentreprises, in. x, 14.

— étym. Espagn. camarada, s. m.; ital. came-rata, s. m. de l’espagnol camara, ital. caméra,chambre (voy. chambre) : proprement chambrée,puis, au masculin, celui qui demeure dans la mêmechambre, camarade. Dans les exemples cités à l’his-torique, camarade signifie chambrée, et, par ex-tension, homme de chambrée. Camarade est d’o-rigine un terme militaire.

CAMARADERIE (ka-ma-ra-de-rie), s. f. || 1“ La fa-miliarité qui existe entre camarades. Cette camara-derie de vous et de Mlle Duplessis, sév. 70. La plu-part des liaisons de société, la camaraderie.... toutcela est à l’amitié ce que le sigisbéisme est à l’a-mour, chamfort, dans le Dict. de dochez. || 2* Dis-position d’esprit qui fait que des écrivains, des ar-tistes qui ont des liaisons entre eux se soutiennentet se prônent mutuellement. Son succès n’est pas debon aloi, il est dû à la camaraderie. Le premieremploi de camaraderie en ce sens est attribué à H.Delatouche, par Chasles , J. des Débats, 15 juillet1860.

— ÉTYM . Camarade.

CAMARD, ARDE (ka-mar, mar-d’; ledne se liepas : ka-mar et bossu ; au pluriel, semblablement, ka-mar etbossus; d’autres prononcent ka-mar-z et bos-sus). || 1° S. m. et f. Qui a le nez plat et écrasé. Uncamard. Une camarde. || 2° Adj. Un nez camard. C’é-

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tait une grosse fille écrasée, brune, laide, camarde,avec de l’esprit, st-sim. 24, 17. L’Egypte .... Danssa robe de sable enfonce enveloppés Ses colossescamards, à la face frappés Par le pied brutal dsCambyse .... v. HUGO, Voix, 4. ||Dans le style bur-lesque, la camarde, la mort. Il fut complimentéd’abord Par le Sommeil et par la Mort ; Pour luifaire honneur, la camarde, Contre son humeur, futgaillarde, scarron, Énéide , vi.

— HIST. xvi* s. Mais d’où vient cet orgueil ? onne void par la ville Un plus rogue vilain, qui con-treface mieux Depuis un peu de temps le brave etglorieux Que ce petit camard.... tabourot des ac-cords, Bigarr. Descriptions pathétiques.

— étym. Même radical que camus.

f CAMARE (ka-ma-r’),î. m. Terme de botanique.Fruit aplati et membraneux composé de deux valvessoudées.

— ÉTYM . Koquxpa, voûte.

t CAMARILLA (ka-ma-ril-la), s. f. Coterie depersonnes qui approchent du prince le plus près.

— ÉTYM. Diminutif de camara, chambre en espa-gnol (voy. chambre).

f CAMARIN (ka-ma-rin), s. m. Espèce de plon-geon.

CAMBISTE (kam-bi-st’), s. m. Banquier qui selivre aux opérations de change. || Vieilli. On dit au-jourd’hui agent de change.

— ÉTYM . Ital. cambio, change (voy. change).

t CAMBIUM (kan-bi-om’), s. m. || l"Terme de bo-tanique. Suc nutritif, élaboré, destiné à fournir lesmatériaux de l’accroissement des plantes. || 2° Termede jardinage. Nom donné aux tissus en voie de for-mation et étant encore mous et gélatineux.

— HIST. xvi* s. La troisième humeur de nourris-sement s’appele camhium, qui est jà changé et ag-glutiné et peu s’en faut jà tourné en nourrissement,paré, lntrod. 6.

— ÉTYM . Bas-lat. cambium, mot qui se trouvedans Arnauld de Villeneuve, xiv* siècle ( cambium,humiditas manifeste alterata memhri continentiscomplexione); de cambire, changer (voy. changer).

CAMBOUIS (kan-boui ; l’x se lie; kan-bui est uneprononciation vicieuse), s. m. Vieux oing qui, em-ployé pour adoucir les frottements d’une roue surl’essieu, d’une machine, prend le nom de cambouisquand il a été noirci par le frottement et le mélangedes parties métalliques. L’huile qu’on met aux rouesdes voitures devient aussi du cambouis par le frot-tement. || Terme de vétérinaire. Matière sébacée quis’accumule souvent en quantité censidérable à l’inté-rieur du fourreau du cheval.

— HIST. xiv* s. Prenez cambols, c’est le limonnoir qui est aux deux bouts de Tessieul de la cha-rette, Uénagier, n, 5. || xvi* s. Ah très orde vieilletruande! Vous me baillez du cambouys [vous medupez], Farce du meunier de qui le diable emportel’âme en enfer, Paris , 4831 , p. 49.

— étym. Raynouard le tire du provençal camoisboue, souillure.

f CAMBOUISÉ, ÉE ( kan-boui-zé, zée), adj.Crasseux, en parlant des pièces de la batterie d’unfusil.

f CAMBRAI (kan-brè), s. m. Sorte de toile delin très-claire. || Aujourd’hui, dentelle faite à lamécanique et non aux fuseaux; l’imitation, lafausse dentelle.

— ÉTYM. Cambrai , ville où ce tissu se fabrique.

f CAMBRE (kan-br’), s. f. Cambrure.

CAMBRÉ, ÉE (kan-bré, brée), port, passé. Une

taille cambrée, taille qui présente une concavitéen arrière. Jambes cambrées, celles dont la cour-bure naturelle est exagérée, de sorte que les ge-noux sont distants l’un de l’autre quand les talonsse touchent. On dit dans le même sens qu’un hommeest cambré.

t CAMBREMENT (kan-bre-man), s. m. Actionde cambrer.

CAMBRER (kan-bré), t). a. || 1* Arquer légère-ment. Cambrer une pièce de bois. || 2° Se cambrer,v. réfl. Devenir cambré. Cette poutre commence àse cambrer.

— HIST. xvi* s. Des astelles cambrées, pouimieux se coucher autour delà jambe, paré, xiii, 23Par une violence les os des jeunes enfans se courbent et cambrent, id. xv, i. Elle se cambre, etmarchant, très-fort, palsgr. p. 4*4. Vous allez encambrant comme se ce fust ung qui eust les raynsrompus, id. p. 573.

— ÉTYM . Camerare, voûter, de caméra, voûte.

j- CAMBRÉSINE (kan-bré-zi-n’), s. f. Toile delin claire et fine qui se fabriquait à Cambrai

— étym. Cambrai , ville où se fabriquait ce tissu.