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Tome premier. A - C.
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Nom de certains détroits. Le canal de Mozambique.|| 9° Terme de marine. Sur la Méditerranée, fairecanal, traverser un golfe, un espace entre deuxlies, etc. ou naviguer hors de vue de la terre.|| 10* Fig. Intermédiaire, moyen. Le cœur affligéPar le canal des yeux vidant son amertume, mal-herbe, vi, 18 . Cela ne passera pas on d’autresmains que celles que vous avez choisies pour nousservir de canal, boss. Projet. Je suis un canal paroù passent les instructions, id. Utt. abb. 199. Ilsaccablent ceux qui entreprennent d’aller h eux [lesrois] par un autre canal que le leur, fén. Tél. xtv.La prière, le canal des grâces, mass. Tiéd. s. Lescharges, les emplois, et le bien et le mal Passentpar cette main, coulent par ce canal, tristan,Mort deChrispe, iv, II. || li°Terme d’architecture.Refouillement droit ou courbe, simple ou multiple.|| 12°Creux où se met la baguette d’un fusil. || Mor-ceau de bois qui garantit des pointes d’aiguillesl’ouvrier en velours ciselé. || Cannelure du métier àdrap.

— HIST. xn" s. L’eve istde la citet; si s’en vaitpar les plaines, Reentre en son canal; les rives ensont pleines, Foy. de Charlemagne , 792. || xm” s.Del Nil qui chiet en mer par quatre mestres chan-niex, Hist. occid. descroisades , t. u, p. 57t. En mi-lieu sort une fontaine, En un prael, et clere et saine ;En quarrel est faisli canal, Fl. et Bl. v. 204t. || xvi*s.Le coulement et laps de la fontaine estoyt par troystubules et canalz, faictz de marguarites fines, rab.Pont, v, 42. Marius luy feit caver une grande tran-chée et canal, dedans laquelle il destourna bonnepartie de l’eau de la riviere, amyot, Marius, 26.Leur rugissement faisoit retentir les montagnes d’a-lenviron, et le canal de la riviere, id. ih. 35. Le canalouvert, dont l’on se sert generalement en toutessortes d’aqueducts, o. de serres, 764.

— ÉTYM . Bourg. eoineau; provenç et espagn. ca-nal; ital. canale; du latin canalis.

fCANALICULAIRE(ka-na-li-ku-lê-r’), adj. Termedidactique. Qui est en forme de canalicule. || Qui vitdans les conduites d’eau. Conferves canaliculaires.

— ÉTYM . Canalicule.

f CANALICULE (ka-na-li-ku-1’), t. m. Terme di-dactique. Petit canal ou tuyau. Les canalicules des os.

— ÉTYM . Diminutif de canal.

t CANALICULE, ÉE (ka-na-li-ku-lé, lée), adj.Terme d’histoire naturelle. Creusé longitudinalementen gouttière.

t CANALIFÈRE (ka-na-li-fê-r’) adj. Terme dezoologie. Qui est muni de canaux, de vaisseaux.|| S. m. Les canalifères, nom donné aux mollusquespourvus d’un long canal pour l’eau.

— ÉTYM . Canal, et ferre, porter.

f CANALIFORME (ka-na-li-for-m’), adj. Termed’entomologie. Qui est en forme de canal.

— ÉTYM . Canal, et forme.

f CANALISABLE (ka-na-li-za-bl 1 ), adj. Terme deponts et chaussées. Qui peut être canalisé.

— ÉTYM . Canaliser.

f CANALISATION (ka-na-li-za-sion), s. f. Termede ponts et chaussées. Action de canaliser un fleuveen le rendant navigable, une contrée en la perçantde canaux.

t CANALISÉ, ËE (ka-na-li-zé, zée), part, passé.Rivière canalisée. Pays canalisé, pays percé do ca-naux.

t CANALISER (ka-na-li-zé), v. a. Terme deponts et chaussées. Établir des canaux ; rendre na-vigable. Canaliser un pays. Canaliser un coursd’eau.

— ÉTYM . Canal.

CANAMELLE (ka-na-mè-1’), s. f. Terme de bota-nique. Nom de la canne à sucre.

— ÉTYM . Bas-lat. cannamella, de canna, canne(voy. ce mot), roseau, et de mel, miel (voy. ce mot) :canne à miel.

CANAPÉ (ka-na-pé), ». m. || 1» Grand siège à dos-sier où plusieurs personnes peuvent s’asseoir et qui

peut aussi servir de lit de repos. Un fauteuil

m embarrasse; Un homme là dedans est tout enve-loppé; Je ne me trouve bien que dans un canapé,anoNARD, Distrait, m, 2 . Le roi donna l’exemple :il se priva de toutes ces tables d’argent, de ces can-délabres, de ces grands canapés d’argent, qui étaientdes chefs-d’œuvre de ciselure des mains deBallin,volt, louis XIV , 30. || Sous la Restauration, le ca-napé,nom que l’on donnait aux doctrinaires, à causeque l’on disait qu’ils formaient une coterie si peunombreuse qu’elle tenait sur un canapé. || 2° Chaisede bois à l’usage du raffineur de sucre.

hist. xvi« s. Entre les précieux conopées, entreles courtines dorées, rab. Pant. lit, 4 5 .

— ÉTYM . Bas-lat. canapeum. par corruption dugrec xtovwittîov, lit garni de rideaux pour écarter lescousins, de xwvw];, cousin.

CANAPSA (ka-na-psa), ». m. || 1“ Havre-sac.|| 2° L’homme même qui le porte. Un pauvre canapsa.|| Ce mot a vieilli.

— HIST. xvi* s. Un canapsa, un petit pot cassédemi plein de beurre fort.... d’aub. Fœn. m, 3.

— ÉTYM . Allem. Schnappsack, sac, de schnap-pen, rechercher, pourchasser, et Sack, sac.

CANARD (ka-nar; le d ne se lie pas : le ka-naret l’oie ; au pluriel l’s ne se lie pas : les ka-nar et lesoies; d’autres lient cette s ; les ka-nar-z et les oies),s.m. || 1* Oiseau palmipède, lamellirostre, vivantà l’état sauvage et domestique, recherché pour sachair. || Canard musqué, oiseau d’Amérique , nomméà tort canard de Barbarie. || Familièrement. Mouillé,trempé comme un canard, très-mouillé. 11 vint icimouillé comme un canard, sév. 4 03.j j Plonger commeun canard, très-bien plonger; et figurément, s’es-quiver, se soustraire à un danger. || Familière-ment. C’est un canard privé, c’est-à-dire c’est unhomme qui joue le rôle du canard privé, qui parson cri attire dans le piège les canards sauvages.|| 2° Populairement, conte absurde et par lequel onveut se moquer de la crédulité des auditeurs. Cettenouvelle n’était qu’un canard. Je suis fâché de nevous avoir pas traité comme mon enfant; vous leméritiez mieux que ce donneur de canard à moitiéqui nous promettait tant de châteaui en Espagne ,la Comédie des proverbes, m, 7. Vous serez mis encage; vous êtes un bailleur de canards, Recueil desplus excellents ballets, p. 19, 4612, || 3° Petit im-primé contenant le récit d’un événement du jour etdont on crie la vente à Paris . || Se dit ironiquementde faits, de nouvelles, de bruits plus ou moins sus-pects qui se mettent dans les journaux. Cette nou-velle n’est qu’un canard. Quel canard 1 || 4° Notefausse tirée d’un instrument à anche à sons écla-tants. Cette clarinette fait des canards. || 6° Petitmorceau de sucre trempé dans de l’eau-de-vie oudans le café (comme le canard dans l’eau). || 6° Sorted’artifice lancé dans l’eau. || 7° Espèce de filet sou-tenu par des roseaux. || 8° S. m. plur. Conduits d’airdans des galeries souterraines de mines. || 9° Adj.Chiens canards, chiens à poil épais et frisé qu’ondresse à aller chercher dans l’eau les canards atteintspar le chasseur; et, substantivement, un canard.|| Bois canards, morceaux de bois flotté qui vont àfond ou s’arrêtent sur les bords. || Terme de marine.Bâtiment canard, barque canarde, etc. qui tanguebeaucoup et embarque de l’eau par l’avant.

— HIST. xvi* s. Et en sort une troisiesme et bas-tarde race, quand le canard d’Inde et la cane com-mune s’accouplent ensemble, o. de serres, 346. Lacharge d’un canard est de huit ou dix canes, id. 377.Vendre ou donner un canard à moitié, mentir, endonner à garder, en faire accroire, cotgrave. Ilbaissait la teste comme un canard [il était honteux],Nuits de Straparole, t. i, p. 92, dans lacurne.

— ÉTYM . Voy. cane. Bourguig. cainar; bas-lat.canardus, sorte de navire. Un canard, pour unebillevesée, vient de l’ancienne locution : vendre uncanard à moitié; locution dans laquelle on a sup-primé d moitié. Il est clair que vendre un canard àmoitié, ce n’est pas le vendre du tout ; de là le sensde attraper, moquer.

CANARDÉ, ÉE (ka-nar-dé dée), part, passé. Lessoldats canardés des fenêtres de chaque maison.

t CANARDEAU (ka-nar-dô), ». m. Jeune canard.Des canardeaux.

CANARDER (ka-nar-dé). || 1” V. a. Faire feu d’unlieu où l’on est à couvert. Les soldats embusqués ca-nardaient les assaillants. || 2° V. n. Tirer du hautboisou de la clarinette un son rauque ou nasillard commele cri du canard. || 3° Terme de marine. En parlantd’un bâtiment, plonger par l’avant dans la mer.

— HIST. xvi* s. Il passa la riviere malgré ces ar-quebusiers qui le canardoient dans l’eau, d’aubig.Vie, xviii.

— ÉTYM . Canard, d’après la manière dont ontire le canard au marais.

CANARDIÈRE (ka-nar-diê-r’), s. f. || 1» Place dis-posée avec art dans des lieux marécageux, pour yprendre ou tuer des canards sauvages. || 2° Guérite,lieu couvert, pour tirer à l’abri. || 3° Long fusil àgrande portée pour la chasse des canards sauvages.Il 4° Pièce d’eau pour les canards dans un parc.

— ÉTYM . Canard.

CANARI (ka-na-ri), ». m. Serin des lies Canaries .|l On écrivait jadis étymologiquement Canaries :faire couver des Canaries , la bruy. 4 3.

— ÉTYM . Iles Canaries, en latin canariæ, parce

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qu’on prétendait y avoir vu beaucoup de chiens,canes (voy. chien).

f CANARIE (ka-na-rie), ». f. Vieille danse où lecavalier et la dame, après s’être séparés, dansaienttour à tour l’un devant l’autre, en affectant quel-ques poses et gestes étranges et bizarres pour figurerles sauvages de qui on disait que cette danse étaitimitée.

— HIST. xvi* s. Et puis Mme de la Chastre, aprèsavoir dansé une canarie sur le sang, et chanté, jesuis vangée, elle aida à traisner le corps mort auretrait, d’aub. Conf. i, «.La gaillarde, la pavanned’Espagne, les Canaries -.. Le roy lui fit dansercette danse qui avoit alors grande vogue, tandis queM. de Strozze la jouoit sur le luth, brant. Cap. franc.t.m, p. 425, 427 , dans rfcusNE.

— ÉTYM. Les Iles Canaries , dont les habitantssauvages avaient fourni l’idée de cette danse.

t CANARINE (ka-na-ri-n’), ». f. Nom d’un genrede plantes dont la fleur est en clochette.

f CANASSE (ka-na-s’) ou CANASTRE (ka-na-sti-’), s. m. Terme de commerce. ||1° Caisse à thé.|| 2° Boîte à tabac. || Tabac contenu dans cette botte.

— ÉTYM . Kàvaatpov, en latin canistrum, cor-beille; dérivé de xàvr), canne, roseau.

CANCAN (kan-kan), ». m. || 1° Bruit, scandalefait mal à propos. Il fit un grand cancan de peu dechose. En ce sens on écrit aussi quanquan. Oui j’i-rais imiter ces faiseurs de cancans, Cercle desfemmes, dans leroux, Dict. comique. La reineaucontraire tint bon, Et repartit toujours que non,Lui dit [au président Molé] que ce qu’elle a faitfaire, Elle l’a jugé nécessaire, Et qu’il faisait ungrand cancan D’un bruit qui n’était pas si grand,saint-julien, Le courrier burlesque envoyé à Mgr leprince de Condé dans sa prison, Paris , 4650. || 2° Ba-vardages, malins propos. Cette nouvelle n’est pas sûre,c’est un simple cancan. Il est en butte aux cancansd’une petite ville. || 3° Sorte de danse inconvenantedes bals publics avec des sauts exagérés et des gestesimpudents, moqueurs et de mauvais ton. || Mot très-familier et même de mauvais ton dans le derniersens.

— HIST. xvi* s. Trois ou quatre cents avocats dupalais de Paris s’en allèrent au greffe de la cour yremettre leurs chaperons et protester de cesser leurcaquet ; de quoi les baguenaudiers et pédants firentde grands cancans, ainsi que si le royaulme eust dupérir pour estre repurgé de ces chicaneurs, sully,Mêm. t. iv, p. 478, éd. de 4763.

— ÉTYM . Quanquam, quoique, à cause de laquerelle qu’excita dans les écoles du moyen âge laprononciation de ce mot, les uns disant kan-kan,à l’ancienne mode, les autres kouan-koua-m’, à lanouvelle mode, qui est restée la nôtre. C’est là l’é-tymologie traditionnelle; cependant il y a dansl’ancien français caquehan, assemblée tumultueuse,tapage, querelle : xiv* s. Les dits habitans se pour-ront assembler pour eux conseiller et taillier, sansqu’il puisse estre dit caquehan, du cange, caquus.Comme les habitans de la ville d’Arras fussent alezpar maniéré d’assemblée, monopole et caquehan,id. ib. xv* s. Se nul est trouvé qui face quaquehan neharelle, id. ib. On trouve aussi taquehan dans le mêmesens : xiv* s. Pour eschiver touz perilz, conspira-tions et taquehanz, du cange , tanqhuanum. Par ma-niéré de tacaan et venans contre leurs sermens etcontre l’utilité publique, id. ib. Le mot caquehan outaquehan, qui paraît spécial aux provinces du nord,est moins voisin, par la forme, de cancan quel’ancienne étymologie quamquam.

t CANCA NEIt (kan-ka-nél, v. n. \ | 1° Populairement,bavarder. || 2° Danser le cancan.

— ÉTYM . Cancan.

f CANCANIER, 1ÈRE (kan-ka-nié, niê-r’), adj.Qui aime à bavarder. || Substantivement. Un canca-nier, une cancanière. || Mot populaire.

— ÉTYM . Cancaner.

CANCEL (kan-sèl)et,suivant quelques-uns, CHAN-CEL (chan-sèl), s.m. || 1° Dans une église, l’endroitdu chœur voisin du maître autel, et ordinairementfermé d’une balustrade, et où se mettent les minis-tres servant à l’autel. Mot vieilli. || 2“ Le lieu où étaitdéposé le sceau de l’État et qui était entouré d’unebalustrade.

— hist. xii* s. Cele partie devers le west fud cumeli chancels del temple et li sacraries, Rois, 249.|| xm* s. Ovrez les huis de cest chancel ; Nos i ver-rons encor bien cler, Ren. 21298. || xvr s. Vray estqu’en cest endroit il pourrait dire que si bien il estsorti des chanseaux [bornes, limites] es quels il es-tait enclos par sa dite protestation, m. du bell. 496

— ÉTYM . Cancellus , barreau, treillis.