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Tome premier. A - C.
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CAN

t CANCELLATION (kan-sèl-la-sion), s. f. Actionde canceller.

— êtym. Canceller.

f CANCELLE (kan-sè-1”), s. m. Nom d’un petitcrabe ( cancellas).

— ÉTYM . Diminutif de cancer, crabe.

CANCELLÉ, ÉE (kan-sèl-lé, lée), part passif.

Biffé, annulé. Lettres cancellées et annulées. || Termedidactique. Oui a la forme d’un grillage.

CANCELLER (kan-sèl-lé), v. a. Terme de juris-prudence qui a vieilli. Annuler une écriture en lacroisant par des traits de plume, ou en y donnantun coup de canif.

— HIST. xv* s. Et si rien d’outrageux avoit eu ladite emprise, on le cancellerait et amenderait, frois-sart, m, iv, 6. Jevous proraectque je feray rompreet canceller l’autre scellé, Lettr. de louis xi , Bibl.des Chartes, 4* série, t. i, p. 46. De le cancellerou transcripre [son testament] De sa main, ne sceutil escripre, Interpréter et donner sens, A son plai-sir, meilleur ou pire, De poinct en poinct je m’yconsens, villon, Grand Testament. || xvi* s. Je nedispute point qu’il faille rejettertous les conciles, etrescinder les actes de tous, ou canceller depuis unbout jusques à l’autre, calv. lnstit. 938.

— ÉTYM . Provenç. cancellar; espagn. cancelar;ital. cancellare ; du latin cancellare, biffer, couvrirde barreaux, de cancellus, barreau, cancel (voy. cemot).

CANCER (kan-sèr), s. m. || 1 * Terme d’astrono-mie. Nom d’une des constellations zodiacales, figu-rée par une écrevisse. || Celui des signes du zodia-que qui, par suite de la révolution annuelle de laterre, semble parcouru par le soleil A peu près du20 juin au 20 juillet. Au temps d’Hipparque , cesigne coïncidait précisément avec la constellationdu Cancer; ce qui lui en a fait donner le nom. Au-jourd’hui, par suite de la précession des équinoxes,il en est fort éloigné, de sorte qu’il faut distinguerle signe de la constellation, et entendre par le signedu Cancer l’arc de trente degrés parcouru dans l’é-cliptique à partir du solstice d’été. || Le tropique duCancer, ou septentrional, tropique qui passe par lepremier point du signe du Cancer , c’est-à-dire decelui qui est parcouru du 20 juin au 20 juillet.|| 2“ Terme de médecine. Tumeur qui peut se dé-velopper dans tous les tissus du corps, qui souvents’ulcère et ronge les parties, et qui, souvent aussi,enlevée ou détruite, repullule. || Fig. Le luxe est uneplaie qui est devenu le cancer intérieur qui rongetous les particuliers, st-sim. 4h, 147.

— HIST. xvi* s. Charbon, cancer, gangrené....

PARÉ, V, 7.

— ÉTYM . Provenç. et espagn. cancer ; ital. can-chero; du latin cancer, grecxapxivoi;, sanscrit, kar-kata. Cancer , en chirurgie, a été dit ainsi à causedes bosselures et des veines qui l’ont fait grossière-ment comparer à un crabe.

CANCÉREUX, EUSE (kan-sé-reû, reû-z ’),adj.Terme de médecine. Qui est de la nature du can-cer, qui tient du cancer. Ulcère cancéreux.

— ÉTYM . Cancer.

t CANCÉRIDE (kan-sé-ri-d’), s. m. Terme d’his-toire naturelle. Nom d’une famille de crabes.

— ÉTYM . Cancer, crabe.

+CANCÉRIFORME (kan-sé-ri-for-m’), adj. Termede pathologie. Qui a la forme du cancer.

— ÉTYM . Cancer et forme.

f CANCERILLE (kan-se-ri-11’, Il mouillées), s. f.Le garou ( daphne mezereum, L.).

t CANCHE (kan-ch’), s. f. Genre de la famille desgraminées (aira, L.), qui sert de fourrage.

CANCRE (kan-kr’), s. m. || 1“ Espèce d’écrevissede mer, dite aussi crabe. || 2° Fig. et familièrement,homme avare, rapace et haïssable. J’ai compris qu’ilignorait ce cancre.... —Eh! le cancre....— C’estle mari! ....un peu risqué, bayard et laya, L'étour-neau, i, 2. || Homme sans position, sans ressources.Cancres, hères et pauvres diables, Dont la conditionest de mourir de faim, la font. Fabl . i, B. || Mau-vais écolier.

— HIST. xvi* s. Cancre! le diable m’emporte sij’y retourne, Dialogues de tahureau, p. 147, danslacurne. Cancre est ici une sorte d’exclamation.

— ÉTYM. Prononciation picarde de chancre (voy.ce mot).

t CANCRELAS (kan-kre-lâ) ou CANCRELAT(kan-kre-la ), s. m. Blatte américaine, communedans les ports de mer d’Europe , où elle a été in-troduite, et qui infeste les magasins de sucre etautres denrées coloniales. || On dit aussi kakerlaet cakerlat.

— ÉTYM . Holland, kakerlak.

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t CANCRIFORME (kan-kri-for-m’), adj. Termede zoologie. Qui a la forme d’un crabe.

— ÊTYM . Cancre et forme.

j- C.4NCRITE (kan-kri-t’), s. f. Crabe pétrifié,crabe fossile.

— ÊTYM . Cancer, crabe.

f CANCRIVORE (kan-kri-vo-r 1 ), adj. Terme d’his-toire naturelle. Qui mange les crabes. Sarigue can-crivore.

— ÉTYM . Cancer, crabe, et vorare, manger.

f CANCROÏDE (kan-kro-i-d’), adj. Terme de mé-decine. Qui a l’apparence du cancer. || S. m. Uncancroïde, tumeur épithéliale, autrefoisditecancer,et affectant la peau ou les muqueuses.

— ÉTYM . Cancre. etelSoç, forme.

j- CANDÉFACTION (kan-dé-fa-ksion), s. f. Termede métallurgie. Action de chauffer à blanc.

— ÉTYM . Candere, devenir blanc (voy candeur),et facere, faire.

CANDÉLABRE (kan-dé-la-br’ ou kan-dê-lé-br’),s. m. || 1° Grand chandelier à plusieurs branches.|| Fig. Mais la nuit rend aux cieux leurs étoiles,leurs gloires, Candélabres que Dieu pend à leursvoûtes noires, v. hugo, F. d’Aut. 52. || 2° Grand chan-delier fait à l’antique. || 3“ Terme d’architecture.Couronnement en balustre et figurant une torchère.

— H(ST. xn* s. E dunad [il donna] le peis [poids]delà merveilleuse vaissele que de or que de argent,e des chandelabres e des luminaries e des ta-bles, Rois, 244. || xm* s. Je ne di pas s’il fust àpoint Que plains li chandelabres fust Ou li granzchandeliers de fust, ruteb. 307. Et les deus candé-labres qui là sont alumé [à la Mecque ], En Jhursa-lem seront au sépulcre posé, Ch. d’Ant. v. 621 .Et quant il volt alercoucier, Les candelarbres voitdrecier, Partonopeus, v. 1697. ||xiv* s. Les noblescandélabres, qu’à Mieques sont assis.... Baud. deSeb. i, < 088 . ... Il vout [voulut] que sa lumière Feustsur le candélabre miseenbone manière, Girart deRoss. 2402.

— ÉTYM . Candélabrum, de candela, chandelle(voy. ce mot) ; provenç. candélabre; anc. catal. can-dalobre; ital. candelabro.

f CANDELETTE (kan-de-lè-t’), s. f. Terme demarine. Gros palan.

— êtym. Diminutif de chandelle.

CANDEUR (kan-deur), *. f. Qualité morale quifait qu’une âme pure et innocente se montre tellequ’elle est, sans défiance. Et, quel que soit le but oùtendent leurs desseins, Si la candeur n’y règne ainsique l’innocence, Ce qu’ils font pour un bien leursemble être une offense, la font. Captivité de St.Male. Mainte peste de cour fit tant par maint res-sort, Que la candeur du juge, ainsi que son mérite,Furent suspects au prince.... id. Fabl . x, 10 . Lesdieux ont sur son front imprimé la candeur, volt.Mérop. U, 2 . De l’innocence en vous que j’aime lacandeur, id. Olymp. u, 3. Une certaine candeurqui peut n’accompagner pas de grandes vertus, maisqui les embellit beaucoup, était une de ses qualitésdominantes, fonten. des Billettes. La grâce, la can-deur, la naïve innocence Ont, depuis ton enfance,De tout ce qui peut plaire enrichi ta beauté, a.chén. Odes, 7. Une muse naïve et de haines exempte,Dont l’honnête candeur ne garde aucun secret, id.Élig. 9. L’amicale douceur de tes chers entretiens,Ton honnête candeur, ta modeste science, De toncœur presque enfant la mûre expérience, id. ib. 31.En lui l’on voit régner une candeur extrême; Ilr’affecte en ses mœurs aucun déguisement, Etdans tout ce qu’il fait il agit franchement, haute-roche, l’Amant qui ne flatte point, il, 8.

— hist. xvi' s. Ceste mesme candeur, ceste grâcedivine Qu’en ton Virgile on voit.... du bellay, vi,39, recto.

— ÉTYM . Provenç. et espagn. candor; ital. candore;de candorem, blancheur, du verbe candere, êtreblanc, brillant. Mot introduit par le xvi* s.

1 . CANDI (kan-di), adj. m. Sucre candi, sucredépuré et cristallisé. Nous aperçûmes de loin unelie de sucre avec des rochers de sucre candi et decaramel, fën. xix, 38. J’y vois de gros gardes Cui-rassés de bardes, Portant hallebardes De sucrecandi, bérang. Cocag. || Substantivement. Candiblanc, rouge, en poudre. || Une substance est diteau candi, quand elle est couverte de cristaux desucre.

— HIST. xvi' s. Eau d’orge, en laquelle avois faitbouillir miel rasât et sucre candi, paré, viii, 32.

— ÉTYM . Italien, zucchero candi, sucre candi.Dans un auteur italien de I3iu, candi se trouve em-ployé. De l’arabe kand, sanscrit khanda, 2* prépa-ration du sucre indien ; khanda signifie primitive-

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ment un morceau. Cela écarte la dérivation d’unverbe candir (namurois, chandi), échauffer; carcandi, s’il avait cette origine, ne se trouverait pssdans un texte italien du commencement du xiv* siè-cle; circonstance qui mène à une étymologie orien-tale.

2. CANDI, IE (kan-di, die), part, passé. Fruitscandis, ou, substantivement, candis, fruits que l’onconserve en faisant candir du sucre dessus.

CANDIDAT (kan-di-da; le t ne se lie pas dans leparler ordinaire; au pluriel I’t se lie : les kan-di-da-z et leurs juges; candidats rime avec appas, fra-cas, etc.), s. m. || 1' Celui qui, à Rome , aspirait àquelque charge ou dignité, et qui, pour l’indiquer,s’habillait de blanc. || 2“ Celui qui postule une place,une fonction. Candidat à la députation, à l’académie.Ce candidat n’a pas réussi. || Celui qui est inscritpour quelque examen.

— HIST. xvi* s. Ce sont [les créanciers qui espè-rent que je les payerai] mes candidats, mes para-sites, mes salueurs, mes diseurs de bons jours, mesorateurs perpétuels, rab. Pant. m, 3.

— ÉTYM . Candidatus, vêtu de blanc, de candi-dus (voy. candide).

CANDIDATURE (kan-di-da-tu-r’), s. f. État decandidat ; poursuite que fait un candidat. Sa candi-dature pour la chaire de littérature grecque.

— ÉTYM . Candidatura, de candidatus, candidat.

CANDIDE (kan-di-d’), adj. Plein de candeur, en

parlant des personnes. Un homme candide. O di-vine amitié, source des plus doui biens, Quand tuveux enflammer la candide jeunesse, L’amour n’apoin( de traits aussi prompts que les tiens, masson,Helvét. iii. Ma fille assurément n’est point une stu-pide; Mais dans son procédé je la trouve candide,hauteroche, T Amant qui ne flattepoint , iv, 3. || Enparlant des choses. Physionomie candide. Il répon-dit par quelques paroles candides.

— HIST. xvi* s. Que pleust à Dieu , le natureld’un chacun estre aussi candide à louer les vertus,comme diligent à observer les vices d’autruy, nubellay, i, 22 , recto. Certaines pierres d’agate etautres, qui estoyent candides sur la partie supé-rieure, et tenebreuses en la partie inferieure, pa-lissy , 297. Desquelles cendres l’on pourra faire duverre qui sera transparent et candide, id. 335. Il nosçait pas, pour avant jeu, capter la benevolence ducandide lecteur, mont, i, 188 .

— ÉTYM . Candidus, blanc, de candere, être blano(voy. candeur) ; espagn. et ital. candido. Le blancest le symbole de l’innocence. Mot du xvi* s.

CANDIDEMENT (kan-di-de-man), adv. Avec can-deur. 11 y a des gens qui parlent candidement quandils veulent taire une vérité, Dict. de Trévoux, dans

DESFONTAINES.

_HIST. xvi* s. Pourquoy ne sera-t-il permis de

candidement confesser que l’on ignore? charron,Sagesse, h, 2.

— ÊTYM . Candide et ment (voy. ment).

CANDIR (SE) (kan-dir), v.réft. || l'Devenir candi.Ce sucre ne se candit pas bien. || Absolument et avecsuppression du pronom personnel, faire candir du su-cre. || 2° Les confitures se candissent. Une prépara-tion se candit, quand le sucre, montant à la surface,s’y cristallise.

— HIST. xvi* s. Le temps à la longue fait candirle sucre, sans moien, dans le fruit, à la louange en-tière de la confiture, o. de serres, 855. Le succre,se candissant de soi-mesme dans le fruit, à la lon-gue, le tient gros et ferme, id. 869.

— ÉTYM . Candi.

j-CANDISATION (kan-di-za-sion), s. f. Opérationpar laquelle on obtient le sucre candi et les sub-stances candies.

— ÉTYM . Candir.

| CANDISSOIRE (kan-di-soi-ri), î. f. Yase danslequel on fait candir les substances qu’on veut cou-vrir d’une couche de sucre cristallisé.

— ÉTYM . Candir.

CANE (ka-n’), s. f. La femelle du canard. || Fami-lièrement. Marcher comme une cane, marcher en sedandinant. Il est vrai, je l’avoue ici, Saint-Amandn’est pas diaphane; Il est gros et gras, Dieu merci,Et tord la croupe en cul de cane, st-amant,Épigr. 27. || Faire la cane, faire un plongeon, ouse jeter à plat ventre. La nef du fort Ilionée.... Celledu fidèle Achatès.... Faisoientenmercentpiroueites;Qui pis est, la cane souvent, scarron, Kir g. trav. i.|| Fig. Se dérober à propos, faire le plongeon àl’approche du danger, montrer de la poltronnerie.

— HIST. xm* s. L’en vendoit les froumaiges et lespoules et les annes, Hist. occid. des croisades, t. i,p. 493 . || xiv* s. Où il a estang bien garny D’oiseaulx