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filets d’émail que les êmailleurs tirent pour mettrel’émail en état d’être employé. || Terme de plombier.Gouttière de plomb ronde avec des feuillages, etfaite en forme de canon. || Pot de faïence un peulong et rond où les pharmaciens mettent les éleo-tuaires et les confections. || Canon à dévider, espècede petit bâton tourné avec des rebords, qui, presqueà son extrémité, a un trou pour mettre la brochedu rochet. || Petite bobine sans bord, qui se metdans la boîte de l’époulin, et sur laquelle se dévi-dent l’or, l’argent et la soie. || Tuyau qui entredans le corps d’un arrosoir, et au bout duquel est lapomme percée de petits trous. || 4° Terme de vété-rinaire. Région des membres tant antérieurs quepostérieurs du cheval, ayant pour base les os méta-jarpiens ou métatarsiens. || Os de la jambe ducheval, qui répond, dans les membres antérieurs,au métacarpe, et, dans les postérieurs, au méta-tarse du squelette humain. L’articulation qui joint lecanon au tibia, j. j. rouss. Orig. notes. || Termed’équitation. Chacune des deux parties du mors quiappuient sur les barres. || 5° Ornement de drap, deserge ou de soie qu’on attachait au bas de la cu-lotte, froncé et embelli de rubans, faisant comme lehaut d’un bas fort large. Sont-ce ses grands canonsqui vous le font aimer? L’amas de ses rubans a-t-il suvous charmer? mol. Mis. n, t. || Ornement detoile rond, fort large et souvent orné de dentellequ’on attachait au-dessous du genou et qui pendaitjusqu’à la moitié de la jambe pour la couvrir. Deces larges canons, où comme en des entraves Onmet tous les matins ses deux jambes esclaves, mol.Éc. des maris, i, e. Le courtisan portait de largescanons, labruy. 43. || Nomquelestailleursdonnaientaux deux tuyaux de chausses où l’on mettait lescuisses, et aussi au haut des bas de laine ou desoie (bas à canon) qui s’élargissaient en sorte qu’on ypût mettre les cuisses, j ! 6” Terme de pêche. Canon-itarpon, sorte d’arme pour atteindre les baleines,il Bâton pour tenir un filet tendu.
— HIST. xiv* s. Pour la ville assaillir [ils] orde-nerent quanons, Pour les arbalestriers et pour lesarchiers bons, Guesclin, 8026 . F.t avoient en l’ostbien quatre cent canons [engins de toute sorte] miset assis tout autour de la Tille, froiss. u, h, 29. CesFlamands avoient apporté en leurs nefs canons etarbalestes, dont ils tiraient les carreaux si grans etsi très forts que, quant aucun en estoit féru, il n’yavoit point de remede qu’il ne fust mort, froiss. liv. ii ,p. 7t , dans lacurne. Ceux de Bruges commencèrentà tirer et à getter canons ; adont ceux de Gand se mi-rent en un mont et firent tout à une fois decliquer troiscens canons, id. ib.p. < 80 . || xvi* s Marquetz [les Vé-nitiens, ainsi nommés de St-Marc] tirent canons, ar-balestesdesbandent.... j. marot, v, 1 64. [On entend]canons bruyre et tonner, n>. v, 166 . Doubles canonset longues serpentines, id. v, 212 . Pistoles sont pe-tites arcbuzes qui n’ont qu’environ un pied decanon, m. du Bellay, 688. Une furieuse batteriede soixante canons ou doubles canons, d’aub. Hist.i, 243. Ce fut lors que le canon joua, îo.IIist.i, 274.Peu d’arquebusades prirent.... la pluspart tirèrentle canon appuié [à bout portant], id. Hist. i, 288 .Estropié d’un esclat de canon, id. Hist. i, 290. Ilsavoient six pièces de campagne et quatre canons,id. Hist. i, 338. Place incapable d’attendre un canonr’acourci, id. Hist. il, 276. Là le peuple se pourraitmaintenir, aiant du canon, contre une armée Tur-quesque, id. Hist. u, 438. Trois gros canons, undemi canon et trois bastardes, id. Hist. ni, 468.Dix canons, sans les pièces de fer, id. ib. in, 446.H faut avoir un canon [canule], paré, vn, 6....Et lorsqu’on le voudra donner au patient, estant enla chausse ou canon à clystere, on y adjoustera unedragme d’huile de genevre, id. xv, 39. Canons,doubles canons pour donner clysteres avec chausseset seringuejs, id. m, 639. Le remede est d'enteren canon ou escusson les arbres aians besoin detel affranchissement, o. de serres, 464. Aussi sonttrès proprement entés plusieurs arbres en canon,comuchet, tuiau, flusteau; ainsi ditte telle sorted’enter des instrumens de ces noms.... Voustiendrésle canon d’une main, et le reste dujetton de l’autre,en tordant avec un peu de violence pour séparer lecanon du bois avec les germes attenans aux oeillets,ID. 670.
— ÉTYM . Provenç. canon, tuyau; catal. canô;itaL cannone, augmentatif de corme, par assimila-tion de forme. Le canon , mot qui paraît s’être intro-duit au moment où Ton commença d’employer lesarmes à feu, se confondit d’abord avec les anciensengins, et signifia concurremment un engin, sansdoute de forme tubulaire, oui lançait des carreaux
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et du feu grégeois; il signifia aussi le carreau, letrait lancé par le canon.
2 . CANON (ka-non), s. m. Sorte de mesuredes liquides. Le canon était la moitié du poisson; ilvalait 4/(6 de pinte; on le dit à présent de 4/46 delitre.
— ÉTYM . Même radical que dans canette 2.
3. CANON (ka-non), s. m. || 1° Régie, décret, enparlant des décisions des conciles sur la foi et la dis-cipline. Les Pères qui ont fait les canons.... boss.Satisf. 2 . On se fonde sur un canon qui dit que lamalice peut suppléer à l’âge, montesq. Bsp. xxiii, 7.Comme vous vous êtes trouvés embarrassés entreles canons de l’Église qui imposent d’horribles pei-nes aux simoniaques, et l’avarice de tant de per-sonnes qui recherchent cet infâme trafic, pasc.Proc. 4 2. || Adjectivement. Droit canon, droit ecclé-siastique, fondé sur les canons de l’Église, les décré-tales, etc. Docteur en droit canon. Corps du droitcanon, recueil des canons, décrétales, etc. y 2“ Ca-talogue des saints reconnus et canonisés par l’Églisecatholique. || 3° Ensemble des livres admis comme di-vinement inspirés. Le canon des Écritures chez lesJuifs, chez les chrétiens. L’Église amis le livre desMachabées dans son canon, boss. Averties. 6. LesJuifs n’ont jamais inséré le livre de Tobie dans leurcanon, volt. Phil. iv, 432. || Chez les grammairiensd’Alexandrie , liste des auteurs considérés commemodèles; et, en général, toute liste donnée commeauthentique des écrits d’un auteur dont l’authenticitéa été controversée. Le canon des livres d’Hippocrate ,d’Aristote . || Les grammairiens disent aussi canonpour règle : Hérodote est le canon du dialecteionien. || 4° Terme de chronologie. Canon pascal,table des fêtes mobiles, dressée pour plusieurs an-nées. || 5° Prières qui commencent immédiatementaprès la préface de la messe et qui contiennent lesparoles sacramentelles et des oraisons jusqu’au Pa-ter exclusivement. || Canon de la messe, tableauécrit ou imprimé qui contient les paroles sacramen-telles, et toute la partie du canon de la messe quele prêtre lit pendant la consécration, où la positionqu’il occupe ne lui permettrait pas de se servir dumissel. || 6* Terme de musique. Sorte de fugue qu’onnomme perpétuelle, où les voix, partant l’une aprèsl’autre, répètent sans cesse le même chant. Canonà l’octave, canon à la quinte. Canon à trois voix.Canon renversé, celui que Ton peut chanter égale-ment en lisant la musique comme elle est écrite,ou en renversant le papier et commençant par cequi était la fin dans la première exécution. Unenfant commençait le verset d’un psaume et lesoutenait ainsi sur une seule note, tandis qu’unpapas chantait le même verset sur un air diffé-rent et en canon, ciiateaub. ltin. u, 70. || Dansl’ancienne musique, l’instrument et la méthode quiservait à déterminer les intervalles des sons. 117° Termede mathématiques. Ancien synonyme de méthode,de formule et de table. || 8° Terme de paléographie.Règle à régler le papier. || 9° Terme d’imprimerie.Triple canon, gros canon, les plus gros caractèresaprès la grosse non-pareille. Petit canon, le sixièmecaractère en partant de la grosse non-pareille. Main-tenant c’est par points qu’on désigne le calibre descaractères. Le triple canon est de 72 points; le dou-ble canon est de 56 points; le gros canon est de44 points. || 10° Ancien terme de palais. Canon em-phytéotique, revenu annuel que devait celui quiavait pris un héritage à bail emphytéotique.
— HIST. xiii* s. Harpes et rotes et canons [sorte
d’instrument de musique], du cange, canon. Et airenonciéen ce fet à tout ayde de droit, de loi, decanon et de coustume de païs, beaum. xxxv, 20 . Cipoez novel droit aprendre ; Mès je ne sai commenta non, Qu’il n’est en droit ne en canon, ruteb. 72.Et il respondoient que li canon qui ce disoient par-loient de moines, non pas de chanoines, Lût. dejust. 4 02 . || xvi' s. Combien que les evesques an-ciens ayent fait beaucoup de canons ou de reigles....Calvin , Instil. 867. Les héritages chargez de rentene pourront estre saisis par faute de payement quepour le canon de la demiere année seulement, Nouv.coustumier génér. t. n, p. 852. ......
CANONIAL, ALE (ka-no-ni-al, a-1’), adj. || 1° Quiest réglé par le canon. Heures canoniales, les pe-tites heures du bréviaire, qui sont laudes, prime,tierce, sexte, none, vêpres et compiles, ainsi nom-mées parce qu’on a appelé autrefois canon l’officeecclésiastique. 11 2° Qui est de chanoine, qui convient,qui appartient à un chanoine. Office canonial, toutl’office que les chanoines chantent dans l’église. Lesoffices canoniaux. Maison canoniale, maison affec-
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tée à une prébende de chanoine. Vie canoniale, vieprescrite aux chanoines en communauté.
— HIST. xiv* s. Le chapitre aura vint et sis me-sons canoniaus en la ville de Chartres , du cange,canonicalis. || xv* s. Et après, il est notoire à tous
ue diligemment et dévotement il oyoit messe.... et
isoit tous les jours ses heures canoniaux sans dé-laisser, MONSTRELET , liv. I, ch. 47.
— ÉTYM . Bas-lat. canonicalis, de canonicus, cha-noine. Mesons canoniaux est très-correct dans l’an-cien français où canoniaux représente le latin ca-nonicales pour le masculin et le féminin.
f CANONIALE MENT (ka-no-ni-a-le-man), adv.D’une façon canoniale.
— hist. xiii' s. Je promet à tei mon seignor telpatriarche de Jérusalem et à tes successors cano-niaument entrant.... Ass. de Jérus . i, 29 .
— ÉTYM . Canoniale au féminin, et le suffixe ment(voy. ment). Dans canoniau-ment, à l’historique, ca-noniau, c’est-à-dire canonial, est au féminin ancien.
CANONICAT (ka-no-ni-ca; le t ne se lie pas; aupluriel l’s se lie : les ka-no-ni-ka-z et les évêchés;canonicats rime avec las, mâts, etc.), s. m. || 1“Au-trefois le bénéfice d’un chanoine (il n’existe plus debénéfices ecclésiastiques en France ). Vous m’avezpromis un canonicat pour son frère, sév. t. Cesbiens [ecclésiastiques], partagés en diverslots, pri-rent le nom de prébendes de canonicat, chateaub.Génie, iv, m, 2 . || Fig. et familièrement. C’est unvrai canonicat, une place lucrative et où pourtantil n’y a rien à faire. || 2° Aujourd’hui, fonction dechanoine, rétribuée sur le budget de l’État.
— ÉTYM . Bas-lat. canonicatus, de canonicus, cha-noine (voy. chanoine).
CANONICITÉ (ka-no-ni-si-té), s. f. Qualité de cequi est canonique. Passons donc une même canoni-cité à ces livres contestés ou non contestés, boss.Projet. Un concile d’une si médiocre canonicitépourrait avoir de grandes suites, st-sim. 465, 91 .
— ÉTYM. Canonicus , canonique.
CANONIQUE (ka-no-ni-k’), adj. Conforme aux ca-nons. Le suffrage du peuple est la seconde marqued’une vocation canonique, mass. Confér. Voc. à l'é-tat ecclés. Quelque empêchement canonique qui vousrende indigne du ministère, id. ib. Ils ne reçoiventpas les livres des Machabées pour canoniques [ils neles admettent pas dans le canon des Écritures], boss.Avert. 5. || Fig. et familièrement. Cela n’est pas cano-nique, cela n’est pas conforme aux règles. || 2° Droitcanonique, droit canon. Le droit ecclésiastique, au-trement appelé canonique, montesq. Espr. xxvi, 4.|| 3° N. f. Terme d’ancienne philosophie. Partie de ladoctrine d’Épicurequi renferme les lois de la raison.
— REM. D’après Ménage, ce sont MM. de Port-Royal qui se sont avisés les premiers de dire droitcanonique au lieu de droit canon. Cet exemple a étéimité par Bossuet , par Fleury et Durand de Mail-lane. Droit canonique paraît le meilleur.
— HIST. xiii' s. Et défendrai les canoniques et lesanciens privilèges et les deues leis, Ass. de Jér. 1 , 30.
|| xvi' s.Afin qu’il ne semble que je veuille ad-
vouer ce livre-là pour canonique, calv. Inslit. 628 .Il ne faut nullement souffrir que l’election canoni-que soit ostée, et que le roy constitue à son plaisirdes evesques, id. Instit. 867.
— ÉTYM. Canonicus (voy. chanoine).
CANONIQUEMENT (ka-no-ni-ke-man), adv. Se-lon les canons. Chassé de son siège par Constance,Athanase fut rétabli canoniquement par le pape,boss. Hist. 1 , 44.
— ÉTYM . Canonique, et le suffixe ment
f CANONISABLE (ka-no-ni-za-bl’), adj. Qui mé-rite d’être canonisé.
— hist. xvi' s. Louable, méritoire et canoniza-ble, charron, Sagesse, p. 342, dans lacurne.
CANONISATION (ka-no-ni-za-sion), s. f. Décla-ration par laquelle le pape met dans le cataloguedes saints une personne morte en odeur de sain-teté. Procès-verbal de canonisation.
— hist. xvi' s. L’apothéose ou canonisation desquatre evangelistes et martyrs, saints Louchard, etcSat. Ménipp. 26.
CANONISÉ, ÉE (ka-no-ni-zé, ée), part, passé.|| 1* Mis au nombre des saints. Louis IX , roi deFrance, canonisé. || 2° Mis dans le canon. Un livrecanonisé.
CANONISER (ka-no-ni-zé), v. a. || 1° Mettre dansle catalogue des saints, suivant les règles et avecles cérémonies pratiquées par l’Église. Il est béatifié,mais il n’est cas encore canonisé. On n’attend quesa mort pour le canoniser, Régnier, Sat. w. || 2° Dé-clarer canonique. Il canonisa les deux livres que