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— ETYM. Mot singulier, dans lequel pourtant oncroit apercevoir cant, côté (voy. champ 2).
t CANTII.ÈNE (kan-ti-lê-n’), s. f. Terme de mu-sique. || 1° Nom de la musique ordinaire par oppo-sition à la musique sacrée, dite motet. Il n’est plususité en ce sens. || 2° La moindre phrase musicale,celle que peut trouver, par exemple, un berger,une nourrice, et, subséquemment, mélodie d’ungenre langoureux ou sentimental.
— ÉTYM . Ital. cantilena, chanson; du latin can-tilena , de cantare, chanter.
CANTINE (kan-ti-n’), s. f. || 1° Lieu où Ton vendà boire dans les casernes, les prisons, etc. 11 y a descantines ambulantes qui suivent les troupes en mar-che. || 2° Petite caisse divisée en compartiments qui sertà transporter des flacons de vin et d’autres liqueurs.
— REM. Il ne faut pas employer cantine pourcruche, ni dire : remplissez cette cantine.
— ETYM . Ital. cantina, cave, cellier ; d’après Diez,du même radical que cantone, coin, recoin, d’oùcantine ; d’après Ménage, contraction de canovettina,petite cave, diminutif de canova, cave; mais d’aprèsTardieu, de quintana, lieu dans les camps romainsoù Ton vendait toute sorte de choses, et dont le nométait passé dans le langage vulgaire ; car Suétone ,Néron , 28, dit de ce prince qui, s’amusant à déva-liser les boutiques, s’amusait aussi à vendre le fruitde son pillage : Quintana domi constituta , un mar-ché établi dans son palais. Cette étymologie très-probable suppose une interversion des voyelles. Laquintana était dite de quintus, cinquième.
CANTINIER, 1ÈRE (kan-ti-nié, niê-r’J, s. Celui,celle qui tient une cantine.
CANTIQUE (kan-ti-k’), s. m. || 1“ Chez les Hé-breux, chant d’actions de grâces consacré à la gloirede Dieu. Le cantique de Moïse , deSiméon,eW Mesfilles, chantez-nous quelqu’un de ces cantique*. Oùvos voix si souvent, se mêlant à mes pleurs, De atriste Sion célèbrent les malheurs, ràc. Esth. i, s.Prêtres sacrés, préparez vos cantiques, id. Esth.ni, 9. || Familièrement. Vous l’avez échappé belle,vous pouvez chanter un beau cantique. || Quel canti-que nous chantez-vous là? c’est-à-dire quelle histoirenous faites-vous? || Cantique des cantiques, livre deSalomon qui fait partie de la Bible . || 2° Aujourd’hui,chant d’église en langue vulgaire. Dans oe penseril se carrait, Recevant comme sien l’encens et lescantiques, la font. Fab. v, 14. Ils commenceront àchanter le cantique céleste, mass. Jugement. Avecquelle reconnaissance il chantait le cantique de sadélivrance! fléch. M. de Hont. Les chrétiens s’a-vancent en chantant des cantiques, chatf.au b. Hart.n, 2149. || Terme de liturgie. Cantiques, les ispsaumes graduels qui se trouvent à la fin du livredes Psaumes de David. || Cantiques spirituels, chan-sons sur des sujets de dévotion, qu’on fait ap-prendre et chanter dans les églises aux enfants quivont faire leur première communion, aux membresdes confréries. Les cantiques de St-Sulpice. || 3" Dansun style élevé, toute espèce de chant. Les psaumesavaient succédé aux cantiques des joies du siècle,boss. Anne de Gons.
— HIST. xvi* s. Cantiques spirituels [chansons spi-rituelles], calv. Instit. 711. Avecques un psaumeou cantique En son labeur se soulager, marot, iv, 25.
— ETYM . Bourguig. canticle; provenç. cantic;esp. et ital. cantico; de canticum, de cantus, chant.
CANTON (kan-ton), s. m. || 1° Portion de payscomprise entre certaines bornes. En France , lesdépartements sont divisés par arrondissements, lesarrondissements par cantons, et les cantons parcommunes. || 2° Portion de pays considérée à partdu reste. Que l’homme étant revenu à soi con-sidère ce qu’il est au prix de ce qui est; qu’il seregarde comme égaré dans ce canton détourné dela nature, pasc, Pensées, i, 4. C’était à la campagne,Dans un certain canton de la basse Bretagne , Ap-pelé Quimper-Corentin, la font. Fab. vi, 18. Dececanton l’espérance et l’honneur, voltaire, Scythes,III, I. Suivi de ta meute.... Chasseur, tu parcoursle canton, bérang. P. chasse. || Par extension. Il ya longtemps qu’on ne vous avait vu dans nos can-tons, c’est-à-dire il y a longtemps qu’on ne vous avu chez nous, dans notre ville, dans notre village.Il 3" Terme d’eaux et forêts. Canton de bois, portiondéterminée dans une forêt en vue d’une certainedestination. || 4° Les Cantons suisses sont les diversEtats qui composent le corps helvétique . On con-naît moins dans leur canton Le latin que le bas-breton; Mais ils boivent, comme il me semble,Mieux que tous les cantons ensemble, boisrobert,liv. i, Ép. 42 (allusion au dire qui accuse les Suisses
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d’aimer à boire).J| 5“ Terme de blason. Partie carréede l’écu qui est un peu plus petite que les quartiers.
|| Les espaces des croix et des sautoirs.
— HIST. xih* s. Et le ban doit estre crié en quatrecantons [coins] dou champ, Ass. de Jérus . i, 168 .
|| xiv' s. L’exposant bouta icelui Regnart contre lecornet ou canton [coin] de la porte, du cange,canto. || xvi* s. Il n’y avoit place, canton, carrefourny carroy, qui ne fust garny ou d’un theatre oud’un arc, carloix, iii, 20 . Mesmes qu’on nous avoitasseuré qu’on le vouloit tuer par les rues, où nouspensions nous battre à chaque canton, brant. Descouronnels français , ch. 17.
— ÉTYM . P’ovenc. et ànc. catal. canton, coin,angle; ital. -untone; d’un radical cant qui se trouvedans l’anci-.n français cant, coin; dans l’espagnol etle portugais canto, coin, pointe, caillou; dans l’ita-lien canto, coin, côté, partie; dans l’anglais cant,pan coupé; dans le kymri cant, rebord, cercle d’uneroue; dans le latin canthus, cercle d’une roue,qui, d’après Quintilien, est un mot africain ou es-pagnol ; dans le grec xocvêèc, coin de l’œil et cerclede roue; dans l’allemand Kante, islandais kantz,anglo-saion cant, rebord, bord aigu, coin. Tous cesmots paraissent tenir les uns aux autres ; et Diezen voit ainsi la filiation : le kymri, rebord; puisl’allemand , rebord et coin ; puis les langues ro-manes, coin. Ces rapprochements rendent douteusel’origine indiquée par Quintilien .
CANTONADE (kan-to-na-d’), s. f. Terme de théâ-tre. || 1" Autrefois, dans les pièces du théâtre italien ,l’un ou l’autre côté du théâtre, où une partie desspectateurs était assise sur des bancs en forme depetit amphithéâtre. || 2° Aujourd’hui, l’intérieur descoulisses. || Parler à la cantonade, parler à un per-sonnage qui n’est pas en scène.
— ÉTYM . Ital. cantonata, de cantone, coin (voy.canton).
CANTONAL, ALE (kan-to-nal, na-T), ad}. Quiappartient au canton. Fête cantonale. Les comitéscantonaux. Délégués cantonaux, ceux qui sontchargés de surveiller les écoles primaires situéesdans un canton.
— ÉTYM . Canton; provenç. cantonal, du coin.
CANTONNÉ, ÉE (kan-to-né, née), part, passé.|| 1“ Établi, isolé dans des cantons. Toute la no-blesse cantonnée à la campagne dans des donjonsentourés de fossés, volt. Louis X IV, 4. || 2 ° Eta-bli dans des cantonnements. Troupes cantonnées.|| 3“ Adj. Terme d’architecture. Bâtiment cantonné,bâtiment dont les encoignures sont ornées d’une co-lonne, d’un pilastre, d’une chaîne de pierres. || Pi-lier cantonné, pilier dont les quatre faces sontrenforcées de colonnes engagées ou de pilastres.|| 4° Terme de blason. Pièce cantonnée, pièce accom-pagnée, dans les cantons de l’écu, de quelques autresfigures. Croix cantonnée de quatre étoiles. |J Dans lelangage des gourmets du xvu' siècle, accompagné,entouré. Une soupe à bouillon perlé, soutenue d’unjeune gros dindon cantonné de pigeonneaux et cou-ronnée d’oignons blancs mariésavec la chicorée, mol.Bourg, g. iv, i. Aujourd’hui on dit plus souventflanqué.
CANTONNEMENT (kan-to-ne-mau) ,s. m. || 1“ Ac-tion de cantonner des troupes; emplacement où lestroupes sont cantonnées. On ordonna le cantonnementdes troupes. Rentrer dans ses cantonnements. || Fig.C’était un temps de faiblesse, d’effervescence decantonnement [où chacun se cantonnait, s’isolait],st-sim. 374 ,n. || 2“ Restriction apportée à l’usagede certains droits et en particulier à celui de chasse.|| Cantonnement de pêche, certaine portion d’unerivière dont la pêche est affermée. || 3° Droit d’a-bandonner une portion de forêt à des usagers pourtenir lieu de leur droit d’usage. || 4° Partie d’un ter-rain destinée aux bestiaux malades.
CANTONNER (kan-to-né), v. a. || 1° Terme deguerre. Cantonner des troupes, les distribuer en dif-férents cantons ou villages. || Fig. Séparer en por-tions isolées. Le monde, rempli d’aigreur, enfanteLuther et Calvin , qui cantonnent la chrétienté, boss.dans le Dict. de dochez. || 2” Mettre des bestiauxmalades en cantonnement. || 3° Y. n. Les troupesvont bientôt cantonner. |j 4" Se cantonner, u. réfl. Aupropre et au figuré, s’isoler, se mettre en sûreté,se fortifier dans un canton. Telle est cette illustreprovince Où chacun peut se faire prince, Se can-tonner en son quartier, racan, Psaume 30. Cetteattache intimequenousavonsànous-mêmes.... c’estce qui fait que chacun de nous se renferme tout en-tier dans ses intérêts et se cantonne en lui-même,boss. Char. frat. 4 . Sertorius se cantonna dans l’Es-
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pagne, id. Hist. 1 , ». lisse cantonnent et se divisenten des partis contraires, la bruy. i. Le pays estrempli de marécages où chaque troupe se cantonneet forme une petite nation, montesq. Espr. xvm,10 . Et, dans ces belles querelles, les partis se can-tonnent, les factions se heurtent, yolt. Lettr. Alber-gati, 23 déc. 1760.
— HIST. xvi' s. Mais ne pouvants sortir, à causeque les corps de gardes extraordinaires continuoientnuict et jour aux lieux où l’on les avoit posez, et laville tousjours ainsi cantonnée [occupée militaire-ment], carloix, vu, 3. Cantonnez-vous et vousinstalez tyranniquement dans les villes du roy, Sat.ilénipp. 6.
CANTONNIER (kan-to-nié; l’r ne se lie jamais;au pluriel I’s se lie :des kan-to-nié-z actifs), s. m.Ouvrier préposé à l’entretien des routes.
— ÉTYM . Canton, les cantonniers étant embri-gadés par canton.
CANTONNIÈRE (kan-to-niê-r’), s. f. || 1” Tentured’étoffe dont on couvrait la colonne du pied d’un lit,ou qui passait par-dessus les rideaux d’une fenêtre.
|| 2° Morceau de fer pour fortifier un coffre. || Pièced’une presse d’imprimerie. || 3° Terme de marine.Gros bout de cordage pour l’ancre.
— ÉTYM . Canton, dans le sens de coin.
f CANTRE (kan-tr’), s. m. Sorte de banc à l’u-sage de l’ourdiisseur. || Assemblage de deux mon-tants plantés dans une forte planche. || Châssis oblongpartagé en deux parties égales par une traversepercée de trous.
f CANULAIRE (ka-nu-lê-r’), adj. Qui est en formede canule.
— HIST. xvi* s. La figure des ureteres est ronde,canulaire ou creuse, paré, 1 , 30.
CANULE (ka-nu-T), s. f. || 1“ Petit tuyau quiforme l’extrémité d’une seringue. || 2” Robinet debois qu’on met à un tonneau en perce. || 3° Tubeplus ou moins long, d’un diamètre variable, solideou flexible, droit ou courbe, ouvert à ses deux ex-trémités, et dont on se sert dans beaucoup d’opé-rations chirurgicales. M. de la Feuillade se mou-rait d’avoir quitté une canule qu’il portait depuisune grande blessure qu’il avait eue autrefois au tra-vers du corps, ST-SIM. 56, 196.
— HIST. xiu' s. Keï [il tomba] del mur, si que brisiéOt et quisse et bras et canole [le conduit de la respiration], Ren. dans du cange, glossaire français || xvi* s. Alors faudroit cautériser et consommer l’uvule avec une telle cannule fenestrée et cautere actuel, PARÉ, vi, 7.
— ÉTYM . Diminutif de canne, roseau; génev. ca-niule.
f CANULÉ, ÉE (ka-nu-lé, lée), adj. Qui est enforme de canule.
— HIST. xvi' s. Il faut cautériser avec un cauterecanulé, paré, vi, 4. Une tente d’or ou d’argent,cannulée et courbée, id. vi, 42.
f CANUT (ka-nu), s. m. Ouvrier en soie des fa-briques de Lyon .
— ÉTYM . Peut-être cannette 3.
f CANZONE (kan-tso-n’), s. f. Petit poème italien qui contient un récit ou un dialogue ou une disser-tation, et qui, divisé en stances égales, est terminépar une stance plus courte. Les canzones de Pé-trarque .
— ÉTYM . Ital. canzona ou canzone, de cantare,chanter (voy. chanter).
CAOLIN (ka-o-lin), s. m. Voy. kaolin.
î CAOUANE (ka-ou-a-n’), s. f. Nom de la tortueà écaille épaisse, de la Méditerranée et de l’Océan.
CAOUTCHOUC (ka-ou-tchou; le c final ne se pro-nonce jamais : du ka-ou-tchou imperméable), s. m.Vulgairement gomme élastique ; suc coagulé du ja-tropha elastica , L. arbre de la famille des euphor-biacées tithymales, et d’autres plantes, telle que lefiguier d’Inde , le jaquier , etc. Le caoutchouc setrouve dans le commerce sous forme de petites bou- <teilles. || Caoutchouc volcanisé, vulcanisé ou soulré,'sorte de combinaison de caoutchouc avec le soufre,préparée avec le sulfure de carbone et le chlorure desoufre. || Caoutchouc minéral, substance hydrocar-bonée appelée aussi bitume élastique ou élatérite,ayant une élasticité analogue à celle du caoutchouc.
— ÉTYM . Cahuchu, nom indien de cette sub-stance.
f CAOUTCHOUTER (ka-ou-tchou-té) , v. a. Fileren caoutchouc; enduire de caoutchouc.
CAP(kap’),s. m. || 1° Tête. Usité seulement dans leslocutions suivantes : De pied en cap, de la tête auxpieds. Tu seras armé de pied eu cap, mol. lt