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la font. Fabl . ni, 6. Ecoute, mouchard, monami, Je suis ton capitaine, bérang. Faridond.
|| 5° Chef d’une capitainerie ou circonscription terri-toriale. || En Espagne , capitaine général, le plus hautgrade militaire. || Dans les colonies, commandantsupérieur. || Capitaine de louveterie, celui qui a soinde ce qui regarde la chasse dans une certaine étenduede pays. || 6° Nom qu’on dormait au gouverneur decertaines résidences royales (on dit présentementgouverneur), et à celui qui était chargé d’une capi-tainerie de chasses. || 7° Capitaine de voleurs, debohèmes, etc. le chef d’une troupe de voleurs, etc.
— HIST. xi* s. S Rolantle cataigne, Ch. de Roi.cxxxvu. Il te donat [Durandal] à un comte cataigne,ib. clxix. Demanderont : où est li quens [comte] ca-taigne? ib. ccv. Cent mille sont de nos meilleurscataignes, ib. ccxxm. || xin* s. L’emperere ot bienenvoié cent chevaliers ; de cels si fu chevetaineMachaires de Ste Manehalt, villehard. dans leDict. de dochez. || xiv* s. Faisons et establissonspar ces présentes lettres capitain general, ducange,tapilaneus. Serjens et mestres capitaines, id. ib. Seil devrait plus obéir à l’ordenance du capitaine del’ost que à son pere, oresme, Eth. 26 t. RobertBrambore en fu cappitain redoubté, Guesclin , 842.
|| xv* s. C’est un bon homme d’armes pour le pré-sent et un grand capitaine, froiss. ii, ni, <5.
|| xvi* s. Il avait gaigné neuf batailles estant capi-taine general d’Athenes , amyot, Péricl. 73. Lepremier qui se prit à courir pour charger, futC. Crassianus, capitaine de cent vingt et cinqhommes, id . Pomp. 10I. En France , le lieutenantet enseigne d’une compaignie de gens de pied,porte ce titre de capitainne; aux autres nations,non, carloix, v, 32. Boviez, sergent du queitaine,d’aub. Fœn. i, e. Nulle paix n’a jamais apporté untel calme, jusques à ce que les moindres capitai-neaux de France eussent obtenu des edicts, id.liist. m, 214. Capitaine estoit anciennement leseul nom qu’on donnoit à ceux qui commandoientdes trouppes d’infanterie ; à quoy on a substituéceux de mestre de camp et de colonel, brant. Capit.fr. t. iv, p. 48 et 55, dans lacurne. Il ne s’esmer-veilloit si les gens de guerre estoient mauvais etsujects à la pince, veu qu’il avoit remarqué qu’au-jourd’hui les soldats n’appelloient celui qui leurcommande , non capitaine, mais mon cayntene ;que cela le faisoit penser qu’ils veulent dire que cenom est venu de Caïn , qui fut le premier capitainenui suivit la guerre, bouchet, Sériés, liv. m, p. 42,dans lacurne.
— ÉTYM . Provenç. capitani; catal. capitâ; espagn.capitan; portug . capitâo; ital. capitano ; anc. ital.cattano; angl. chieftain; bas-lat. capitanus , etaussi, dans un document du vi* siècle, capitaneus,decaput, tête, chef (voy. chef). La plus ancienneforme est cataine, qui se conserva dans le langagepopulaire (voy. les textes de d’Àubigné et de Bou-chet).
CAPITAINERIE (ka-pi-tê-ne-rie), t. /'.|| 1” Autrefoischarge de capitaine des chasses ou d’une résidenceroyale. M. le prince embla à mon oncle la capitai-nerie des chasses de Senlis , st-sim. vi, 78. || 2“ Lelieu affecté au logement de cet officier. Saint-Héronest h sa capitainerie, sévig. 290. || 3“ L’étendue dela juridiction d’un capitaine des chasses. || 4“ Cir-conscription territoriale qui avait un commandantmilitaire. || En Espagne , capitainerie générale, cir-conscription territoriale répondant & peu près à nosdivisions militaires.
— HIST. xv* s. Avec la prevosté de Paris il tientles capitaineries de la ville de Chierbourg, dont ila par an six mille francs, et de Nemours , dont il apar an deux mille francs, monstrel. t. i, chap. 99,p. 159, dans lacurne. || xvi* s. Toy Bethlehem,terre de Judée , qui est petite entre les capitaine-ries de Juda, calv. lnstit. 374. || Capitainie s’est ditpour habileté de capitaine. Il avait ses chevaliersaccoustumé à eux oser fier en sa capitanie, ber-cheure, f° 74 (xiv* siècle).
t CAPITAINESSE (ka-pi-tê-nè-s’), s. f. Terme demarine. Galère que commandait le chef d’une divi-sion de galères.
— HIST. xvi* s. Sa galere capitainesse fut arrestéepar un rémora, mont, ii, 4 80 . Lesquelles chosesfurent toutes portées à Athènes par Cirnon sur sagalere capitainesse, amyot, Thésée , 45.
CAPITAL, ALE (ka-pi-tal, ta-1’), adj. || 1“ Où ils’agit de la tête ou de la vie; qui mérite le derniersupplice. Procès capital. Intenter une accusationcapitale. Condamner quelqu’un à la peine capitale.
Et Cinna vous impute à crime capital La libéralitévers le pays natal, corn. Cinna, n, 4. Abandonnermon camp en est un [crime] capital, id. Nicomède,il, 2 . On a beaucoup loué le regret que Néron té-moigna de savoir écrire, à la première sentence capi-tale qu’il eut à signer, diderot, Claude et Néron .
|| 2” Qui est la tête ou comme la tête de quelquechose. La ville capitale ou, substantivement, la ca-pitale, la ville principale d’un État, d’une province.Dans cette ville capitale, bourdal. Carême, i, Au-mône, 448. Hipparque et Ptolémée étaient à Alexan-drie en Egypte , et ils la rendirent la capitale del’astronomie, fonten. Chaxelles. X l’âge de vingt-un ans, Linné se rendit à Upsal , qu’on pouvait alorsregarder comme la capitale littéraire de la Suède ,Condorcet, Linné . || 3° Lettre capitale ou, substan-tivement, une capitale, grande lettre, majuscule.En termes d’imprimerie, petites capitales, grandescapitales. La lettre capitale a été ainsi nomméeparce qu’elle se met en tête de l’alinéa. || 4“ Princi-pal, essentiel. Le point capital. Clause capitale. Dé-faut capital. C’est un crime envers lui si grand, sicapital, corn. Polyeucte, îv, 6. Il n’y a pas d’erreursi capitale contre la philosophie, boss. Préface. Ilne faut pas se flatter, les plus expérimentés dans lesaffaires font des fautes capitales, id. Reine d’Angl .Dans une affaire qui serait capitale àlui et aux siens,la bruy. 4. Tout devient capital dans la bouche d’unsouverain, mass. Pet. car. Obst. Il est capital den’offrir aux enfants que de bons modèles, fénelon,xvii, 4 7. On ne sait si on a réussi à corriger, parquelques beautés de détail, un vice si capital [dan3une tragédie], volt. Lettr. Richelieu , 4 9 juill. 4 773.
|| En termes de peinture, tableau capital, œuvreprincipale d’un peintre, d’une école. || Les sept pé-chés capitaux, péchés source des autres. || Ennemicapital, ennemi mortel. Dieu les laisse aux diables,ses capitaux ennemis, boss. Démons, 4. || 6" S.m. Ce qu’il y a d’essentiel. Le capital est d’avoirde quoi se pousser, bourd. Car. i, Richess. 9. Lapénitence est le capital de notre paix avec Dieu ,id. Avent, Nativité de Jésus-Christ, 228. Le capitalpour une femme n’est pas d’avoir un directeur, labruy. 3. Le sexe dévot qui fait son capital de direbeaucoup, bourd. Car. i, Prière, 3t«. Il ne devraitpas faire son capital d’être lieutenant général, sév.204. Ensevelis dans l’amour des choses sensibles, ilsferont leur capital des biens grossiers de cette vie,fên. xvii, 214. 11 ne fait pas assez de cas de ce ta-lent, pour faire son capital de l’étudier, la bruy. 8.Comme le disent malicieusement vos pères Annatet Meynier, qui en font le capital de leur accusa-tion, pasc. Prov. 4 6. Ma 15* lettre y avait assez ré-pondu [à l’accusation d’hérésie] ; mais vous en par-lez maintenant d’un autre air; vous en faitessérieusement le capital de votre défense, id. ib. 4 7.
|| 6“ Le principal d’une dette, d’une rente. Amortir,rembourser un capital. Manger rentes et capitaux,Serait doux, je l’espère, bérang. Él. delà richesse.|| 7“ Ensemble des produits accumulés. || En langagescientifique, somme des utilités acquises, et non desvaleurs comme on dit à tort (voy. valeur), résultatdu travail antérieur destiné à la satisfaction des be-soins ultérieurs. On dit que les facultés acquises del’homme sont un capital. L’homme fait est un capi-tal accumulé,!. B. say, Cours d’économie politique,
4 843,1 .1 ,p. 4 54. Le capital d’un artiste est son talent,id. ib. t. u, p. 4 64. || Portion des produits accumu-mulés ou des utilités acquises, destinée à la repro-duction, sous forme de provisions, de matériauxet d’instruments. Le premier chasseur était pourvuau moins d’un repas, auquel il a dû la force de sai-sir sa première proie; les armes qu’il s’est fabri-quées ont été une grande augmentation de son ca-pital ou de ses avances, dupont de nemours ,Maximes du doct. Quesnay , édit. 1846, p. 394. Toutcapital est un instrument de production, i. b. say.Cours, t. i, p. 158. || Plus spécialement, l’instru-ment de travail. Capital productif, celui qui est em-ployé actuellement h la production. Capital impro-ductif, inactif, oisif, celui qui n’est pas employé.|| Capital-argent ou capital-monnaie, capital-ma-tières, etc. celui qui a la forme de monnaie, dematières premières. || Dans un sens relatif, notionabstraite d’une somme d’utilités qui ne changentpas avec les objets auxquels elles sont incorporées,et que l’on peut retrouver après un certain tempsou certaines opérations. || Propriété de ceux qui vi-vent du revenu de ce qu’ils possèdent. || Capital d’unindividu, somme des richesses que cet individu pos-sède en produits accumulés ; avoir d’une personne :c’est le sens de l’impôt sur le capital. || Portion derichesse que le possesseur a l’intention de conser-
ver ou de reproduire par le travail; actif d’une per-sonne. Capital d’un commerçant; on y fait entrer laclientèle. || Capital social, capital d’une société de com-merce. || Capital social, capital d’une nation, sommedes richesses existantes chez elle. Le capital d’une na-tion se compose de tous les capitaux des particuliers,i. b. say, Traitéd’écon. polit. 4840, p. 69. || Sommede ces richesses employées dans l’industrie natio-nale. Leur ensemble [des capitaux productifs] com -pose le capital d’une nation, id. Cours, 1 .1, p. 145 .
|| On confond souvent le capital et le numéraire ; de làen termes de finances, capital, argent en circulation.Le capital se cache. || Fonds disponibles. Les capitauxsont rares. || Fonds dont un industriel, un commer-çant, un agriculteur dispose pour la création oul’exploitation d’un établissementou d’une entreprise.Capital ou fonds de roulement, argent ou produitsimmédiatement échangeables, servant à payer lesdépenses d’exploitation. || Capital fixe ou engagé, ce-lui qui sert sous une forme permanente, fixe, dansdes objets qui durent et dont l’efficacité se per-pétue sur un grand nombre d’actes de production,tels que les constructions, les machines, les amélio-rations foncières. Je ne parle pas-ici des capitauxengagés dans un fonds de terre et qui sont aussiimmobiles que le fonds, say, Traité, p. 409, note.
|| Capital circulant ou de circulation, celui qui setransforme dans l’opération productive, qui circulesans cesse et passe d’une matière dans une autre,telle que les matières premières. les provisions. Lamonnaie, capital fixe relativement à la société, estun capital circulant relativement à l’individu. || 8“ Lieforte que laisse la potasse au fond des chaudières oùl’on fait le savon. || 9* S. f. Terme d’art militaire. Lacapitale, la ligne de convention qui est censée par-tager un bastion en deux portions égales.
— REM. Cet adjectif se met d’ordinaire après lesubstantif : ville capitale, ennemis capitaux; cepen-dant Bossuet a dit aussi : capitaux ennemis.
— SYN. capital, richesse. Richesse, c’est l’en-semble des choses qui servent à la satisfaction denos besoins. Capital, c’est l’ensemble des moyensde satisfaction résultant d’un travail antérieur. Lecapital est l’un des trois éléments de la production :les agents naturels, le travail et le capital. Souventon oppose capital à fonds de terre.
— HIST. xii* s. Et ne remaindra hoem anti?[homme âgé] en ta maisun, qui evesche seit de lalei chevel [loi capitale, la religion], Rois. 10 . Ceicapital [ce châtiment capital] ne deit ne clers nelais suffrir; De saint Iglise en puet la dreiture périr,E as clers e as lais puet à perte venir, Th. lemart. 60 . || xiv* s. Un tribun ha cité Ceson et li baillejour sur crime capital devant le peuple, berciiedre,f* 54, verso. || xv* s. Ledit conte de sainct Pol estoitlors ennerny capital du duc de Bourgongne, comm.iii, 3. La grant compagnie mauldicte des sept vicescapitaulx et mortels, gerson, Harangue à Char-les VI , p. 4 5. || xvi* s. Le prince de Galles prit sifort à cœur la protection de Pierre contre Henry, qu’ilen fit tout son capital, Mém. sur Guescl, ch. 22 . Te-nailles capitales [pour les fractures du crâne], inci-sives, dites bec de perroquet, paré, viii, 6. Ce fait,seront appliquées dessus des poudres capitales [cé-phaliques] de faculté dessiccative, id. xvi, 34. En-nemi capital du vice, rons. Odes, v, 23. L’on doitvenir par action [en justice, non par saisie] pourloyaux aides ou chevels [aides capitales, dues auxchefs, seigneurs], loysel, 604. Ceste ville capitalle devostre duché de Guienne et métropolitaine pour lefaict de la religion, condE, Mém. p. 624.
— ÉTYM . Provenç. captai, capdal, capital, chep-tel ; de capitalis, de caput, tête, principal (voy.chef). Capitale, le capital, a donné cheptel (voy.ce mot). La plus ancienne forme est chevel; capitala été refait, dès le xii* siècle, sur capitalis.
f CAPITALEMENT (ka-pi-ta-le-man), adv. D’unemanière capitale, sur toutes choses. Se tromper ca-pilalement, boss. Lelt. abb. 67. Noailles était capi-talement en butte aux jésuites par sa doctrine, noasuspecte, mais qui n’était pas la leur, st-simon,260, 78.
— HIST. xiv* s. Et tels larrons sont à punir capi-talement, bout. Somme rurale , p. 246, dans la-curne. || xvi* s. Les mariages entre proches sont ca-pitalement deffendus entre nous, mont, ii, 346. Jehais capitalement la feinctise, id. iii, 54.
— ÉTYM . Capitale, et le suffixe ment; provenç.captalmen.
f CAPITALISABLE (ka-pi-ta-li-za-bl’), adj. Quipeut être capitalisé.
f CAPITALISÉ, ÉE (ka-pi-ta-li-zé, zée), part,passé. Ajouté au capital. Les intérêts capitalisés.