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Tome premier. A - C.
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48*2 CAQ

CAPUCINE(ka-'pu-si-n’),s. f. || 1°Terme de botani-que. Plante potagère et d’ornement, originaire du Pé-rou et dont il y a deux espèces : la capucine à feuilleslarges (tropæolum majus, L.), et la capucine àpetites feuilles (tropæolum minus, L.), || La fleurmême. Une salade garnie de capucines. La fleur ca-pucine brode de ses chiffres de pourpre les murssacrés, chàteaubr. Génie, ni, v, 2. || Câpres capu-cines, boutons à fleurs de la capucine confits au vi-naigre. || Couleur capucine, couleur aurore foncécomme cette fleur. || La capucine tubéreuse ( tropæo-lum tuberosum, L.) fournit une belle fécule, abon-dante et alimentaire. || 2° Terme d’arquebusier. An-neau de métal qui relie le canon et le bois d’unearme à feu, ainsi dit par assimilation avec la formede la fleur de la capucine. La première capucine estla plus voisine de la crosse; la deuxième porte aussile nom de grenadière, et la troisième est appeléeembouchoir parce qu’elle reçoit d’abord l’extrémitéde la baguette. || Fig. Dans le langage trivial dessoldats. Enfoncé jusqu’à la première capucine, qui aune déception complète. || 3° Terme de poterie. Petiteécuelle de terre munie d’une queue. || 4° Crayonde plombagine. || 5° Terme de maçon. Petit entable-ment composé d’un talon et d’un larmier. || 6° Termede marine. Courbe qui lie l’éperon avec l’étrave.Courbe de soutien d’un vieux navire.

— ÉTYM . Capucin, à cause que la plante a sesfleurs en forme de capuchon.

f CAPUCINERIE (ka-pu-si-ne-rie), ». f. Termefamilier. Action de se faire capucin. Il est vrai jesuis capucin. ...Dès que monsieur l’abbé Terrai A suma capucinerie, De mes biens il m’a délivré; Queservent-ils dans l’autre vie? volt. Stances, 22.

— ÉTYM . Capucin.

CAPUCINIÈRE (ka-pu-si-niè-r’), t. f. Familière-ment et par dénigrement, maison de capucins. || Fig.Maison, établissement où,domine une dévotionétroite.

— f.TYM. Capucin.

f CAPULOÏDE (ka-pu-lo-i-d’), adj. Terme d’his-toire naturelle. Qui est en forme de tasse.

— ÉTYM . Capula, sorte de tasse, etelSoç, forme.

CAPUT-MORTÜDM (ka-put’-mor-tu-om’), s. m.Terme de chimie ancienne. Résidu dont on ne peutplus rien tirer. || Fig. et par dénigrement, valeurréelle, reste définitif de travaux, d’efforts, de com-binaisons, de théories, etc. qui promettaient montset merveilles, et qui ont avorté en grande partie.Il Au plur. Des caput-mortuum.

— ÉTYM . Caput, tête (voy. chef), et mortuum,mort : tête morte, c’est-à-dire résidu dont les an-ciens chimistes ne pouvaient plus rien extraire,ayant tiré par la distillation divers éléments, soufre,sel, mercure, esprit, qu’ils nommaient de noms bi-zarres.

j CAPVIRADE (kap-vi-ra-d’), s. f. Terme d’agri-culture usité dans le Midi. Extrémité d’un champoù tournent les bœufs et qu’on laboure perpendicu-lairement aux raies.

— ÉTYM . Cap, bout (voy. cap), et virer.

CAQDAGE (ka-ka-j’), s. m. Action de caquer le»

harengs. || Action de mettre de la poudre ou du sal-pêtre en tonneaux.

— UEM. L’Académie devrait écrire cacage ; car lesautres verbes en quer qui forment des substantifsen âge, ont c au substantif: blocage, de bloquer;parcage, de parquer.

— Etym . Caquer.

CAQUE (ka-k’), s. f. || 1“ Espèce de barrique où Tonmet les harengs salés. || Rangés, serrés comme ha-rengs en caque, très-serrés. || 2° Fourneau pour fon-dre la cire. || 3“ Tonneau de bois contenant le suiffondu pour la chandelle moulée. || 4° Baril à poudreou à salpêtre. || Proverbe. La caque sent toujours lehareng, c’est-à-dire on se ressent toujours de seshabitudes, de tout ce qui constitue la vie anté-rieure ; se dit aussi de ceux qui passent d’une posi-tion inférieure à une position plus élevée.

— hist. xiv* s. Tonne] de caqueharenc, du cange,caquus. Ung caquin de cervoise, id. ib. |j xr s..... Réservé neuf veuglaires, deux cacques de pou-dre, vingt-et-trois xrbalesteset neuf coffres de traits,monstr. il, 12. Car chascun jour, à force d’engins,ietoient en la forteresse plus de cent cacques plainsdes ordures de la ville, Boucicaut, ni, 8. || xvi* s. ilfut emporté d’un caque ou deux de poudre, estantcouché au lit de sa femme, Castelnau, 188. Lefeu s’y mit si furieusement que les esclas des caquesallèrent tuer des hommes outre la riviere, d’aubig..3tsf. i, 292. Le feu s’estant mis dans une caque depoudre, id. ib. n, 209 .

— ÉTYM . Caquer.

CAQ

CAQUE, ÊE (ka-ké, kée), part, passé. Des ha-rengs caqués.

CAQUER (ka-ké), v. a. || i° Préparer le poisson,c’est-à-dire lui ôter les ouïes pour le mettre encaque. || Mettre le poisson en caque. || 2“ Mettre lapoudre ou le salpêtre en barils.

— HIST. xiv* s. Hareng quaque soit mis en eauefresche, Uinagier, 11 , B.

— ÉTYM . Holland, kaaken, ôter les ouïes, dekaaken, ouïes, mâchoire, puis mettre en tonneau;d’où caque le tonneau lui-même. C’est ainsi que unmot signifiant mâchoire en est venu à signifiertonneau.

f CAQUEROLLE (ka-ke-ro-1’) , s. f. Casserollede cuivre à trois pieds et à manche.

| CAQUESANGUE (ka-ke-san-gh’), *. f. Dyssenterie.

— HIST. xvi* s. Le flux des dysenteries et caque-sangues, paré , xxm, 38. Il y a un accident depeste, appelé caquesange, qui est un flux de ventrequi ulcéré et corrode les intestins, id. xxiv, 30.

— ÉTYM . Ital. cacasangue, de cacare, aller à laselle, et sangue, sang.

CAQUET (ka-kè; le t ne se lie pas dans la con-versation ; au pluriel l’a se lie : dos ka-kè-z insi-pides; caquets rime avec traits, procès, jamais,paix), s. m. || 1° Au propre, le cri de la poule quipond. || 2” Fig. Babil haut et bruyant, et aussi ba-bil de jactance. C’est un ignorant, un poltron, quin’a que du caquet.... Si j’eusse étudié.... Une cor-nette au col, debout dans un parquet, X tort et àtravers je vendrais mon caquet [d’avocat], Régnier,Sat. iv. Enfin, comme en caquet ce vieux sexe four-mille, id. Sat. xiii. Étourdi du caquet, je feignaisde le croire, id. Sat. xi. Quel caquet est le vôtre!mol. Tart. 11 , 4. Vous avez le caquet bien affilé,id. Bourg, g. ni, 3. Il me divertit avec sa voix, ettu m’étourdis avec ton caquet, id. Princ. d’Él.2 ' intermède, scène I. L’ourse va trouver sa voisinela corneille, qui faisait un grand bruit par son ca-quet sous un arbre, fén. xix, 43. Le grand caquetvient de la prétention à l’esprit, J. J. rouss. Ém . iv.Je devrais me contraindre Jusques à m’éclaircir dece que je dois craindre, A pousser jusqu’au boutson caquet indiscret, mol. Éc. des F. 1 , 7. Enfin,mon étourdi n’aura pas lieu d’en rire ; Par son tropde caquet il a ce qu’il lui faut, id. ib. m, s. J’ai bienpeur que ceci n’approche fort de leur style [desmauvais poètes] et que vous n’y reconnaissiez plutôtle caquet importun des pies que l’agréable facilité

des muses, rac. lett. n, à La Fontaine .Vous

voulez que je trouve parfait Un petit suffisant quin’a que du caquet, gresset, le Méchant, , iv, 6.|| Avoir du caquet, se montrer parleur et fier. M. deGrignan a bien du caquet, sév. no. || Rabattre lecaquet, rabaisser le caquet, faire tomber la jac-tance. Un lion en passant rabattit leur caquet, lafont. Fabl . ni, to. Je vous assure que cela rabaisse lecaquet, sév. 6. || Caquet bon bec, personne bavardeet médisante. C’est le nom de la pie dans La Fon-taine . Caquet bon bec [la pie] alors de jaser au plusdru, Fabl . xii, n . On assure que cette expressionest de la création de La Fontaine . || 3“ Au plur.Propos futiles ou malins. Provoquer, redouter, fairetaire les caquets. A tous les sots caquets n’ayonsdonc nul égard, mol. Tart. 1 , I. Mille caquets di-vers s’y font en moins de rien, id. ib. Une petiteville, d’où l’on a banni les caquets, la bruy. b.Croyez-moi, beautés monarchiques, Le mot vertudans vos caquets, Ressemble aux grands noms his-toriques, Que devant vous crie un laquais, bérang.Vertu de L. j| 4"Le caquet de l’accouchée, conversa-tion des femmes qui visitent une nouvelle accouchée.

— HIST. xv" s. Puis, sans faire plus long quaquet,Les voulut tout incontinent Remettre dedans le ba-quet, villon, I” Repue. Comment ils eurent destrippes. || xvi* s. Et fay que devant mon prince Dé-sormais plus ne me pince Le caquet des envieux,ronsard, Odes , v, B. Cecy surpasse toute bassessede cœur, en personnes de tel reng, d’avoir voulutirer quelque principale gloire du caquet et de laparlerie [de ce qu’on dirait d’eux], mont, i, 287.Par où il bridoit les occultes caquets des mocqueurs,et esmoussoit la pointe de ce reproche, id. iii , 48.Je lui abas son cacquet, palsgr.p.4I4, Si vous pou-viez , ô heureux perroquet , Ma volonté et monaffection Bien déclarer par vostre bon cacquet ! Si vouspouviez dire ma passion ! Vers de don Carlos, filsde Philippe II, dans Élisabeth de Valois , parm* walker-freer. Adieu les plaisirs des champs;Plus à l’abri de l’ombrage Des oyselets aux douxchants On n’oit le caquet ramage, baïf, Œuvres,p. 7B , dans lacurne.

— ÉTYM . Voy. Caqueter.

CAQ

CAQUETAGE (ka-ke-ta-j’), s. m. Action de caque-ter et caquets. C’était un caquetage perpétuel. Je nefais pas attention aux caquetages. Mais bientôt unjeune seigneur M’enlève à leur doux caquetage,bérang. Cinq étages.

— ÉTYM . Caqueter.

CAQUÈTE (ka-kè-te), s. f. Baquet où les haren-gères mettent des carpes.

— ÉTYM . Diminutif de caque. Il devrait s’écrirecaquette, puisque c’est l’orthographe des diminutifsen ette.

CAQUETER (ka-ke-té. L’Académie ne conjuguepas ce verbe que l’on conjuguera à volonté : je ca-quette ou je caquète; je caquetterai ou je caquè-terai ; je caquetterais ou je caquèterais; caquette oucaquète. Ce verbe est très-mal conjugué par certainespersonnes qui prononcent je cakte et non je ka-kète, je kakterai, et non je kakèterai), v. n. || 1° Aupropre se dit du cri de la poule qui pond ou a pondu.|| 2° Par extension et familièrement, se dit du babildans la chambre d’une accouchée, du babil des per-roquets et de tout babil futile ou médisant.Dis-

court de sa vertu, en caquette tout haut, Régnier,Sat. vu. Assez de tes amours m’a caqueté la fable,id. Élég. iv. Il caquette comme une accouchée,sév. 398 . Vous avez caqueté dès le troisième jourde votre accouchement, id. 108. De telles gens il estbeaucoup Qui prendraient Vaugirardpour Rome, Etqui, caquetant au plus dru, Parlent de tout et n’ontrien vu, la font. Fabl . iv, 7 .

— HIST. xv' s. Il dient qu’il eschaperont; Lonc temps approphetizié l’ont : Encore seront racheté,Et pour ce ont tant quaqueté, Myst. Nat. de J.-C.Car est œuvre de femme de caqueter moult, chastel.Vérité mal prise. ...Il vient, il caquette, coquil-lart, Monol. de la botte de foin. || xvi* s. Tel ca-quette des autres, qui, s’il y estoit, se trouveraitbien empesché, montluc, Mém. t. 1, p. 189 , danslacurne. Ils caquettent comme cicongnes, ils coque-liquent comme les coqs, paré, Animaux , 26 . Je neveux oublier le coqueter des coqs et poules; qui estle langage dont ils nous rompent la tête quand ilss’entrefont l’amour, et dont nous avons formé, parune belle métaphore, caqueter, lorsque quelquesbabillards nous repaissent de paroles vaines; et delà mesme, les medisans ont appelé le caquet desfemmes, mesme que l’on appelle une femme co-quette qui parle beaucoup sans sujet, pasq. Rech.vm, 6. Il me fâche de vous ouyr caquetter ainsi horsde saison, palsgr. p. 430.

— ÉTYM . Malgré le dire de Pasquier, il est diffi-cile de passer de coquet à caquet; ce changementde l’o en a, possible en soi, n'étant pas justifié icipar l’historique, qui n’a jamais que la forme en a.Jusqu’à plus ample informé, il ne faut voir dansce mot qu’une onomatopée.

CAQUETERIE (ka-kè-te-rie), s. f. Action de ca-queter; caquets. Une caqueterie, des caqueteriessans fin.

— REM. L’Académie écrit caqueterie par un seul( et coquetterie par deux; il serait bon de mettrede l’uniformité et de conformer l’orthographe à larègle qui ne veut pas deux muettes de suite.

—ÉTYM . Caqueter.

CAQUETEUR, EUSE (ka-ke-teur, teû-z’), s. m. et f.Celui, celle qui caquette et babille beaucoup.

— hist. xv* s. Aussi sont bonnes caquetieresAllemandes et Pruciennes, villon, Bail, des ferre,de Paris . || xvi* s. La science est caqueteresse, en-vieuse de se monstrer, charron, Sagesse, p. 630,dans lacurne.

— ÉTYM . Caqueter.

f CAQÜETOIRE (ka-ke-toi-r’), s. f. || 1» Chaisebasse à dos très-élevé et sans bras. C’est ce quenous nommons maintenant causeuse. || 2° Bâtonplacé au milieu des mancherons de la charrue.

— hist. xvi* s. Il n’y a pas d’apparence que lesfemmes aient alors le bec gelé; pour le moins, j’enrepon pour celles de Paris , qui ne se sont tenu d’a-peler des caquetoires leurs sieges, H. est. Apol.d’Hérod. p. 64 , dans lacurne.

— ÉTYM . Caqueter.

CAQUEÜR, EUSE (ka-keur, keû-z’), s. m. et f.Celui, celle qui caque les harengs. || S. m. Un ca-queur, couteau à l’usage des caqueurs de harengs.

— ÉTYM . Caquer.

| CAQUEUX, EUSE (ka-keù, eû-z’), s. m. et f.Race misérable de Bretagne avec laquelle le restede la population ne contractait pas d’alliance. Les ca-queux sont dits aussi cacous et caquins.

— ÉTYM . Bas-lat. cacosus, caqueux.

| CAQUILLIER (ka-ki-lié), s. m.Terme de botani-que. Voy. CAKILE.