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Tome premier. A - C.
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488 CAR

bienvenue en carême. || Face ne carême, visagepâli, tel qu’il est après le carême. Voyez cet autreavec sa face de carême, bac. Plaid, iii, 3. Il Amou-reux de carême, amoureux timide, qui n’ose touchera sa maîtresse. || Saint de carême, un homme quise cache. || 2° Par extension, maigre chère. Ils fontde la vie un carême, bérang. B. Dieu . || 3- La sériede sermons prêchés pendant un carême. Ce prédica-teur a fait imprimer deux carêmes. Le petit carêmede Massillon , ainsi dit, parce qu’il fut prêché pourLouis XV enfant. Il a fourni de la même manière lacarrière de plusieurs carêmes dans les chaires lesplus illustres de la France et des Pays-Bas, boss.Fr. Bourgoing . || Proverbes. Pour trouver le carêmecourt, il faut faire une dette payable à Pâques , c’est-à-dire le moment de payer une dette, de remplirun devoir onéreux, arrive plus vite qu’on ne vou-drait. || En carême est de saison La marée et lesermon.

— HIST. xii* s. Nos entrons hui, chier frere, eltens del saint quaramme, st. bern. 66t. || xiii*s. Al’entrée de la quaresme, villehard. dans raynouard.Ainsinc en quaresme s’espruevent ; Grâces rendentet si saumoient [psalmodient], ruteb. u, 129.|| xiv‘ s. Je congnois monseigneur à tel que vousl’arez; Ne que mars en karesme faillir vous n’y po-vez, Guescl. hshb. || xv* s. Donc il advint qu’ilsfurent ens ou caresme en Gand à trop grand des-troit; car des vivres et fruits de caresme n’avoient-ils nuis, froiss. u, ti, 148. Il sembloit qu’ils [lessergents] voulsissenttuerun caresme, si fiers estoient,louis xi, Nom. lxxxviii. Mais je voue à Dieu qu’ilen a pris ses caresmaux [qu’il s’en repentira], id. ib.xxxiii. || xvi* s. Onobservoit desja de leur temps lequaresme, Calvin , Instit. 999. Déjà estoit la mi-ca-resme, maro. de nav. Nouv. xxxv. L’eau gastemoult le vin, une charette le chemin, le quaresmele corps humain, leroux de lincy, Proverbes, 1.1,p. 96. Caresme ou jeune n’ennuient pas Qui faitgrand chere à tous repas, id. ib.

_ÊTYM . Provenç. caresma, carema, carama,

quaresme, quareme; catal. quaresma; espagn. cad-res :n a ; ital. quaresima ; de quadragesirna, sous-en-tendu dies : le quarantième jour (avant Pâques )

(voy. QUARANTIÈME).

CARÊME-PRENANT (ka-rê-me-pre-nan), s. m.( 1 ° Les trois jours gras avant le mercredi des cen-tres, et particulièrement le mardi. On dirait qu’ilîst céans carême-prenant tous les jours, mol. B.[eut. m, 3. Je vous trouve heureuse d’être délivréeJe carême-prenant [des farces des jours gras] ,sév. 4H. || Tout est de carême-prenant, se dit enparlant de certaines libertés qui se prennent pen-dant les jours gras. Au milieu de tant d’honnêtetéstout est de carême-prenant, sév. 1 67. || 2 ° Personnemasquée pendant ces jours gras; et figurément,toute personne ridiculement vêtue. Au secours, ausecours, votre fille on l’emporte, Des carêmes-pre-nants lui font passer la porte, regnard, le Bal, sc.18. Vous voulez donner votre fille à un carême-pre-nant, mol. B. Gent. v, 7. || Proverbe. Il faut fairecarême-prenant avec sa femme et Pâques avec soncuré.

— REM. Au pluriel des carêmes-prenants, et nondes carême-prenant. Le sens de la locution est nonpas qui prend, qui commence carême, mais carêmequi prend, qui commence.

— HIST. xii* s. De ci qu’à une Teste quarem-pernant,Gêr. de Ross. p. 363. |]xiii« s. La vegile de quaresme per-nant [je] vi une merveille que je vous veull racon-ter, joinv. 236. Ceste emprise fu atirée à passer lejour de quaresme prenant, id. 224. Et s’a [au paysde Cocagne] en l’an quatre Yendenges, Quatre toz-sainz, quatre noex [noëls], Et quatre chandeliersanuex [annuels], Et quatre quaresmiaux prenans,BARRAZAN, Fabl . éd. MÉON, t. IV, p. 178. || XV* S.Messire Pierre de Craon avoit envoyé dès le caresme-prenant, à Paris , audit chastel, de ses varlets quile servoient pour son corps, froisb. iii, iv, 28.|| xvi* s. En lieu d’amaigrir pour le jeune de ca-resme, elle estoit plus belle et plus fraische qu’à ca-resme-prenant, marouer. Nouv. xxxv.

— ÊTYM . Carême, et prenant (voy. prendre).

CARÉNAGE (ka-ré-na-j’), s. m. || 1 "Terme de

marine. Lieu commode pour caréner un vaisseau, oului donner la carène. Le navire est au carénage.|| 2 ° L’action de caréner. Le navire a besoin d’unbon carénage.

— ÊTYM . Carène.

f CARÉNAL, ALE (ka-ré-r.al, na-P), adj. Termele botanique. Qui appartient à la carène.

— ÊTYM . Carène.

CARENCE (ka-ran-s’), s. f. Terme de pratique.

CAR

Manque absolu. Procès-verbal de carence, procès-verbal qui constate qu’un défunt n’a rien laissé, ouqu’un débiteur est sans ressources.

— HIST. xv* s. Pitié seroit si l’ame en avoit ca-rence par abus en ce monde, chastel. Éloge dubon duc Philippe.

— ÊTYM . Provenç. et espagn. carencia ; ital. ca-renxia ; du latin carere, manquer.

CARËNE (ka-rê-n’), s. f. || 1° Terme de marine.Longue pièce de bois qui fait le fondement d’unvaisseau. || 2° Les flancs du navire jusqu’à la lignede flottaison. || 3° Carénage. Mettre, abattre un na-vire en carène, le coueher sur le côté pour le répa-rer dans les oeuvres vives. || Donner la carène, ca-rène entière, demi-carène à un vaisseau, en refairela carène, en tout ou en partie. Que tous les autresvaisseaux du port qui ne devaient point être caré-nés devaient avoir une demi-carène conformémentaux règlements, État des travaux, 4 février <679,dans jal. || 4° Terme de botanique. Le pétale infé-rieur des fleurs papilionacées, parce que la forme aquelque analogie avec celle de la carène d’un vais-seau.

— HIST. xvi* s. L’espine est comme siégé et fon-dement de tout l’assemblage et liaison du corps,comme la carine est le fondement de tout le navire,

PARÉ, IV, <6.

— ÊTYM . Carina, carène.

CARÉNÉ, ÉE (ka-ré-né, née), part, passé.|| 1” Terme de marine. Vieux vaisseau caréné.|| 2* Terme de botanique. Qui est en forme de ca-rène. Feuille carénée. Enfin la forme carénée du bléle rend propre à flotter longtemps sur les eaux,bern. de s.-p. Harm. i, Tabl. gén. || 3" Terme dezoologie. Caréné se dit des oiseaux qui ont le ster-num garni d’un bréchet.

CARÉNER (ka-ré-né; la syllabe ré prend l’accentgrave quand la syllabe qui suit est muette : je ca-rène ; excepté au futur et au conditionnel : je ca-rénerai, je carénerais), v. a. Refaire la carène d’unvaisseau; le réparer dans les œuvres vives. Les An-glais travaillaient à établir des chantiers où l’on pûtcaréner les vaisseaux à sec, volt. Russie , i, < 0 .

— ÊTYM . Carène.

CARESSANT, ANTE (ka-rè-san, san-t’), adj.|| 1* Qui caresse, qui aime à caresser. Un enfant,un chien caressant. Je n’ai point l’heureux don deces esprits faciles Pour qui les doctes sœurs, cares-santes, dociles, Ouvrent tous leurs trésors, i. b.rouss. Odes, iii, 1.1| 2° En parlant des choses. Unton caressant. De caressantes paroles. Hélas ! à quelssoupirs suis-je donc condamnée! Moi qui de mesparents toujours abandonnée, Étrangère partout,n’ai pas, même en naissant, Peut-être reçu d’euxun regard caressant, rac. Jphig.n, 3. || 3° Fig. Lezéphyr, le flot caressant. Sans dédain, sans cour-roux puissé-je être écouté l Puisse un vers caressantséduire la beauté I a. chén. Èl. 34.

CARESSE (ka-rè-s’), s. f. || 1“ Marque extérieured’affection, qui se donne par la main, par les lèvres,et quelquefois aussi par les manières et les paroles.De perfides caresses. Faire caresse à quelqu’un. Ilme fit d’abord mille caresses, car il m’aime tou-jours, pasc. Prov. 6. Tes feux et tes serments cèdentà ses caresses, corn. Cinna, in, 4. Cela se passeraavec un peu de caresse que vous lui ferez, mol. G.D. u, < 2 . Je vous vois accabler un homme de ca-resses, id. Mis. i,t .Os de poulets, osde pigeons;

Sans parler de mainte caresse, la font. Fabl . i, 6.Ses caresses n’ont point effacé cette injure, rac.Baj. i, <. Ahl si vous aviez vu par combien de ca-resses Il m’a renouvelé la foi de ses promesses, id.Britann. v, 3. Dès vos plus jeunes ans, mes soinset mes tendresses N’ont arraché de vous que defeintes caresses, id. ib. Cette princesse lui a fait descaresses infinies, sév. 418. Sans songer que mêmestendresses, Mêmes serments, mêmes caressesTrompèrent un autre avant lui, j. b. rouss. Odes,il, 16 . || 2° Fig. Les caresses de la fortune. Ce douxpays reçoit du haut des cieux De ses rayons [dusoleil] les premières caresses, c. delà vigne, Paria,

i, 6. N’offrir qu’aux talents de vertus ennoblis

Et qu’à l’amitié douce et qu’aux douces faiblesses,D’un encens libre et pur les honnêtes caresses, a.chén. Él. 16.

— HIST. xvi* s. Et bien où voulez-vous aller, Monmiel, ma douceur, ma caresse? R. belleau, OEu-vres, p. 130, dans lacurne.

— ÊTYM . Ital. carezza;de caro, cher; du latincarus (voy. cher).

CARESSÉ, ÉE (ka-rè-sé, sée), part, passé. Cetenfant caressé par sa mère. Mon bon ami, quej’aime à être bien voulu et caressél il me semble

CAR

alors que je ne suis plus malheureux, i. i. rouss.Lettr. Moultou, 21 juin 1762, || Fig. Un tableau très-caressé, tableau d’un grand fini, léché, comme ondit aujourd’hui.

CARESSER (ka-rè-sé), v. a. || 1° Faire des ca-resses. Caresser un enfant, un chien. L’âne de

la fable, Qui, pour se rendre plus aimable Et pluscher à son maître, alla le caresser, la font. Fabl .iv, 5. Et soit frayeur encore ou pour me caresserDe ses bras innocents je me sentis presser, rac.Ath. i, 2. Il faut nous flatter et nous caresser commedes enfants, pour nous tenir en bonne humeur, Ni-cole, dans bouhours, Rem. Quel avantage a-t-onqu’un homme vous caresse, Vous jure amitié, foi,zèle, estime, tendresse, Lorsqu’au premier faquinil court en faire autant? mol. Mis. i, 1.1| Poétique-ment. Le zéphyr caresse les fleurs. Le flot caressaitles flancs du navire. || Ironiquement. Il lui caressales épaules à coups de bâton. || Caresser la bouteille,aimer à boire. || Se dit, particulièrement et dans unlangage libre, des caresses amoureuses. Leurs fem-mes caresser.... Régnier, Sat. ix. Vos griffes lapourront blesser Quand vous voudrez la caresser, lafont. Fables, iv, i. Boit son vin, caresse sa fille,id. ib. iv, 4. Les Français chantaient,buvaient, cares-saient les filles dans les cathédrales, volt. Mœurs, 57.De mon vin ils prennent leur part, Ils caressent machambrière, bérang. Mon enterr. j| Terme d’artiste,étendu aussi aui œuvres littéraires. Caresser unouvrage, le faire avec amour. || 2° Fig. Flatter.Quoiqu’un peuple l’adore, et qu’un roi le caresse,corn. Cid, iv, 2 . Il feint, il me caresse et cache sondessein, rac. Mith. iv, 2 . Selon qu’il vous menace oubien qu’il vous caresse, La cour autour de vous ous’écarte ou s’empresse, id. Brit. iv, 1 . Mon fils peutcaresser la main qui nous opprime! c. delavigne,Vêpres sic. i, 1. || 3° Entretenir, nourrir. Caresserun amour, un espoir, une idée. Un mal que nouscaressons. Quand de vos ennemis caressant l’inso-lence, volt. Tancr. iv, 6. Par des soumissions ca-resser son orgueil, id. Âlz. i, 1. || 4“ Terme de pein-ture. Caresser le nu, jeter les draperies de manièreà faire apercevoir le nu. || 6° Se caresser, v. réfl.Se donner réciproquement des caresses.

— SYN. caresser, faire des caresses. Ces ter-mes ne sont pas synonymes en tout. Caresser unenfant, ou faire des caresses à un enfant, peuventse dire exactement l’un pour l’autre. Mais il n’enserait plus de même dans cette phrase-ci : Le roilui fit beaucoup de caresses, c’est-à-dire le reçutavec des marques d’affection toutes particulières;au lieu que caresser, si on le mettait ici en placede faire des caresses, porterait l’esprit vers des ca-resses effectives.

— ÊTYM . Caresse; ital. carezzare. Ce mot paraitêtre entré dans la langue au commencement duxvii* siècle, par l’italien carezzare.

1. CARET (ka-rè), s. m. Tortue des côtes de l’A-mérique, du Mexique, des côtes de la Guinée et dela mer des Indes, dont la chair est malsaine; maisles œufs en sont recherchés, et on travaille l’écaille.

2 . CARET (ka-rè), s. m. || 1° Dévidoir à l’usagedes cordiers. || 2° Fil de caret, gros fil qui sert àfabriquer les cordages pour la marine.

— HIST. xv* s. Laquelle femme filoit au tour oucharet, DDCANGE,.cltoremm.

— ÊTYM. Prononciation picarde de charet, dimi-nutif de char (voy. ce mot), par assimilation d’undévidoir à un chariot.

f CARETTE (ka-rè-t’), s. f. Cadre faisant partiedu métier à tisser les étoffes.

— ÊTYM . Caret 2.

f ÇA-REVAUT (ça-re-vô). Terme de chasse. Cripour avertir que le cerf retourne dans les bois qu’ilhabite.

f CAREX (ka-rèks), s. m. Terme de botanique.Genre de plantes appelées communément laîches.

CARGAISON (kar-ghè-zon), s. f. Terme de ma-rine. Charge d’un vaisseau. || Charge entière du na-vire. || Facture des marchandises chargées. || Tempspropre à charger les diverses marchandises. C’estle temps de la cargaison des vins, des huiles, desmorues, savary.

— ÊTYM . Carguer pour charger (voy. ce mot).

CARGUE (kar-gh’), s. f. Terme de marine. Cor-dages qui servent à carguer les voiles.

— ÊTYM . Voy. carguer.

CARGUÉ, ÉE (kar-ghé, ghée), part, passé. Voilescarguées.

CARGUER (kar-ghé). || 1° V. a. Terme de marine.Serrer et trousser les voiles contre leurs vergues,au moyen des cargues. Carguer les voiles. || 2* V- n.Pencher sur le côté en naviguant.