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CARMAGNOLE (kar-ma-gno-1’), s. f. || 1° Sorte devêtement qui tenait le milieu entre la veste et 1 ha-bit : collet retombant sur les épaules; revers très-courts dont le sommet était découpé en angle aiguet qui se renversaient sur la poitrine; basquesétroites avec des poches à l’extérieur ; plusieurs ran-gées de boutons de métal sur le devant. Ce vête-ment fut beaucoup porté pendant la Révolution.112° Chanson sur un air vif à 6/8, et danse que leparti révolutionnaire affectionnait en 93. La danseétait une ronde qui se dansait sur les places et dansles jardins publics, avec un extrême entrainement.Chanter, danser la carmagnole. || S. m. Par dénigre-ment, soldat des armées républicaines.
_HIST. xv* s. Tous les quels vingt hommes d’ar-mes avoient en leurs testes cramignolles de velouxnoir à grosses houppes de fil d’or de Chippre dessus,du cange , crammale.
— ÉTYM . On ignore l’origine du nom de cetteespèce de veste. Faut-il voir une altération et unchangement de sens de l’ancien cramignole, sortede vêtement de tête ? Faut-il le rattacher à Carma-gnole, ville du Piémont, qui, sous Henri IV ,occupa beaucoup les esprits, comme on le voit parces vers de Malherbe, iii , ( : Je sais bien que saCarmagnole , Devant lui se représentant, Tellequ’une plaintive idole Va son courroux sollicitant.Quant à la chanson (on ne sait d’où l’air en vient),et à la danse, on peut penser, vu leur caractèrerévolutionnaire, qu’elles prirent leur nom de tantde gens en carmagnole qui alors la chantaient et ladansaient. On trouve dans Oudin carmaignolle dansle sens d’abricot.
(. CARME (kar-m’), s. m. || 1° Religieux d’un desquatre ordres mendiants, dont le nom complet est re-ligieux de Notre-Dame du Mont-Carmel. L’ordre descarmes commença vers le xn' siècle en Syrie .|| 2° Carmes déchaux , cannes de la réforme deSainte-Thérèse , au xvi* siècle, qui vont en san-dales et sans bas. || 3° Eau de mélisse des carmes,ou Eau des carmes, alcoolat de mélisse composé,dont on attribue lïnvention aux carmes.
— Êtym. Le mont Carmel, en Galilée , où cesreligieux ont commencé. On disait autrefois carme-liste : xv* siècle : Feirent faire une proposition de-vant le roy par un carmeliste nommé frereEustache,
MONSTREL. t.’l, ch. (03, p. (66, dan6 LACURNE.
2. CA RME (kar-m’) ,s. m. Au trictrac, coup de dés quiamène les deui quatre. Un carme me ferait gagner.
— UEM. Ce mot était autrefois pluriel; l’Académie le fait pluriel et l’écrit avec une s: amener carmes.
— ÉTYM . Par corruption pour carnes, usité dutemps de Ménage, et qui vient de quaternus, coupde quatre (voy. quaterne).
JARMELINE (kar-me-li-n’), s. f. Laine qu’ontire de la vigogne.
CARMÉLITE (kar-mé-li-t’), s. f. Religieuse del’ordre des carmes déchaux . Les carmélites furentintroduites en France en (604. Vous aimeriez bienma sobriété et l’exercice que je fais, et sept heuresau lit comme une carmélite; cette vie dure meplaît, SÉV. 226.
t CARMENTINE (kar-man-ti-n’), s. f. Plante de lafamille des acanthacées réputée béchique et pecto-rale (justifia pectoralis, L.).
CARMIN (kar-min), s. m. Rouge éclatant qu’ontire principalement de la cochenille. Vos traits....le soir embellis de tout l’art du matin, N’avaient derose, hélasl qu’un peu trop de carmin, a. chén.( 62 . || Fig. Des lèvres de carmin. L’occident amincitsa frange de carmin, v. hugo, F. d'aut, 37. || Ad-jectif invariable désignant la couleur du carmin.Le colibri à gorge carmin. Des draps carmin. Desrobes carmin.
— ÉTYM . Bas-lat. carmesinus; de même radieque cramoisi (voy. ce mot).
CARMINATIF, IVE (kar-mi-na-tif, ti-v’), adTerme de médecine. Bon contre les flatuosité|| S. m. Un carminatif.
hist. XVI* s. Ce qui se fera par medicameichauds, secs et atténuatifs, qu’on nomme carmintifs.... Clysteres carminatifs, paré, v, (6.
ÉTYM . Bas-lat. carminativus, de carminartcarder, et figurément, atténuer, dissiper.
t CARMINE (kar-mi-n’), s. f. Terme de chimiNom donné à la matière colorante rouge decochenille.
— êtym. Carmin,
t CARMINÉ, ÉE (kar-mi-né, née) adj. De coileur de carmin. Rose, fleur carminée.
t CARMlNER (kar-mi-né), v. a. Peindre, enbminer avec du carmin.
CARNAGE (kar-na-j’), s. m. || 1" Massacre, tue-rie. Remets dans ton esprit, après tant de carnages,De tes proscriptions les sanglantes images, corn.Cinna, iv, 3. Sylla fit des carnages effroyables ettraita durement le peuple, boss. Hist. m, 7. Saporfitun effrovable carnage des chrétiens, id. Avert. 6.Il y eut beaucoup de carnage des ennemis, pellisson,u, (53.Cieux,éclairerez-vous cet horrible carnage?rac. Esth. i, 3. Déjà de traits en l’air s’élevait unnuage, Déjà coulait le sang, prémices du carnage,id. Iph. v, 6. Un poignard à la main, l’implacableAthalie Au carnage animait ses barbares soldats,id. Âthal. i, 2 . Quel carnage de toutes parts ! Onégorge à la fois les enfants, les vieillards, Et la sœuret le frère, Et la fille etla mère,' id. Esth. i, 6. Lagent maudite aussitôt poursuivit Tous les pigeons,en fit ample carnage, la font. Fab. vu, 8. 11 [Moïse ]est préservé du carnage général des enfants de sanation, mass. Conf. Âmb. des clercs. || 2° Se dit ausside la façon de se nourrir des bêtes féroces. Jamaisde liberté, ni pour les pâturages, Ni d’autre part[des loups] pour les carnages, la font. Fab. m, (3.|| 3° Terme de chasse. Action des chiens qui dévo-rent un animal. || 4° Terme d’équarisseur. Toute es-pèce de charogne.
— HIST. xni* s. Nus ne puet ne ne doit ouvrer encharnage puis vespres sonans, au dit mestier , neen quaresme, puis complie sonant, Livre des mé-tiers, 48. En charnage le vendredi, ruteb. ii, (76.|| xv* s. Car karesme vient et commande A char-naige, tant qu’on le mande, Que pour ung tempsse tire arriéré, ch. d’orl. Rondeau. || xvi* s. Quifaict le loup sortir du bois? default de carnaige, rab.Pant. m, (4. Retournez au logis, braves de la con-queste, Le muffie ensanglanté, le corps navré decoups, Ou vous serez ce soir le carnage des loups,RONS. 670.
— ÉTYM . Picard, carnage, temps où l’on mangede la viande; provenç. carnatge; anc. espagn. car-nage; portug . carnagem; ital. carnaggio, tas dechair; du bas-lat. carnaticum, tas de chair, tempsoù l’on mange de la chair, de caro, carnis, chair(voy. chair); de là le sens de boucherie et tuerie.
f CARNAIRE (kar-nai-r’), adj. Terme d’histoirenaturelle. Qui vit de viande ou sur la viande. Mou-che carnaire.
— ÉTYM . Carnarius, de caro, carnis (voy. chair).
f CARNAL (kar-nal), s. m. Terme de marine. Pa-lan servant sur les galères à élever la tente. || Ex-trémité inférieure d’une antenne. || On trouve aussicarneau.
f CARNALETTE (kar-na-lè-t’), s. f. Terme demarine. Palan plus petit que le camal.
— HIST. Camal.
CARNASSIER , 1ÈRE (kar-na-sié, siè-r’; IV nese lie jamais; au pluriel l’ï se lie : des animaux kar-na-sié-z et farouches), adj. || 1° Avide de cha ", enparlant des animaux. Comme une bête en rut ei car-nassière, volt. Phil. ii, 419. La proie étant 1 uni-que sujet de combat des animaux carnassiers, i. J.rouss. Orig. notes. || 2° Avide de viande, en parlantde l’homme. Il importe de ne pas rendre les enfantscarnassiers, J. i. rouss. Ém. ii. Toujours boire etmanger! carnassier animal, C’est bien fait; suistoujours ton appétit brutal, regnard, Démocr. i, 4.|| 3° S. m. pl. Terme d’histoire naturelle. Les car-nassiers, ordre de la classe des mammifères, à dentsgénéralement aiguës ou tranchantes, et à membres,antérieurs au moins, terminés par des pattes. Cu-vier a divisé les carnassiers en quatre familles, leschiroptères, les insectivores, les carnivores et lesmarsupiaux. Des carnassiers de la taille du lion, dutigre, de l’hyène, désolaient ce nouveau règne ani-mal, CUVIER , Rêvol. 328.
— SYN. carnivore, carnassier. Carnivore ex-prime simplement le fait de se nourrir de viande.Carnassier joint à cette idée l’idée d’un appétitbrutal qui se complaît dans le massacre. Autreest la différence dans le langage de l’histoire natu-relle : carnassier est un terme général qui désignel’idée des animaux vivant de chair; carnivore estmoins général et indique parmi les carnassiersune section particulière, celle des chiens, chats,ours, etc.
— ÉTYM . Provenç. camacier, bourreau; espagn.camicero;de caro, carnis, chair (voy. chair), parl’intermédiaire d’un suffixe latin aceus, qu’on trouvedans le provençal carnaza, chair morte.
CARNASSIÈRE (kar-na-siê-ri), s. f. Sorte de sacpour porter le gibier tué pendant la chasse.
CARNATION (kar-na-sion ; en poésie, de cinq syl-
labes), s. f. || 1° Nom qu’on donne, en peinture,aux parties du corps qui paraissent nues et sans dra-perie. Les carnations de ce tableau sont fort belles.|| 2° Teint, coloration, apparence des chairs dansune personne ou dans un tableau. Le nu des braset des jambes montre un homme fort et nerveux,c’est une carnation qui marque un corps endurci autravail, fén. xix, 333. Qui est-ce qui a su tempéreret mélanger ces couleurs, pour faire une si bellecarnation? id. Exist. 32. || En termes de blason, sedit des parties du corps représentées au naturel.D’argent, à tête de carnation.
— ÉTYM . Ital. carnagione; de carnatio, embon-point, de caro, carnis, chair (voy. chair).
f CARNAU ou CARNEAU (kar-nô), s. m. Trou àla voûte d’un fourneau de porcelaine.
CARNAVAL (kar-na-val), s. m. Il 1“ Temps de di-vertissements compris entre le jour des Rois et lemercredi des Cendres ; les fêtes et les amusementsmêmes de ce temps. Avoir, passer, faire un tristecarnaval. Les carnavals des deux dernières années.Là, dans le carnaval, vous pouvez espérer Le bal etla grand’bande, à savoir deux musettes, Et par-fois Fagotin et les marionnettes, mol. Tart. n, 3.Les hospodars de Valachie et de Moldavie ne ferontpas leur carnaval à Venise , volt. Lett. à Cath. 34,|| Jeûner en carnaval, être très-pauvre. Depuispeu chez ma cousine, Qui jeûnait en carnaval, bé-rang. Le voisin. || Familièrement. Il est fait commeun carnaval, c’est un vrai carnaval, il est habilléd’une manière extravagante. || Il est triste commes’il revenait d’enterrer carnaval, par allusion à la findu carnaval suivie du carême. || 2° Par exlension,divertissement grotesque. || Au plur. Des carnavals.
— hist. xvi* s. Croyez qu’en Avignon , on tempsde carnaval.... rab. Pant. iv, (4.
— ÉTYM. Picard, les carnevieux; de l’italien car-novale; milanais, carnelevale, dans nu cange, dubas-latin camelevamen, dit pour carnis levamen,de caro, chair (voy. chair), et levamen, actiond’ôter, de levare (voy. léger) ; c’est-à-dfre tempsoù l’on enlève l’usage de la cbair, vu que carnovaleest proprement la nuit avant le mercredi des Cen-dres. Diez, d’après des auteurs italiens, le tirede came et voie : adieu la chair; mais vale n’estoas italien ; et le milanais carnelevale fait un suffi-sant intermédiaire entre carnis levamen, pour unmot populaire et par conséquent sujet à de fortes al-térations
(. CARNE (kar-n’), s. f. || 1* Angle saillant d’unepierre, d une table, etc. Je me suis donné un grandcoup à ia tête contre la carne d’un volet, mol. Mal.im.i, t'.. || 2° Terme de maître d’écriture. Evide-ment du tuyau ou du canon de la plume.
— hist. xn* s. Al segnor sunt li carne de terre,Liber p-alm. p. 236.
— ËTYïl. Latin cardinem, gond.
t 2 . CARNE (kar-n’), s. f. Terme très-vulgairoqui seii à désigner de la mauvaise viande servie àmanger. C’est de la carne.
— ÉTYM . Caro, carnis (voy. chair).
CARNÉ , ÉE (kar-né, née), adj. Terme de fleu-riste. De couleur de chair. Un œillet carné.
— ÉTYM . Caro, carnis, chair (voy. chair).
f CARNEAU (kar-nô), s. m. Voy. carnau.
t CARNÈLE (kar-nè-1’), s. f. Bordure qui paraîtautour du cordon d’une monnaie et qui forme la lé-gende.
— étym. Came (.
t CARNELER (kar-ne-lé; la syllabe nel prendl’accent grave, quand la syllabe qui suit est muette :je carnèle), v. a. Terme de numismatique. Faire unecarnèle. Médaille carnelée. || Terme de blason. Cein-dre d’une bordure.
CARNET (kar-nè ; le t ne se lie pas dans le parlerordinaire; au pluriel l’s se lie : des kar-nè-z en rè-gle ; carnets rime avec traits, succès, paix, etc.) s. m.Petit livre de compte portatif, pour recueillir desnotes. || Livre qui mentionne les échéances dessommes que les commerçants ont à recevoir ou àpayer. || Petit livre que les négociants, courtiers,agents de change, portent dans les bourses et mar-chés pour inscrire immédiatement leurs opérations-|| Anciennement, petit livre nommé plutôt bilan, dontles négociants de Lyon se servaient pour le virementdes parties.
— HIST. xvi* s. Il m'a uâillé un grand carnet etinventaire de livres qu’il dit avoir composez, duverdier, Biblioth. p. (034, dans lacurne.
— étym. Ce mot paraît dérivéd’un diminutif qua-ternetum, qui se rattache à quaternio, cahier de