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Tome premier. A - C.
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stellum (voy. château) ; il désignait, dans les an-ciens tournois, des imitations de châteaux, detours, etc. qu’on attaquait, et de là il a été con-servé pour débat, querelle. Dans le xvi # siècle, onavait le verbe se castiller et l’adjectif castilleux.

CASTINE (ka-sti-n’), s. f. Pierre calcaire que l’onmélange au minerai de fer pour en faciliter la fu-sion. Les fourneaux y sont pour fondre la mine defer avec l’aide d’une matière appelée castine, quiest une terre pierre, coquille, Hist. du Nivernais ,dans ménage.

— ÉTYM. Allem. Kalkstein , pierre à chaux, deKalk, tiré du latin calx (voy. chaux), et Stein,pierre.

1. CASTOR (ka-stor), s. m. || 1" Quadrupède mam-mifère de l’ordre des rongeurs, qui habite dans leslieux aquatiques, au nord de l’ancien et du nouveaucontinent. Le castor d’Europe se terre. Au Canada les castors construisent des digues et des habitations.Iis y construisent des travaux Qui des torrents gros-sis arrêtent le ravage, Et font communiquer l’un etl’autre rivage; L’édifice résisteetdure en son entier:Après un lit de bois est un lit de mortier ; Chaquecastor agit ; commune eu est la tâche ; Le vieux y faitmarcher le jeune sans relâche; Maint maître d’œu-vre y court et tient haut le bâton ; La république dePlaton Ne serait rien que l’apprentie De cette fa-mille amphibie, la font. Fabl . x, i. || 2° Chapeau,drap, ras de castor, chapeau, drap, ras fait de poilde castor. Chacun ordonna que je prendrais la valeurd’un chapeau de castor sur les deniers de ma re-cette, Francion, liv. vi, p. 223. || Un castor, unchapeau de poil de castor et, dans le langage fami-lier, un chapeau quelconque, vieux, fripé, même unchapeau de femme. || Demi-castor, chapeau de poilde castor mélangé. Vous trouverez, dans les ballotsde M. l’ambassadeur, un étui où il y a deux chapeauxpour vous, un castor fin et un demi-castor, rac.Lettres d son fils, 22 . || Fig. et familièrement. C’estun demi-castor, c’est un homme suspect.

— hist. xvi* s. On mettra en l’oreille huile decastor [castoréum] ou de girofle, paré, xv, 26 . Pre-nez demie dragme de castor dissout en vin blanc,

1D. XVIII, 57.

— êtym. Kâoxwp, castor; du mot hébreu qui si-gnifie musc; en persan moderne, khag.

•j 2 . CASTOK (ka-stor), s. m. Terme d’astrono-mie. Belle étoile double des Gémeaux. || Castor etPolltix. nom donné au feu Saint-Elme .

— Etym . Castor, héros mythologique.CASTORÉUM (ka-sto-ré-om’), s. m. Matière ani-male sécrétée par les glandes placées sous la peaude l’abdomen du castor, de la femelle comme dumâle, entre l’origine de la queue et la partie posté-rieure des cuisses, et qui est employée en médecinecomme antispasmodique.

— hist. xvi's. Puis les oindrons d’huile laurin,de castoréum, et d’autres de pareil effet, paré, xv, 65.

— ÉTYM . Castor I.

f CASTORIN, s. m. Peaux de castorin, peauxd’un animal amphibie de l’Amérique méridionale.

CASTOR1NE (ka-sto-ri-n’), s. f. Étoffe de lainelégère et soyeuse. Une redingote de castorine.

— ÉTYM . Castor i.

CASTRAMÉTATION (ka-stra-mé-ta-sion) , s. f.L’art de camper, surtout en parlant de l’antiquité.Traité de la castramétation des Romains.

— ÉTYM . Castramelari . camper, de Castro, camp(voy. château), et meiari, mesurer (voy. mesure).

CASTRAT (ka-stra; le t ne se lie pas; au pluriell’s se lie : des ka-stra-z habiles chanteurs), s. m.Homme qu’on a châtré dans l’enfance pour en faireun chanteur qui conserve une voix semblable àcelle des enfants et des femmes. Voix de castrat. Yétiez-vous lorsque le castrat Cafarieili nous jetaitdans le ravissement? dider. S. L caract.

— ÉTYM . Ital. castrato; de castra tus, de castrare(voy. châtrer).

CASTRATION (kas-tra-sion), s. f. || 1“ Terme dechirurgie. Opération par laquelle on châtre unhomme, un animal. Les moyens de guérir la lèpre,entre lesquels on sera sans doute étonné de trouverla castration, dider. Lctt. s. I. chirur . || Les chirur-giens appellent aussi castration l’ablation d’un seulîles testicules affecté de tumeur : de là la distinc-tion de la castration en complète et incomplète.

|| 2" Terme de botanique. Opération par laquelle onempêche une plante de produire des semences.

— hist. xvi* s. La voix après la castration estplus gresle, paré, vi, <8.

— ÉTYM. Provenç. castracio; espagn. castracion ;ital. castragione; de caslrationem , de castrare(voy. châtrer).

CASDALITÉ (ka-zu-a-li-té), s. f. Qualité, condi-tion de ce qui est casuel.

— HIST. xvt* s. Roole attesté des amendes etautres casualités [profits accidentels] escheutes ausdits offices, Nouv. coustumier génér. t. n, p. 1129.

— ÉTYM . Bas-lat. casualitas, de casitalis, casuel.

t CASUARINE (ka-zu-a-ri-n’), s. f. Nom d’un ar-bre des Indes orientales et de la Nouvelle-Hollandedont le bois est très-dur.

CASUEL, ELLE (ka-zu-èl, è-1’), adj. || 1” Quidépend des cas, des accidents. L’événement en estcasuel, boss. Imp. 3. Les choses morales, si com-pliquées, si casuelles, si changeantes, ponten. Ber-noulli. Ces jardins, ces campagnes, que vous tenezde moi, sont choses casuelles, dider. Essai s.Claude et Néron . Sans cette condition [qu’il n’yaurait pas d’impôt sur les rentes], les prêteurs n’au-raient pas fait une disposition si casuelle de leurscapitaux, Mirabeau, Collection, t. iv, 264. || 2° Droitscasuels, profits fortuits, dans les fiefs, comme ledroit d’aubaine, les lods et ventes, etc. || Partiescasuelles, droits et revenus éventuels; et le bureaumême où l’État faisait percevoir ces droits. Tréso-rier des parties casuelles. Charge vacante aux par-ties casuelles, charge qui vaquait au profit du roi.Emplois casuels, emplois révocables. Charges ca-suelles, charges non héréditaires. || 3“ S. m. Lecasuel, le gain, le revenu casuel, par opposition àgain, revenu fixe. De quelque valeur que soient lescures tant en fonds qu’en casuel , boss. Lett.quiét. 84.

— rem. Depuis quelque temps l’usage s’est intro-duit de donner à casuel le sens de fragile : la por-celaine est casuelle. Mais rien, ni dans l’étymolo-gie , ni dans l’emploi ancien, ne justifie cetteacception qui doit être évitée.

— HIST. xvi" s. 11 advient souvent, par casuellerencontre, des accidents du tout semblables les unsaux autres, amyot, Sertor. I. Quand ils veulentinjurier quelqu’un , ils ne s’attachent point auxmarques extérieures du corps, ny aux choses ca-suelles de la fortune, id. Corn, il faut lire les poët.64. N’estant en ce mesnage, qu’accessoire ou par-ties casuelles, les fruits que ces arbres donnent,O. DE SERRES, 787.

— ÉTYM . Provenç. et espagn. casual; ital. casuale;de casualis , de casus , chute , accident, cas(voy. cas).

CASUELLEMENT (ka-zu-è-le-man), adv. D’unemanière casuelle.

— HlS'r. xvi* s. Il perdit la veue, non que la for-tune l’eust ainsi casuellement oultragé, ny.... amyot,Timol. 49. La medecine traitte casuellement et paraccident, que c’est que maladie, et la musique,que c’est que faulx accord, id. Démétr. t. Aussi nesont-ce point matières qu’il ne soit pas permis d’i-gnorer et d’en parler casuellement et temeraire-ment, mont, ii, 99. Trésor trouvé casuellement enlieu public appartient pour la moitié au seigneurhaut justicier et pour l’autre moitié à celuy qui l’atrouvé, Nouveau coustumier gén. t. n, p. 1060 .

— ÉTYM . Casuelle, et le suffixe ment ( voy.ment).

CASUISTE (ka-zui-st’), s. m. Théologien quis’applique à résoudre les cas ou les difficultés deconscience par les règles de la raison et du chris-tianisme. Si les Jésuites n’avaient que des casuistesrelâchés, ils ruineraient leur principal dessein quiest d’embrasser tout le monde, puisque ceux quisont véritablement pieux cherchent une conduite plussûre; mais comme il n’y en a pas beaucoup de cettesorte, ils n’ont pas besoin de beaucoup de direc-teurs sévères pour les conduire ; ils en ont peu pourpeu; au lieu que la foule des casuistes relâchéss’offre à la foule de ceux qui cherchent le relâche-ment, pasc. Prov. 6. Le christianisme est biendifférent dans les livres saints et dans les casuistes,pasc. J.-C. <3. Le meilleur de tous les casuistes estla conscience, i. J. rouss. Ém. iv. Comme il y a unnombre infini d’actions équivoques, un casuistepeut leur donner un degré de bonté qu’elles n’ontpoint, en les déclarant bonnes, montesq. Lett. pers.67 . || Par extension. L’amour a des casuistes D’avisfort différents dans sa religion; Il a ses Escobars,il a ses jansénistes, chaulieu, Ép. à Lafare, 1703.

— ÉTYM. Espagn. casuista; ital. casista ; de casus,cas de conscience (voy. cas). Il est écrit deux foisensuite dans Thiers , Superstitions, préface, éd.de 1697. Nous voyons par la 8* réflexion critiquede Boileau sur Longin que Perrault écrivait toujourscasuite; Boileau lui reproche cette orthographe etdit qu’il faut écrire et prononcer casuiste.

f CASUISTIQUE (ka-zui-sti-k’), s. f. Partie de

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la théologie morale qui s'occupe des cas de con-science.

— ÉTYM . Casuiste.

t CASUISTIQUER (ka-zui-sti-ké), V. n. Faire lacasuiste; discuter des cas de conscience.

t CASULAIRE, adj. Régime casulaire, dit au-jourd’hui cellulaire (de casa, case, loge).

CATAC11KÈSK (ka-ta-krè-z’), s. f. || 1 ” Trope parlequel un mot détourné de son sens propre estaccepté dans le langage commun pour signifierune autre chose qui a quelque analogie avec l’objetqu’il exprimait d’abord; par exemple, une langue,parce que la langue est le principal organe de laparole articulée; une glace, grand miroir, parcequ’elle est plane et luisante comme la glace d’unbassin; une feuille de papier, parce qu’elle estplate et mince comme une feuille d’arbre. C’est aussipar catachrèse qu’on dit : ferré d’argent; aller àcheval sur un bâton. Poussez à Marcassus, pous-sez à Marcellus l’antithèse, l’hypotypose , la cata-chrèse, p. L. cour, i, 120. || 2° Terme de musique.Dissonance dure et inusitée.

— ÉTYM . Kaïàxpnaiî, abus, de xavà, contre, etypîiffi:, usage.

CATACLYSME (ka-ta-kli-sm’), s. m. || 1° Termedidactique. Grande inondation, et, particulièrement,le déluge universel de la Bible , ou autres délugesdont parlent les géologues. || 2° Fig. Désastre, etsurtout bouleversement dans un État, dans une so-ciété. C’est un vrai cataclysme.

— HIST. xvi* s. Avant le general cataclisme ad-venu du temps de Noé, des accords, Bigarr. Inven-tion des lettres.

— ÉTYM . Kavaxkuapô;, de xavà, sur, et xkuapA;,action de mouiller ( v oy. clystère).

t CATACLYSâlIQUE ( ka-ta-kli-smi-k’ ), adj.Terme de géologie. Qui dépend d’un cataclysme. Untransport cataclysmique de galets de granité.

— ÉTYM . Cataclysme.

f CATACLYSMOLOGIE (ka-ta-kli-smo-lo-jie), s. f.Histoire des cataclysmes.

— ÊTYM . Cataclysme, et Âéyo-, traité.

f CATACOI ou CATACOUA (ka-ta-kou-a), s. f.Forme populaire pour dire un catogan.

CATACOIS (ka-ta-kot), s. m. Terme de marine.Voy. cacatois.

CATACOMBES (ka-ta-kon-b’), s. f. pl. ||1° Lieuxsouterrains, près de Rome , qui élant d’anciennescarrières de pouzzolane, servirent pour la sépulturedes esclaves, et où les chrétiens se cachèrent ensuitependant les persécutions et enterrèrent aussi leursmorts. Supposons que l’un de ces hommes vénérablessortant tout à coup de ces catacombes antiques où sacendre est confondue avec celle de tant de martyrs...Mirabeau, Collection, t. v, 300.112° Par extension,toute espèce de vastes excavations souterraines oùsont réunis des débris mortuaires. Paris est en par-tie bâti sur des catacombes qui furent des carrières.

— ÉTYM . Provenç. cathacumba ; espagn. cata-cumba; ital. calacomba; du bas-lat. catacumba ,dont l’origine est incertaine. On y voit d’ordinairela préposition xavà, et : i° cymba, bateau, parcequ’il y avait près des catacombes de Rome une sta-tion pour les bateaux; 2 ° tumba, altéré en cumba:le lieu aux tombes ; et 3* comba, vallée, fosse : le lieuaux fosses. Au contraire Diez voit dans cala le bas-latin catare, voir, regarder, qui se trouve dans cata-falque, dans châlit (voy. ces mots), et soit tumba(on trouve en effet dans des textes espagnols cata-tumba, et dans le dialecte milanais, catatomba), .soitcomba (voy. combe) ; de sorte que catacombes signi-fierait tombes ou fosses que l’on va voir, que l’onvisite. Ce qui est le plus probable, c’est l’étymologiela plus directe, de xavà, en, et xépëri ou xùpëo;,dont le sens propre est cavité; mot composé qui, àla vérité, n’est pas dans le grec littéral, mais qui apu se former dans le grec non écrit.

f CATACOUA. Voy. CATACOI.

CATACOUSTIQUE (ka-ta-kou-sti-k’), s. f. Termede physique. Partie de l’acoustique qui a pour objetles sons réfléchis ou les effets des échos. || Adj. Quia rapport à la catacoustique.

— ÊTYM . Kavaxouavixoç, de xavà, contre, indi-quant réflexion, et acoustique.

CATADIOPTRIQUE (ka-ta-di-o-ptri-k’), adj.|| 1* Terme de physique. Épithète donnée à certainsinstruments d’optique qui réunissent les effetscombinés de la réflexion et de la réfraction. || 2° S. f.Partie de l’optique qui a pour objet les effets réunisde la lumière réfléchie et réfractée.

— ÊTYM . Kavà, contre, indiquant réflexion, etdioptrique.

CATADOUPE (ka-ta-dou-p’) ou CATADUPE (ka-