CAS
1. CASSIF.R (ka-sié), s. m. Canéficier, arbre quiporte la casse.
— étym. Casse 3.
f 2. CASSIER (ka-sié), s. m. Terme de typogra-phie. Armoire où Ton range des casses.
| CASSIN (ka-sin), s. m. Partie du métier à étoffesde soie. || Terme de teinturier. Seau pour la soie.
1. CASSINE (ka-si-n’), s. f. || 1*Terme de guerre.Petite maison détachée au milieu des champs, oùl’on peut s’embusquer, se retrancher. || 2° Petitemaison de plaisir hors de la ville. M. de Villars l’estallé recevoir dans sa cassine, sév. 307. || 3° Fami-lièrement, maisonnette de chétive apparence, etaussi, maison mal tenue. Comment peut-il demeu-rer dans une pareille cassine?
— HIST. XVI* s. Ceste faute advint pour sauverune cassine estant au seigneur Jean Jacques Trivulce ,M. dd bellay, 5. Ils n’avoient point de terres ny deseigneuries, methairies, clozeries, borderies, cas-sines, ny bastides, dont ils se peussent, à la fran-çoise, qualifier ou anoblir, carl. ii, 17. Et là trouvailes plus beaux lieux du monde, belles galeries, bellesprairies, force vignes, et une infinité de cassines à lamode italique , par les champs pleins de delices, rab.P.ant. il, 32. J’ai là-bas une petite cassine au boutde vostre grande prée qui est sur la riviere, Moyende parvenir, dans lacurne. Ma pauvre cassine,remy belleau , Berger, t. i, p. 70, dans lacurne.Plus ne blanchissent de bruines, Ny paresseux enleurs cassines Plus ne chomment les laboureurs, id.ib. p. 107. Allez, et n’ayez peur que les dents assas-sines Des vieux loups affamés n’abordent vos cas-sines, id. dans le roux, Dict. comique.
— ÉTYM . Bas-lat. cassina, chaumière , domainede campagne, dans les lois des Lombards; du bas-latin cassa, qui s’est dit pour casa, maison (voy.case). L’italien n’a pas cassina; il a casino, à peuprès de même sens que cassine, et cascina, froma-gerie, qui est un autre mot.
j 2 . CASSINE (ka-si-n’), s. f. Terme de botani-que. Nom de la viorne luisante, qu’on emploie enAmérique , en guise de thé. On boit dans de grandescalebasses une préparation de cassine, chateaub.Amér. 4t. Mila ne voulait pas qu’on se donnât letemps de servir la cassine au religieux, id. Natc. m, 3.
f CASSINOÏDE (ka-ssi-no-i-d’), s. f. Terme degéométrie. Courbe que Cassini voulait substituer àl’ellipse de Kepler dans l’explication des mouve-ments planétaires.
— ÉTYM . Cassini, célèbre astronome du temps deLouis XIV .
f CASSION (ka-si-on), s. m. Nom par lequel Fara-day, physicien anglais , désigne tout élément d’uncorps composé, qui est susceptible de se rendre aupôle positif d’une pile.
CASSIOPÉE (ka-ssi-o-pée), s. f. Terme d’astro-nomie. Constellation de l’hémisphère septentrional.
— ÉTYM . Kactriémia, personnage mythologique,femme de Céphée, roi des Éthiopiens, et mère d’An-dromède .
CASSIQUE (ka-ssi-k’), s. m. Nom d’un oiseaud’Amérique (oriolus citrinus).
1. CASSIS (ka-si ; quelques-uns prononcent l’s,ca-sis’ : ce qui est moins bien), s. m. || 1” Groseillier àfruits en grappes, noirs et aromatiques. || Le fruitlui-même. || 2° Sorte de ratafia fait avec le fruit ducassis. Un verre de cassis. || On écrit aussi cacis.
— ÉTYM . Mot entré tardivement, ce semble, dansla langue ; on ne le trouve ni dans les anciens Dic-tionnaires de l’Académie ni dans Furetière ni dansRichelet; l’origine en est inconnue.
t 2 . CASSIS (ka-si), s. m. Terme de ponts etchaussées. Nom d’une rigole pratiquée en traversde la route, et ordinairement au bas d’une pente,pour l’écoulement des eaux. || Petit ruisseau demoellon pour conduire les eaux d’égout ou desource.
t CASSITÉRIDE (ka-ssi-té-ri-d’), r m. Nom d’ungroupe de corps analogues à l’étain.
CASSOLETTE (ka-so-lè-t’), s. f. || 1° Réchaud demétal où l’on fait brûler des parfums. || L’odeurmême de la cassolette. || 2° Par antiphrase, potde chambre rempli d’ordures.... Mais, pour vousrégaler, Du souci qui pour elle ici vous inquiète,Elle vous fait présent de cette cassolette.—Fi! celasent mauvais, et je suis tout gâté, mol. l’Étour. iii,12 . |j Quelle cassolette! Voilà une terrible cassolette!se dit en parlant d’une mauvaise odeur. || Autrefois,tombereau de gadouard qui, vidant les lieux, infec-tait les rues par où il passait. || 3” Terme d’archi-tecture. Vase do sculpture, qui parait jeter des
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flammes ou de la fumée. On dit plus souvent pot-à-feu.
— HIST. xvi* s. Puis commença à asperger l’eauequ’elle tenoit en la cassolite, D. Flores de Grece,f° xci, dans lacurne. Maintes sortes d’eaues dis-tilées qu’elle mit dans une cassolite, ib.
— ÉTYM . Diminutif de cassolle; espagn. cazolcta.
f CASSOLLE (ka-so-1’), s. f. Réchaud pour chauf-fer la colle dans les papeteries.
— HIST. xvi* s. Battez-les, puis les mettez dedansune cassole sur le feu, paré, xxv, 44.
— ÉTYM . Diminutif de casse, poêlon (voy. casse2 ); espagn. casuela. Paré emploie aussi cassolledans le sens de botte, alors il vient de casse, caisse.
t. CASSON (ka-son), s. m. Pain informe de sucrefin. Sucre en cassons.
— ÉTYM . Casson pour caisson (voy. ce mot) : sucreainsi appelé à cause des caisses où on le met.
f 2 . CASSON (kâ-son), s. m. Se dit des noyaux decacao brisés. || Rognure de glaces. || Fragment deverre cassé.
— étym. Casser.
f 3. CASSON (kâ-son), s. m. Voy. calcin.
CASSONADE (ka-so-na-d’, et non castonade, pro-nonciation condamnée par l’étymologie et par lebon usage, mais qui est encore celle de beaucoupde gens, et que Ménage notait, de son temps,comme aussi reçue que l’autre), s. f. Sucre qui n’aété raffiné qu’une fois.
— HIST. xvi‘ s. Des succres, cassonades, miels,o. de serres, 842. Pour la confiture liquide, la cas-sonade est meilleure que le sucre fin, id. 851. Descassonades, cette distinction sera faite, que de pré-férer la blanche à la noire, id. 862 .
f CASSOT (ka-so), s. m. Terme de papeterie.Caisse à compartiments pour le triage des chiffons.
CASSURE (kâ-su-r 1 ), s. f. || 1° L’endroit où l’objetest cassé. La cassure de ce corps est nette. || Aspectque présente une substance quelconque qui aété cassée. Cassure vitreuse, résineuse. || 2° Fentequi se fait en travers d’une lame d’acier qu’ontrempe.
— hist. xiv* s. Metez la penne cassée endroit lacassure, dedens la fente, Modus, t° xciv. Se vostreespervier a la teste d’aucunes de ses plumes quas-sées, si la moulliez tantost de vostre salive endroitla quasseure, Ménagier , ni, 2. Peu après cette ca-cheure, il chut au lit, dont il morut, Lettre derémission, dans raynouard. || xvi' s. Quand la foyest navrée, c’est comme si le bouclier d’un gendarmerecevoit quelque casseure de la violence d’un coup,seulement jusqu’à estre faussé et non percé, Calvin,Instit. 438. Fracture du crâne se fait par contusion,c’est à dire cassure ou froissure de chose conton-dante, paré, vrn, 1.
— ÉTYM . Casser; provenç. cassadura, cachadura;ital. cassatura.
f CASTAGNEAÜ (ka-sta-gnô), s. m. Nom vulgaired’un poisson très-commun dans toute la Méditerra-née (type du genre chromis de Cuvier).
j-CASTAGNETTE (ka-sta-gnè-t’), s. f. Terme decommerce. Étoffe de soie, laine et fil.
CASTAGNETTES (ka-sta-gnè-t ), s. f. plur. Instru-ment d’origine espagnole , consistant en deux pe-tites écailles d’ivoire ou de bois, creuses, qui, étantjointes ensemble par une petite corde et attachéesaux poignets, sont battues l’une contre l’autre par undanseur avec les doigts de chaque main pour mar-quer ses mouvements et ses cadences. Une paire decastagnettes. Armée de castagnettes et d’effronterie,hamilt. Gram. ». Les Zingari allaient par troupesavec des tambours de basque et des castagnettes,volt. Moeurs. 104. Les castagnettes des bohémienssont les cymbales des prêtres syriens, id. ib. || Ausingulier, la castagnette est un des deux petits mor-ceaux de bois qui composent l’instrument.
— ÉTYM . Espagn. castanetas : ainsi dites de laressemblance qu’on leur a trouvée avec des coquesde châtaignes (voy. chAtaigne).
■j CASTAGNEUX (ka-sta-gneû), s. m. Sorte d’oi-seau de rivière (le petit grèbe).
— HIST. xvi* s. Sa grosseur est d’une petite sar-celle, de la couleur d’une chastaignette, dont ilsemble que la cause pourquoy on l’a nommé cas-taigneux est venue, belon, Ornith. Zoucet.
| CASTAGNOLE (ka-sta-gno-1’), s. f. Terme demarine. Morceau de bois percé de deux trous etfixé sur les galères à chacune des ralingues de latente. || Nom vulgaire d’un poisson sur les côtes dela Méditerranée.
— étym. Ital. castagnolla, nom du poisson.
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f CASTALIDES (ka-sta-li-d’), s. f. plur. Nom donnéaux Muses à cause de la fontaine de Castalie.
f CASTALIE (ka-sta-lie), s. f. Nom d’une fontainede Béotie, consacrée aux Muses. Les eaux de Cas-talie, la poésie.
CASTE (ka-st’J, s. f. || 1° Chacune des tribus en les-quelles la société de l’Inde est partagée. Il y a qua-tre castes: les prêtres, les guerriers, les marchandset agriculteurs, les gens de condition servile, ensanscrit brahmanes, kshatria, vaisia, sûdra. || 2° Pardénigrement, classe de la société, que l’on consi-dère alors comme exclusive et fermée. L’esprit decaste. Il a les préjugés, les prétentions de sa caste.|| 3° Familièrement. Je ne le crains pas ni lui nitoute sa caste, c’est-à-dire ni les siens, ni les gensde son bord.
REM. Caste, qui n’est ni dans Furetière ni dansRichelet, n’est dans le Dictionnaire de l’Académie qu’à partir de l’édition de 1740.
— ÉTYM . Espagn. et portug. casta, caste, propre-ment quelque chose de non mélangé; du latincastus, chaste (voy. chaste).
CASTEL (ka-stèl), s. m. S’est dit pour château.C’était un petit castel blanc qui se voyait de par-tout, st-sim. 40, 214. M. de Crac, dans son petitcastel, titre d’une comédie de Collin d’Harleville.|| Aujourd’hui terme familier et de plaisanterie. Versson vieux castel, Ce noble mortel Marche en bran-dissant Un sabre innocent, bérang. Carabas. J'aiune autre nièce que Mme Denis, qui se mêle ausside jouer quelquefois la comédie dans son castel,volt. Letl. Richelieu , 18 sept. 1769.
— hist. xi* s. N’ i ad castel qui devant lui re-maigne, Chron. de Roi. i. Les castiax fraiz [brisésj,mainte cité brosée, Ronc. p. 33. || xii*s. Et quant illi conquist casteals e hérité, Th. le mar. 54. || xm* s.Et quant li empereres vit que il tenoient contre luison castiel, se il en fust dolanset courechiés, ce nefait pas à demander, h. de val. xv. Es les vous ve-nus au castel De Montoire , où il fist moult bel,Fl. et Bl. 361. Noz l’entendons des forterecesqui ne sont pas castiax, liquel sont apelé castel parla raison qu’il sont chief de le [la] conté, beaum.XIII, 19.
— ÉTYM . Autre forme de château (voy. ce mot).
f CASTELANE (ka-ste-la-n’), s. f. Sorte de prune
verte.
f CASTELLAN (ka-stèl-lan), s. m. Nom donnéautrefois en Pologne aux dignitaires qui venaientaprès les palatins.
t CASTELOGNE (ka-ste-lo-gn’) , s. f. Terme decommerce. Couverture de laine pour les lits.
— ÉTYM. Dit, d’après Ménage, pour Catalogne ,pays d’où venaient ces sortes de couvertures.
f CASTICE (ka-sti-s’), s. m. Indien né à Goa depère et de mère portugais .
— ÉTYM . Caste, dans le sens de sang non mé-langé.
f CASTILLAN , ANE (ka-sti-llan, lla-n’, Il mouil-lées), adj. Qui appartient à la Castille. Langue cas-tillane, ou, substantivement, le castillan, la langueespagnole. || S m. Castillan, monnaie d’or valant6 fr. 42 c.
CASTILLE (ka-sti-U’, Il mouillées, et non ka-sti-ye), s. f. || 1° Autrefois combat dans une lice. Il fautranger dans cette espèce [de jeux] les joutes, lescastilles, les pas d’armes, chateaub. Amér. 81.|| 2° Aujourd’hui, terme familier qui se dit pourquerelle, démêlé de peu d’importance. Cherchercastille. Ils sont toujours en castille. Le soleil, ense levant, vit notre castille, et fut témoin commeelle me jeta un pot à la tête, Francion, liv. vii, p. 266 .Avecque nous, si l’almanach ne ment, Les Castil-lans n’auront plus de castille; Même au printemps,on doit de leur séjour Nous envoyer avec certainefille [la reine Marie-Thérèse] Les jeux, les ris, lesgrâces et l’amour, la font. Poésies mêlées, xii.
— HIST. xv* s. Le roy s’en vint à Montferrant, Etpuis fit faire une bastille, Auprès de Lormont ac-courant Pour à Bourdeaux faire castille, martial deparis , Vigiles de Charles VH, t. n, p. ibi, danslacurne. Vous savez que le chevalier au daulphinet moy eusmes castille ensemble, Perceforest , t. m,f” 142, dans lacurne. X la rescousse des deux che-valiers fut grosse la castille et grande, tant de l’unepartie comme de l’autre, ib. t. iv, P 82 . Si vousrequiers que vous me laissez paisible, ou, par lamorbieu! je vous livrerai castille. louis xi, A’ouu.xxiii. Robin Paumier et icellui Thierry eurent grossecastille ensemble, du cange, catillare. || xvi* s. Jeprends noise ou castille, palsgr. p. 757.