CITA
CHA
53 G CI1A
chabot qui noue eu ia grand mer [allusion aux armesde l’amiral Chabot], marot, iii, 1 o. Les terroirs pier-reux et sablonneux nourrissent les truites, cha-bots, cheviniaux.... o. de serres, 425.
_êtym . Dérivé, à l’aide du suffixe diminutif ot,
de chab ou cab, tête (voy. chef).
f CHABOTTE (cha-ho-t’), s. f. Terme de serru-rier. Masse de fonte dans laquelle on fixe les grossesenclumes.
CHABRAQUE (cha-bra-k’), s. f. Voy. schabràque.
f CHABRILLOU (cha-bri-llou, Il mouillées), s. m.Nom d’un fromage de chèvre en Auvergne .
— ÉTYM . Chèvre, par chabri ou cabri.
■j CHABUISSEAU (cha-bui-sô), s. m. Un des nomsvulgaires de la chevanne, sorte de poisson.
CHACAL (cha-kal), s. m. Animal de la taille durenard, mais plus haut sur jambes, gris jaunâtreen dessus, blanchâtre en dessous, et vivant entroupe. Â de longs intervalles on entendait les lu-gubres cris de quelques oiseaux de nuit et de quel-ques chacals, volney, Ruines, ch. i. Là.... Gron-dent.... Le chacal, l’hyène rayée Et le léopardtacheté, v. hugo, Orient. 27. || Au plur. Des cha-cals.
CHACONNE (cha-ko-n’), s. f. || 1° Air de dansetrès-étendu, à trois et quelquefois à quatre temps,qui servait de finale à un ballet ou à un opéra. Lachaconne n’est plus en usage. Allons, cette cha-conne en C sol ut. hauteroche, Crispin mus. i,40. || Chaconne chantante, paroles sur un air dechaconne. Nous voudrions vous envoyer une cha-conne et un écho, sévigné, 360. || 2”Danse sur unair de chaconne. Que font des menuets, des cha-connes dans une tragédie? i. J. rouss. IIél. i, 23.|| 3° Ruban que l’on portait sur la chemise.
— ÉTYM. Espagn. chacona , sorte de danse natio-nale. du basque chocu no, joli, gentil.
CHACUN,CHACUNE (cha-kun, cha-ku-n’; l’nnese lie pas : chacun a ses passions, dites cha-kun ases passions), pronom distrib. Chacun n’a pas de plu-riel. |! 1° Chaque personne, chaque chose. Chacun pritsa part. Chacun des assistants applaudit. Chacune deces femmes. Chacun fut de l’avis de M. le doyen, lafont. Fabl . il, 2 . Ils allaient [deux rats] de leur œufmanger chacun sa part, id. ib. x , 4. Chacune avaitsa brigue et de puissants suffrages, rac. Esth. i, 4.Chacun se disputait la gloire de l’abattre, m. Andr.v, 3. Ce n’est pas moi qui les ai mis chacun à leurplace, mass. Vérité de la religion. Quatre centvingt-six ans après le déluge, comme les peuplesmarchaient chacun en Savoie , boss. Hist. j, 3.Tout cela agité, approfondi, discuté et disputé entrenous deux [le duc d’Orléans et moi] nous laissachacun dans sa persuasion, st-sim. 624 , 472. On sebattait pour avoir le pillage du camp ennemi; aprèsquoi le vainqueur et le vaincu se retiraient chacundans sa ville, montesq. Rom. i. Les abeilles, dansun lieu donné, tel qu’une ruche ou le creux d’unvieux arbre, bâtissent chacune leur cellule , buff.Abeilles. Chacun des juges s’était adjugé le prix, enmême temps que la plupart avaient accordé le secondà Thémistocle , barthél. Anach. ii* partie. Les nym-phes n’étaient pas inutiles : elles préparaient lesautres plaisirs, chacune selon son office, la font.Psyché, i, p. 70. || 2“ Au masc. d’une manière in-définie, en parlant des hommes ou des femmes, toutepersonne, qui que ce soit, tout le monde, on. Chacunen parle. Chacun voit ceux [les maux] d’autrui d’unautre œil que les siens, corn. Rot. m, 4. Chacun enliberté peut disposer du sien [bien], m. Cinna, ii,
4 . Dans le temple voisin chacun cherche un asile,rac. Phèd. y, 6. Comme un point de maturité quechacun cherchait en lui-même, fléch. le Tell, Cha-cun est prosterné Devant les plus heureux ; sont-ilsdans la misère, On les plaint tout au plus.... des-touches, Dissip. v, 46. Par les richesses, l’ambi-tieux se peut assouvir d’honneurs; le’voluptueux,de plaisirs; chacun enfin, de ce qu’il demande,boss. la Vallière. || Familièrement, au fém. Sacha-cune, la femme avec qui un homme est uni. À voirchacun se joindre à sa chacune ici, J’ai des déman-geaisons de mariage aussi, mol. l’Étour.'v, 4 6. Noussuivons nos désirs, et, sans pudeur aucune, Chacunoomme il lui plait avecque sa chacune, lafare, Ré-ponse à une bail. || 3“ Un chacun, pour chacun, avieilli. Un chacun doit mourir, et la Parque felonneDe ce commun devoir ne dispense personne, gar-nier, Antig. iii. Vous recevrez les vœux d’un cha-cun, balz. i, 4 97. Ce que fait un tout seul, tout unchacun le sache, Régnier, Élég. 2. Dans l’espritd’un chacun je le tue aujourd’hui, mol. l’Étour. u,4. Hautement d’un chacun elles blâment la vie, id.
Tart. i, 4 .D’un chacun il doit être approuvé,
id. ib. n, 4. Un chacun est chaussé de son opinion,id. Éc. des Fem. i, 4 . Leur gloire est un flambeauqui éclaire aux yeux d’un chacun la honte de vosactions, id. Don Juan , iv, 6. Voilà par sa mort unchacun satisfait, id. ib. v, 7. Un chacun de cesdieux faisait un Christ à sa mode, boss. Ronté, 4.Il est vrai, à la lettre, d’un chacun de vous quevous allez être établis ou que vous l’êtes déjà pourédifier ou pour détruire, mass. Confér. Excell. dusacerd. Trouveriez-vous le maître que vous servezavec tant de zèle et de valeur, équitable, si là-dessusla fidélité d’un chacun de vous lui devenait sus-pecte? id. Car. Inj. du monde. Examinant la dispo-sition d’un chacun, fléchier, Serm. n, 267 . || Pro-verbes. Chacun pour soi, Dieu pour tous. || Â chacunle sien ce n’est pas trop, c’est-à-dire il est justequ’on rende à chacun ce qui lui appartient.
— ItEM. 1. Faut-il dire : ils ont pris chacun sonchapeau; ils sont sortis chacun de son côté; oubien, par le possessif du pluriel : ils ont pris chacunleur chapeau ; ils sont sortis chacun de leur côté ?L’un et l’autre se disent et sont corrects : quand onemploie son, on le fait rapporter à chacun en tantque chacun est distributif : ils ont pris, (savoir) cha-cun (a pris) son chapeau; leur, quand on l’emploie,se rapporte à chacun, en tant qu’il est collectif: ilsont pris leurs chapeaux, (savoir) chacun a pris lesien. À la première et à la seconde personne, chacunexige le possessif du pluriel : nous avons pris chacunnotre ehapeau ; vous êtes partis chacun de votrecôté. Â la vérité il n’y a aucune incorrection gram-maticale à dire : nous avons pris chacun son cha-peau ; vous êtes partis chacun de son côté; mais cettetournure est inusitée, jullien. || 2. Chacun ne semet pas devant un nom au lieu de chaque ; on nedit pas : il sera payé par chacun an; mais on dit :il sera payé chaque année. Autrefois chacun s’em-ployait avec un substantif. La nomination de douzeofficiers par chacun an, perrot, Tac. 92. Qu’aussi-tôt que chacune sœur [des trois), la font. Fabl .u, 20.
— BIST. ix* s. Et in cadhuna cosa, Serment .|| xi* s. Pur chascun un dener. Lois de Guill. 6.Quant cascuns ert [sera] à son meillor repaire, Ch.de Roi. iv. Chaucuns portout [portait] une branched’olive, ib. xiv. Car chascun jour de mort il s’aban-done, ib. xxviii. || xii* s. Chesquns huem [homme]est mençungiers, Liber psalm. p. 4 78. Chascunsest moult irez, Roncisv. 47. Plorent et crient chas-cuns de ses casez, ib. 4 8. Entre ses bras il pristchascun baron, ib. 98. Chascuns paiens en baissa lementon, ib. 4 28. Et chascuns d’eus inclina à Mahon,ib. Dame, mar [je] vi le clair vis et la face Où roseet lis florissent chascun jour, Coud, xi. Lasl chas-cuns chante, et je plor et souspir, ib. xiii. Chascunsplore sa terre et son pais, Quant il se part de sescoraus amis, ib. xxiv. Faites chascun baron en saterre envoyer, Saxons, vi. || xiii* s. Chascuns i estcouru la merveille esgarder, Perte, ni. Et lui et sesdeux fils chascun [le roi] fait chevalier, ib. cxxix.|| xv* s. Elle joue et rit à chascun, froiss. Esp. am.Et avoient chacuns bannières de leurs mestiers, id.ii, ii, 4 93. Quatre cents marcs d’esterlins, à payerchacun en la ville de Bruges , id. i, i, 27. Si seretraist chacun vers leur ville, id. i, i, 272. Chas-cun jour se menoit de petis marchez pour soustrairegens l’ung à l’autre, comm. i, 9. Ils s’en allèrentchacun à sa chacune [chez soi], louis xi , Nouv. xxix.Et sur ce, s’en allèrent tous, chacun en sa chacune,id. ib. xcvii. || xvi* s. Vien-ça chacun, je te veuxfaire entendre Et te monstrer la voye où tu doistendre, marot, iv, 270 . Justes humains, menez joieorendroit Chacun de vous, qui avez le cueur droit,Aussi un chacun et chacune, ô Roy, t’honorera,id. iv, 297. Obligez nous bailler par chascun an deuxmillions d’or, rab. Car g. 1 , 50. Secondement quenous appliquions chacun son esprit, tant qu’il serapossible, à penser aux œuvres de Dieu , calv. Instit.298. Quant nous disons que J. C. a esté fait hommepour nous faire enfans de Dieu , cela ne s’estend pasà toutchacun, id. ib. 364. Allons un chacun selon sonpetit pouvoir, id. ib. 537. Il y a occasion deprieràcha-cune heure, id. ib. 678. Voicy le carneval, menonschascun la sienne, Allons balier en masque, allonsnous pourmener, du Bellay, vi, 32, recto. Si estchascun de nous à soymesmes tesmoing Combien laFrance doit de la guerre estre lasse, id. ib. verso.Chascun peult penser comme ilfeut relevé, mont, i,39. Elles ont chascune des passions propres, id. i, 97.Au veu d’un chascun, id. i, 4 4 4 . Essayons de fairenostre debvoir, chascun de son costé, laboétie, 4 64.Chascune de ces parts estoit telle, qu’elle pouvoit
rendre à son maistre par chascun an 70 minotsd’orge.... amyot, Lyc. 4 2. La ville de Corinthe re-cevoit une très glorieuse louange et benissementd’un chascun de délivrer ainsi la Sicile , id. Timol.33. Tout chacun s’embesoigna aux barricades, cak-loix, v, 45.
— ETYM . Chaque, et un; bourguig. champenoiset génev. chécun; Berry, châcun; picard cacun ;Saintonge, chaque d’yn, chaquyn; provenç. cascun,quascun; ital. ciascuno.
f CHACUNIÈRE (cha-ku-niè-r’), s. f. Mot deplaisanterie signifiant la maison de chacun. Losfilles s’en vont chacune à sa chacunière, sEv. 4 76.
— BIST, xvi* s. Toute la ville brusle; ainsi chascuns’en va à sa chascuniere, rab. Pant. 11, 44. Usageancien, que je trouve bon àrefreschir, chascun ensa chascuniere, mont, i, 267.
f CHAFAUD (cha-fô), s. tn. Terme de marine.Echafaud .
— HIST. xv* s. A St-Denis, un chafault et parterre,Joustestrès grans où l’or luit et habonde, e. desch,Poésies mss. f° 298, dans lacurne.
— ÉTYM . Voy. échafaud; hourguig. chafaud.grenier à foin.
f CHAFAUDIER (cha-fô-dié), s. m. Terme dopêche. Celui qui dresse les échafauds sur lesquelson fait sécher la morue.
f CHAFÉE (cha-fée), s. f. Son qui reste quandl’amidonnier a exprimé toute la farine du froment.
j- CHAFF (chaP), s. m. Nom anglais donné au mé-lange, à parties égales, de paille et de foin coupés.
CHAFOUIN, INK (cha-fouin, foui-n’), s. m. et f.Celui, celle qui ressemble à une fouine, d’apparencegrêle et sournoise. Petit chafouin. || Adj. Mine cha-! fouine. L’abbé Dubois était un petit homme maigre,effilé, chafouin, à perruque blonde, st-sim. 390, 43.
— ÉTYM . Saintonge et Berry, chat-fouin, fouine;de chat et fouine.
j- CHAGNOT (cha-gno), x. m. Terme de pêche.Squale glauque.
4. CHAGRIN (cha-grin), s. m. || 1* Cuir grenufait d’ordinaire d’une peau de mulet ou d’âne. Peaude chagrin. Étui de chagrin. Relier un livre enchagrin. C’est avec le cuir de l’âne que les Orien-taux font le sagri que nous appelons chagrin, buff.Âne. || Fig. et familièrement. Avoir une peau de cha-grin, avoir la peau rude, rugueuse. || 2° Espèce desquale dont la peau fort dure sert à faire une sortede chagrin.
— ÉTYM. Ital. xigrino; vénit . sagrin; de sagri,nom turc du chagrin.
2 . CHAGRIN (cha-grin), s.m. || l'Déplaisirquipeutêtre causé, soit par une affliction, soit par un en-nui, soit par une colère. Grand, profond, noir cha-1 grin. Chagrin cuisant, mortel. De longs, de petitsi chagrins. Passer son chagrin, noyer son chagrin’ dans le vin. J’ai de l’ambition, et mon orgueil dereine Ne peut voir sans chagrin une autre souve-raine, corn. Sert. 11 , 4. S’il faut que cela soit, cesera seulement pour venger le public du chagrindélicat de certaines gens, mol. JPréf. Crit. de l'Ec.des fem. Dans vos brusques chagrins je ne puis vouscomprendre, mol. Mis. 1 , 6 . Les querelles, procès,faim, soif et maladie Troublent-ils pas assez le reposi de la vie, Sans s’aller, de surcroît, aviser sottementDe se faire un chagrin qui n’a nul fondement; mol.Sganar. 47. Grâce à Dieu , je passe les nuits Sanschagrin, quoique en solitude.... Un an se passe, etdeux, avec inquiétude : Le chagrin vient ensuite,la font. Fabl . vii , 6. Tant de façons mettaientPierre en chagrin, id. Jum. Qui, Lamoignon, jefuis les chagrins de la ville, boil. Ép. vi. Le chagrinmonte en croupe et galope avec lui, id. ib. v. Jamaishomme n’eut plus de chagrin que lui contre les to-lérants , boss. Avert. 4. Ce mal de côté me donnait biendu chagrin, sév. 643. Vivez, philosophez avec vosamis; qu’ils égayent avec vous le chagrin secret dela vieillesse, volt. Lett. Mme du üeffant, 24 sept.4 765. || 2° Humeur qui s’inquiète ou se tourmente.Les hérétiques, curieux ou ignorants, ont été livrésaux raisonnements humains, à leur chagrin, à leurspassions particulières, boss. For. 4 5. Quand il a rai-son, il ne faut pas lui donner de chagrin [le con-trarier], sév. 567. J’ai, comme Bajazet, mon cha-grin et mes soins, rac. Raj. ni, 6. Mais toi, dontla valeur d’Amurat oubliée Par de communs cha-grinsà mon sort s’est liée, id. ib. iv, 7. Et jamais leurschagrins [des sultans] ne nous laissent vieillir, id.ib.i, 4. J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre,id. Phèd. 1 , 3. A la table d’Esther portez-vous ce