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Tome premier. A - C.
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souhait, qui est en bonheur, ou, ironiquement, quin’a que de mauvaises chances. Il s’est allé servir làd’un homme bien chanceux, mol. G. Dand. 11 , f. Aubout des deux souhaits, étant aussi chanceux Qu’ilsétaient, et que sont tous ceux Qui souhaitent tou-jours.... la font. Fabl . vii, 6. Peu chanceux, etvous et moi, Nous n’avons eu de nos vies, Moi,l’encolure d’un roi, Ni vous celle, en bonne foi,D’un homme à deux abbayes, id. Lettres , xx. Tevoilà bien chanceuse d’être femme d’un prince, J. J.rouss. LUI. iv, 13. Il est vrai que je suis bien chan-ceux d’avoir cette chambre-ci, p. L. cour. Lett. il,<83. Je quittai les bords de la rivière pour les côtésdu lac, et je ne fus pas plus chanceux [dans mes re-cherches botaniques], chateaub. Voy. Am. 385.

— HIST. xvi* s. Chanceux, oudin.

— ÉTYM . Chance; picard, chanceleûs, chèceleûs.

CHANCI, TE (chan-si, sie), part, passé. || 1“ Moisi.

Pain chanci. || 2° S. m. Terme de jardinier. Fumierdans lequel s’est développé du blanc de champignon.|| Terme de salines. Charbon éteint.

CHANCIR (chan-sir), v. n. || 1* Moisir, se gâterpar l’humidité. Ces jambons chancissent, commen-cent à chancir. || Terme de jardinage. Commencerà blanchir, en parlant du fumier et des racines desarbres. || 2* Se chancir, v. réfl. Même sens. Ces con-fitures sont mal couvertes, elles se chanciront.

— REM. Chancir, v. n. , se conjugue avec l’auxi-liaire avoir quand on veut marquer l’action : cesjambons ont chanci; avec l’auxiliaire être quand onveut marquer l’état : ces jambons sont chancis.

— HIST. xvi* s. Et ne faut pas mettre ton ostéo-tomie seiche [squelette] en lieu remulge ny humide,de paourque lesdits os ne se chancissent et noircis-sent, paré, iv, chap. compl.... Qui fait que laditeescorce, encore qu’elle fust toute recente, se chan-cit et pourrit, id. xvi, 7. Un grain d’orge, nontrop sec, ny humide et chancy , id. xxv, 21 . Chacuntient que du froment vert, chanci, ridé et leger,provient l’ivroie, o. de serres, <04.

— ÊTYM . Norm. chanir; Berry, chenorir, che-nousir , chamir, chandir, channir; proveDÇ. et catal.canuïir , blanchir. Chanir, chandir et chamir,plus altéré, viennent de canire pour canere, êtreblanc; chenorir, chenousir, canufir, viennent decanutire, dérivé de canutus, blanc (voy. chenu);chancir vient aussi de canutire, par contraction.

C1IANCISSURE (chan-si-su-r’), s. f. Moisissure,ôter la chancissure de dessus un pâté.

— mst. xvi* s. Un tonneau vieil et se perdant demoisisseure, chancisseure et autre puantise, o. de

SERRES. 206.

— ÉTYM . Chancir.

CHANCRE (chan-kr’), s. m. || 1“ Petit ulcère quia de la tendance à s’étendre et à ronger les partiesenvironnantes. Elle se résolut enfin de le détromper[R. Lulle amoureux], en lui découvrant, de l’aveuou même du conseil de son mari, un chancre hor-rible qu’elle avait au sein, à la mamelle gauche,qui la dévorait peu à peu, perroquet, Vie de R.Lulle, p. 6. || Fig. et populairement. Mangercomme un chancre, manger excessivement, commele chancre qui dévore toujours. || Fig. Vice, fléau,plaie qui ruine, qui détruit. Ces affaires ne furentrien en comparaison d’une autre dont l’entreprisedonna lieu à la plus grande plaie que la pairie pûtrecevoir et qui en devint la lèpre et le chancre,st-sim. 20 , 231. A ce trait, on reconnaît bien lechancre rongeur de Rome sur les États qui s’enlaissent subjuguer, id. 451, 60 . || 2° Terme de mé-decine. Ulcère vénérien primitif. 11 3“ Terme de vé-térinaire. Ulcération qui se forme sur la membranemuqueuse des narines du cheval affecté de la morve.|| Chancre de la langue, ou glossanthrax, ou chan-cre volant, le charbon, lorsqu’il a son siège surcet organe. || 4“ Terme de botanique. Chancre desarbres, maladie des arbres, consistant dans la for-mation d’espèces d’ulcères qui détruisent de procheen proche l’écorce et le bois. || Fig. Des dents.... Oùle chancre et la rouille en monceaux s’amassait, Ré-gnier, Sat. x. || 5“ Terme de fauconnerie. Espècede tartre qui s’attache au gosier et à la partie infé-rieure du bec d’un faucon.

— HIST. xiv* s. Si ung faulcon a cancre dedensle bec, ilodus, f. xcii, verso. || xv* s. En chancre etfix [fies, excroissances] et en ces ords cuveaulx Oùnourrices essangent leur drappeaux.... Soient frittesces langues venimeuses, Villon, Bail. || xvi*s. Am-puter les excroissances, comme loupes, verrues,polypes, chancres, et autres chairs superflues,paré, Introd. 2 t. Cancer est une tumeur qui res-semble à un cancre de mer, id. ib. 21 . Ceste tumeura pris le nom de chancre, parce qu’elle ressemble

beaucoup au poisson appelé chancre, id. v, 24. Levulgaire appelle ceste maladie [l’état saburral desnouveau-nés] le chancre blanc, id. xviii, 17. Tevienne le chancre, h. est. Apol. d’IIérod. p. 129,dans lacurne. Sa playe se pourrissait de chancre,Nuits de Straparole, t. n, p. 28 , dans lacurne.

— ÉTYM . Provenç. cranc; ital. granchio, grancio,cancro, canchero; du latin cancer, grec xapxivo;(voy. cancer et cancre).

CHANCREUX, EUSE (chan-kreû, kreû-z’), adj.De la nature du chancre, du cancer ; ou qui est at-taqué de chancre. Arbre chancreux.

— HIST. xvi* s. Ulcérés corrosives et chancreu-ses, paré, v, i».

— ÉTYM . Chancre; provenç. cancros; espagn.canceroso; portug . cancroso; ital. cancheroso.

f CHANCROÏDE (chan-kro-i-d’), s. m. Terme demédecine. Nom donné au chancre vénérien non in-fectant.

— ÉTYM . Chancre, et dôoç, forme (voy. idée).

CHANDELEUR (chan-de-leur), s. f. Fête de laPrésentation de Jésus au temple, et de la Purifica-tion de la vierge, où les assistants portent et fontbénir des cierges, chandelles de cire. Â la Chande-leur les jours s’allongent sensiblement. Le soleiln’est auprès d’elle Qu’un cierge de la Chandeleur ,Régnier, Mac. || Proverbes. Â la Chandeleur , grandedouleur, c’est-à-dire en ce temps-là il fait quelque-fois un froid très-vif. || Étrennes d’honneur durentjusqu’à la Chandeleur .

— HIST. xin* s. Nostre dame Chandeleur , villeh.cxxxiv. Et fu ja de l’iver grant partie passée et en-tour la chandelor estoit et prochoit li caresmes, id. c.C’est à savoir, à la mi-aoust, à la septembresche,à la Chandeleur et en mars, Liv. des met. 2H.|| xv* s. Une feste ou assemblée d’une Chandeleur,du cange , candela.

— ÉTYM . Picard candeleur ; provenç. et anc. es-pagn. candelor; du génitif pluriel candelarum ouplutôt, avec transposition de genre, candelorum:festum candelorum, la feste Chandeleur; noslradomina candelorum, nostre dame Chandeleur . Quel-ques génitifs pluriels latins étaient restés dans lefrançais et le provençal: la geste francor, gestaFrancorum; la gentpaienor, gens paganorum.

1. CHANDELIER , ERE (chan-de-lié, ê-r’), s.m. etf. Celui, celle qui fait et vend de-la chandelle. J’aimemieux qu’Emile ait des yeux au bout de ses doigtsque dans la boutique d’un chandelier [qu’il ait l’ha-bitude d’aller sans lumière dans l’obscurité], i. J.rouss. Ém . n.

— HIST. xiii* s. Quiconques veut estre chande-liers de suif à Paris , estre le puet, pour tant qu’il aitesté aumestier à Paris ou ailleurs, Liv. des mit. 461.|| xvi* s. Tout ainsi que le chandelier trempant sameiche par plusieurs fois dans le suif, il en fait unegrosse chandelle, paré, xv, 36.

— ÉTYM . Chandelle; provenç. candelier; anç. es-pagn. candelero .

2. CHANDELIER (chan-de-lié;l’r ne se lie jamais;au pluriel l’s se lie : les chan-de-lié-z et les chan-delles), s. m. || i“ Ustensile qui sert à tenir et haus-ser la chandelle, la bougie, les cierges. Chandelierde bois, de cuivre, d’argent. Branches de chan-delier. || En termes de jeu, mettre au chandelier,mettre de l’argent pour les frais. || Aux petitsjeux, embrasser le dessous du chandelier, embras-ser une dame sur la tête de qui on amis le chande-lier. || Chandelier d’église, grand chandelier qu’onmet sur les gradins de l’autel et sur lequel on fixeles cierges pour éclairer durant le service. || 2° Dansl’Écriture sainte, mettre la lumière sur le chande-lier, synonyme de ne pas la mettre sous le boisseau,c’est-à4iire rendre les vérités publiques. || Fig. Dansle style de la chaire, le chandelier, une haute posi-tion. Ceux dont l’Église a besoin sur le chandelier,boss. Lettres, 89. Plus il allait être élevé sur le chan-delier, plus.... m. Relat. Jésus-Christ les a mis surle chandelier pour éclairer la maison de Dieu , id.Polit. Ne cherchait-on pas autrefois parmi les soli-taires ceux qu’ on voulait élever sur le chandelier del’Église? fén. xxi, <00. || Cette locution a passé dustyle de la chaire dans le langage familier. Êtresur le chandelier, être en vue, dans une haute po-sition. || 3° Dans le langage de la galanterie, chande-lier est le nom de ceux qu’on a mieux nommés para-vents , et que l’on rend l’objet de la jalousie du mari,lorsque c’est un autre qui courtise la femme. Alfredde Musset a fait une pièce intitulée le Chandelier .|| 4° Terme d’art militaire. Chandeliers de tranchéeou de blinde, pieux plantés dans des madriers pourcouvrir les sapeurs. || 6° Terme de marine. Sorte desupport de fer ou de bois, à une ou deux branches.

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Chandelier de bastingage. Chandelier de pierrier.|| 6“ Terme de jardinage. Faire le chandelier,couper toutes les petites branches nouvelles quisont sur les plus grosses. || 7° Chandelier de jauge,bâton à l’usage du faïencier. || 8° Terme de véne-rie. Porter le chandelier, se dit d’un vieux cerf quia le haut de la tête large et creux. || 9° Petit pilierde terre au milieu d’un fourneau à cuire les pipes.|| Garde-corps de machine sur les bateaux à vapeur.|| 10“ Chandelier d’eau, espèce de jet d’eau ou fon-taine dont le jet est élevé sur un pied portant unpetit bassin, et qui ne diffère du champignon qu’ence qu’il ne fait point nappe.

— HIST. nu* s. Que nus chandelliers de cuivrene soient faiz de pièces soudées pour métré sus ta-ble , Liv. des mét. i oi. Li abes prent une maçue Quimoult estoit grande et cornue, Et le prieur un chan-delier, R en. 695f || xiv' s. Six chandeliers d’argent,en maniéré d’un olifant, portant un chastel assissur une terace esmailliée de vert, pesant environquatre vingt deux marcs d’argent, laborde, Émaux,p. 202 . || xvi* s. Il s’adressa à cettui-ci duquel nousparlons, qui estoit prest comme un chandelier, b.desper. Contes, xxiv. Au plus fol le chandelier,Proverbe , génin, Récréât, t. ii, p. 235.

— ÉTYM . Chandelle; provenç. candelier, cande-lar; espagn. candelero; ital. candelliere.

CHANDELLE (chan-dè-1’), s. f. || 1“ Petit flam-beau de suif, de cire ou de quelque autre matièregrasse et combustible. || En particulier, flambeau desuif, par opposition aux flambeaux de cire ou d’au-tre matière. Ne brûler que de la chandelle. Unelivre, un paquet de chandelles. Chandelle des qua-tre, des six & la livre; ou chandelle de quatre, desix. Chandelle bénite. Éteindre, souffler la chan-delle. Cette chandelle n’éclaire pas, coule. Un boutde chandelle. Je bats le fusil, j’allume la chandelle,i. i. rouss. Ém. ii. Sous Frédéric II [Barberousse]la bougie était inconnue et la chandelle un luxe,volt. Mœurs, 8i. || Moucher la chandelle, retran-cher avec les mouchettes la partie de la mèche quiest brûlée et qui empêche la lumière ; et figurément,remplir des fonctions tout à fait subalternes. Molière était, lui, chef de sa troupe; moi, je mouche leschandelles, p. l. cour. Lett. i, 221 . || Moucher lachandelle, comme le diable mouche sa mère, c’est-à-dire l’éteindre en coupant la mèche trop bas.|| Moucher une chandelle à 26 pas, tirer très-bien lepistolet. || A la chandelle, à la lumière, par opposi-tion à la locution au grand jour. J’avais résolu de neles faire voir qu’à la chandelle [au théâtre], mol.Préf. des Préc. Mlle de l’Étoile fit encore mieux lamalade à la chandelle, qu’elle ne l’avait fait dansl’obscurité, scarr. Rom. com. n, 12 . Ce qui paraîtd’une couleur au soleil, paraît d’une autre à la chan-delle, fén. Pyrrhon . || A chandelle éteinte, le tempsque dure une chandelle pour se consumer. || Endroit ecclésiastique, excommunication à chandelleséteintes, lorsqu’on donnait au pécheur la durée d’unechandelle pour se repentir. || Terme d’ancienne pra-tique. Donner à chandelle éteinte, adjuger dansune adjudication où l’on pouvait surenchérir tantque brûlait une chandelle. || Familièrement. Ses yeuxbrillent comme des chandelles, il a les yeux très-brillants. || Voir des chandelles, voir mille chandelles,apercevoir, à l’occasion d’un grand coup, d’un chocviolent, ou même d’un éblouissement, des lueursphosphorescentes. || Populairement. Ses cheveuxfrisent comme des paquets de chandelle, c’est-à-direne frisent pas du tout. || Se brûler, venir se brûler à lachandelle, courir étourdiment à sa perte, se jeterdans le péril en cherchant follement le plaisir.Je vous connais, objets doux et puissants ; Plusne m’irai brûler à ia chandelle, la font. Diable.|| Économie de bouts de chandelle, économie sor-dide ou mal entendue, qui ne porte que sur lespetites choses. Fleury excellait aux ménages decollège et de séminaire, et, qu’on me pardonne cemot bas, au ménage des bouts de chandelle, st-sim. 606 , 168 . || Le jeu ne vaut pas la chandelle,cela ne vaut pas la peine, les frais qu’on ferait.Et le jeu, comme on dit, n’en vaut pas les chan-delles, corn, le Ment, i, I. |] Brûler la chandellepar les deux bouts, se livrer à des dépenses, àdes excès ruineux, extravagants, dont les -consé-quences sont doublement funestes. Ils brûlaient lachandelle par les deux bouts, lesage, GU Blas,vu, 15. || La chandelle brûle, le temps presse.|| C’est une chandelle qui s’éteint, se dit d’un vieil-lard, d’un malade qui finit doucement. || Tenir lachandelle, assister et se prêter à une turpitude ouà une chose dans laquelle on est dupé. Se dit par-ticulièrement de complaisances honteuses pour un