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commerce de galanterie. || 2° Chandelle donnée enoffrande à l’église ou consacrée. || Il doit une bellechandelle à Dieu , il est échappé comme par miracle4’un grand péril. || Il vous doit une belle chandelle,vous t’avez tiré d’un mauvais pas. 11 Fig. Donnerune chandelle à Dieu et une au diable, se ména-ger entre deux partis opposés, caresser amis et en-nemis. || Il est réduit à la chandelie bénite, se ditd’une personne à l’agonie.|| Chandelledes Rois, grossechandelle enjolivée que les chandeliers donnaientle jour des Rois à leurs pratiques. || Habit bariolécomme la chandelle des Rois, bigarré de plusieurscouleurs. || 3* Bois de chandelle, nom collectif deplusieurs végétaux résineux employés comme tor-ches. || 4” Chandelle de glace, eau glacée qui penddes toits des maisons, des gouttières, des arbres.
|| 5“ Chandelle romaine, pièce d’artifice en formede grosse chandelle, qui lance en brûlant desétoiles d’un vif éclat. || 6° Pièce de bois ou de ferplacée verticalement pour servir d’étai dans uneconstruction. || Terme d’imprimerie. Longue piècede bois pour empêcher la presse de varier. || Termede marine. Accore de construction, quand il n’ex-cède pas un mètre. |J Proverbes. La chandelle quiva devant éclaire mieux que celle qui va derrière,c’est-à-dire on se conduit mal, quand, au lieu defaire du bien pendant la vie, on remet à faire seslibéralités dans son testament. || Apportez-lui unbout de chandelle pour trouver ce qu’il veut dire,se dit d’une personne qui a beaucoup de peine às’expliquer. || C’est un bon enfant, il ne mange pasla chandelle, c’est un bon enfant si l’on veut, maisje n’en saurais dire aucun bien. || A chaque saint sachandelle, il faut ménager et gagner tous ceuxdont on a besoin.
— IIIST. xii* s. Où feu n’eüst ou chandele alumée,Jloncùv. 168 . Einsi fu sainte iglise honnie et vio-lée; Ne matines, ne vespres, messe n’i fu chantée,Ne Deus n’i fu servi, ne chandeille allumée, Th. lemort. 163. De Jesu-Crist il seient, fait-il, trestuitmaldit. Dune a geté à val, quant il out cel mot dit,
Desur le pavement la candeille en défit, ib. 1 32 _et
les chandoiles mises Es chandeliers, toutes esprises,la Charrette , 937. || xm' s. [Elle] a pris unechandele, qu’on [car on] n’i pooit veîr, Berte,lxxxvii. De son lit saut toz estordiz, Si a une chan-doile prise, Au feu en vient, si l’a esprise, Ben.34tt.... J chandele cust [coud] la pucele, En unbliaut ma damoiselle, Lai del désiré. Sire Renart,ne vas anuit, Il lors avesprera a-sez ; Mes ces chan-deles alumez, Ren. 14294.... La lune, Envers qui lesautres estoiles Resemblent petites chandoiles, laRose, 1002. Moult est fox qui tel chose espeme[épargne], C’est la chandele en la lanterne, la Rose,744s. || xiv" s. Ce fut la nuit à la chandelle, La ba-taille y fu moult belle, Le livre du bon Jeh. 4ii.Pour dix livres de chandelle de buef à veillier denuict, de la borde, Émaux, p. 202. Pour chandellede cire et de suif, de laborde, Émaux, p. 202.
|| xv" s. Ainsi furent-ils trois jours et trois nuitssans pain, sans vin, sans chandelle, froiss. i, i,39. Qui eust esté à Bruge eust vu comment on estaitsoigneux de mettre biscuits en sacs, de mettre blés,chandelles de sieu [suif], chandelles de cire, id.n, iii, 35. Yceiluy avoit en sa chapelle une chan-doille ardent qui estait divisée en vingt-quatre par-ties, chr. de pisan, Charles V , 1 , ta. Mais quantce vint au fait de la despense, Il restraingnit eufs,chandelle et moutarde, e. deschamps, Adm . de l’hôtedu Pr. Et puis quant on a l’esguillon Et qu’onse sent de l’estincelle, On fait comme le papillonOui se brusle à la chandelle, coquill. Enq. de lasimple et de la rusée. || xvi" s. On mettra [dedans lecanal] une chandelle de cire, ou une verge de plomb,paré, xv, 43. Et que de sa vie il ne fera la guerreen son royaume, ny contre ses subjects; car c’estoitse battre soy-mesme et brasier la chandelle parles deux bouts, carloix, x, t. Les autres poètesne sont que les naquets de ce brave Virgile , nonpas Horace mesmes, si ce n’est en quelques unesde ses odes.... Le reste ne vaut pas la chandelle,RONS. 584. Ainsi qu’on voit faillir sans cire unechandelle, id. 797. Qui ne peut mettre au chef d’unsainct une chandelle, Au moins la mette aux pieds,et qui aux pieds sacrez Ne la peut mettre, au moinsqu’il la mette aux degrez, id. 867. La cire seblanchit, pour, ainsi subtiliée, en faire de la bougie,des chandelles pour l’estude, les banquets et au-tres gentillesses, 0. de serres, 4 52. Autrement lejeu ne vaudrait pas la chandelle, id. 46 i. Le jeu nevaut pas la chandelle : il y a moins de mal souventà perdre sa vigne qu’à la plaider, mont, iii, 47.Nous préférons l’art à la nature, nous fermons en |
plein midy les fenestres, et adumons les chandelles,charron, Sagesse, 11 , 3. La chandelle esclaire chas-cun et allume, et soy-mesme se détruit, font etconsume , leroux de lincy, Prov. t. 11 , p. 323.
— ÉTYM . Franc-comtois et bourguig. chandoile ;picard, candeille, candoille, candelle; provenç. es-pagn. et ital. candela; portug . candea; du latincandela, de candere, être ardent (comp. candeur),et le même que cancre, être blanc (voy. chancir etchenu).
f CHANDELLERIE (ehan-dè-le-rie), s. f. Lieu oùl’on fait des chandelles. || Boutique où Ton en vend.
t CHANE (cha-n’) , s. f. Outil pour souder.
■f CHANEE (cha-née), s. f. Cannelure du métier àtisser la soie. || Gouttière qui conduit l’eau sur lareue du moulin à papier.
t CUANELETTE (cha-ne-lè-t’), ». f. Terme depapeterie. Petite chanée.
CHANFREIN (chan-frin), s. m. || 1° La pièce d’ar-mure qui couvrait le devant de la tête du cheval.Les chevaux furent bardés de fer, leur tête futarmée de chanfreins, volt. Mœurs, 38. || 2° Partieantérieure de la tête du cheval, qui s’étend depuisles yeux jusqu’aux naseaux. || Partie comprise entrele bas du front et le museau dans les mammifères.|| Bouquet de plumes qui garnit la tête des che-vaux de parade. || Parties de cuir ou d’étoffe quicouvrent le chanfrein du cheval. || 3°Terme de zoo-logie. Bouquet de plumes effilées, rudes et dirigéesd’avant en arrière, qui garnit la base du bec dequelques oiseaux. || 4° Terme d’architecture. Petitesurface qu’on forme en abattant une arête. Abattreen chanfrein, mettre hors d’équerre l’arête.d’unebarre. || Sorte d’ornement qu’on nomme aussi na-celle. || 5" Petit creux en cône que l’horloger pra-tique dans une pièce de métal.
— hist. xiv" s.La selle estait si noble et si
dorée, De pierres précieuses entour avironnée; Etli chanffrains estait de telle euvre estorée, Guesclin,8828 . || xv* s. Ung chanfrain de cheval sur veloursnoir, de fil d’or de brodure, garny de huit granstables de balays et d’un gros cabochon de balay etcent et douze perles branlans, de laborde, Émaux,p. 204 . Et sur leurs testes chacun ung très bel chanf-frin d’acier bien garny de très belles plumes d’os-trusse, Jehan de Saintré, 27. Voulentiers frappoit auxchamfrains D’ung cheval, quant venoit en jousle,Ou droit à la queue sans doubte, villon, Arch. deBagn. || xvi" s. Adoncques dressèrent un grand boys,on quel pendirent »ne selle d’armes, ung chanfrainde cheval..., rab. Pant. 11 , 27. Le cheval qui aurala liste ou raie blanche qui lui descende par la faceou chanfrin sans toucher aux sourcils ni arriver jus-ques au museau, o. de serres, 302.
— ÉTYM . Bas-lat. charnus, frein; espagn. cama,barre du mors; du latin camus, frein, qui est legrec xùpoc, et de frein : sorte de réduplication où unmot moins connu est déterminé et expliqué par unmot plus connu.
f CHANFREINDRE ( chan-frin-dp’), v. a. Voy.
CHANFREINER.
CHANFREINÉ, ÉE (chan-frè-né, née), part, passé.
CHANFREINER (chan-frè-né), r. a. Terme d’ar-chitecture. Abattre l’arête d’une pierre, d’une piècede bois, pour former un chanfrein.
| CHANFRFIR (chan-fré), v. a. Terme de métier.Voy. champlever.
CHANGE (chan-j’), s. m. || 1° Succession de chosesdiverses ou d’états divers. La faim se renouvelle auchange des viandes, Régnier, Sot. x. Ô que nosfortunes prospères Ont un change bien apparent,malh. 11 , 3. C’est elle et non pas lui qui fait sentir aumonde Le change des saisons, id. v, 25 . || 2“ Chan-gement d’affections. J’aime le change, à la bonneheure, la font. Pâté. En amour le change est assezdoux, mol. Psy. iv, 2 . Mon cœur court-il au change?id. F. sav. iv, 2 . Quoi ! vous appelez crime un changeraisonnable? corn. Ilor. 1 , 2 . Mon honneur offensésur moi-même se venge, Et vous m’ossz pousser àla honte du change [inconstance], id. Cid, iii, 6.|| 3° Troc d’une chose contre une autre. Vous auriezsans doute perdu au change, balz. vi, Lelt. 2 . Maperte n’est pour vous qu’un change avantageux,corn. Poly. v, 2. || Ce qu’on donne pour une autrechose, ce qui peut remplacer, équivaloir; et figu-rément, la pareille. C’est ce qu’on peut donner pourchange Au songe dont vous me parlez, mol. Amph.11 , 2 . Fille qui n’eût de quoi rendre le change, lafont. Max. Je voudrais.... savoir comment.... Calisteen use et lui rendre le change, id. Coupe. Un nouveaugalant qui survient lui rend le change, la bruy. iii.
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Rendre le change à quelqu’un, signifie aussi luifaire une réplique ingénieuse ou vive. || 4» Toutenégociation relative à la vente ou à l’échange desmatières d’or ou d’argent, soit monnayées, soit enlingots, ainsi que de tous les papiers représentantune valeur métallique. Change de monnaie. Bureaude change. Combien vous a-t-on pris pour le changede votre billet? || Le prix que prend le changeur.Quel est le change des billets de banque? || Lieu oùTon change la monnaie, l’or pour de l’argent, etcAller au change. Le pont au Change à Paris , ainsi ditparce que les changeurs y logeaient. || Payer commeau change, payer sur-le-champ. || S’est dit autrefoisde la bourse, du lieu destiné aux réunions des né-gociants. || S" Terme de banque, toute négociationpar laquelle on cède, moyennant un prix convenu,à un tiers, des fonds qu’on possède dans un endroitautre que celui où se fait l’opération. Le change estune manière de remettre de l’argent d’un lieu à unautre, par une lettre qui en indique le payement,et qui se nomme lettre de change. Une bonne lettrede change bien acceptée, sév. 295. || La lettre dechange est aussi une sorte de billet dont le non-payement entraîne la contrainte par corps, || Agentde change, fonctionnaire ministériel nommé par legouvernement pour attribuer à la négociation desrentes, des effets publics, des actions de banque,de tout papier commerçable enfin, le caractère del’authenticité. Charge d’agent de change. Moitié,quart d’agent de change, personne qui est intéresséepour moitié, pour quart dans les affaires d’un agentde change à qui elle a fourni la moitié ou le quartde ses fonds. || Le prix que prend le banquier pourl’argent qu’il fait remettre. Le change d’ici à Lm-dres, sur Londres , est à tant pour cent, est bâtît,bas, au pair, désavantageux. Coter le change, enmarquer le taux. ||6° Le profit, l’intérêt de l’argentqu’on prête selon le cours de la place. Prendre àchange. Rare en ce sens. || 7" Terme de vénerie.Substitution d’une nouvelle bête à celle qui a étélancée d’abord. La bête donne le change, en fait le-ver une autre à sa place. Les chiens prennent lechange, tournent au change, quittent la bête lan-cée pour la nouvelle. Les chiens gardent le change,ne tournent pas au change. Que de raisonnementspour conserver ses jours 1 Le retour sur ses pas, lesmalices, les tours, Et le change et cent stratagè-mes, la font. Fab. x, 1 . || Fig. En me donnant lechange attirer mon courroux, corn. Suréna, iv, 4.Ne parlons point ici du Tage ni du Gange , Je con-nais ma portée et ne prends point le change, id.M. de Pomp. 11 , 3. X cet amour naissant il faut donnerle change, mol. l’Étour. 1, 9. Je sais l'affaire et neprends point le change, id. Tartufe, iv, 3. Je croisvoir Annibal qui, pressé des Romains, Met leur chefen défaut, ou leur donne le change, la font. Fables,xii, 23. Il donne le change aux théologiens, boss.2 " écrit. Il fit le plaisant pour donner le change à seshôtes, hamilt. Gramm. 4. lisse donnent sans cessole change à eux-mêmes, mass. Carême, Doutes. Depeur que les passions ne lui fissent prendre le change,id. Carême, Avenir. Le monde ne prend pas le changesur vos sentiments, id. Carême, Pardon. Elle s’esthumiliée d’avoir pris si grossièrement le change surses intérêts éternels, in. Carême, Inconst. Si l’Évan-gile renfermait les moindres obscurités favorablesaux passions, c’étaient sans doute ces premiers dis-ciples qui devaient y prendre le change, id. Car.Évid. de la loi. Sous prétexte d’un pèlerinage quine fit prendre le change à personne, voltaire,Louis XIV, 4 7. Il exhorte Polybe à donner le changeà sa douleur, dider. Claude. || 8* Terme de faucon-nerie. Empêcher le faucon d’aller au change, l’em-pêcher de quitter l’oiseau qu’il chasse pour en pren-dre un autre.
— HIST. xii" s. Pour un des nostres cinq despaiens prenez; Ci a bon change; Dex en soit aorez,Roncisv. < 02 . |j xm" s. Se tu as le [la] fort monnoie,multeplie par canje tant saus [sous] corn tu velscangier, Comput, f" 22 . Se marchant font changede chevaus li uns à l’autre bout à bout, riens nedoivent de tonlieu, Liv. des met. 316. Car il en eusteu grant raençon ou change d’aucun gentilhomme,Chron. de Rains, 96. Certes, moult ai fait mauvèschange, Quant si vers moi vous truis [trouve] es-trange, Que ge plus aim que riens qui vive, laRose, 16669. Porcequeli monde se change Plussovent que denier à change, ruteb. 218 . Se li dra-piers ne t’en veut croire, Si t’en reva droit à la foire,Et va au change, id. 28 . De ce change se souffris-sent moult bien li pelerin, se Diex vousist, villeii.xxix. || xiv* s. Se ton faulcon va ou [au] change et ilprend coulon ou cornaille ou autre oysel de change