5Î4 CHA
mangé. —Non, c’est le chat. Le verre, ce n’est pasmoi qui l’ai cassé.—Non, c’est le chat. || Mon chat,ma chatte, termes d’amitié très-familiers qui se di-sent à un petit garçon, à une jeune fille ou femme.|| 2" Par plaisanterie, chat fourré, nom donné à cer-tains dignitaires qui portent des fourrures dans leurshabits de cérémonie, aux docteurs, aux magis-trats. Si les chats fourrés de la Sorbonne étaientassez fous pour lâcher un décret, volt. Lett. Dami-laville, -H nov. 4 767. || Terme de blason. Chat effa-rouché, celui qui est rampant. Chat hérissonné,celui qui lève le train de derrière plus haut que latête. || 3“ Terme de chasse. Chat haret, chat sauvage,et aussi chat domestique qui se retire dans les boiset garennes, et y vit de gibier. || 4°Terme d’histoirenaturelle. Tout animal du même genre que le chat.Le lion, le tigre et le lynx sont des chats. || Chat-cervier. Le chat-cervier proprement dit habite leNord de l’Asie , et il ne faut le confondre ni avecle chat canadien, dit lynx du Canada , ni avec lechat roux, appelé chat-cervier des fourreurs. || Chatà crinière,guépard. || Chat musqué, civette. || 5“ Chatde mer, nom vulgaire de l’aphysie et de quelquescoquilles hérissées d’épines. || Un des noms vulgairesde la chimère monstrueuse, poisson chondroptéry-gien, qui est la chimère arctique de certains auteurs.|| Chat marin, nom vulgaire d’une espèce de phoqueet de trois poissons. || 6° S. m. plur. Folles (leurs desnoyers, des coudriers, des saules. ||7°Jeu d’enfantsdans lequel l’un des enfants court après les autres ;et celui qui est pris le remplace. || Chat coupé, lemême jeu, avec cette condition que, si un troisièmecamarade passe entre le poursuivant et le poursuivi,c’est lui qui doit être poursuivi à son tour. || 8° Termede pêche. Petit grappin pour retirer la lesture échap-pée au fond de la mer. || 9“ Instrument à branchesde ffer élastiques dont on se sert pour visiter l’âmed’une pièce de canon. || Chat à neuf queues, nomdu fouet dont on se sert, dans l’armée anglaise ,pourpunir les soldats. || 10” Matière étrangère et durequ’on trouvedans rardoise.||li°Chevaletde couvreur.|| Terme de charpentier. Pièce de cuivre ou de ferpercée d’un trou par où passe la corde de l’aplomb.|| 12° Chat-brûlé, nom d’une poire fort pierreuse,qui a la forme du martin sec et qui ne mûrit qu’à lafin de l’automne. || Proverbes. Chat échaudé craintl’eau froide, c’est-à-dire tout ce qui ressemble à cequi nous a fait du mal nous effraye et nous met surnos gardes. On dit dans le même sens : chat échaudéne revient pas en cuisine. || On ne peut prendre detels chats sans mitaines, c’est-à-dire l’affaire est dif-ficile, épineuse. || La nuit tous les chats ou touschats sont gris, c’est-à-dire on peut se méprendredans l’obscurité, et aussi, dans l’obscurité, labeauté, lajeunesse ne comptent plus. Hé, monsieurle difficile, ne sais-tu pas bien que la nuit tous leschats sont gris? scarr Rom . Corn , i, 43. Veux-tu,ma Rosinette, Faire emplette Du roi des maris? Jene suis point Tircis; Mais la nuit, dans l’ombre, Jevaux encor mon prix; Et quand il fait sombre, Tousles chats sont gris, beaumarch. le Barbier, ni, 5.|| Payer en chats et en rats, c’est-à-dire payer en ba-gatelles, en toutes sortes d’effets de mince valeur.|| À bon chat bon rat, c’est-à-dire la défense vautl’attaque. Maudit soit le premier qui nous ensorcela !Mais à bon chat bon rat, et ce n’est pas merveille Siles femmes souvent leur rendent la pareille, re-gnard, le Distr. i, 2 . || Le mou est pour le chat,se dit de ce qui revient naturellement à une per-sonne, le mou servant de nourriture aux chats.|| Il entend bien chat sans qu’on dise minon, se ditd’un homme habile et qui entend à demi-mot. || Amauvais rat faut mauvais chat, c’est-à-dire on ne peutse dispenser d’être méchant aux méchants. || T’asété au trepassement d’un chat, t’as la vue trouble,[dit un paysan, dans] mol. Don Juan, n, 4. || Quandles chats n’y sont pas, les souris dansent, c’est-à-dire en l’absence des chefs, des maîtres, les infé-rieurs, les écoliers se dérangent. || Il ne faut paséveiller le chat qui dort, n’éveillez pas le chat quidort, ne provoquez pas un danger, une difficultéque vous pouvez éviter, n’appelez pas l’attention,la colère d’un homme qui ne songe pas à vous.
|| Réveiller le chat qui dort, réveiller une mauvaiseaffaire assoupie. || C’est le nid d’une souris dansl’oreille d’un chat, se dit d’une chose impossible.
|| On ne saurait retenir le chat quand il a goûté dela crème, c’est-à-dire on ne résiste pas aux habitu-des déjà prises, aux tentations déjà goûtées. || Ilest comme le chat qui retombe toujours sur sespieds, se dit d’un homme adroit qui sait toujours setirer d’affaire.
— HIST. xiii' s. Rien soit cliaz cui barbes il loiche
CHA
[lèche], marie, Fabl . 20 . Li fiz au chat doit pren-dre la souriz, Âgolant , p. 4 70, dans du cange,Gloss, français . Ochaison a qui son chat bat, Hist.litt. t. xxiii , p. 672. Uns pliçons gris vaut mielzque deus de chas, Bibl. des chartes, 4* série, t. v,p. 328. Chaz eschaudez iaue crient, leroux delincy, Prov. 1. 1 , p. 465. Là où kas n’est, li sourisse revele [prend ses ébats], id. t b. t. n, p. 487. Decastiier cat qui est vieus Ne puet nus hom venir àcief [à bout], id. té. Dontfist Hues d’Aire faire un chat[machine de guerre], et le fist bien cuirier et aces-mer, H. de valenc. xxxiv. Pians de chaz privez quel’en appelé chat de feu ou de fouier, I.iv des met. 326.Si cumlichas set par nature La science desurgeüre,Nonques n’en fu mis à escole, la Rose, 40004.Femme semble trois choses, louve, goupille et chate,Chastie-musard. || xv* s. Ils firent quatre grans kas[engins de siège] forts et hauts, froiss. i, i, 262 .Prince, on conseille bien souvent, Mais on puetdire com le rat, Du conseil qui sa fin ne prant:Qui pendra la sonnette au chat ? e. desch. La sou-ris et le chat. Veuls-tu espouser chat en sac, Et quenuis tes nopces ne vois, id. Poésies mss. f” 653,dans lacurne. Sans resveiller le chat qui dort, ch.d’orléans , Rép. à Fredet. Dont passionné en cuerne s’en est peu [pu] taire et a osé mettre la campaneau chat, pour escrier lésion et foulure en l’innocent,G. chastelain, Expos. s. vérité. L’ung vault l’autre,c’est à mau-chat mau-rat, villon, Bail. Il boutasa teste dedans le bouhot de la cheminée, où il vitnotre bouchère plus simple qu’un chat baigné,louis xi, Nouv. xl. Je crois, dit le mari qui la voità genoux pleurant et gémissant, qu’elle sait bienfaire la chatte mouillée, et qui la voudrait croireelle saurait bien abuser les gens, id. Æ. lxi.||xvi's.On ne prend point de telz chatz sans mitaines,i. marot, v, 47. Mais quoy, c’estoient des ruffiensde Rome , Qui, pour fouyr, couraient comme chatzmaisgres, id. v, 40. Elles [les filles qui se marient]acheptent chat en sac, mont, ni, 6. Vous n’achetezpas un chat en poche; si vous marchandez un che-val, vous luy ostez ses bardes, vous le voyez nudet à descouvert, id. i, 324. Cette femme a quelqueirritation contre moi ; pour se venger elle me donneun dangereux chat par les pattes, préparée à accu-ser ce que je ferai, d’aub. Hist. n, 44 4. L’herbe àchat, paré, xvi, 36. Lecher de langue de chat, gënin,Récréât, t. h, p. 242. X bon chat bon rat; il n’ap-partient qu’au savetier de parler de sa serpette, àl’y vrogne de sa bouteille. ...Les caquets de l’accouchée,8' journée. Chat emmoufflé [ganté] ne prend sou-ris, leroux de lincy, Prov. 1. 1 , p. 456. Chat miol-leur ne fut onques bon chasseur, Non plus que sagehomme grand caqueteur, lo.ib. p. 456. Chate noire asouef [doux] poil, m.ib. X tartse repentie rat, quantpar le col le tient le chat, id. ib. Absent le chat, lessouris dansent, id. ib. On ne doibt pas enseigner lechat à soriser [chasser aux souris], id. ib. Si tonchat est larron, ne le chasse de ta maison, id. ib.Rebelles estes et pervers, Pécheurs vers Dieu, plainsde barat, Et pour tant à mau chat mau rat, fabri,Art de rhétorique , livr. n, f“ 46, dans lacurne.Avoir un œil à la poisle et l’autre au chat, cot-grave. Le chat a faim quand il ronge du pain, id.Celuy a bon gage du chat, qui en a la peau, id. Onrecognoit assez que chat veut dire minon, Contes deCHOLIÈRES, f” 474, dans LACURNE.
— ÉTYM . Wallon, chet; bourguig. chai; picard,co, co; provenç. cat; catal. gai ; espagn. et portug.gato; ilal. gatto ; du latin catus ou cattus, qui nese trouve que dans des auteurs relativement récents,Palladius, Isidore, et qui était un mot du vulgaire.Il appartient au celtique et à l’allemand : irl. cat;kymri , kâth; angl. sax. cat; ancien scandin. kôttr;allem. mod. Katze . D’après Isidore, cattus vient decaltare, voir, et cet animal est dit ainsi parce qu’ilvoit, guette ;catar, regarder, est dans le provençal etdans l’ancien français chater (Roncisv. p. 97.)Mais onne sait à quoi se rattachent ni cattus ni catar; latardive apparition qu’ils font dans le latin portentà croire qu’ils sont d’origine celtico-germanique. Ily a dans l’arabe qittoun, chat mâle, mais Freitagdoute que ce mot appartienne à l’arabe.
CHÂTAIGNE (châ-tè-gn’), s. f. || i" Fruit du châ-taignier. Pour nous ce sont des châtaignes qui fontnotre ornement ; j’en avais l’autre jour trois ouquatre paniers autour de moi; j’en fis bouillir; j’enfis rôtir; j’en mis dans ma poche; on en sert dansles plats, on marche dessus; c’est la Bretagne dansson triomphe, sEv. octobre 4674 . || 2° Châtaigned’eau, la macre. |l Châtaigne de cheval, fruit dumarronnier d’inde. || Châtaigne de terre, fruit dubunion bulbocastane. || Châtaigne du Brésil , fruit
CHA
du berthollelia excelsa. || 3° Petite plaque de cornesituée, chez le cheval, à la partie inférieure et in-terne de l’avant-bras, et, dans les membres posté-rieurs, à la partie supérieure et interne du canon.Sur l’âne, la châtaigne se trouve aux avant-brasseulement ; dans le mulet les châtaignes posté-rieures sont fort petites.
— HIST. xii* s. [lis] ne prisent vos menaces le prisd’une chastaine, Sax. xxx. || xiii* s. Castaignes ounois, Livre des mét. 276. A cui parés vous ces chas-taignes? la Rose, 8547. Si qu’il cuit que cele en gréprengne Ce qu’el ne prise une chatengne, ib. 4464 2 .|| xiv* s. Il samble que Gaufrois ne donne une cas-taingne De tout nostre pooir.... Baud. de Seb. vii,4 84. Li rois ne trova pas qui li parast chastaignes,Girart de Ross. 4 4 674. ||xv* s. Si chastaignes ontvente, villon, Requête enball. au duc de Bourbon.|| xvi’ s. Pétoncles, chastaignes de mer [oursins],palissy, 280 . Ils lui disoient que les huguenotsvouloient tirer la chastagne du feu avec la patte dulevrier, d’aub. Hist. n, 425. Après que ceux qui dé-voient tirer les chastaignes du feu eurent dit fran-chement quel il y faisoit, id. ib. n , 446. Les chas-taignes bastardes, appellées bouchasses. Les meil-leures chastaignes franches sont les Sardones [de Sar-daigne] et Tuscanes [de Toscane ], ainsi dittesdespais d’où les races nous en sont vsenuës de-par-deçà.Les sardonnes [de Sardaigne ] sont celles qu’on ap-pelle à Lion marrons, cogneuës par toute la France ,pour le traffique de tel fruit, o. de serres, 694. Lesbources des chastaignes sont leurs premières robesgarnies de piquerons, id. 692.
— ÉTYM . Saintonge, chatagne, chatigne; picard,castaine, cataigne; génev. chdtagne ; provenç. cas-tanha, castagna; catal. castanya; espagn. castana ;portug. castanha; ital. castagna; du latin castanea ,de Kctcravov, Kàavava, villes de la Thessalie et duPont, delà xotavavaïxôv xctpuov, noix de Castana ouchâtaigne. Nos anciens disaient : Tirer les châtai-gnes du feu; nous disons les marrons. Ils disaientaussi figurément : Il ne trouve pas qui lui pare leschâtaignes, c’est-à-dire on ne lui prépare pas unbon accueil.
CHÂTAIGNERAIE (châ-tè-gne-rê) , s. f. Lieuplanté de châtaigniers. Velléda traversa d’abordune châtaigneraie, chateaub. Hart. 302,
— HIST. xvi’ s. Pour les chasteneraies et nojeraies,c’est à dire pour les lieux complantés universelle-ment de chastaniers et denoiers, o. de serres, 64t.
CHÂTAIGNIER (châ-tè-gnié; l’r ne se lie jamais;au pluriel l’s se lie : les châ-tè-gnié-z et....), s. m.|| 1* Arbre qui produit des châtaignes (fagus casta-nea, L.). || 2“ Châtaignier du Brésil ( bertholletiaexcelsa, Humboldt ), grand arbre dont le fruit sphé-rique, dit en France noix d’Amérique , peut dé-passer to ou 42 centimètres, et ades amandes blan-ches bonnes à manger, ainsi que l’huile qu’on enretire. || 3° Pomme de châtaignier, ou, plus souvent,châtaignier, espèce de pomme rouge, presque en-tièrement rose à la face postérieure, à chair deblancheur farineuse (d’où lui vient peut-être lenom, par comparaison avec la chair de la châtai-gne), et bonne surtout à cuire.
— HIST. xiii* s. N’i ot codre [coudrier] ne chas-tainier, U il ne mettent laz u glu, marie, Laustic.|| xvi* s. Sur lui-mesme, non ailleurs, veut estreinséré le chastaignier : non plus reçoit-il aucun autrearbre, tout meslange lui des-agreant, o. de serres,692. Soubs ung grant et ample chastaignier, rab.Pant. m, 4 7.
— ÉTYM . Châtaigne; provenç. chatagner, cha-tigner.
CHÂTAIN (châ-tin), adj. qui ne se dit qu’aumasculin. Qui est d’un brun de châtaigne. Poil châ-tain. Cheveux châtains. || Substantivement. Les châ-tains, les hommes dont les cheveux sont châtains.
— REM. 1. Cet adjectif ne prend pas la marque dupluriel quand il est suivi d’un autre adjectif qui le mo-difie : des cheveux châtain clair, châtain cendré;il peut alors se construire avec un nom féminin :barbe châtain clair. 11 2. Le féminin serait utile, et il aété conseillé par plusieurs grammairiens qui veulentqu’on dise : barbe châtaine, chevelure châtaine.
— HIST. xv* s. Chasteins en couleur, christ, depisan, dans le Dict. de dochez.
CUATAIRE (cha-tê-r’), s. f. Plante. Voy. cataire.
f CIIAT-BRÜLÉ (cha-bru-lé), s. m. Voy. chat,n” 4 2 . || Au plur. Des chats-brûlés.
f CHAT-CERVIER (cha-sèr-vié), s. m. Voy. CHAT,n’ 4. || Au plur. Des chats-cerviers.
CHÂTEAU (châ-tô), s. m. |) 1° Demeure féodal»