CITA
CHA
Partie de l’affût d’une caronade sur laquelle se placela semelle. || 10° Décoration de théâtre, coulisse.|| 11° Châssis de serrurerie, l’assemblage des mon-tants et des traverses d’une porte de fer. || Le bâtid’une rampe d’escalier.
— HIST. xv* s. Les fenestres et les huys du palaisont mené si très grant batement à l’encontre desmurailles et des châssis que plus de la moytié engisent sur la chaussée, Perceforest , t. v, P 14.Item je laisse aux hospitaux Mes châssis tissus d’i-raignée, villon, Petit testam. || xvi* s. De la mesmetoille l’on fait des châssis, tendus avec des petitsclouds, sur bois leger,o. de serres, 472. D’autres,mieux entendus, reposent leurs fourmages sur dela toile claire, tendue roidement avec des petitsdoux sur des châssis de bois, id. 287, 288. Dequoy feroit-on châssis? rab. Pant. ni, 49.
— ÊTYM . Châsse; picard, cassis.
f CHASSOIR (cha-soir), s. m. Outil qui sert autonnelier à chasser les cerceaux sur la futaille.
— HIST. xv* s. Comme moi, tout bon buveur Aumaillet et au chasseur Met les deux mains sans ver-gongne, Et s’employa de bon cueur X relier ses ton-neaux, BASSELIN , L.
f CHASSOIRE (cha-soi-r’), s. f. Terme de faucon-nerie. Baguette que portent les autoursiers.
CHASTE (cha-st’), adj. || 1" Qui s’abstient de toutamour illicite. Élevé dans le sein d’une chaste hé-roïne, rac. Phèd. îv, 8. C’est moi qui sur ce filschaste et respectueux Osai lever un œil profane, in-cestueux, id. ib. v, 7. Ses discours craints du chastelecteur, boil. Art p. n. Ces mines qu’elles affectèrentdurant toute la pièce firent dire de tous côtés centsottises de leur conduite qu’on n’aurait pas dites sanscela; et quelqu’un même des laquais cria tout hautqu’elles étaient plus chastes des oreilles que de toutle reste du corps, mol. Crit. 3. Ce Triphon, qui atous les vices, je l’ai cru sobre, chaste, libéral,humble et même dévot, labrdy. vi. Sobres, chasteset purs, l’œil et l’âme attentive, Veillez; je suistout proche et frappe à votre cœur, rac. à Laudes ,Aies. || Cette chaste épouse du Fils de Dieu [l’Église],pascal, dans girault-duvivier. || Les chastes sœurs,les muses. Chastes nymphes du Permesse, boil.Namur . || 2° En parlant des choses, qui est conformeà la chasteté. Chastes feux, corn. Hor. i, 4. Chasteamour, rac. Brit. m, I. Afin que nous commen-cions, malheureux pécheurs, à verser sur nous-mêmes un torrent de larmes, et que, ravis des chas-tes attraits de l’innocence, jamais nous ne nouslassions d’en pleurer la perte, boss. Marie-Thérèse.Si, comme nos prédécesseurs, nous faisons nos chas-tes délices de votre Écriture, notre principal exer-cice de la prédication de votre parole, id. le Tellier.Serre d’une étreinte si ferme Le nœud de leurs chas-tes amours, Que la seule mort soit le terme Quipuisse en arrêter le cours, malh. ii, 4. La chasteobscurité des branches murmurantes, v. hügo, Voixintér. xix. || 3° D’une grande pureté grammaticale.On ne peut voir une diction plus chaste ni plus cor-recte, costar, dans bouhours, Nouvelles remar-ques. Je m’étonne que votre style puisse être sichaste, étant si mâle et si fort.iD.fb. || Forme chaste,dans la littérature, quelque chose de réservé et quel’on compare à la chasteté, à la pudeur.
— REM. Ménage ( Menagiana , p. 246) a dit : « Lemot de chaste n’est plus en usage dans notre langueil y a déjà du temps, et on a repris la chaste Sylviedans mes poésies. Le mot de sage est en usage dansla même signification.» Ménage se trompait, mêmepour son temps, comme le montrent les exemplesde Pascal et de Corneille; et chaste est resté pleine-ment en usage.
— HIST. xiii* s. Se tu trueves chaste moillier, laRose, 8749. || xiv* s. Les chastes ont le cuer et laconscience clers, nets et luisans, Ménagier , i, 3.Il xv* s. Et lui portoient renommée ceux du paysqui le connaissoient [le roi de Portugal ] que encoreestoit-il caste etn’avoit oncques eu compagnie char-nellement avec une femme, froiss. ii, m, 86. SaigeCassandre, bele Echo, Digne Judith, caste Lucresse,ch. d’orl. Bal. 102.
— ÊTYM . Provenç. cast ; espagn. et ital. casto; dulatin castus.
CHASTEMENT (cha-ste-man), adv. D’une ma-nière chaste. Vivre chastement. L’amour le moinshonnête, exprimé chastement, N’excite point ennous de honteux mouvement, boil. Art p. iv.
— HIST. xii» s. Et les dames qui chastement vi-vront, quesnes, Romancero, p. 94. || xiii* s. Dieuamer et chastement vivre, ruteb. ii, 90. Et com-
manda l’en que en y receust celles qui vourroientfere contenance à vivre chastement, joinv. 298.
— ÊTYM . Chaste, et le suffixe ment; provenç. co-stament; espagn. et ital. castamente.
CHASTETÉ (cha-ste-té), s. f. || 1° Vertu des per-sonnes chastes. La chasteté dans le mariage. Lachasteté déjà, la rougeur sur le front, Avait chez leshumains reçu plus d’un affront, boil. Sat. x. || 2° Parextension, abstinence entière des plaisirs de l’a-mour. Faire vœu de chasteté. 11 faudra garder lachasteté, boss. Var . 7. || 3“ Fig. Correction, pureté.Chasteté de style, costar, dans bouhours, Nouv.rem.
— SYN. chasteté, continence. La chasteté estune vertu morale qui prescrit des règles à l’usagedes plaisirs de l’amour: la continence est une autrevertu qui en interdit absolument l’usage. La chas-teté règne dans le mariage; la continence règne dansles cloîtres. Il y a aussi cette différence que la chas-teté est cette vertu considérée en elle-même, etque la continence est la même vertu considérée parrapport à son opposé qui est l’incontinence : il peuty avoir, dans un mariage chaste d’ailleurs, peu decontinence.
— HIST. xii* s. Vous portiez le pris de beauté Etl’enseigne de chasteé, Romancero, p. 60 . || xiii* s.Chasteé, qui dame doit estre Et des roses et desboutons, la Rose, 2858. Et Drois, et Chasteé et FoisS’enfoïrent à cele fois, ib. 6409. || xiv* s. La beautéet la chasteté de Lucrèce , bercheure, f» 26 , verso.Luxure est le pechié, la vertu contraire est chasteté,llénagier, I, 3. || xv* s. Comment, parler.... Et dechasteé est-ce offense? Mir. de sainte Genevi. Enicelle fontaine, pour soi rafreschir, se baignoitDiane , la deesse de chasteté, froiss. ii, iii, 14.|| xvi* s. Il [Charles-Quint ] aime la religion, justiceet chasteté, sleidan, Pis.
— ÊTYM . Provenç. castitat, castetat ; espagn. carstidad; portug . castitade; ital. castità; du latin cas-titatem, de castus, chaste.
CHASUBLE (cha-zu-bl’), s. f. Ornement que leprêtre met par-dessus l’aube et l’étole, pour dire lamesse.
— HIST. xiii* s. Casule, dans }e Glossaire de Lille ,22 . Et par deseure tous les vestemenz li viesti on lacasure, qui doit iestre de pourpre vermelle, quisenefie carité, Chron. de Rains. 104. Et m’estoitavis que pluseurs prelas revestus le vestoient d’unechesuble vermeille de sarge de Reins , joinv. 299.Et li vesques à ses deux mains Lui affubla une ca-
suble, I’Èscoufle. || xvi*s.Donner des calices ou
reliquiaires, acheter chasubles et autres paremens,calv. Instit. 882.
— ÊTYM. Espagn. casulla ; ital. casipola, casu-pola, petite hutte; bas-lat. casubla, casstbula, ca-subula, casucula, casuvula, chasuble. Casule (oucasure) et l’espagnol casulla viennent d ecasulla, di-minutif employé au lieu du diminutif régulier ca-süla, qui aurait donné casle ; chasuble et l’italiencasipola viennent du bas-latin casibula, diminutiftiré de casa, comme manipulas de manus. Casula,dans Isidore, signifie un vêtement à capuchon, com-paré à une petite case, à une petite hutte, de casa(voy. case) : c’est poui cela qu’en italien casipolasignifie une hutte.
f CHASUBLERIE (cha-zu-ble-rie), s. f. Ensem-ble d’articles appartenant au service soit de l’églisesoit des prêtres, tels que chapes, chasubles, ciboi-res, croix, etc.
CHASUBLIER (cha-zu-bli-é; l’r ne se lie pas; aupluriel l’s se lie : les cha-zu-bli-é-z et....) s. m. Ou-vrier qui fait toutes sortes d’ornements d’église.
— HIST. xiii* s. Chasubliers et changeeurs, Allezquérir vostre part De la queue de Renart, Queue deIlenart.
CHAT, CHATTE (cha, cha-t’; en conversation let ne se lie que dans les phrases suivantes : chatéchaudé craint l’eau froide, dites : cha-t échaudé ;acheter chat en poche, dites : cha-t en poche ; jeterle chat aux jambes, dites : cha-t aux jambes. Auxvi* siècle, Palsgrave , p. 24, dit que le ( se lie avecla voyelle qui suit. Au pluriel l’s se lie : les cha-z et les chiens; chats rime avec pas, appas, etc.),s. m. || 1 * Animal domestique, de l’ordre des car-nassiers digitigrades. Le chat est un domestique in-fidèle que l’on ne garde que par nécessité, buffon,Chat. Je mis Vambroc dans une soupente où il eûtfallu être chat ou diable pour le trouver, retz,i, 4 4. Le quolibet nous apprend qu’il n’est rien deplus semblable à un chat sur une fenêtre qu’unechatte, mademoiselle de gournay , Égalité des hom-
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I mes et des femmes. Madame, j’étais déjà si fort àvous que je pensais que vous deviez croire qu’il n’é-tait pas besoin que vous me gagnassiez par des pré-sents, ni que vous fissiez dessein de me prendrecomme un rat avec un chat ; néanmoins j’avoue quevotre libéralité n’a pas laissé de produire en moiquelque nouvelle affection, et s’il y avait encorequelque chose dans mon esprit qui ne fût pas à vous,le chat que vous m’avez envoyé a achevé de le pren-dre et vous l’a gagné entièrement; c’est, sans men-tir, le plus beau et le plus agréable qui fut ja-mais; les plus beaux chats d’Espagne ne sont quedes chats brûlés au prix de lui, et Rominagrobismême (vous savez bien, madame, que Rominagrobisest prince des chats) ne saurait avoir meilleure mineet ne sentirait pas mieux son bien, voiture, Letl.4 83, à une abbesse qui lui avait fait présent d'unchat. Un homme chérissait éperdument sa chatte ;Il la trouvait mignonne et belle et délicate Qui miau-lait d’un ton fort doux, la font. Fab. ii, 4 8. Lanation des belettes, Non plus que celle des chats,Ne veut aucun bien aux rats,iD. ib. iv, 6. Mon fils,dit la souris, ce doucet est un chat, Qui, sous sonminois hypocrite, Contre toute ta parenté D’un ma-lin vouloir est porté, id. ib. v, 8. Et quel fâcheux dé-mon, durant des nuits entières, Rassemble ici leschats de toutes les gouttières? boil. Sat. vi. La pé-dante au ton fier, la bourgeoise ennuyeuse, Cellequi de son chat fait son seul entretien, id. Sat. x.|| Il a joué avec les chats, se dit d’un homme qui ades égratignuresau visage. || Il est propre comme uneécuelle à chat, se dit d’un homme malpropre. || Dèsque les chats seront chaussés, c’est-à-dire de bonmatin. || Familièrement.Aller comme un chatmaigre,courir vite et beaucoup. Lors dispos du talon,je vaiscomme un chat maigre, Régnier, Sat. xi. || Fig. Jeterle chat aux jamhes à quelqu’un ou de quelqu’un, luisusciter des embarras. Les calvinistes sont bien aisesde jeter le chat aux jambes des papistes, volt. Lett.verset prose, ne. || Fig. Emporter le chat, sortird’unemaison sans dire adieu à personne ; et aussi déménagercomplètement, le chat étant, de tous les animaux do-mestiques, le plus fidèle au logis. || Fig. Cette fillea laissé aller le chat au fromage, elle s’est laissé abu-ser. Je ne le nourris [un chat] que de fromages fitde biscuits; peut-être, madame, qu’il n’était pas sibien traité chez vous; car je pense que les damesde”* ne laissent pas aller le chat aux fromages etque l’austérité du couvent ne permet pas qu’on leurfasse si bonne chère, voit. Lett. 4 63, à une abbessequi lui avait fait présent d’un chat. || Bailler le chatpar les pattes, présenter une chose par l’endroit leplus difficile. || 11 n’y a pas là de quoi fouetter un chat,la faute n’a rien de grave, c’est une bagatelle. || Seservir de la patte du chat pour tirer les marrons dufeu, faire courir à un autre le risque d’une entre-prise, d’une affaire dont on retirera seul le profit.|| Vendre chat en poche, ne point faire voir ce qu’onvend. || Acheter chat en poche, conclure une affairesans examen. Vous êtes-vous mis en tête que Léo-nard de Pourceaugnac soit un homme à acheterchat en poche ? mol. Pourc. n, 7. On dit dans lemême sens : acheter le chat pour le lièvre. || Appe-ler un chat un chat, appeler les choses par leurnom. J’appelle un chat un chat et Rollet un fripon,boil. Sat. i. || Il le guette comme le chat fait lessouris, se dit d’un homme qui en épie un autre.|| Ecrire comme un chat, écrire d’une façon illisible.|| Il a passé là-dessus comme chat sur braise, se ditd’un homme qui coule rapidement sur quelque faitdélicat à rappeler, à mentionner, à raconter. || Cesgens s’accordent, vivent comme chien et chat,c’est-à-dire ils ne peuvent se souffrir, ils sonttoujours en querelle. || Elle est friande comme unechatte, ou, simplement, c’est une chatte, se ditd’une femme très-friande. || Elle est amoureusecomme une chatte, se dit d’une femme d’une com-plexion amoureuse. || Dans le langage familier,chatte s’emploie adjectivement quelquefois. Desmanières chattes, des manières semblables à cellesd’une chatte qui caresse, qui joue. || Musique de chat,musique aigre et dissonante. || Il n’y a pas un chat,il n’y a absolument personne. 11 n’y a pas moyenque quelqu’un trouve un chat à l’hôtel de Clermont,volt. Lett. vers et prose, 28 . Mon dévot se croi-rait un sacrilège s’il laissait un enfant et un chat envie dans le territoire de Mercure, id. Dial, xxix, 4.|| Je ne connais pas un chat dans cette ville, je n’yconnais personne. || Fig. Avoir un chat dans la gorge,éprouver dans le gosier un embarras soudain qui gênela voix. || C’est le chatl manière populaire de ré-pondre à une excuse personnelle à laquelle on necroit pas. Votre fromage, ce n’est pas moi qui l’ai