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Tome premier. A - C.
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j CIIÂTIARLE (chA-ti-a-bl’), ad}. Qui mérite d’ê-tre châtié; qui peut être châtié.

— ÊTYM . Castigabilis, de castigare, châtier.

JHÂTIÉ, ÉE (châ-ti-é, ée), part, passé. || 1° Puni.Les nations châtiées par la colère céleste. Cet en-fant châtié par son père. || 2“ Rendu correct. Sonstyle était plus suivi et plus châtié, boss. Var . 9.|| Style châtié, celui qui est très-pur et très-cor-rect.

CHÂTIER (châ-ti-é), v. a. || 1” Infliger une cor-rection. Les enfants connaissent si c’est à tort ouavec raison qu’on les châtie, et ne se gâtent pasmoins par des peines mal ordonnées que par l’im-punité, la bbuy. xi. [Ils] Adorent dans leurs fers leDieu qui les châtie, rac. Esth. m, t.|| Terme demanège. Châtier un cheval, lui donner de la cra-vache ou de l’éperon. || 2° Mortifier. Les plus grandssaints qui châtient leur corps, mass. Car. F. légères.Son corps qu’elle avait toujours châtié, crucifié, in.ib. Mort. || 3° Par extension, condamner, blâmer.Châtier en autrui ce qu’on souffre chez soi, corn.Poly. ni, h. On devrait châtier sans pitié Ce com-merce honteux de semblant d’amitié, mol. Mis. i, 4 .|| 4° Rendre plus pur et plus correct, en parlant desouvrages d’esprit. Châtier son style. || 5“ Se châtier,t>. réfl. S’infliger à soi-même une punition. Il sechâtiait lui-même en croyant châtier autrui. || Pro-verbe. Qui bien aime bien châtie, et aussi, qui aimebien châtie bien, c’est-à-dire on a une affectionéclairée pour celui que l’on reprend, que l’on avertitde ses fautes.

— SYN. châtier, punir. Les juges punissent lecoupable, afin qu’il satisfasse par sa punition à lajustice et qu’il serve d’exemple. Les pères châtientl’enfant, afin qu’il se corrige et devienne meilleur.Dans punir, il n’y a que l’idée de l’expiation de lafaute commise; dans châtier, il y a de plus l’idéede l’amélioration de celui qui est châtié.

— hist. xi* s. Vint tresqu’à els [eux], si’s [si les]prist à castier, Ch. de Roi. cxxx. || xii* s. Vus ne îdevez pas tut son voil conseillier, Ainz le devez su-vent reprendre e chastier, Th. le mart. 28 . Tiercefeiz i fu pris; pas ne s’en castiheit, ib. si. Reis,suef se chastie qui d’autrui se chastie, ib. 75.|| xiii* s. Il la [sa fille] fait enserrer en la tour etremaindre, Ainsi la cuidebien chastoier et destrain-dre, audefr. le bast. Romancero, p. i5. Bele Yolans,je vous chastoi; Ma fille estes, faire [je] le doi, ib.p. 51. Si lor comanda qu’il castiascent lor enfants,Chr. de Rains, 226 . Mais ice ne ferai-ge mie,Ge qui por ton preu te chastoi, la Rose, 7033. Plusen sai que vous ne savés, Oui ainsinc chastié m’a-vés, ib. 6628 . Sunt en terre establi li juge.... Porceus pugnir et chastoier Oui por ceste amor renoierMurdrissent les gens et affolent, ib. 6487. Moult abeneürée vie Cil qui par autrui se chastie, ib. 8042.....Si que par le bannissement il se castient de lormeffet, beaum. xxiv, 16 . Oue chascun seignor deitestre curious et ententif de faire justice de mur-trier, por chastier les autres qu’il ne le seient, Ass.de J. 436. Nus ne puet tormenter son serf sanzcause; mès il le puet bien chasteier atempréement,Lit), de just. 77. Tout se furent assis sor l’erbe quiverdie; L’apostoles se dresce en piés, si les chastie[exhorte], Ch. d’Ant. i, 802 . || xiv* s. Il convient pu-nir , chastier et corriger celui qui appete choseslaides, oresme, Eth. 99. || xvi* s. 11 s’en chastoiaen eage vieille, fr. de bonnivard , Bibl. des ch.i* série, t. h, p. 394. Il estoit incontinent admo-nesté par les autres evesques voisins: s’il ne sechastioit, il estoit déposé, calv. Inslit. 862 . Chastieles: car ils sont en ta subjection, id. ib. 901. Pen-sant que, quand il entendrait cela, il se chastieroitde l’aimer tant, marg. A'ouw. i. Si, après avoir parléà lui, il ne se chastie, je le chastierai si bien, queles autres y prendront exemple, id. ib. uii. On chas-tie aux enfants des erreurs innocentes, mont, i, 37.Vous serez chastiez : les enfans et les fous, S’ils nesont chastiez, jamais ne se corrigent, Sat. Ménip.p. 212 . Belle doctrine prend en luy, qui se chastiepar autruy, génin, Récréât, t. n, p. 235.

— ÊTYM . Provenç. castiar, chastiar; espagn.castigar,- ital. castigare; du latin castigare, decastus , chaste (voy. chaste), et un suffixe igare.Chastier et chasloyer, qui n’est plus usité, sontdans le même rapport que charrier et charroyer.

CHATIÈRE (cha-tiê-r’), s. f. |] 1° Trou pratiqué àune porte pour le passage des chats. || Par exten-sion, une ouverture quelconque. M. le prince, enarrière du service, regardait par la chatière et s’ap-plaudissait de sa malice noire, st-sim. 76, 227.Il Ëig. Voie dérobée. Pelletier, soutenu du créditde son père, était introduit [pour être premier pré-

sident] par la chatière de la main de Saint-Sulpice,id. t73, 66. || 2° Pertuis qu’on ménage pour don-ner issue aux eaux d’un bassin. || 3° Piège pourprendre les chats.

— HIST. xiii* s. Et por tous ces ostex [hôtels, lo-gis] se boutent, Ne clés ne barres ne redoutent,Ains s’en entrent par les fendaces, Par chatieres etpar crevaces, la Rose, 18636.

— ÊTYM . Chat; picard, catière, gouttière.

f CJIÂTIEUR (châ-ti-eur), s. m. Celui qui châtie.Cette déplorable façon de gouverner jeta enfin dansle dernier désespoir ce maître de la paix et de laguerre, ce distributeur de couronnes, ce châtieurdes nations [Louis XIV ], st-sim. 408, h 2 .

— HIST. xiii* s. Et en tel cas et en sanblavlesest-il bien mestiers que li maris soit castieres de safeme resnablement, beaum. lvii, 6.

— ÊTYM . Provenç. castiaire, castigador; espagn.et portug. castigador; du latin castigatorem, de casti-gare, châtier. Dans le vieux français et le proven-çal, chastiere, castiaire est le nominatif, répondantà castigàtor; chastieor, castigador est le régime,répondant à castigatôrem.

f CHATILLON (cha-ti-llon, Il mouillées), s. m.Nom vulgaire du Iamprillon.

CHÂTIMENT (châ-ti-man), s. m. Peine qui a pourbut la correction de celui à qui on l’inflige, et aussi,par extension, une punition en général. Infliger unchâtiment. 11 a reçu le châtiment de sa faute. S’hu-milier sous le châtiment. Faites son châtiment de sa

confusion, corn. Cinna, iv, 4.pour châtiment

de sa témérité II lui faudrait du front tirer le diadème,id. Nicom. v, 7.et si tu ne veux qu’un châti-

ment soudain T’ajoute aux scélérats qu’a punis cettemain.... rac. Phèd. iv, 2 . Vous voulez qu’un roimeure, et pour son châtiment Vous ne donnez qu’unjour, qu’une heure, qu’un moment, id. Andr. iv, 3.L’âme sait que le châtiment répare l’ordre du mondeblessé par l’injustice, boss. Connaiss. v, 6. Vous ypouvez encore joindre une autre suite; c’est la suitevisible d’un continuel châtiment sur les Juifs, quin’ont pas reçu le Christ promis à leur père, id. Hist.il, 13. Prendre châtiment des rebelles, d’ablan-court, Arrien , liv. yiii, dans richelet. Le partagedes hommes comme des bêtes y est [dans les étatsdespotiques] l’instinct, l’obéissance, le châtiment,montesq. Espr. m, 4 0 . || Punition infligée aux ani-maux à la suite d’une désobéissance ou de manifes-tations dangereuses.

— REM. L’Académie écrit remeretment ou remer-ciement; pourquoi n’écrit-elle pas châtiment ou chd-tiement ? ou réciproquement, pourquoi pas remer-ciment ? Ces anomalies compliquent inutilementl’orthographe.

— hist. xn* s. Il aporterent briefs, tel de castie-ment De ço que li prélat errouent malement, Tel desuspensiun.... Th. le mart. 66. Oez de vostre peresun bon chastiement, E de vostre arcevesque sunamonestement, ib. 80 . Droiz est ke la sainte pense[pensée] rapresset par spiritueil chastiement tôt ceke ele sent charneilment elleveir en soi, Job, 462.|| xiii* s. Quant j’oï ce chastiement, Je repondiirée-ment, la Rose. 3083. || xv* s. Ore prangne chascunci chastiment; Saiges n’est pas qui en tel serviceentre, e. desch. Femme et enf. |] xvi* s. Je visiterayavec verges leurs iniquitez, et leurs pechez avecchastiement, calv. lnstit. 833. Les derniers chastie-ments sont employez par la justice plus pour l’exem-ple que pour l’interest de ceux qui les souffrent,mont. Lettre ix.

— ÊTYM . Provenç. chastiament; anc. catal. casti-gament ; espagn. castimento; de castigamenlum, decastigare, châtier. Dans l’ancienne langue, chastie-ment était de quatre syllabes; on le trouve de troisdès le xv* siècle. A côté de chastiement, l’anciennelangue avait fait chastoi, qui signifiait correction,remontrance.

f CHATOIEMENT (cha-toi-man), s. m. Voy. cha-

TOYEMENT.

4. CHATON (cha-ton), s. m. || 1“ Tête d’une ba-gse, c’est-à-dire partie qui renferme la pierre pré-cieuse. || 2° Pierres enchâssées. Elle avait au doigtune belle rangée de chatons.

— HIST. xiii* s. J’ai en ma main un tel anel; Deuxpieres a ens el caston, Lai de Melion. || xiv* s. Lesentrechamps de grosses pelles [perles] fines et dechastons enchastonnez en fin or, du cange, chaslo.Pour cinquante que rubis, que esmeraudes petites,pour mettre en cinquante chastons d’or; lesquielxchastons furent baillés audit Nicholas Waquier pourmettre en sollers de broudeure qu’il fit pour le royà la feste de l’Estoile, laborde, Émaux, p. 209.

|| xv* s. Balais yssus de douze chastons d’or, id. ib.

|| xvi* s. Trois petits chattons d’or à queue, où sontdeux tables de dyamant triangles, et au troisièmeest une rosette de dyamant, id. ib.

— ÊTYM . Berry, chaton, coffret ou tiroir établidans un coffre sur des liteaux intérieurs. Diez letire de cassa, caisse, italien cassetta, cassettone, etpar contraction castone, comme le parmesan cas-téina de cassetlina; mais on ne voit pas commentune contraction, telle que casseton changé en caston,aurait pu se faire dans la langue d’oïl. Il faut yadmettre le même radical que dans l’allemand Kas-ten, coffre, anglais chest, suédois kista, qui peut-être tire son origine du latin cista, grec xftrn).Voyez aussi le bas-latin casticia, enclos, castu-lum, coffre.

2 . CHATON (cha-ton), s. m. Petit chat. Le cardi-nal de Richelieu ajouta encore une pistole pour leschatons, l. feugère, Mlle de Goumay, p. 463,d’après tallemant.

— HIST. xm* s. Qui prendrait, biau filz, ung chatonQui onques rate ne raton Veü n’auroit ; puis fust norisSans ja veoir rat ne sons.... Et puis veïst soris ve-nir; N’est riens qui le peüst tenir, la Rose, 4 4244.Ce sache cil qu’à court ira, Et teiz sa droiture iachate Qui n’en porte chaton ne chate, ruteb. ii, 74.|| xvi* s. Prenez petits chiens ou chatons nouvelle-ment nés, ou pigeonneaux, PARé, v, 29.

— ÊTYM . Diminutif de chat ; provenç. cato ; catal.gati.

3. CHATON (cha-ton), s. m. Terme de botanique.Epi long et flexible, ressemblant un peu à une queue,dont les fleurs sont incomplètes, c’est-à-dire qu’ellesne possèdent pas à la fois étamines et pistil (noyer,coudrier, saule, mûrier), et qui, articuléà sa base,se détache en entier après la floraison.

— HIST. xvi* s. N’estant tant à craindre le degastdes chatons du couldrier par les froidures, o. deserres, 680 . Le noierne fleurit aucunement, commela plupart des autres, seulement jette il des chatonspour avant-coureurs des nois prochaines, ainsi quefont les coudriers et chesnes, id. 696.

— ÊTYM . Chaton 2, par comparaison avec la four-rure du chat. Roulin cite le gaél. caiste, frisé.

f CHATONNEMENT (cha-to-ne-man), s m.Il 1” Action de loger dans un chaton. || 2“ Termed’obstétrique. Chatonnement ou enkystement duplacenta, rétention du placenta dans une espècede poche formée par la contraction irrégulière de»fibres de la matrice après la sortie du fœtus.

— ÊTYM . Chatonner 4.

j- 4. CHATONNER (cha-to-né), t). a. Encastrerdans un chaton.

— ÊTYM . Chaton 4.

f 2 . CHATONNER (cha-to-né), v. n. Faire de pe-tits chats. Il y a encore ma mie Piaillon, ajoutaBois-Robert; c’est sa chatte. — Je lui donne vingtlivres de pension, répondit l’éminentissime. — Mais,monseigneur, elle a chatonné, dit Bois-Robert,l. feugère, Mlle de Gournay, d’après tallemant.

— HIST. xiii* s. [L’amour] .... tôt le meillor clerdu monde [Aristote ] Fait comme roncin enseller Etpuis à quatre piez aller Tôt chatonant [faisant legentil comme un jeune chat] par desor l’erbe,Alexandre et Aristote , ms. ri 73, dans lacurne.

—ÊTYM . Chaton 2; Berry et Saintong e,chatonner.

f CHATOUILLANT, ANTE (cha-tou-llan, llan-t’,Il mouillées, et non cha-tou-yan), adj. Qui plaît, quichatouille l’amour-propre. Par de chatouillantes ap-probations vous régaler de votre travail, mol. R.gent. i, 4.

t CHATOUILLE (cha-tou-11’, «mouillées), s. f.Terme de pêche. Espèce de petite lamproie.

CHATOUILLÉ, ÉE (cha-tou-llé, liée ,11 mouillées),part, passé. || l“Cetenfant chatouillé parsa nourrice.|| 2° Fig. Sa sœur se croyant déjà entre les bras del’Amour, chatouillée de ce témoignage de son mé-rite.... la font. Psyché, liv. u. Et chatouillé d’ail-leurs par l’espoir qui le flatte, corn. Sertor. i, 2 .

CHATOUILLEMENT (cha-tou-lle-man, U mouil-lées, et non cha-tou-ye-man), s. m. || 1“ Action de cha-touiller; sensation que cette action cause. Le chatouil-lement cause un rire convulsif. Plusieurs personnesredoutent le chatouillement. |j 2° Fig. Impressiondouce et agréable. Il n’y a que de la joie et du cha-touillement pour l’esprit, balz. 4* Disc. s. la Cour.

— hist. xvi* s. Mesprisant toute honnesteté, tuveux colloquer tout ton bien es chatouillemens dela chair, lanoue, 540. Ce mesme chatouillement etaiguisement qui se rencontre en certains plaisirs etsemble nous enlever audessus de la santé simpleet indolente, mont, ii, 246.

— ÊTYM . Chatouiller.

CHATOUILLER (cha-tou-Ué, «mouillées, et non