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Tome premier. A - C.
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CITA

cha-tou-yé),o.a. || 1° Produire, par des attouchementslégers et répétés sur certaines parties du corps, unesensation moitié agréable, moitié pénible, qui exciteun rire convulsif. 11 ne faut pas chatouiller les jeunesenfants. || En termes de manège, chatouiller un che-nal de l’éperon, le toucher légèrement avec l’épe-ron. || Terme de monnaie. Chatouiller le remède,approcher de très-près de la quantité d’alliage quiest autorisée. || 8° Par extension, produire certainessensations agréables. La musique chatouille l’oreille.Ce mets Lui chatouillait fort le palais, la font. Pâté.Il [le sommeil] chatouille mon mal d’un faui res-sentiment, Régnier , Plainte. La douleur qui faitfrémir ses bourreaux ne fait que la [la vertu] cha-touiller, balz. le Prince, ch. xi. Que ferez-vousici, faibles discoureurs? Dissiperez-vous ces conseilscachés en chatouillant les oreilles ? boss. Fr. Bour-qning. Jamais odeur de pâté ne chatouilla l’odoratplus délicatement que celle qui se répandit de touscôtés à cette ouverture [d’une tortue de 600 livrescuite en pâté], labat, Nouveau voy. aux îles,2* part. ch. 22. Heureux .... Qui, pour ne rien souf-frir qui lui pèse ou le souille, Fuit ce qui le cha-touille, Et, pour mieux servir Dieu , se rend maî-tre de soi I corn. Irait, i, 21. || 3“ Fig. Tandis que jem’arrête X chatouiller mon âme en ce contentement,malh. v, 25. Dragon, gentil dragon, que te dirai-jeencor Qui te chatouille et qui te plaise? la font.Psyché, liv. il, p. 1 78. CeM. deLuçonavaitunjenesais quoi de votre voisin qui lui avait chatouillé l’es-prit, balz. 8* Entretien. L’aise de voir la terre à sonpouvoir soumise Chatouillait malgré lui son âme avecsurprise, corn. Pomp. m, t. Ces noms de roi des roiset de chef de la Grèce Chatouillaient de mon coeurl’orgueilleuse faiblesse, rac. Iphig. i, i. J’aime à tevoir presser cet aveu de ma flamme : Combattantmes raisons, tu chatouilles mon âme, mol. Pr. d’Él.

i, t .l’appas qui la chatouille.... Lui cache le

péril de ce qu’elle entreprend, boursaült, Fablesd’Ésope , iv, 3. Un auteur vertueux en ses versinnocents Ne corrompt point le cœur en chatouil-lant les sens, boil. Art poét. iv. Il n’y a rien quichatouille tant l’oreille d’un homme soupçonneuxque les rapports, d’ablancourt , Lucien, t. ni, dansrichelet. || Absolument. 11 n’y a rien assurémentqui chatouille davantage que les applaudissementsque vous dites, mol. Bourg, gent. i, 1.1| 4° Se cha-touiller , v. rèfl. Se causer la sensation du cha-touillement. || Fig. Se chatouiller pour se faire rire,rire sans sujet, faire effort pour paraître gai. || Sechatouiller l'un l’autre. Ils s’amusent tous deux à sechatouiller.

— HIST. xiv* s. Et aucuns sont aussi comme sontceulz qui se doubtent que les autres ne les catoil-lent, et pour ce il se catoubent et confriquent pre-mièrement, oresme. Eth. 211 . || xv* s. Quant dedansfu [le dard], mon cueur vint esveiller Et tellementle print à catoillier Que je senty que trop rioit dejoye, ch. b’orl. 1. Durant que ce vin j’avaloy, Quime chastouilloit soubz la langue, basselin, Fou deVire, 9. || xvi* s. Ceste parole ne despleut pointéSylla, ains au contraire, il donna à cognoistre qu’ellel’avoit chatouillé, amyot, Sylla, 72. Lapluspart desplaisirs nous chatouillent et embrassent pour nousestrangler, comme faisoient les larrons que lesÆgyptiens appeloient Philistas, mont, i, p. 283.Livre que j’avoy basty pour me chastouiller moy-mesme, à fin de me faire rire le premier, des ac-cords , Avant - propos. Guerres, maux et tellespetites mignardises qui chatouillent malheureuse-ment les personnes pour les faire rire, Moyen deparvenir, p. 4, dans lacurne.

— ÉTYM . Picard, cafouiller ; rouchi, catoulier ;d’après Diez, de catulire, changé en catuliare, êtreen chaleur en parlant des chiennes, de catulus,petit chien, diminutif de conta, chien; d’aprèsGrand-gagnage, qui trouve dans le wallon cati, gati,guèti, pour chatouiller, de l’allemand : anglo-saxon,citelan; holl. kitlelen; allem. moderne, kitseln,chatouiller. La forme du mot est en faveur del’opinion de Diez. Il y avait aussi dans l’ancien fran-çais chatillier ou catillier, signifiant harceler : Limal d’amour.... Ne me font fors chatillier De joie etde delirier Sans penser nule folie, Mss. de poésiesfr. avant 1300, t. iv, p. 1384, dans lacurne. Ets’estoient là retraits une grosse compaignie pourcatillier les Picards, monstrelet, dansDUCANGE,catillare. Ces formes calillare, catillier, dont le sensn’est pas très-précis entre harceler et chatouiller, seprêteraient mieux à l’étymologie de Grandgagnage,et, comme il est arrivé souvent, une confusion apu s’opérer entre chatillier et chatouiller.

CHATOUILLEUX, EUSE (cha-tou-lleû, lleû-z’,

DICT. de la langue FRANÇAISE,

CTIA

Il mouillées, et non cha-tou-yeû), adj. || 1° Qui estsensible au chatouillement. Cet enfant est très-chatouilleux. || Terme de manège. Cheval chatouil-leux à l’éperon, cheval qui, au lieu d’obéir à l’épe-ron, hennit et rue. || 2° Fig. Qui s’offense aisément,qui se pique aisément. C’est sur ce point qu’il estchatouilleux, boss. i, Annonc. i. Quelque chatouil-leuses que soient les impressions de l’amour-propre,elles ne m’empêcheront jamais de dire la vérité,Mirabeau, Collection, t. ni, p. 46. En un sièclecomme celui-ci où l’on ne vit que par exemple, etqui me semble autant ou plus chatouilleux pour lesécrivains que celui sous lequel on était obligé de seprésenter la corde au cou quand on voulait proposerde nouvelles lois, Lett. à Malh. dans malh. Éd. deménage, p. 262. Pour un monsieur si chatouilleux,qu’avez-vous trouvé de gai à certain soufflet detantôt? beaumarch. Mar. de Fig. v, 19. || 3° Affaire,question chatouilleuse, affaire, question qui pour-rait facilement exciter des susceptibilités. L’éclat deces faveurs dont vous enveloppez De votre faux se-cret le chatouilleux mystère, corn. Agésil. m, 4.Ce factum accompagné de notes un peu chatouil-leuses, volt. Lett. d’Argentai, 4 janv. 1773.

— HIST. xv* s. Il luy sembloit davantage que sessubgectz estoient ung peu chastoulleux à entre-prendre auctorité quand ilz en verroient le temps,comm. vi, 7. || xvi* s. Sentir la hart, vaut autant àdire que chatouilleux de la gorge, desper. Contes,xcvii. Depesché aux plus chatouilleuses négociations,d’aub. Hist. préf. 8. Ils s’y logèrent, encores qu’ily fist fort chatouilleux [dangereux], carl. ix, 28 .L’univers de bout en bout Sent partout Sa chatouil-leuse puissance [de l’amour], am. jamyn , liv. iv,Chanson, Or que le plaisant.... Je ne sçay si la ditteprincesse a composé le dict livre, d’autant qu’il estplein de propos assez hardis et de mots chatouilleux,la croix du maine, Bibl. p. 309, dans lacdrne. Unaultre disoit au bourreau, qu’il ne le touchast pas àla gorge, de peur de le faire tressaillir de rire, tantil estoit chatouilleux, mont, i, 296. Mais, de con-tourner le jugement des événements, souvent contreraison, à nostre advantage, et d’obmettre tout cequ’il y a de chatouilleux en la vie de leur maistre,ils en font mestier, id. ii, 114. Combien qu’ayez laparole plus chatouilleuse et plaisante aux oreilles desauditeurs, Nuits de Straparole, t. u, p. 235, danslacurne. Chatouilleui de la gorge [qui mérite d’êtrependu], oudin.

— ÉTYM . Voy. chatouiller.

CHATOYANT, ANTE (cha-to-ian, ian-t’ ; d’autresdisent cha-toi-ian), adj. Qui chatoie. Etoffe, couleurchatoyante. Les mouches étaient toutes distinguéesles unes des autres; il y en avait de dorées, d’ar-gentées, de tigrées, de rembrunies, de chatoyantes,BERN . DE ST-P. Élude I r *.

t CHATOYEMENT OU plutôt CHATOIEMENT(cha-tot-man), s. m. Effet d’une surface chatoyante.Le chatoyement du cou d’un pigeon.

— ÉTYM . Chatoyer.

CHATOYER (cha-to-ié; d’autres disent cha-toi-ié), je chatoie, tu chatoies, il chatoie, nous chatoyons,vous chatoyez, ils chatoient; je chatoyais, nouschatoyions, vous chatoyiez; je chatoierai; je cha-toierais; que je chatoie, que nous chatoyions, quevous chatoyiez; que je chatoyasse, v. n. Changerde couleur, avoir des reflets, selon les différentsaspects, comme l’œil du chat.

— REM. Ce mot ne se trouve ni dans las éditionsdu Dictionnaire de l’Académie antérieures à 1835,ni dans Richelet, ni dans Furetière . Il existe dansle parler du Berry. Il se peut qu’étant provincial, ilse soit introduit tardivement dans la langue litté-raire.

— ÉTYM . Chat; Berry, chatoyer, flatter commelorsqu’on caresse un chat, plaire.

f CHAT-PARD (cha-par), s. m. Nom scientifiquede l’espèce appelée vulgairement lynx de Portugal .|| Au plur. Des chats-pards.

— ÉTYM . Chat, et pard.

f CIIÀTRABLE (châ-tra-bl’), adj. Qui peut êtrechâtré.

— HIST. xvi* s. Le chastrer des aigneaux n’estrestraint à certain aage, estant chastrables et lesjeunes et les vieux de ces animaux, o. de serres, 322.

CHÂTRÉ, ÉE (châ-tré, trée), part, passé. || l*Untaureau châtré. || 2° S. m. Un châtré, un hommechâtré. Il s’était adressé pour cela à un petit châtré,organiste d’une église, scarr. Rom . com. ch. xv.Voyant un oliàtré fredonner le rôle de César, volt.Cand. 26 . || On dit aussi castrat; mais châtré, encet emploi, a quelque chose de moqueur que n’apas castrat.

CHA 571

CHÂTRER (châ-tré), u. a. || l*Couper les testiculesou les ovaires. Châtrer un taureau, une truie. On achâtré des hommes pour avoir certaines voix dechanteurs. Les Orientaux châtrent les hommes pouren faire des eunuques et les commettre à la gardedes harems. On proposa à cet Attale de châtrer Ho-norius, volt. Mœurs,* 1. U 2° Fig. Châtrer un livre, enretrancher ce qui peut être licencieux ou simplementtrop hardi. || 3° Terme de jardinage. Châtrerdesfrai-siers, des melons, en Ôter les rejetons ou les fleurasuperflues. || 4° Châtrer une ruche, en Oter la cireou le miel. || Châtrer des cotrets, en ôter quelquesbâtons. || Châtrer une roue, ôter quelques jantes,pour resserrer les ais.

— HIST. xiii* s. Chastris [moutons], joinv. 267.|| xv* s. En ce moys l’en chantre les vaisseaulx desmousches, se ilz ont assez miel, Prouffitt champ, etruraulx, vu, 6.||xvi* s. Et puis, pour couronnerl’eslevation des Lorrains, le Conseil de France lachastra du droit qu’elle avait sur Bar , et les en fitsouverains, d’aub. Hist. i, 88. Les eunuques etchastrés degenerent en nature féminine, paré, vi,18 . Chastrer les abeilles, c’est à dire vendanger lemiel et la cire qui sont dans les rusches, o. deserres, 447.

— ÉTYM. Picard, catrer ; provenç. castrar , crastar,crestar; espagn. castrar; ital. castrare ; du latincastrare , châtrer.

CHÂTREUR (châ-treur), t. m. Celui dont la pro-fession consiste à parcourir le» campagnes pourchâtrer des animaux.

— HIST. xvi* s. Il y a gens en Afrique qui vontpar la ville, à la mode de nos chastreux, et fontmestier de couper telles caruncules, paré, i, 34.

— ÉTYM . Berry, châtreu; provenç. crestaire; es-pagn. castrador; du latin castratorem, de castrare,châtrer. Dans le provençal crestaire est le nominatifrépondant à castrdtor; crestador serait le régimerépondant à castratôrem.

| CHAT-ROCUIER (cha-ro-chié), s. m. Nom vul-gaire du squale roussette, dit aussi rocher et chatdes rochers, parce qu’il affectionne les parties ro-cheuses de la mer. || Au plur. Des chats-rochiers.

f CHÂTRURE (châ-tru-r’), s. f. Terme de vétéri-naire. Castration des animaux par l’emploi du caus-tique.

— ÉTYM . Châtrer.

f CHATTE (cha-t’), s. f. || 1* Voy. chat. || 2° Termede marine. Sorte de grappin servant à accrocher aufond de l’eau une corde tendue par l’ancre ou descordages tombés dans une rade. || Espèce de chasse-marée servant à la pêche.

f CHATTÉE (cha-tée), s.f. La portée d’une chatte.

— ÉTYM . Chatte.

j- CHATTEMENT (cha-te-man), adv. Terme très-familier. Â la manière des chattes, d’une façon ca-ressante et aussi d’une façon trompeuse et hypocrite.

— ÉTYM. Chatte , et le suffixe ment.

CHATTEMITE ( cha-te-mi-t’), s. f. Personne af-fectant des manières humbles et flatteuses. Voyez-vous cette chattemite! Un chat faisant la chattemite,Un saint homme de chat, bien fourré, gros et gras,la font. Fabl . vii, 16 . Ah! ahl dis-je, Alison,vous lisez des romans; Et vous vous arrêtez à l’en-droit de l’ermite; Je crois qu’ainsi que vous,pleine d’enseignements, Oriane prêchait, faisant lachattemite, id. Ballade sur les romans. Que mauditsoit l’amour et les filles maudites Qui veulent entâter et font les chattemites, mol. le Dép. v, 4. Lesrenards, autres chattemites, Se glissant dans nosbasses-cours, volt. Épitr. xcvii.

— HIST. xiii* s. Si l’une est chate, l’autre estmite, Ren. 144. ||xvi* s. Ils font si bien les chate-mites, quand ils veulent avoir quelque avantage surquelqu’une, et sont de si attrayante maniéré, marg.NouvAO. Chatemittes, lequel derniertermevaut quasiautant que contrefaiseur de brebiettes, h. est. Apol.d’IIérod. p. 626 , dans lacurne. Malheureux nostresiecle en ce desastre né, Sous lequel nous voyonstantd’ameschatemites, Carnassières des rois, avoiresté produites, pasquier, Lettres , t. ii, p. 573. Jene voudrais, Florus , estre Pauvre, pouilleui, cha-temite, Caché près d’une marmite Dont on ne mepeust cognoistre, duvermer, Biblioth. p. 40, danslacurne. Vous voulez donc que désormais Je face dolachatemite, Papelardarit comme unhermite, Le bla-son des faulees amours, p. 240, dans lacurne. LesHuguenots de Condom , qui estoient demeurés sousl’edit du roy, ayans fait toujours la chatte mitte dese vouloir prendre les armes, montluc, Mém. t. ii,p. 394, dans LACURNE.

_ ÉTYM. Chatte , et mite, qui probablement est le

| même que mtft's, doux, employé pour signifier chat.

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