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Tome premier. A - C.
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594 CIIE

des mit. 346. Et la court deit connoîstre que la ba-taille deit estre à chevau, au quarantisme jor, Ass.de Jér. i, 462. Je voi que qui cheval acheté, N’iertja si fox que riens i mete, Comment que 1 en 1 ait biencouvert, Se tout nel voit à descouvert, la Rose, 8707.Et quand les chevaus aus Sarrazins et aus Beduinsavoientpoour [peur]d’un bisson[buisson], joinv. 203.Qui n’a cheval si voist [aille] à piét, lf.roux de lincy,Prov. t. i, p. 463. Miex vault le cheval Bertran,Oui souvent menjue [mange] avaine Que cil quifait la crevaine [qui crève], Ane. poésies fr. du Va-tican , dans lacurne. Se ses quevax muertou afole,beaum. 64. || xiv* s. Là où li chevaux chiet [choit],on le vait escorchant, Guescl. 40834. || xv* s. Parma foy, mes chevaulx se lasse, Et dit que les nois[neiges] et la glace L’ont destruit.... e. desch. Poé-sies, P 368, dans lacurne. Dix huyt cens hommesde cheval, comm. iv, i. Se l’autre son compagnonavoit bien fait du mauvais cheval et en maintien eten paroles, encore en fit il plus, louis xi , Nou r.xxxin. Un cheval a quatre pieds et si chiet [et pour-tant tombe], Leroux de lincy, Prou. t.i,p. 464. En vé-rité il m’est mescheu ; dont je suis dolent, mais c’estsur le tard, et me puis comparer à celluy qui fermel’estable quant on lui a emblé son cheval, Percefo-rest, t. ni, f* 88. || xvi* s. Un esclave qui vint àtue cheval l’avertir, Mém.surD. G. ch. xviii. Voyantrapporter le corps d’un homme de cheval, mont,i, 8. Se sentant eschapper du [tomber de] cheval,id. 1,4 6. Apprendre à monter à cheval, id. i, 4 60.En sa mort, on sent Caton tousjours monté sur sesgrands chevaulx, id. iv, 4 93. Il y eut quelques che-vaulx légers numidiens, qui par le chemin rencon-trèrent.... amyot, Marcell. 60. Il y mourut, non enoapitaine, ains en cheval leger et'en avant coureur,id. Pélop. et Marcell. comp. 5. Dix mille hommesde pied, mille chevaux, et une flotte de cent voiles,id. ib. 6t. Faire du cheval eschappé, id. Caton, 66.Qu’es-tu toy? archer, picquier, homme d’armesou cheval leger’iD. Quelaverlu se peut apprendre, 8.La Riviere, le plus diligent et laborieux caval legerqui fust au service du roi, d’aub. Hist. i, 333. Onfaisoit bouillir les cuirs, les peaux de cheval et dechiens, id. ib. n, 66. Ils firent du pain de paillehachée et d'ardoise, y meslant du fumier de che-vaux, id. ib. u, 67. Ne trouvant dedans autresgarnisons que quelque peu de soldats pour gar-der les grands chevaux de Joieuse, id. ib. il, 68.Il perce un grand pals de Beausse tout semé dechevaux-legers, id. ib. n, 488. En cheval leger,id. ib. m, 243. Pour forcer les villes : beliers, che-vaux, vignes, tortues, balistes, paré, a, Préface.Leurs trompettes et clairons ronfloient et sonnoientboutte selle, boutte selle, monte à cheval, monte àcheval, boutte selle, monte à caval, à caval, id.t. m, p. 703. Tu resembles au viel cheval de monpere, tu ne veulx poynt marcher jusques & tantque tu soyes picqué, palsgr. p. 427. Et comme l’ondict, nous vendons nostre cheval pour avoir dufoin, charron, Sagesse, i, 22. N’achapte chevaljouant de la queue, oénin, Récréât, t. ii, p. 245.Quand plus ne peult ne haut ne val, à la charrueva le cheval, id. ib. p. 248. Se houser et n’avoir che-valin. t'6. p. 249. Cheval courant, sépulture ouverte,lerodx de lincy, Prou. t. i, p. 4 69. Cheval fait etvalet à faire, cheval fait et femme à faire, id. ib. Che-val rogneux n’a cure qu’on l’estrille, id. ib. X nouveaucheval, nouvelle selle, id. ib. p. 460. X cheval rueur,d’avant passe, id .ib. Aux chevaux maigres va la mou-che, id. ib. Bien mérité d’aller à pied qui n’a soin deson cheval, id. ib. p. 4 64 . Bride et esperon font le che-val bon, id. t'6. Il fait comme les bons chevaux, il s’es-chaufle en mangeant, id. ib. p. 462. Il ne faut pas lierles asnes avec les chevaux, id. ib. Un bon cheval faitles lieues courtes, id. ib. p. 463. Un cheval est bienmeschant [mauvais] s’il ne peut porter sa selle, id. ib.p. 4 84. Comment,dit Mandragor, vous parlez Ache-vai et fort glorieusement pour une femme ; par Dieu ,si vous ne fussiez aussi bien au pouvoir de la roynevostre maistresse qu'elle mesme est en celuy du roymon maistre, je vous fcrois bien abaisser vostre ca-quet, Don Flores de Grèce , f*xxxvi, dans lacurne.Ny estoit coustume de venir à telz biens par forceny en parlant à cheval, veu que tous ceux qui sehumilioient jusqu’à terre et qui ne servent que d’o-beïr et complaire, à grand peine y peuvent ilz par-venir, Àresta amorum, p. 438, dans lacurne. Ondoit estre maistre de son cheval, compagnon de sonchien et valet de son oiseau, favin, Théâtre d'honn.t. ii, dans lacurne. On touche toujours sur le che-val qui tire, cotgrave. Il n’y a cheval si bien ferréqui ne glisse, id. Qui n’a cheval ne chariot, il necharge pas quand il veut, id.

CHE

— ÊTYM. Picard, kevau, guevau, gval, keval;wallon, chitd; bourguig. chevau; Berry, gevau, unchevau, des chevals ; Saintonge, cher au; provenç.cavalh; catal. caball ; espagn. caballo; ital. cavalto ;du latin caballus, cheval de fatigue; grec, xaëàX-Xïic, qui parait être un mot de la Grande-Grèce ,et, par conséquent, de l’Italie et qu’on rapproche dusanscrit tchapala, rapide. Dans l’ancien français ,nominatif singulier chevals, chevax, chevaus, ré-gime cheval; nominatif pluriel cheval, régime che-vals, chevax, chevaus. On voit que notre distinc-tion de cheval, chevaux, est un reste de la déclinaisonde l’ancien français .

| CUEVALÉE (che-va-lée), s. f. Charge d’uncheval.

— HIST. xv* s. Et lors de la monnoie dessus ditevaloit une chevalée de blé sept ou huit francs, mons-TRELET, liv. I, ch. 247.

— ÊTYM . Cheval.

CHEVALEMENT (che-va-le-man), s. m. Termed’architecture. Appareil formé par des planches oumadriers placés sur des étais pour supporter unmur qu’on reprend en sous-œuvre.

— êtym. Chevaler.

CHEVALER (che-va-lé), u. n. || 1* Faire des alléeset venues, des démarches pour une affaire. Il m’abien fait chevaler. Vieilli en ce sens. || 2° Terme demanège. Chevaucher, passer sur les voltes en croi-sant les jambes de devant. || 3° Faire usage d’un che-valet. Les scieurs de long chevalent. || 4* F. a.Chevaler les cuirs, les travailler sur le chevalet.|| 5° Chevaler un mur, l’étayer avec des chevalemen ;s.

— hist. xv* s. Vous cheez par une recrue souf-france en leur servitute, comme les perdris qui, enfuiant à despourveue negl .gence le perdrieur qui leschevale [poursuit], cheen 1 en sa tonnelle, a. Char-tier, l’Espérance, p. 272 , dans lacurne. || xvi* s.Avec les caphardes paroles De ces moines à testesfolles Qui vous chevillent [tâtonnent] pour leur bien,marot, iv, 4 87. Ainsi font les grands voleurs et lesfameux coursaires : les uns descouvrent le pays, lesautres chevalent les voyageurs, la boétie, 64. C’es-toient de son costé principalement, que l’une despoinctes de la bataille des ennemis s’approchoit leplus près, et le chevaloit pour l’environner parderrière, amyot, Crassus , 47. Il ne luy voulut pascourir sus à toute oultrance, ains seulement le feitchevaler tout alentour, commandant à ses soudardsqu’ilz l’espargnassent luy et ses gens, id. Brutus,32. Ces trois harpies avoient, tout le matin, audesceu l’un de l’autre poursuivi, importuné et che-valé sa majesté, pour engloutir ce bénéfice, carl.ii, 40. Se voyant à toute force chevalé, picqué, es-peronné et, pour mieux dire, suborné, pasquier,Lettres, t. 11 , p. 38, dans lacurne. Dans Lyon onavoit projetté de faire assassiner le roy, soudain aprèssa conversion; et sur ce projet il avoit esté chevaléjusques dans Melun par un meschant homme, lequely fut prins, id. ib. p. 272 . Et après l’avoir par longsambages chevalé, tasté et tenté, id. t'6. p. 343. Cepauvre esprit, de ceste façon chevalé, se laisse allerà la volonté et discrétion de celui qui le mene d’uneparole amadouante, id. Recherches, liv. m, p. 298.Jamais personne accusée ne fut tant chevalée parun juge pour estre Surprise que lapucelle d’Orléans,et tcutesfois personne ne respondit plus à proposque cette-cy, id. t'6. liv. vi, p. 472.

— ÊTYM . Cheval.

CHEVALERESQUE (che-va-le-rè-sk’), adj. Quiappartient à un chevalier; digne d’un chevalier.Bravoure, franchise chevaleresque. Conduite cheva-leresque.

— ÊTYM . Ital. cavalleresco ; catal. caballeresc ;espagn. caballeresco (voy. chevalier). Ce mot estrécemment emprunté à l’italien ; il ne se trouve nidans les éditions du Dictionnaire de l’Académie avantcelle de 4 836, ni dans Furetière ni dans Richelet. L’an-cien français disait chevalereux, usité jusque dansle xvi* siècle. On a dit aussi chevaleresse pour femmede chevalier, litière chevaleresse pour litière ap-partenant à un chevalier.

tCHEVALERESQUEMENT(che-va-le-rè-ske-man),adv. D’une manière chevaleresque.

— ÊTYM . Chevaleresque, et le suffixe ment.

CHEVALERIE (che-va-le-rie), s. f. || t“Institution

militaire, propre à la noblesse féodale et consacréepar la religion. Les siècles de la chevalerie. Voilàoù aboutit une aventure [descente du prince Edouarden Ecosse ] qui eût réussi dans les temps de la che-valerie, mais qui ne pouvait avoir de succès dansun temps où la discipline militaire, l’artillerie etsurtout l’argent décident de tout à la longue, volt.Louis IV , 26 . || La chevalerie errante, les chevaliers

CIIE

errants. || Romans de chevalerie, romans où sontdécrits les exploits, les caractères, les mœurs, lesaventures, les amours des chevaliers tels que l’ima-gination les avait idéalisés. || Faire chevalerie, sedisait, dans la langue du moyen âge, des actes devaillance ou de courtoisie que faisait un chevalier.|| 2° Le corps des chevaliers, la cavalerie noble. Ro-drigue, à la tête de sa chevalerie, subjugua leroyaume de Valence, volt. Mœurs, 44. || Fine fleurde chevalerie, se disait pour l’élite des chevaliers etaussi pour un chevalier accompli. || 3° Qualité, rangde chevalier. || 4* Ordre de chevalerie, distinctionhonorifique instituée par divers souverains. Être dé-coré de plusieurs ordres de chevalerie. Non, d’au-cune chevalerie Je n’ai le brevet sur velin, bérang.Vilain. || 5° Race noble. Cette maison est d’anciennechevalerie. || La noblesse. Un roi entouré de sa che-valerie.

— HIST. xi* s. Donc aurez fait gente chevalerie,Ch. de Roi. xlih. N’i a paien de tel chevalerie, ib.lxxv. || xii* s. Tant est Rolans pleins de chivalerie[vaillance], Ronc. p. 28. [Il] Va demandant pris dechivalerie, 16. p. 68. Et là doit-on faire chevalerie,Où on conquiert paradis et honor, quesnes, Ro-mancero, p. 93 . Si faisons assembler nostre cheva-lerie, Sax. xxxn. || xiii* s. X Paris la cité [il y] otgrant chevalerie, Berte, 11 . Je vueil qu’o vous s’euvoist [aille] noble chevalerie [nobles chevaliers], t'6.lxxii [Roland] Qui fut preus et hardis, pleins dechevalerie, t'6. cxliv. Atant se parti li chevaliersdou roi, sans saluer, et passa mer et trouva le roiRichart à Londres à tout grant chevalerie et li dist,Chr. de Rains, p. 59. Est-il greignor forsenerieQue d’essaucier chevalerie, Et d’amer gens nobleset cointes Qui robes ont gentes et jointes? la Rose,42432 . Et li fust ostés li estas de chevalerie, beaum.xlv, 29. Fié [fief] qui ne deit servise que d’unechevalerie ne se part mie entre suers, Ass. de J. 1 ,224 . Avec le conte de Brienne avoit un vaillant clercqui estoit evesques de Rames, qui maintes "beleschevaleries avoit faites en la compaingnie le conte,joinv. 271. Chevalerie amors resanble, Si ont priscompaignie ensemble; Hardi covient estre ameor[amant], Ausi com le combateor, Ovide , Dearte,ms. f* 97 , dans lacurne. || xiv* s. Si comme méde-cine quert un bien, et chevalerie un autre bien,ORESME , Eth. vu, 43. || xv* s. Si s’avisera qu’il laconforteroit [Tournay ] tellement et y envoieroit sibonne chevalerie que la cité seroit toute seure et bienconseillie, froiss. i, i, 426 . Peu en affiert à moy deraercy, je ne suis que ung seul homme; la cheva-lerie qui avec moy estoit, qui les prouesses firent, endoivent avoir l’honneur. Sire chevalier, dit le roy,vous dictes vostre plaisir, mais le bon chef faitla bonne chevalerie, Perceforest , 1 . 11 , f* 96. || xvi*s.Loyaux aides sont coutumièrement dus pour cheva-lerie [réception comme chevalier] du seigneur oude son fils ainé, loysel, 605. Masistius, general dela chevalerie des Perses, amyot, Arist. 34.

— ÊTYM. Chevalier; provenç. cavalaria , cavalay-ria; espagn. caballeria ; ital. cavalleria.

CHEVALET (che-va-lè ; le t ne se lie pas ; au plu-riel l’x se lie: les che-va-lè-z et...; chevalets rimeavec traits, jamais, succès), s. m. || 1° Support pourtenir l’objet sur lequel on travaille. Chevalet de cor-royeur, de scieur de Dois, de peintre. || Terme depeinture. Tableau de chevalet, tout tableau d’uneétendue quelconque et autre que les fresques et lesplafonds. j| Terme d’astronomie. Chevalet du pein-tre, petite constellation méridionale. || 2“ Instrumentde punition, sorte de cheval de bois dont le dosétait fait en talus et sur lequel on mettait dessoldats qui avaient commis quelque faute, enleur attachant des boulets aux pieds. || Instru-ment de torture analogue usité dans l’a-tiquité.Il expira sur le chevalet. || 3" Mince pièoe de boisqui supporte les cordes tendues sur la table d’unviolon, d’un alto, d’un violoncelle et de tous lesinstruments de la même famille. Le chevalet reposesur la table supérieure de l’instrument et lui com-munique les vibrations des cordes. || 4° Terme deconstruction. Grand tréteau en charpente. || Pièced’étai dans les réparations. || Natte de paille que lecouvreur place sous les échelles étendues sur lescombles. || B* Terme de chasse. Bâton garni de che-villes pour apprendre au chien d’arrêt à rapporter.|| 6° Terme de pêche. Instrument du fabricant d’ha-meçons. || 7“ Terme de métier. Banc de travail dansplusieurs métiers. || Boîte à l’usage du Cartier. || Pièced’une presse d’imprimerie. || Armature d’une fuséede guerre. || Machine à forer dont se servent lesserruriers. || 8° Espèces de chevaux de frise en tra-vers des rivières. || 9“ Appareil de support pour les