Band 
Tome premier. A - C.
Seite
598
JPEG-Download
 

CïIE

CIIE

598 OIE

|| 2” S. m. plur. Terme de botanique. Cheveux d’é-vêque, la raiponce. || Cheveux de Vénus, radiantede Montpellier . || Cheveux de la Vierge, plusieursespèces de byssus et aussi la fleur de la viorne.|| Cheveux de la Vierge, se dit quelquefois impro-prement pour fils de la Vierge. || Cheveux de pay-san, chicorée sauvage nommée à Paris barbe de ca-pucin. || 3° Cheveux d’ange, espèce de confitured écorce de citron ou de cédrat. || 4” Terme demarine. Lever une ancre par les cheveux, la leverà l’aide de son orin. || Proverbes. Tous nos cheveuxsont comptés, c’est-à-dire la Providence a soin desmoindres choses qui nous regardent. || On ne peutprendre un homme rasé aux cheveux, on ne peutrien prendre à qui n’a rien.

— HIST. XI" s. Jusqu’à la terre li chevoel lui ba-lient [balayent], Ch. de Bol. lxxvi. [Elle] trait seschevels, si se clame chetive, ib. clxxxiv. || xn*s.Et la roïne qui ot les chevolsblons, ib. p. <16. Trèsqu’es chevols li est li brans couru, ib. p. <46. Ellecomence ses cheveux à tirer, ib. p. <71. [Dame] Beleet gente et avenant, Cheveusblons, sourcisplaisans,Coud, p. <23. Rogiers del Punt l’Evesque n’i poutsun quer [cœur] celer : Thomas, Thomas, fait-il,mar m’i faites passer; A vostre chief ferai mal che-vex atorner, Th. le mart. <33. Cil comença à pen-sier à son aage, à ses cheveus qui estoient chanu,ilachab. ii, ch. 8. || xiii's. Et les cheveus plus blonsque onques n’eut Helaine, Berte, l. Mainte paumebatue, et mains cheveus tirés, ib. cxxxii. S’il nelveut reprendre [l’amour], Por ce ne l’irai-je pasprendre Par ses biaus chevex.... Lai de l’ombre.Moult fort commence à sopirer, Et ses cevols à de-tirer, Ben. <2466. Ysengrin l’ot en grant despit, Etsa force prisa petit, Ainz n’i daigna oster chevoil,ib. <4617. Si cheveul tuit destrecié furent, Et es-pandu par son col jurent [furent gisants], la Rose,3<9. Detouailles [toiles] sont entorteillées leur testes[des Bédouins], qui leur vont pardesous le menton,dont ledes gens et hydeuses sont à regarder; carles cheveux des testes et des barbes sont touz noirs,joinv. 230. || xv" s. Tous les cheveux de la teste luichurent, froiss. ii, ii, 70. Vous seriez plus chétifen ce pays, ni de tous vos conquests nous ne donne-rions quatre cheveus, id. u, ni, 39. Elle fut guidée enla chambre où son serviteur estoit, quivoulentierslavit en cotte simple et en cheveux, louis xi, Nouv.xxxvii || xvi*s. Prenons l’heure aux cheveux, l'hommerappelle en vain La sourde occasion alors qu’elle estabsente, dubell. in, «i, recto. Comme l’autonnesaccage Les verds cheveux du boccage, id. m, 77,recto. Quelques uns les tordans à force, et les tirans,comme l’on dit, par les cheveux, en expositionsallégoriques.... amyot, Comm. lire les poét. <3. Il fitdresser les cheveux à la teste des capitaines et sol-dats qui le visitoient, en leur confessant.... d’aub.Fte, xxi. Ce méchant lui fit donner du poison dansun potage, qui lui fit faire 80 selles dans un jour,tomber les cheveux et peler la peau, id. ib. xxxvi. Aufort du combat il prit son espée de la main gauchopour sauver un bracelet de cheveux de sa maistressoqui estoit attaché à ce bras, id. ib.xiv. Ils saisirentcette occasion aux cheveux pour charger leur amide divers projets qu’ils avoient formez, id. ib. liii.Cheveux-de-Venus, d’autant que ceste herbe em-bellit les cheveux; et parce que les anciens pei-gnoient leur deesse Venus avec belle chevelure,ce mot de Venus y est ajousté, o. de serres, 6<<.Cheveul en teste ne luy tient, rons. 47<.

— êtym. Wallon, chevè; namur . chefia; picard,carieu ; provenç. cabelh; catal. cabell; espagn. co-bello; ital. capello; du latin capillus, cheveu. Dansle vieux français , nominatif singulier chevels, che-veus , régime chevel.

t CIIKVKDR, s. m. Ouvrier qui chève le verre.

+CHEVILLAGE (che-vi-lla-j’, Il mouillées), s. m.L’ensemble des chevilles d’un ouvrage. || Action decheviller.

f CHEVILLARD (che-vi-llard, il mouillées),s. m. Boucher qui vend à la cheville.

CHEVILLE (che-vi-lT, ii mouillées, et non che-vi-ye), s. f. || 1“ Morceau de bois ou de fer court et ar-rondi, dont on se sert pour boucher, ou assembler, ouaccrocher. Cheville de bois, de fer. Planter, ficher unecheville. || On dit d’un bâtiment qui est achevé, qu’iln'y manque pas une cheville. || 2" Cheville ouvrière,grosse cheville qui joint l’avant-train avec le train dederrière d’une voiture. ||Fig. Cheville ouvrière, l’a-gentprincipal, indispensabled’unechose.ll En termesde marine, cheville ouvrière, tige de fer qui traversele châssis de l’affût d’une caronade ainsi que le pi-ton de sabord. || 3° Cheville à tourniquet, bâtonqu on passe dans une corde et dont on fait une es-

pèce de tourniquet. || 4° Petite pièce de bois ou demétal qui sert à tendre les cordes d’un violon, d’uneguitare, d’uno harpe, d’un piano. Tourmenter seschevilles, ou les chevilles d’un violon, se dit d’unjoueur inhabile qui ne sai t pas bien s’accorder ou quiest obligéde s’y reprendre à tout instant. || 5° La che-ville du pied, saillie des os de l’articulation du pied,formée en dedans par le tibia, en dehors par le pé-roné. || Fig. Il ne lui va pas à la cheville, c’est-à-dire il lui est très-inférieur. Je répondis au P. Le-tellier que je n’avais jamais cru nos ducs aller à lacheville du pied d’un comte d’Orient [empire de Con-stantinople ], st-sim. 369, <28. || 6” Fil de métal quitraverse les charnons d’une charnière. || Pièce d’unepresse d’imprimerie. || Sorte de grand clou de fer.|| 7° S. f. plur. Terme de vénerie. Andouillers quisortent des perches de la tête du cerf, du daim, duchevreuil. || En termes de blason, ramufes d’unecorne de cerf. || 8" Atteler en cheville, atteler uncheval devant un limonier. || Aux jeux de l’hombre,du quadrille et du tri, être en cheville, n’ètre ni lepremier ni le dernier en carte. || 9° Vendre à la che-ville, revendre en gros et en demi-gros la viande dé-pecée : expression en usage parmi les bouchers deParis . On dit dans le même sens commerce à la che-ville. Locution tirée de ce que la viande était ac-crochée à des chevilles. || 10" Fig. Terme de litté-rature. Toute expression qui, inutile à la pensée,ne sert qu’à tenir une place dans la phrase ou dansle vers. Cette épithète est une cheville. Vers remplisdechevilles. Cheville ! rédondance inutile 1 1 . J. nouss.■Ém. il. || Par analogie. C’est une cheville très-inu-tile que l’énoncé qu’il [le cardinal de Bouillon] faitque le roi est grand maître de l’ordre, st-sim. 279,27. || Proverbes. Pour un trou il a vingt chevilles,c’est-à-dire il est plein d’expédients. || Autant detrous, autant de chevilles, et autant de chevilles quede trous, autant de reproches, autant de raisons etd’excuses. || Le voilà bien, il ne lui faut plus qu’unecheville pour le bien tenir, se dit d’un homme quela fortune a mis dans un bon poste.

— hist. xiii* s. Il ostent la cheville, n’i font de-laiement, Berte, xcv. Et se il i a un nuef fust où ili ait neu fort, il i puet ferir une cheville sans mef-fet, Liv. des mét. <03. Nus selier ne puet métré seleà fenestre, bas ne haut, seur voie, se n’est à che-ville, Liv. des mét. 2 <l. Ou sur charbons ou surgreïlles, Ou tournoiés à grans chevilles, CommeIxion à trenchans roes, la Bose, <9478. Cil qui lotient à louage [le moulin], sans depecieretapeticierle loier, doit livrer quevilles, fuisiax, aubes et telesmenues cozes, beadm. xxxviii, <7. N’i out kevillene closture Ke ne fut tute d’ehenus, marie, Guge-mer. Si les couchent sur leur costez et leur mettentles jambes parmi les chevilles dedans [sorte de pu-nition], joinv. 243. Les bendes sont de fer, et roidesles chevilles, Ch. d’Ant. Compl. <07. ||xv*s. En ceparti que je vous di furent les François.... et se tin-rent tout cois ès marais et en la bourbe et orduresjusques aux chevilles, froiss. ii, ii, <83. Adonc sereleva un des deux ; et prit les clefs de la porte quipendoient à une cheville, id. ii, u, 99. S’entre-donnerent telz coups que toute la vallée en reten-tist; mais à Lyonnel mai en prit, tellement que leschevilles de sa selle rompirent; si fut renversé parterre, Perceforest , t. m, f* 90. Vous cuidez bien,par vos engins, A tous pertuis trouver chevilles,ch. d’orl. Rondeau. || xvi* s. Ils poulsoient et chas-soient hors du siégé impérial les empereurs les unspar les autres, ne plus ne moins qu’une chevillechasse l’autre, amyot, Galba , 2 . L’os de la jambede sa partie intérieure fait la malléole interne, au-trement dit la cheville, paré, iv, 36. Je trouverayautant de chevilles que tu trouveras de pertuis,génin, Récréât, t. ii, p. 24). Faire compter les che-villes [faire attendre quelqu’un longtemps dans unechambre], Nuits de Straparole, t. n, p. 228 , danslacuhne. Pendre son manteau à faible cheville,cotgrave. Des santez vigoreuses , les mortellesmaladies; ainsi des rares et vifves agitations de nosâmes, les plus excellentes manies et plus destrac-quées ; il n’y a qu’un demi tour de cheville à passerde l’un à l’aultre, mont, ii, 214.

— ÉTYM . Picard, keville; provenç. cavilla; por-tug. cdvilha; ital. cavicchia, caviglia, cavicchio,caviglio ; du latin clavicula, petite clef, d’où che-ville, diminutif de clavis, clef (voy. clef), trans-formé par les langues romanes en clavicla, et, pareuphonie, cavicla.

CHEVILLÉ, ÉE (che-vi-llê, liée, Il mouillées),part, passé. |l 1° Navire solidement chevillé. || Fig.Avoir l’âme chevillée dans le corps, résister auxblessures, aux maladies les plus graves. || 2° Terme

de botanique. Oui a la forme d’un clou. || 3” Termede manège. Cheval chevillé, cheval dont les épaulessont trop serrées. || 4“ Terme de vénerie. Une têtede cerf qui a beaucoup de belles pointes, se nommeune tête bien chevillée. || Terme de blason. Garnid’andouillers. 11 porte d’azur à deux bois de cerf,chaque branche chevillée de six pièces d’argent.|| 6° Fig. Rempli de chevilles, c’est-à-dire de mot»inutiles, mis uniquement pour faire le vers ou ar-rondir la phrase. Que dites-veus de ces vers chevil-lés, De ces discours obscurs, entortillés? J. b. rouss.dans le Dict. de dochkz.

1. CHEVILLER (che-vi-llé, Il mouillées, et nonche-vi-yé), v. a. || 1* Assembler avec des chevilles.Cheviller une porte. || 2° Fig. Cheviller des vers, yfaire entrer des mots inutiles. Ce beau nom de ma-chine ronde, Que nos flasques auteurs, en chevil-villant leurs vers, Donnaient à l’aventure à ce platunivers, volt. Ép.xxx ix. || Absolument. Mais ce n’estrien auprès des versificateurs; Le dernier des hu-mains est celui qui cheville, a. de musset , Après unelecture. || 3° Tordre la soie pour qu’elle se décolle.

— HIST. xiii" s. Mairien kivilliet, tailliar, Re-cueil^. 482. Les eschieles sont faites grans et bienchevillites, H. de valenc. xxxv. Il est cheüz enz elbroion [piège], Qui chevilliez fuel roion, Renart,<2726. Planches bien chevillées, joinv. 266. || xiv’s.Ceste roys [ce rets] est quevillée en telle manieraqu’elle est plus longue que large, tlodus, f°cxxx,verso. || xvi* s. Il y en a [des sorciers] qui empeschentque l’homme n’a rendu son urine, ce qu’ils appel-lent cheviller, paré, xix, 32.

— ÉTYM. Cheville; provenç. cavillar; portug . ca-vilhar.

f 2. CHEVILLER (che-vi-llé, Il mouillées),!, m.La partie d’un instrument à cordes où les chevillessont fixées.

— ÉTYM . Cheville.

f CHEVILLETTB (che-vi-llè-t’, U mouillées),s. f.Petite cheville. || Broche de fer dont se servent lescharpentiers. || Morceau de cuivre plat et troué dontle relieur se sert pour attaquer les nerfs des livres.|j Clef de bois des anciennes fermetures. Tire lachevillette, et la bobinette cherra [tombera], Contedu petit chaperon, rouge.

— ÉTYM . Diminutif de cheville.

j- CHEVILLEUR (che-vi-lleur, ü mouillées), s. m.Nom qu’on donnait à des sorciers qu’on prétendaitcapables de nouer l’aiguillette.

— HIST. xvi* s. Pierre Masse du Mans a escrit dol’imposture et tromperie des diables, devins, en-chanteurs, sorciers, noueurs d’eguillettes, chevil-leurs.... et autres qui par art diabolique, artsmagiques et superstitions abusent le peuple, duverdier, Biblioth. p. <026, dans LACURNE.

— ÉTYM . Cheviller.

t CHEVILLIER (che-vi-llé, Il mouillées), s. m.Cheval qui est placé en cheville.

tCHEVILLIÈRE (che-vi-llê-r’, Il mouillées), s. f.Terme de commerce. Rubans grossiers de fil roux.

f CHEVILLOIR (che-vi-lloir, Il mouillées),!, m.Instrument qui tient au métier à fabriquer desétoffes de soie.

f CHEVILLON (che-vi-llon, Il mouillées), s. m.|| 1" Bâton à l’usage des tourneurs et des ourdis-seurs. || 2* Terme de marine. Morceau de bois quisert à lanoer les manoeuvres.

— ÉTYM . Cheville.

t CHEVILLOT (che-vi-llo, Il mouillées), s. m.Terme de marine. Grosse cheville de bois dur tourné.

— ÉTYM . Cheville.

f CHEVILLURE (che-vi-llu-r’, Il mouillées), s. f.Terme de vénerie. Andouillers de la perche du cerf,du daim et du chevreuil.

— ÉTYM . Cheville; provenç. cavilladura.

t CHEVIN (che-vin), s. m. Voy. chevanne.

jCUEVIIV (che-vir), v. n. Disposer de quelqu’un,en venir à bout. Cet enfant est si malin qu’on nepeut chevir de lui. Nous ne saurions en chevir [d’unchien], mol. Festin, iv, 3 . || Terme d’ancienne cou-tume. Traiter, composer, capituler.

— hist. xn* s. Et nus et nostre cause contre li[il] maintiendra, Et, s’en vus ne remaint, très bienla chevira, Th. le mart. <33. || xiii* s. Si vous [je]pri donques qu’il en isse [de prison] Et de la be-soigno chevisse, la Rose, <6260. Gentil homme,li quel ne se mellent pas do marceander, ançois socevissent de lor héritages, qu’il tienent en franc fiefdu signeur, beauman. iv, <4. Li soudans de Hamantne se sot comment chevir du soudanc de Babiloine[le Caire ], joinv. 213. ||xiv*s. Mais qui a de l’argenttoujours a bien clievi, Guescl. <8<<8. Un pourehomme demande comment ii se porra chevir de