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Tome premier. A - C.
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miex [je] les proise, Sunt espesses demie toise, Et sihaut resunt li chevron Que tuit seilr estre devon,la Rose, 1 66 1 7. Li chevron sont d’autre mesrien,ruteb. ii, 34. Li droiz des teneuresde citez est tel:de métré gotere en la meson son vesin ou non, oude métré chevrons ou non en la mesiere, Liv. dejust. J 38. || xv' s. Et aussi mourut [au siège de Du-ras] un escuyer de Bretagne qui s’armoit de gueulesà deux chevrons echiquetés d’or et d’azur, froiss.ii, h, H. Les armes de Moriaumez sont barrées,contrebarrées à deux chevrons de gueules.... id. i, i,1 34. || xvi e s. On rue à bas les gros chevrons defresne, dubell. iv, 45, recto. Le capitaine Morl’envoia d’un coup de chevron sur la teste au basde la riviere, d’aub. Ilist. n, 264. Ils eurent plu-sieurs mauvaises augures, comme de quelques feuxqui leur donnèrent l’espouvante ; mais surtout deslances et chevrons de feu d’une grandeur et clartéinouie, id. ib. ni, 498. Pour en leur champ d’ar-gent marquer le chevron de cinabre, id. ib. ni, 638.

— ÉTYM . Picard, caveron; wallon, ch’jiron,ch’furon; provenç. cabrion, cabiros; espagn. ca-brio; dérivé de capra, chèvre, et dit pour solivepar une assimilation à celle qui a fait nommer parles latins un chevron capreolus.

f 2 . CHEVRON (che-vron), s. m. Terme de pêche.Frai de poisson.

\ CHEVRONNAGE (che-vro-na-j’), s. m. Ensem-ble des chevrons d’un bâtiment. || Action de che-vronner. || Ouvrage fait en chevrons.

— ÉTYM . Chevronner.

CHEVRONNE, ÉE (che-vro-né, née), part, passé.Terme de blason. Pièce chevronnée, écu chevronné,pièce, écu chargé de chevrons.

— hist. xiii' s. Toz [tout] estoit blans li cheva-liers, Et ses escus et ses destriers; Et la cote fu che-vronée, Qu’il ot soz la broigne endossée, Blanchan-din, ms. P 92, dans lacurne. '

f CHEVRONNER (che-vro-né), v. a. Garnir dechevrons.

— hist. xm* s. Se terre est commune ou voiecommune, il n’empesche pas servise d’aler et devenir, et d’elever sa maison plus haut, ne de che-vroner, ne de covrir ne d’abatre, Liv. dejust. 438.

— ÉTYM . Chevron 4.

t CHEVROTAIN (che-vro-tin), s. m. Voy. che-VROTIN.

CHEVROTANT, ANTE (che-vro-tan, tan-t’), adj.Qui chevrote. Ma vieille voix chevrotante ne serapas entendue au milieu des concerts de ses louan-ges, volt. Lett. Chabanon, 3 août (776.

CHEVROTÉ, ÉE (che-vro-té, tée), part, passé.Trilles chevrotés.

CHEVROTEMENT (che-vro-te-man), s. m.|| 1" Tremblement de la voix qui ressemble au bêle-ment de la chèvre. || 2“ Terme de musique. Actionde chevroter, faiblesse de la voix qui, surtout chezles vieillards, ne leur permet pas de maintenir leson dans une parfaite égalité. Un seul chevrote-ment au milieu du plus beau chant du monde suffitpour le rendre insupportable et ridicule, j. ). rouss.Dict. de mus. Chevroter.

— ÉTYM . Chevroter.

CHEVROTER (che-vro-té), v. n. || 1” Faire deschevreaux. Cette chèvre a chevroté. || 2” Chanterd’une voix tremblotante, défaut qui se trouve d’or-dinaire chez les vieillards et aussi chez les chan-teurs dont la voix est fatiguée. Certain fat.... En semirant, chevrotait, fredonnait, volt. Goût. || Dansla musique, battre d’une manière inégale les deuxnotes d’un trille ou d’une cadence, ou même n’enbattre qu’une seule, et remplacer le trille par untremblement désagréable de la voix. Il est actifaussi : chevroter un trille.

— ÉTYM . Chevrot , diminutif de chèvre qui n’existepas dans le français .

CIIEVROTIN (che-vro-tin), s. m. || 1“ Peau dechevreau corroyée. Gants de chevrotin. || Fig.Tirer au chevrotin [outre], boire à l’envi. || 2” Termede chasse. Faon de la chevrette, pendant les sixderniers mois de la première année. || 3° Chevrotinouchevrotain, mammifère de l’ordre des ruminantsqui porte le musc; nommé aussi musc et porte-musc.

— HIST. xiv* s. Que nulz ne teigne peauli à au-truy rouges ne noires ne chevrotins, si ce n’estpour lui [le maître] faisant le dit mestier , Ordonn.des rois de Fr. t. iii, p. 370. || xvt* s. Ce qui estmanifeste à voir à une aiguillette de chevrotin lors-qu’on l’eslargit, et estant eslargie s’accourcit, paré,vii, 8. Il [le connétable de Montmorenci] le rendit[le peuple de Paris ] souple et maniable comme ungrand chevrotin de Vendosme, dont le roy en eut

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un très grand contentement, brant. Cap. (r. t. il,p. 440. dans LACURNE.

— ÉTYM . Diminutif de chevrot , qui est lui-mêmeun diminutif ancien de chèvre.

CHEVROTINE (che-vro-ti-n’), s. f. Balle de petitcalibre pour tirer le chevreuil, et chasser la grossebête.

— ÉTYM . Chevrotin.

t CHEVROTINER (che-vro-ti-né), v. n. Fairecomme le chevrotin ; bondir à la manière du che-vrotin.

CHEZ (ché; le z se lie; chez eux, dites : chê-zeux), prép. 111° Dans la maison de, au logis de, danslademeurede. Souperchezquelqu’un. J’étais chez luicomme chez moi. Vous êtes chez vous. Se renfer-mer chez soi. On ne pouvait les retenir chez elles.Venir chez quelqu’un. Admettre quelqu’un chez soi.Il n’a pas mis le pied chez lui. Se réfugier chezquelqu’un. Chacun est maître chez soi. Qui douteque, si de ses armesIlion avait eu l’appui, Le jeuneAtride avecque larmes Ne s’en fût retourné chez lui?

malh. m, 3 .Heureux qui vit chez soi, De régler

ses désirs faisant tout son emploi! la font. Fables,vii, 42. Chéri de tout le peuple, honoré chez leprince, id. Poly. iv, 3. || 2° Dans le pays de. Ce quise passait chez les ennemis. Nom peu connu chezles barbares. Prendre un roi chez un peuple voisin.Memnon voulait qu’on les allât [les Macédoniens]attaquer chez eux, boss. Hist. m, v. La professionde comédien était infâme chez les Romains et hono-rable chez les Grecs; qu’est-elle chez nous? labrut. xn. || 3° De chez, préposition composée signi-fiant qu’on sort de la demeure de quelqu’un. Je nesais qui sort de chez moi. Je viens de chez mon juge.Ne pas sortir de chez soi. Tu m’as mis hors de chezmoi. J’entendais de chez moi. Mais puisque, parce triste et prudent souvenir, De chez Antiochus elle l’a fait bannir, corn. A ’icom. î, 6. ||4° Par chez,préposition composée signifiant qu’on passe par lademeure de quelqu’un. Passer par chez quelqu’un.Nous irons par chez les Africains. Vous feriez unvoyage charmant; mais je voudrais que vous passas-siez par chez nous, volt. Lett. Marmontel , 23 avr.4 766. || 6” Près de chez, loin de chez. Il demeureprès de chez nous. Loin de chez lui, loin de sonpays. || 6' Fig. Parmi. Chez nos ancêtres. Coutumereçue chez les anciens; Chez les barbares la fidélitédépend de la fortune. Que de restitutions, de répa-rations, la confession ne fait-elle pas faire chez lescatholiques ! J .J. rouss, Ém. m. || 7° Dans l'esprit oule caractère de quelqu’un. C’est une conviction chezlui. Ce n’est pas une habitude chez moi de rendrecompte.... Châtier en autrui ce qu’on souffre chezsoi, corn. Poly. ui, 5. Pour un fourbe chez vous lapitié trouve place, id. Perthar. m, 5. Et vous serezfameux chez la postérité, id. Cinna, il, 4 . || 8° Dansun auteur. Chez le même poète. Je lis chez certainsauteurs. || 9'Substantivement. Un chez-soi. Un chez-moi. Son chez-lui. Cela rend mélancolique, maiscela fait aussi un grand bien ; car on en aime mieuxson chez-soi, volt. Lett. Villette, 8 juillet 4 765.

-- REM. 1. Vaugelas a condamné la locution : chezPlutarque, chez Platon, pour dire dans Plutarque ,dans Platon ; Marg. Buffet et Chifflet sont de son avis;Th. Corneille ratifie cette sentence, admettant toute-fois qu’en parlant de toute une nation on peut fortbien dire chez', chez les Grecs, chez les Romains. Aquoi on répondra d’abord que la locution est an-cienne puisqu’elle est dans Montaigne , ensuite qu’ellese justifie, n’étant qu’une extension de chez signi-fiant dans l’esprit de. Une fois que chez a été ôté desa signification propre, rien n’empêche qu’il ait priscelle que Vaugelas lui conteste. || 2. Chez ne prendpour complément que des noms de personnes oud’êtres personnifiés : Patte blanche est un pointChez les loups, comme on sait, rarement en usage,LA FONT. Fabl . IV, 4 5.

— HIST. xn* s. Vos voliez venir à nos [nous] e àceaus [ceux] qui sont à ches nos, Hachab. ii, 4 1 .Aval au bourc, ches son hoste Florent, Ronc. p. 489.Chies un hoste [ils] hebergent qui moult estoit prud-hom, Sax. xxii. || xm* s. Que se venir [je] pooieches Symon le voier, Berte, xlvii. Et vint droit aucastiel où li rois estoit en prison, et se hiebregaciés une vaine feme, Chr. de Rains, p. 53. Et elen’i met riens ne oste Que ce c’on trueve en chiésson oste, ruteb. ii, 59. || xv* s. Pietre du Bois s’envint un soirchieux ce Philippe, froiss. ii, ii, 404.Et de là suyvit tant le chevalier la pucelle qu’il latrouva cheuz une sienne cousine, Perceforest , t. vi,f° 54, dans lacurne. || xvi* s. Qu’il ne tarde plus àamener sa fille, car nous allons cheux M. Desche-nais, où elle pourroit bien se rendre, Marg. L. 4 2.

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Comme dict ce poète chez Plutarque , mont, i, 23.Se retirer chez soy, id. i, 32.

— ÉTYM . Berry, cheux; picard, cheux, chu; Sain-tonge, cheuz; anc. espagn. en cas; de casa, la mai-son (voy. case), dont il y avait une forme au mas-culin (voy. chai). Chez est elliptique, et on a lalocution complète dans l’ancien français à ches, enchiés, qui signifie exactement à la maison.

f CHÈZE (chè-z’), i. f. Nom vulgaire d’une es-pèce de mésange.

CHIAOUX (chi-a-ou), s. m. Espèce d’huissier oud’envoyé turc . Un chiaoux, dépêché par le GrandSeigneur, arriva en France , st-sim. 469, 203. Lechiaoux, homme de sens, Lui dit : Je sais par re-nommée Ce que chaque électeur peut de mondefournir, la font. Fabl . i, 4 2 .

— ÉTYM . Voy. chaouch, qui est le nom véritable,seul usité dans l’Algérie française, chiaoux étant lemot turc .

t CHIASMA (ki-a-sma), s. f. Voy. chiasme.

f CHIASME (ki-a-sm’), s. m. || 1° Croix mise enmarge des manuscrits, en forme de y, et indiquantun passage désapprouvé. || 2° Terme d’anatomie.Chiasme ou chiasraa, lieu d’entre-croisement desnerfs optiques sur le corps de l’os sphénoïde.

— ÉTYM . Xiaa|i.a, croisement : mot formé de lalettre grecque x-

CHIASSE (chi-a-s’),s. f. || 1“Excréments d’insectes.Chiasses de mouches. || Fig. et bassement, ce qu’ily a de plus vil. Ce n’est que de la chiasse.Cet hommeest la chiasse du genre humain, richelet. Pendanque nous sommes la chiasse du genre humain, volt,Lett. (FArgentai, 4 avril 4762. || 2° Ecume de métaux.

— ÉTYM . Chier.

f CHIBOU (chi-bou), s. m. Résine jaune, aro-matique qui découle du chibou, grand arbre desAntilles ( bursera gummifera, L).

f CHIBOUQUE (chi-bou-k’), s. f. Pipe turque àlong tuyau de bois au bout duquel est placé le foyer

— ÉTYM. Mot turc .

t CHIC (chik), s. m. || 1°Autrefois, mot du stylefamilier signifiant abus des procédures, finesses,subtilités captieuses. Cet homme entend le chic, estversé dans les détours de la chicane. La discorde,qui sait le chic, En fait faire un décret public, LaHenriade travestie, ch. v, p. 68, dans fr. michf.l,Argot . || 2“Aujourd’hui, terme d’atelier:on dit d’unpeintre qu’il a ou qu’il entend le chic, quand il pro-duit rapidement et avec facilité des tableaux à effet.J’use de mots de l’art, je mets en marge hic; J’es-père avec le temps que j’entendrai le chic, les Sa-tyres de dulorens, Sat. xii, p. 97, dans fr. Michel,Argot . || Fig. Il a le chic, se dit, dans un langagetrès-familier, d’un homme adroit, qui sait s’y bienprendre. || En im autre sens, il a du chic, se ditd’un élégant, ou d’une chose élégante et bien tour-née : ce chapeau a du chic; cette toilette a duchic.

— ÉTYM . Il est possible que ce mot, dans le se-cond sens, vienne de l’allemand Schick, aptitude,façon, tournure. Quant au premier sens, qui estancien puisqu’il se trouve dans Trévoux, le doute estgrand, à moins qu’on n’y voie une abréviationcomique de chicane.

f CHICABAUD (chi-ka-bô), s. m. Terme de ma-rine. Sorte de bout-dehors sur lequel on amure lamisaine des lougres. On trouve aussi chicambaut.

CHICANE (chi-ka-n’), s. f. || l'Par dénigrement,procès en général. Quoi I vous poussez cette chicano[vous poursuivez ce procès] ? sév. 636. Ce meublede chicane [un sac à procès] appartient sûrement Xquelque homme du Maine ou quelque bas-Normand,regnard, Ménechm. i, 2. || 2° Abus des ressourceset des formalités de la justice. Lui souffle avec cesmots l’ardeur de la chicane, boil. Lutr. i. Et dansl’amas confus des chicanes énormes, Ce qui fut blancau fond, rendu noir par les formes, id. Sat. i.Il 3° Poétiquement, le démon des procès. Là, surdes tas poudreux de sacs et de pratiques, Hurle tousles matins une sibylle étique ; On l’appelle Chicane ;et ce monstre odieux Jamais pour l’équité n’eutd’oreilles ni d’yeux, boil. Lutr. v. La Chicane enfureur mugit dans la grand’salle, id. Sat. vin. ||4°Lesgens de chicane, ceux qui vivent des procès et desprocédures. Je défie votre chicane de Rouen d’êtreplus chicane que celle de Bruxelles , volt. Lett.en vers et en prose, 74. || 5” Subtilité captieuse entoute matière, difficulté mal fondée et de mauvaisefoi. Soulever, faire naître une chicane. Chercherdeschicanes. Dans les livres que les anciens ont écritsde la prudence civile, il y a du galimatias de l’écoleet de la chicane philosophique, balz. Enlret. 26 . Necroyez pas que ce soit seulement la querelle (le