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Tome premier. A - C.
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M’encre, p. L. codr. i, 93. Cet insolent chut duciel en terre, boss. ii, Démons, 2.

— rem. Prenez garde de choir, façon de parlerbourgeoise, dit de Caillières, (690; ce qui montreque, bien qu’alors les meilleurs écrivains, Corneille ,Molière, La Fontaine , usassent du mot choir, lespuristes l’écartaient comme vulgaire. || La forme dufutur je cherrai, due à la prononciation normandede la diphthongue oi, est une des traces de laconfusion des prononciations dialectiques qui s’estfaite.

— SYN. choir, tomber. Des auteurs de synonymesont dit que choir désignait particulièrement unchoc, un coup, une impulsion qui fait perdre l’équi-libre, renverse et porte de haut en bas, tandis quetomber marque une chute d’un lieu très-élevé. Dis-tinction illusoire; ces deux mots, venus l’un du la-tin, l’autre des idiomes germaniques, exprimentexactement la même idée, comme on le voit dansle vers de Corneille cité plus haut: Tout va choir enma main ou tomber en la vôtre ; et dans cet exem-ple de Chapelle et Bachaumont : Toute la nuit don-ques il plut, Et tant d’eau cette nuit il chut, Que....La seule différence c’est que choir vieillit, tandisque tomber est en plein usage. Si Ton ne dit pasque la pluie ou la foudre choit, cela tient unique-ment à la désuétude qui frappe le verbe choir; etla preuve que rien d’intrinsèque n’empêche de ledire, c’est que nos pères le disaient.

— HIST. xi* s. Quant [il] le dut prendre, si luicaît à terre, Ch. de Roi. xxv. Charles verrat songrant orguil cadeir, t'6. xlii. Que il [l’arc] me chedet[tombe, au subjonctif], com fist à Guenelon, ib. lx.Faut lui li cuer, si [il] est chaeit avant, ib. clxiii.Charles chancelé, pour po [peu] qu’il n'est catlt, ib.cclxiii. De bons vassals confondue et chaiete [dé-chue], ib. cxlvi. || xh* s. Quant [il] le dut prendre[le gant], as piez li qiet devant, Ronc. p. 17. Pluien’i chiet, ni erbe n’i vergie [verdoie], ib. p. 41. [Il]empoint le bien, si le fait jus chair, ib. p. 60. Etcheent foudre et menu et souvent, ib. p. 68. Engrant dolor en est France cheQe, ib. p. 69. Sellestournées et les resnes chattes, ib. p. 80. Je charraijà, se vous ne me tenez, ib. p. 94. Car le rei sunseigneur il a mult avillié, E vers lui en charra engrant enemistié, Th. le mart. 38. Hum vus deitbien mustrer que ne facieztel fait, Dunt saint iglisechiece en plus dolereus plait, ib. 83. ||xm* s. Et liquens ot esté chetts, villeh. cxliii. Dont li chaïrentaus piés tout en plorant, id. xxviii. Et nous com-menderent [les barons] que nous vous cheissiens aspiés, id. xvi. Dont fu jus boutés li empereres Mar-chufles, et chai de si haut que, quant il vint à terre,il fu tout esmiés, id. cxxvii. Quant de si haute ho-nor [je] sui cheüe en la boe, Rerie, xxxiii. Et livens est chetts, et li tems s’asseüre, ib. xlii. Chas-cuns redoutoit moût en leur mains à cheïr, ib. lxiii.S’or ne set moult Renart de frape, 11 est chaoit enmale trape, Ren. (3670. Or sui cheois, ce m’estavis, De grant enfer en paradis, la Rose, 3366. Riensne puet tant homme grever, Comme cheoir en po-vreté, ib. 803. Qui bien vesquit tant que li dent Lifussent cheoit par viellesce, ib. 6397. Et fortune lamescheans. Quant sus les hommes estcheans, ib.4965. Se ge veïsse ilec plovoir Quarriaus et pierrespelle-melle, Ainsinc espés comme chiet greffe, ib.(798. Quant aucuns caoiten poverté, beaum. l, (9.Si tost que la terre a sa derraine roie por semer blé,ele quiet en deffense, par nostre coustume, id. lii,3. Il n’en perderoient pas le cors, mais il querroienten la merci du segneur de lor avoir, id. xxi, 20.Ou quant eles [les maisons] caoient, se on ne lesvoloit référé, id. xxiv, 30. Et s’il ne le veut porsivir,il en quiet en autele amende comme cil seroit qu’ilavoit fet ajorner, id. 65. Et sembloit que foudrecheist des ciex, joinv. 2(6. Et ce qui chiet du boissec ou [au] flum, nous vendent les marcheans ence pals, id. 220. De peu de pluie chiet grant vent,Fabliaux, édit, jubinal, 3((.||xiv*s. Et celles quisont involuntaires, il y chiet pardon et aucunes foismiséricorde, oresme, Elh . 47. Celui qui est beneurén’en cherra pas en telles fortunes comme en chaïtle roy Priant, id. ib. 25. Quant ses enfans cherroienten misere, il perdrait sa félicité, id. ib. 23. ||xv*s.Ils estoient perdus davantage et chus es mains deleurs ennemis, froiss. i, i, 48. Messire Jean Delleleur chey en la main, et tantost l’aviserent, id. il,ii, 240. Et sont en chemin que ce trou ne leur faul-dra de grant piece ou au moins la craincte d’ycheoir, comm. v, 9. Comment les Croyois [la famillede Cray] cheurent sur leurs pieds du viel temps,G. chastelain, Chron. de Bourg. 222.||xvi' s. Lepremier homme est cheut, pource que Dieu avoit

Hier. DR LA LANGUE FRANÇAISE.

jugé cela estre expédient, calv. Instit. 764. Afinqu’ils ne cheussent point en telles offenses, id. ib.834. Si un aveugle mene l’autre, tous deux cheenten la fosse, id. ib. 941. Encor posé le cas que l’eussefaict, Au pis aller n’y cherroit qu’une amende, ma-rot, ii, 89. Les murailles cheurent d’elles mesmespar faveur divine, mont, i, 264. Duquel coup estantcheute de son long esvanouïe, id. iii, 4 8 i . Perdi-tion certes qui estoit à déplorer de tant d’ames quiestoyent cheutes en si horribles précipices, lanoue,376. La herce estant cheute sur un gros hommebien armé.... d’aub. Hist. i, 3(7. Le plus grand deselephans, par cas d’adventure, estoit cheut de tra-vers tout au beau milieu de la porte, amyot, Pyrrh.75. Les renes luy cheurent des mains, id. ib. 76.Quand quelqu’un chet du haut en bas d’une breche,paré, x, (.

— ÉTYM . Saintonge, chère, choir, chet, chu, tombé ;Berry, cheir, prononcé cher; picard, (cher, hère,keu, keute, tombé, tombée; norm. quaire ; bourg.choi, et aussi chezai; ital. cadere. L’ancien français cheoir, en deux syllabes, vient de cadëre, 2 * con-jugaison, au lieu de la vraie conjugaison latinecadArr avec l’accent sur câ, qui, si elle eût donnéun mot français , aurait produit chedre, et à laquellel’italien cadere est fidèle.

CHOISI, 1E (choi-zi, zie), part, passé. Il 1° Prisde préférence. Le terrain choisi par le général pourlivrer bataille. Israël, peuple choisi de Dieu . || 2° Têteschoisies, terme de statistique, quand il s’agit destables de mortalité. Les chances de mort n’étantpas les mêmes pour toutes les conditions, on estobligé de distinguer les probabilités calculées surtout le monde et celles qui ne s’appliquent qu’à destêtes choisies. Asseoir une rente viagère sur unetête choisie. || 3°Quiexcelle, qui est meilleur. So-ciété choisie. Morceaux choisis. Œuvres choisies. Lacour était moins grosse chez la duchesse, mais elley était plus choisie, hamilt. Gramm. 6. Termeschoisis, corn. Othon, u, (. [La femme de Law]haute, altière, impertinente en ses discours, re-cevant les hommages, rendant peu ou point, et fai-sant rarement quelques visites choisies, st-sim. 445,(84. || Substantivement. Aussitôt chorus d’applau-dissement du choix [de la dame d’honneur] et delouanges de la choisie, st-sim. 275, 2 ( 2 . || Familière-ment. C’est du choisi, c’est ce qu’il y a de mieux.

cnoism (choi-zir), e. a. || 1" Prendre de préférence.Il choisit dans le panier les plus belles cerises. Nevoulant me donner pour toute l’affection que vousme devez, que des paroles, vous les avez choisies siriches et si belles que.... voit. Lett. 1. Mais où sonadresse parait principalement, c’est à choisir de tousces accidents ceux qui marquent davantage l’excèset la violence de l’amour, boil. Sublime, 8. Et nousne recevons ni crainte ni désir De cette liberté quin’a rien à choisir? corn. Œdipe, m, 6. Choisis uneheure propre à rentrer en toi-même, A penser auxbienfaits de la bonté suprême, corn. Imit. i, 20 .Quand ce grand Dieu a choisi quelqu’un pour êtrel’instrument de ses desseins, rien n’en arrête lecours, boss. Reine d’Anglet . On n’a pas des plaisirsà choisir, sêv. 340. Romulus choisit parmi tout lepeuple ce qu’il y avait de meilleur pour en formerle conseil public, boss. Hist. unie, iu, 7. Chrétiens,ne murmurez pas si Madame a été choisie pour nousdonner une telle instruction, id. Duch. d’Ôrl . Rome.a choisi mon bras, je n’examine rien, corn. Hor.il, 3. Quoil Roxane, Seigneur, qu’Amurat a choisieEntre tant de beautés.... rac. Raj. i, 4. D’avoirchoisi mon père au fond de l’Idumée, id. Bérén. ii,2 . Si Néron , irrité de notre intelligence, Avait choisila nuit pour cacher sa vengeance, id. Brit. v, 4.Assurément Trophonius choisissait ses gens et nerecevait pas tout le monde, fonten. Oracles, ch. xv.|| Se choisir, faire choix pour soi. Celle qu’il s’estchoisie pour sa compagne inséparable, la bru y. xiv.|| Familièrement. Choisir de l’oeil, fixer son regardsur l’objet qu’on préfère. || Choisir se construit avecde et un infinitif. Quiconque choisira de faire mesvolontés, pasc. Proph. 33. Il a choisi d’y demeurer,id. dans coosin. À qui choisiriez-vous, mon fils, deressembler? rac. Athal. iv, 4. || Absolument. Il y achez le marchand de quoi choisir. Donner à choisir.Qui choisit mal pour soi choisit mal pour un autre,corn. Agésil. n, 4. Mais vous me choisirez si voussavez choisir, volt. Triumv. il, (. || 2° Faire uneoption entre deux choses. C’est à vous de choisirmon amour ou ma haine, corn. Rodog. m, 4. Jepuis choisir, dit-on, ou beaucoup d’ans sans gloireOu peu de jours suivis d’une longue mémoire, rac.Iph. i, 2 . || Choisir d’une chose ou d’une autre.Choisir de partir ou rester. Choisis de leur donner

ton sang ou de l’encens, corn. Poly. v, 2 . Choisissezd’être reine ou d’être Laodice, id. Nicom. ni, (.Choisis d’épouser, dans quatre jours, monsieur ouun couvent, mol. Mal. im. n, 8. Choisissez de lacour ou de la retraite, mass. Car. Respect humain.Choisissez de César, d’Achille ou d’Alexandre, boil.Sot. v. Qu’il choisisse, s’il veut, d’Auguste ou deTibère , rac. Brit. i, 2 . || Choisir si.... Choisissez sivous voulez payer ou avoir un procès. Choisissezaujourd’hui Si vous voulez tout perdre ou tout tenirde lui, rac. Alex. Il, 2 . || Absolument. Devine, situ peux, et choisis, si tu l’oses; L’un des deux estton fils, l’autre ton empereur, cokl Héracl. iv, 5.|| 3” Se choisir, c. réfl. Faire choix l’un de l’autre.|| Proverbe. Souvent qui choisit prend le pire. Maisaussi bien que moi vous avez ouï dire Que fille quichoisit bien souvent prend le pire, th. corn. DonBertran de Cigaral, iv, 4.

— REM. Quand choisir prend un second complé-ment ou un complément indirect pour indiquer lebut du choix, il faut toujours exprimer la préposi-tion pour, au passif comme à l’actif. On ne dit pas :il a été choisi gouverneur, mais : il a été choisipour gouverneur.

— SYN. élire , choisir. D’après l’étymologie ,élire, c’est tirer hors; et choisir, c’est fixer le re-gard sur, remarquer, et de là préférer. Un généralchoisit son terrain, mais il ne l’élit pas. Un auteurchoisit ses mots, mais il ne les élit pas. Au contraireon choisit un homme et on l’élit; Louis XIV choisitColbert , c’est-à-dire le remarqua, le préféra;Louis XIV élut Colbert , c’est-à-dire l’éleva à un mi-nistère (il faut ajouter que l’usage attribue d’ordi-naire à élire l’idée de suffrages donnés). Israël futchoisi entre les peuples, c’est-à-dire préféré ; Israël fut élu de Dieu , c’est-à-dire appelé à des destinéesparticulières; de sorte que la distinction étymolo-gique se poursuit dans les acceptions.

— HIST. xii* s. [Il] a la letre choisie [vue], Ronc.p. 25. Des Sarrazins [il] n’i put un seul cosir [a-percevoir], ib. p. 4 65. Grant joie ot Aude qu’ot laclarté coisie, ib. p. 4 73. Ne nule riens n’est tant àmon désir; Moût [j’] aim [aime] mes ieuz qui mefirent choisir, Couci, xix. || xm* s. Et Reniers estoitaus bretesches [échafauds en bois] des murs, quantil choisi l’avant-garde que Joffrois li mareschausfaisoit, villeh. clxii. Mais plus hardie chose [quePépin] ne fu onque choisie, Berte, ii. La clarté[elle] fait oster, qu’on n’i put rien choisir, ib. xm.Qui bien la regardast à droit et à loisir, Bien deïstque plus belle ne peüst on choisir, ib. lxiii. Quatrede ses serjans il meismes choisit [élut], ib. ici. Quandele les choisi [vit], tost errant s’est levée, ib. cxxvi.Dont gardent devant els, si ont les Blas [Valaques]coisis, qui tout estoient entalenté d’aus [à eux] faireanui, h. de valeng. iv. Ou [au] miroer entre milchoses, [il] Choisi [vit] rosiers chargiés de roses, laRose, (624. Tantvont par lor journées qu’il ont Niquecoisie, Ch. d’Ant. i, 284. Quant il vint à terre, et ilchoisi [aperçut] les Sarrazins, il demanda quellegent c’estoient, joinv. 24 6. || xiv* s. A la fausse pos-terne s’en vint sans arrester, Et choisi [vit] les Juifsde sus les murs ester, Guescl. 9467. || xv* s. Et leconnestable jetoit l’oisel, et cil faucon montoit sihaut que à peine le pouvoient-ils choisir en l’air,froiss. ii, il, (64. Un pertuis, par lequel maistrecordelier pouvoit apertement le choisir, louis xi ,Hou v. il. || xvi* s. Lequel plus grand que tout mondesplaisir, Cent fois le jour vient remettre à loisirDevant mes yeux les biens qu’on peut choisir [voir]En sa personne, st-gel. p. 72. Chascun choisitplustost à discourir du mestier d’un aultre que dusien, mont, i, 67. Elle n’a pas de quoy les distin-guer, ny de quoy choisir la vérité du mensonge,id. il, 3(7. Ses gardes n’avoient pas eu le loisir decoucher une mesche, voiant la chambre pleine etsa personne choisie [prise], tous les logis pillez avecaussi peu de résistance, d’aub. Hist. m, 475. Làles deux chefs signalez de panaches blancs et rougesse choisirent devant leur troupe, Breauté tua sonennemi d’abordée, id. ib. in, 527. Entre lesquels[portraits] je choisis [j’aperçus] celluy de l’empereuraujourd’huy régnant, carl. vl, 34. Je voy le bienet je choisi le mal! rons. 64t. Si meirent quelquesbrisées et enseignes sur les plus haultes croupes desrochers, et que Ton pouvoit choisir à l’oeil de plusloing, amyot, Cat. 26 .

— ÉTYM . Picard, couésir, keusir; wallon, chûzi;rouchi,c/ms»Y; provenç. causir, chausir; anc. espagn.cosido, vu; anc. portug . cousimento, action dechoisir; anc. ital. ciausire; du gothique kausjan,goûter, essayer, qui, à cause du j, a pu donner laconjugaison en tr, ancien haut-allemand , chiosan,

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